Une ode au paquet scellé – Le trône d’Eldraine

Posté le Mardi 29 Octobre 2019 à 23:26 par Leland_Palmer (1244 lectures)

Vous allez jouer en limité au GP Lyon ? Le fraichement retraité –mais pas trop- Leland_Palmer vous raconte ses dernières impressions sur le format limité Eldraine après un détour par le GP Utrecht
Je n’ai pas touché une seule carte de M20. Une petite pause salutaire de quelques mois après le tournis des Grand Prix / Pro Tour. C’est dommage, l’édition a été bien appréciée si l’on se réfère aux souvenirs des précédents sets de base. Mais pour Eldraine, j’ai souhaité revenir aux fondements de ce qui me plait le plus dans Magic : le paquet scellé

 

Il y a encore un peu plus d’un an, c’était le format que je pensais le mieux maitriser, alignant la tournée des PPTQ en île de France pour un ratio encourageant de 50% de top 8 (dont 2 victoires J !) sur la saison 2017-2018. C’était l’époque – pas vraiment excitante dans l’histoire de Magic – d’Amonkhet et Ixalan. Cette première saison passée à accumuler des parties en scellé sur Mogg avait permis d’enrichir les articles d’analyse du limité mais aussi et surtout de glaner les précieux 2250 Planeswalker Points pour avoir enfin mes premiers « byes » (ou victoires automatiques en GP). Il faut croire que je les ai bien utilisés puisque mon premier tournoi avec des bye était le fameux GP Turin où tout a vraiment commencé pour moi.

Ponctuée par 4 pro tours en formats draft / standard / modern, le « paquet scellé » est clairement celui que j’ai le moins travaillé, ayant par ailleurs joué un rôle plus secondaire sur les articles d’analyse où de nouveaux membres ont pu se faire la main (un grand merci à eux). Dans le même ordre d’idée, je n’ai pas joué une seule AP pendant plus d’un an. Bref, pour les quelques GPs en scellé, le score final était sans appel : des 1-3 un peu rudes (Varsovie et Strasbourg) et des éliminations à une marche seulement du jour 2 (Pragues, Londres et Copenhague). Pas d’entrainement, cela se paye.

Avec la sortie d’Eldraine et le GP Utrecht en scellé en ligne de mire, mon objectif est devenu clair : retrouver la magie du paquet scellé et me faire une place en jour 2 de GP limité

 

1/ Le report des avants-premières chez Magiccorporation et l’analyse du format

Je suis un dingue absolu des tournois d’avant-premières. C’est amusant, on touche enfin les cartes, on s’émerveille d’ouvrir la meilleure mythique du set et on peut facilement échanger avec les joueurs. Cette ambiance me manquait terriblement. Pour ce retour, j’ai vu les choses en grand : 6 tournois à la suite dont 4 en format solo.

Voici les 4 decks que j’ai joué :

BG Ramp (4-0) feat. Le Grand Cromlech, Muredrous Rider, Troll du ponceau
BG Midange (4-0) feat. Garruk, Parangon Lancenoire (x2),
RG Aggro (3-1) feat. Voleur de riches, Bonecrusher Giant
RB Control (4-0) feat. Pyromancienne de Culmefer, Vengeance de l'envoûteuse









Wow ! terminer sur un score de 15-1 est assez massif même s’il faut rationnaliser :

Le niveau en AP est un peu plus amateur, certains joueurs découvrant les cartes
J’ai ouvert pas mal de bombes mais c’est un peu le principe de ce format-là, j’y reviendrai

Pour ce qui est de l’analyse de l’extension, je vous invite à la retrouver en suivant CE LIEN mais je peux vous en faire un rapide résumé actualisé au regard de mes dernières expériences :


De manière général, le noir me semble être la meilleure couleur du set en scellé… et d’assez loin. Les removals sont costauds et les moyens de réaliser du CA de différentes manières sont omniprésents.
A l’inverse j’ai trouvé tous les decks aggros faibles en comparaison. La principale raison étant que les removals du set ne sont pas chers et très efficaces.

Les énormes spoilers quasi-imbattables sont également (trop) nombreux : Garruk, Oko, Gadwick, le grand Cromlech, le géant drapé de royaume, Taillebraise ou le grand serpent de Lochmere me semblent tous TRES au-dessus du lot, un peu à la manière des Dieux mythiques de War of the Spark. J’ai eu la chance d’en avoir dans mes pools puis d’en affronter afin de me rendre compte de la difficulté qu’il y avait à battre un Oko tour 3 par exemple.

Autre constat très fort: les joueurs ne respectent pas assez leur manabase dans un set très exigent sur le sujet. La principale erreur consistant par exemple à « splasher » des uncos hybrides. Aussi, il y a beaucoup de cartes très colorées qui compliquent les splash de 3ème couleur. Le running gag de ce week-end-là étant le « Roi troll festoyant » (et son coût de 2GGGG) que mes adversaires n’arrivaient jamais à poser, ne jouant parfois « que » 8 sources vertes.

