Analyse de la carte : Rampeur des tombes

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Date : 29/10/2012 à 14:41

Auteur : BlackStones

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Gravecrawler
Texte Anglais
Gravecrawler
CreatureZombie

Gravecrawler can't block.
You may cast Gravecrawler from your graveyard as long as you control a Zombie.
2/1
Texte Français
Rampeur des tombes
Créaturezombie

Le Rampeur des tombes ne peut pas bloquer.
Vous pouvez lancer le Rampeur des tombes depuis votre cimetière tant que vous contrôlez un zombie.
2/1
Infos sur cette Carte Magic

Edition : - 64/171
Illustrateur : Steven Belledin
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Explication de l'analyse de la carte par l'auteur


Salut à toi, ami lecteur qui t’es égaré dans les confins de la rubrique analyses ! Après mon analyse de Norin le circonspect, je m’attaque à une autre créature 2/1 pour un mana, elle aussi rare, mais très différente de ce cher Norin, j’ai nommé le Rampeur des tombes. Je me fais donc plaisir avec ce petit mort-vivant qui, non content d’être sans doute le meilleur zombie de Magic, représente à merveille l’esprit de nos mangeurs de cerveau préférés. Alors si tu veux en savoir plus, laisse-moi te guider au cours de cette visite au cimetière et surtout, ne t’approche pas trop près des tombes…



Le Rampeur des tombes fait partie de ces cartes jouables depuis le cimetière. Le cimetière est une zone de jeu, au même titre que la main ou le champ de bataille, où se dirigent entre autres les sorts non-permanents une fois résolus (exemple : la Foudre après avoir infligé ses trois blessures) et les créatures quand elles meurent, autrement dit quand elles sont mises au cimetière depuis le champ de bataille.

Aujourd’hui, il est assez commun de voir des cartes toujours « actives » dans le cimetière, c’est-à-dire récupérables depuis cette zone sans qu’on doive recourir à une autre carte comme la Réapparition. Mais à l’aube de Magic, c’était beaucoup moins fréquent : les Mânes infernaux sont longtemps restés la seule carte de ce style, jusqu’à l’arrivée de la Goule cendreuse et du Brouillard polaire en Ère glaciaire, puis de l’Étincelle de mort et de l’Horreur krovoise en Alliances, pour atteindre à peine une douzaine de cartes à l’époque du bloc Invasion.



À la sortie du bloc Odyssée, fortement basé sur les interactions avec le cimetière, les choses ont changé radicalement, notamment avec l’arrivée des sorts dotés du flashback, comme l’excellent Appel du troupeau. D’autres cartes similaires ont marqué l’esprit des joueurs, à la manière de l’Ichoride. Notons l’apparition d’un petit symbole en haut à gauche de ces cartes représentant une pierre tombale, qui n’existe d’ailleurs plus dans le nouveau design.



Précisons d’ores et déjà que le Rampeur des tombes, comme toutes les cartes précitées d’ailleurs, est très sensible à ce qu’on appelle la « hate graveyard ». Cette notion englobe toutes les cartes qui permettent d’exiler des cartes du cimetière ou d’empêcher leur utilisation depuis le cimetière. La plus connue du genre est la Crypte de Tormod. On a également le Misérable loqueteux, les Griffes racleuses et, dans le même set que le rampeur, l’excellente Cage du fossoyeur de graf.

Sur ce, nous voilà arrivés devant la tombe que je cherchais. Je prends une pelle pour déterrer son occupant. Je me dépêche, parce que si un zombie se pointe, je suis mal.



Comme annoncé dans l’introduction, on a donc une 2/1 pour un mana noir. Même si la perspective a évolué depuis l’époque où les Lions des savanes étaient considérés comme des spoilers, nous sommes encore nombreux à trouver que c’est fort. Mais pourquoi est-ce fort, au juste ? La réponse est à trouver en considérant ce qu’on appelle la curve de mana.
En effet, un bon deck agressif n’est pas forcément une liste de grosses créatures, mais un deck doté d’une bonne curve, en d’autres termes, d’une bonne proportion de cartes qui coûte un mana, puis deux manas etc. Ainsi, le joueur peut rentabiliser ses tours et son mana au maximum et mettre la pression sur son adversaire dès le début de la partie. Pour ce faire, rien de tel qu’une créature pour un mana avec une force de 2, même si cet argument avait évidemment plus de valeur il y a quelques années, lorsque les stats de ce style ne couraient pas les rues.

Toutefois, un tel rapport qualité/prix ne va pas sans contrepartie. Rappelez-vous, nous sommes en présence d’une carte noire et les créatures de cette couleur sont en moyennes plus faibles pour leur prix que les blanches ou les vertes. Ainsi, si le blanc peut se permettre un Isamaru, 2/2 pour un mana blanc sans défaut sinon son surtype légendaire, le noir aura plus tendance à afficher un défaut qui affecte votre aptitude à survivre aux attaques adverses, comme le Carnophage qui vous fait perdre des pv. Dans le cas du Rampeur des tombes, il ne peut pas bloquer, ce qui est un peu dans le même esprit.

Ne pas pouvoir bloquer, c’est assez gênant pour une créature. Sans vouloir enfoncer des portes ouvertes, cela veut dire qu’elle ne peut qu’attaquer. Elle est donc beaucoup moins polyvalente. Par exemple, si la partie est mal engagée pour vous, que vous espérez piocher une créature pour bloquer un thon adverse et que vous piochez le Rampeur des tombes, vous êtes vraiment mal barré. Cela dit, cette créature est de toute évidence destinée aux decks agressifs et quand un jeu pareil se voit contraint de bloquer des créatures adverses, c’est qu’il est déjà en mauvaise posture.

Je pourrais conclure cette partie de l’analyse en ajoutant que le Rampeur des tombes, bien qu’il soit noir et soit donc immunisé à toute une série d’antibêtes du genre Lame du destin, n’a qu’une endurance de 1 et est donc exposé à une ribambelle de blasts et de sorts comme Fatale glissade, Flamme de geist, Tire-boyaux et j’en passe. Je pourrais aussi dire qu’une simple 1/1 peut le bloquer et le tuer. Mais ce serait oublier le détail suivant dans la capabox :
Vous pouvez lancer le Rampeur des tombes depuis votre cimetière tant que vous contrôlez un zombie.
Certes, ce n’est pas la première fois qu’on voit une capacité de ce genre. Je pense notamment à Haakon, plaie de Stromgald, ou encore à des créatures comme l’Esprit infernal ou les cartes que j’ai citées dans la partie « Entrée du cimetière », qui peuvent elles aussi revenir sur le champ de bataille depuis le cimetière. Mais franchement, ce n’est pas comparable. Haakon ne peut être lancé QUE depuis cette zone et les esprits infernaux imposent tous certaines conditions.



Le Rampeur des tombes, lui, ne demande qu’une seule chose : que vous contrôliez un zombie. Si c’est le cas, vous pouvez le lancer aussi facilement depuis votre cimetière que vous l’avez fait depuis votre main. Cette possibilité de jeu implique toute une série de choses :

La première, c’est que vous pouvez attaquer avec le rampeur sans le moindre scrupule, puisque même s’il se fait bloquer et qu’il meurt, vous pouvez toujours le relancer depuis votre cimetière. Attention toutefois, cela ne veut pas dire qu’on peut bêtement le laisser s’empaler sur un bloqueur sans éliminer ce dernier. Ceci augmente encore le potentiel agressif de cette créature, qui met du coup vachement la pression sur l’adversaire. Il arrive même que ce dernier, soucieux de ne pas perdre trop de pv, fasse le sacrifice d’une de ses créatures tandis que vous pouvez toujours réanimer le zombie, ce qui vous donne du CA (ou card advantage, une notion qui désigne l’avantage en termes du nombre de cartes utiles que vous avez à disposition).

La deuxième, c’est que le rampeur, fût-il dans l’absolu assez fragile aux antibêtes du fait de son gabarit, est somme toute fort résistant à ceux-ci puisqu’il n’est jamais définitivement neutralisé, à moins qu’un sort ou une capacité ne l’exile, à la façon du Cercle de l’oubli. Il est aussi l’une des rares créatures agressives à passer un mass removal du style Jour de condamnation ou Tempête de scories, à condition que vous ayez un autre zombie en main pour le jouer et relancer votre jeu, évidemment.