Globalement j’aime bien ce format sur un aspect particulier : les défis qu’il pose en termes de deckbuilding et la complexité générale très élevée qui pousse vers des games assez longues à choix multiples. J’ai en revanche beaucoup moins aimé le sous-thème de la bataille des spoilers un poil trop présent. Bref, c’est un format qui ressemble en bien des points à War of the spark.

 

Bon, je ressors évidemment très satisfait de cette première expérience. J’avais du jouer 20-25 parties sur Mogg et le résultat s’en est ressenti en tournoi. Le prochain Grand Prix étant dans moins de deux semaines, je pense alors pouvoir entièrement me focuser sur le draft sur Magic Arena.

 

Partie à cheval entre la première et la deuxième – magic Arena et le format paquet scellé

Ah oui, petite pause dans l’exercice du report. Je n’ai pas dit que je jouais également moins en scellé à cause de… Magic ARENA. C’est le format le moins bien traité par la plateforme. Le coût d’entrée est prohibitif (2000 gemmes) et il faut réaliser le score de 6-2 minimum pour rentrer dans ses frais. Tout cela sera peut-être vaguement faisable si… le format n’était pas exclusivement en Bo1, donc en une manche gagnante. Pour tous les amateurs du scellé, c’est une hérésie totale car il s’agit d’un format où il faut apprendre à combattre les bombes adverses… et comment rentrer les bonnes armes si on ne peut même plus sider ?

Bref, les développeurs de la plateforme semblent avoir oublier l’idée de proposer le scellé en Bo3. Du coup, je ne joue plus qu’en draft et c’est maintenant qu’on peut passer à la suite.

 

 2. Le draft Eldraine sur Magic Arena

Oui bon voilà, j’ai drafté, beaucoup drafté sur Magic Arena (environ une trentaine de draft) car mon but n’est pas seulement de passer en jour 2 mais aussi de réussir ce dernier. Je prends donc beaucoup de plaisir à tenter les différentes combinaisons du set que je résume dans un petit document personnel que je mets à disposition de mes amis pour les tournois. Que faut-il en retenir :

Contrairement au scellé, il est tout à fait possible de drafter monocolore mais il faut une bonne raison de le faire (rare ou cycle des uncos hybrides) afin de ne pas se priver de la puissance des cartes apportées par un splash. Mono-blanc m’a par exemple pas mal impressionné par sa capacité à construire de la petite magie à partir de cartes médiocres. Mono rouge s’apparente quant à lui à un deck aggro-tempo qui tente de placer un maximum de dégâts en un minimum de temps. Mono noir s’illustre de par la puissance individuelle des cartes qui le compose alors que mono vert est peut-être plus restrictif sur les cartes clés qui font tourner un archétype où les bonnes cartes se comptent sur les doigts d’une main. On termine évidemment avec Mono Bleu qui qui excelle dans l’art de meuler le deck adverse en générant un CA ahurissant.

 

Vert-noir « nourriture » est la combinaison la plus sur-draftée (facilement 30-40% de mes adversaires que j’ai affronté jusqu’ici) car le choix des bonnes cartes est très étendu. C’est le meilleur rampart contre les jeux aggros du format.

 
Bleu rouge « piochez 2 » et Bleu noir « meule » sont les deux combinaisons qui m’ont le plus impressionnés. Le premier mise sur des cartes « clés » très puissantes, notamment « alliance improbable » qui sont l’alpha et l’oméga de l’archétype. Le second est beaucoup moins simple à appréhender. Il s’agit essentiellement d’un jeu contrôle qui meule de temps en temps la bibliothèque adverse pour finir les parties

 
Les combinaisons qui m’ont le plus déçu sont blanc vert « aventure » (trop bancal sans ses cartes clés). Blanc rouge « chevalier » (la mauvaise version des decks chevaliers) et bleu-vert « ramp » (des synergies peu présentes)

 
Blanc-noir « chevalier value » permet aux decks aggro de mieux s’inscrire dans la durée. Rouge-noir « chevalier aggro » peut drafter des exemplaires multiples de communes qui mettent des dégâts à distance.

 
Mon avis est beaucoup moins arrêté sur les synergies blanc-bleu « artefacts/enchantement » et rouge vert « aggro non-humain ». Je soupçonne néanmoins le premier d’être un secret bien gardé du format

 

3. Mauvaise grippe à Utrecht

A deux jours du départ, voilà que je choppe un vilain virus qui contrarie mes plans de départ. Boosté à l’(auto) médication je prends quand même le train pour une ville qui a tant marqué mes années d’étudiants. Me voilà donc de retour à Utrecht, des pots de miel dans les poches pour arriver à articuler deux phrases.

On commence vendredi par le MCQ de rodage. Le pool n’est pas avare en rare (the questing Beast, la rare bleu-noir) mais l’ensemble manque de stabilité, mais surtout de fixeurs. Je dois tordre la base de mana et donc jouer 18 terrains pour tout faire rentrer. Sans surprise, toutes les games perdues le sont pour des problèmes de mana.



Le 4-2 final me semble conforme aux attentes. Niveau santé ça va un peu mais la retombée d’adrénaline post-tournoi va faire plus mal. Je ne suis pas dans mon assiette au diner et la nuit sera difficile. Au réveil, j’hésite même à me rendre au GP. Pas de quoi se plaindre, il fallait bien que cela m’arrive au bout d’une vingtaine de gros tournois.