La troisième, c’est que cette créature est parfaite en combinaison avec un moteur de sacrifice : Fenaison de l’autel, Mortiépode ou encore le Bouffeur de charogne pour citer un exemple moins courant… en temps normal, sacrifier une créature est un coût assez prohibitif, mais le Rampeur des tombes en fait quelque chose de tout à fait anodin et qui laisse le champ libre à un véritable abus de CA. Ceci vaut également pour la défausse, qu’elle vienne de votre adversaire ou de vous (Variole en tête).



Pour compléter le tableau, je rappelle que le rampeur ne coûte qu’un seul mana noir et qu’il est donc très facile de le ramener à la vie sans trop handicaper le développement du jeu s’agissant de la base de mana. Cela dit, comme il n’a pas la célérité (heureusement, d’ailleurs), on peut lui reprocher une certaine lenteur, puisqu’il faut attendre encore un tour avant qu’il puisse attaquer à nouveau, voire plus si l’adversaire lui balance un antibête pendant notre tour alors qu’on est déjà full tap (c’est-à-dire que toutes nos sources de mana sont engagées).

Un autre bémol, plus important celui-là, est l’inadéquation entre les deux parties de la capabox du rampeur. Une créature récursive incapable de bloquer, c’est vraiment dommage. Il est vrai qu’on attend surtout de lui qu’il attaque, mais la possibilité de bloquer aurait ouvert bien d’autres possibilités de stratégies, tandis qu’en l’état, il est cantonné au rôle de créature agressive. Mais bon, on ne peut pas tout avoir.

Rappelons enfin qu’il faut contrôler un zombie pour pouvoir lancer le rampeur depuis le cimetière. Seul, ce n’est rien d’autre qu’un Lion des jungles noir, ce qui est déjà très bien me direz-vous. Mais il vaut mieux exploiter sa récursivité en l’associant à ses potes, n’est-ce pas ? Le Rampeur des tombes est donc une créature à jouer dans un deck tribal zombies ou comportant au moins une proportion assez élevée de zombies, disons une douzaine. Et même là, si l’adversaire le tue et que vous n’avez pas d’autre zombie sur le champ de bataille ou dans votre main, il risque fort bien de squatter le cimetière. Ce n’est donc pas l’arme absolue, d’autant moins que son impact est beaucoup plus limité en fin de partie, mais il reste un atout essentiel pour les decks zombies.

À ce propos, j’entends quelque chose derrière moi… oh merde, des morts-vivants ! Vite, ma Torche brûlante ! Oh putain, le sujet se réveille !!!



Le Rampeur des tombes est donc un zombie. C’est un type de créature, au même titre que les ondins ou les gobelins. Comme ces derniers, d’ailleurs, il s’agit du premier à avoir disposé d’un lord, c’est-à-dire d’une créature qui renforce les créatures d’un certain type ou leur confère certaines capacités. Ce lord, c’était le Maître des zombies qui, à l’époque de la première édition de Magic, interagissait avec les Zombies dévastateurs… pouissante magie.



Les zombies ont fait du chemin depuis, notamment avec le bloc Carnage où c’était l’une des tribus principales, avec des créatures comme le Berger de la putridité, le Pollueur gemmepaume et bien sûr le Chef de guerre mort-vivant qui ont constitué une bonne stratégie de jeu, sans toutefois atteindre le niveau des gobelins, encore eux. Notons, pour la touche fun, l’apparition du Gobelin pourrissant, de type zombie… et gobelin (^^).

Mais c’est vraiment avec le dernier bloc en date, Innistrad, que les zombies ont percé. Dès le premier set, Wizards nous gâte avec la Goule du diregraf, la Horde sans souffle et même le Cadavre ambulant, qui n’a pas passionné les foules mais qui est fort représentatif du chemin parcouru depuis les zombies d’Alpha. Le deuxième set, Obscure Ascension, sonne l’apogée des zombies : le Rampeur des tombes, bien sûr, mais également un lord, le Capitaine du diregraf, et un autre mort-vivant tout simplement démentiel, le Messager de Geralf, lui aussi résistant aux antibêtes et autres removals de masse, très bon d’ailleurs en combinaison avec son pote le rampeur.