Assis à la table de construction, j’ai un peu de mal à me focaliser sur la construction. Ma meilleure carte du pool est sans aucun doute Gadwick et le bleu qui se distingue franchement. Pour la suite c’est moins clair. Je me lance trop vite dans le vert qui apporte une belle courbe de mana et des synergies assez stupides autour des jetons nourriture. Mon deck est capable d’attaquer avec des 4/4 au tour 3 ou de poser des 7/7 pour 3 manas mais niveau gestion, c’est beaucoup plus limité avec seulement 2 removals conditionnels. Je comprendrais plus tard (et plus en forme) que je suis totalement passé à côté du noir et des synergies auto-meule qu’apportait mon jeu.  Voici mon build final, suivi du deck que j’aurais mieux du construire.

 



R3 vs WG aggro

Je suis pris de vitesse avant d’inonder mon adversaire de card advantage à la 2. La 3 sera assez heartbreaking puisque je suis sur la draw avec 2 lands (bleu et vert), un œuf d’or et ma féé animatrice. Je vais devoir attendre ma 6ème pioche pour toucher le 3ème land au sein d’une partie perdue de peu. 1-2 (2-1)

R4 vs UR control

La mauvaise série se continue puisque je vais jouer en mulligan 5 sur les deux manches… 0-2 (2-2)

R5 vs UG Ramp

Je gagne la une puis perds la deux vs le grand Chromlech. La sortie est trop belle à la trois pour ne pas vous la raconter : T2 œuf, T3 faerie animatrice sur l’œuf, T4 une 4/4 , T5 je cast la fée je la bounce en même temps que la créa adverse. T6 je peux donc animer le token nourriture de la 4/4 et attaquer pour 12 dommage. 2-1 (3-2)

R6 vs BG midrange

La une est assez longue à cause de nouveaux problèmes de manas de début de partie. Au moment de revenir puis de conclure la game, mon adversaire top deck le syr noir qui m’inflige le petit point léthal. La 2 est tout aussi longue et je dois jouer très vite pour éviter la draw éliminatoire. Mon adversaire, qui de son côté joue bien lentement, appelle l’arbitre dès que je miss quelque chose et je me prends des warning pour des choses stupides (dont « ne pas avoir posé mon marqueur +1/+1 sur ma créature Adamant »). Malgré l’ambiance très tendue, je l’emporte dans les temps mais pas de quoi faire une 3ème. Mon adversaire, absolument pas géné, m’explique que son jeu est meilleur (ce qui n’a pas du tout était mon ressenti pendant les games) me demandant de concéder. On ne se met pas d’accord c’est la draw débile. 1-1 (3-2-1)

R7 vs BGu Midrange

Je perds la une et gagne la deux (visiblement le thème du week-end) avant de découvrir un Oko à la trois. 1-2 (3-3-1)

R8 vs Mardu aggro

Le dernier match ne pose pas de difficulté et je passe plus de temps à slow-roller mes meilleures cartes pour ne pas avoir à dévoiler mes meilleurs atouts. 2-0 (4-3-1)

 

Et bien voilà, ce n’est pas très glorieux. Je savais dès le réveil que ça allait être difficile d’être au bon niveau. J’ai raté le build de mon pool puis les choses se sont mal passées…

Le lendemain, on se lance dans un troll 2HG avec un de mes amis. A notre tour d’ouvrir Oko. Les deux jeux (UG Contrôle/fly et WB chevalier value) sont vraiment très bien mais les games ne se passent pas comme prévu. On termine 1-2 après avoir notamment affronté un jeu meule très instructif.

Un petit draft pour terminer la route. Je first pick Taillebraise et pars sur un rouge-vert surpuissant. C’est le 2-0 facile avant de draw volontairement la finale contre la légende belge Marijn Lybaert (qui est en plus l’un des joueurs les plus drôle du Mtg star System, je vous conseille de suivre son twitter).



Le bilan du week end est donc beaucoup plus contrasté que celui des Avant-Premières, réalisant le score moyen de 9-7-1. Néanmoins, je continue d’apprécier ce format complexe et regrette déjà de ne pas avoir une deuxième chance de jouer un GP en Eldraine, en espérant avoir pu néanmoins vous partager un peu de cette expérience du scellé Eldraine avec vous.

 

 

Je partirai dans quelques jours au GP Lyon où on rejoindra les amis de magic c’est chic, Val & Pl et toute la clique de la communauté des streamers français. Pour la première fois depuis bien longtemps, je passerai mon tour pour le Grand Prix afin de me faire plaisir sur les petits events et rencontrer celles et ceux qui souhaitent échanger autour des articles et vidéos. N’hésitez pas à venir à ma rencontre !

 

C’est donc une nouvelle formule qui m’attend et je ne sais pas combien de temps elle va durer. A un moment ou un autre on est tous rattrapé par le bruit des tambours. Oui vous savez comme ceux de jumanji. L’appel du compétitif.

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