Tout cela pour dire que les zombies ont constitué (ou constituerons encore, selon l'évolution du format) un archétype compétitif en format de tournoi standard. Ce format comprenait avant la sortie de Retour à Ravnica les blocs Cicatrices de Mirrodin et Innistrad plus Magic 2012. Si Mirrodin n’a pas grand-chose à offrir en termes de zombies, Magic 2012 propose quelques cartes plus intéressantes, notamment un deuxième lord, le Faucheur des cimetières, et surtout l’Image phantasmatique, très polyvalente et incontournable dans le format pré-rotation (qui a dit Geist de Saint Traft ?).

Trêve de bavardages, voici quelques listes zombies standard pour vous donner une idée. Notez que je ne mentionne pas les réserves, pour éviter de trop m’éloigner de mon sujet, et que je n'aborde pas non plus d'autres formats, car la présence du rampeur y est plus anecdotique. Les listes ne sont pas de moi, je précise.

Black Zombies

Créatures
- 2 Métamorphe phyrexian
- 4 Oblitérateur phyrexian
- 4 Messager de Geralf
- 4 Rampeur des tombes
- 4 Goule du diregraf
- 3 Cracheuse de fumée
- 3 Goule patricienne
Sorts
- 1 Fouet serpentiforme
- 2 Mortiépode
- 4 Fatale Glissade
- 3 Fenaison de l’autel
- 2 Victime de la nuit
- 1 Liliana du voile
Terrains
- 23 marais



On remarque que l’auteur a fait le choix de rester en mono-noir pour optimiser le fouet et jouer plus facilement les oblitérateurs et les messagers, se passant ainsi de cartes telles que le Capitaine du diregraf et surtout l’Image phantasmatique. Je le trouve donc personnellement assez léger sur le tour 2, même s’il a toujours la possibilité, outre les goules patriciennes et les mortiépodes, de lancer deux drops à un mana (par exemple rampeur + goule) ou un drop à 1 avec un mana de libre pour une éventuelle Fatale glissade. À ce sujet d’ailleurs, le deck est fort bien équipé en antibêtes.

C’est somme toute un pack agressif aux sorties très régulières grâce à sa base de mana simplissime et en dépit des trous dans sa curve, qui tire par ailleurs parti de nombreuses interactions telles que rampeur / messager + mortiépode / fenaison ou cracheuse + messager, le tout avec Fatale glissade qui se trouve souvent être un antibête redoutable. Inutile de dire que le deck résiste fort bien aux removals de masse grâce au duo rampeur / messager, très frustrant pour l’adversaire. L’oblitérateur, quant à lui, est complètement démentiel contre aggro (quoique parfois placé en réserve pour la même raison).

Il s'agit là de la version originale du deck zombies, qui constituait il y a quelques mois, avec la liste bleue et noire, les deux variantes principales de cet archétype dans le format standard . Mais au lieu du splash bleu, qui permet d’incorporer les cartes dont j’ai parlé précédemment, certains joueurs ont fait le choix du splash rouge pour en faire un deck nettement plus explosif : voyez plutôt.

Black-Red Zombies

Créatures
- 2 Métamorphe phyrexian
- 4 Messager de Geralf
- 4 Rampeur des tombes
- 4 Goule du diregraf
- 2 Cracheuse de fumée
- 4 Artiste de sang
- 2 Aristocrate de Falkenrath
Sorts
- 3 Mortiépode
- 4 Fatale Glissade
- 4 Volée sulfureuse
- 3 Verdict de Geth
- 2 Trace d'arc électrique
Terrains
- 4 Falaises de Coupenoire
- 4 Sommet du Crânedragon
- 1 montagne
- 13 marais



Nous avons là deux créatures qui interagissent à merveille avec le rampeur pour faire rapidement baisser les pv adverses. Couplée à des blasts tels que la Volée sulfureuse, cette stratégie rend le deck très efficace, lequel résistera d'ailleurs probablement à la rotation du format puisque la plupart de ses cartes sont issues du bloc Innistrad. À noter aussi, l'existence (enfin, plus pour longtemps) d'un deck zombie pod basée sur le fameux Cosse de gestation, dont l'interaction avec le rampeur est évidente.

Les zombies sont surtout présents en standard. Ils sont beaucoup plus rares dans les autres formats et notamment, même si ça peut paraître surprenant, en bloc Innistrad. Il faut dire que sans Oblitérateur phyrexian ni Fouet serpentiforme, la tentation d’y monter un mono-noir était moindre, et la combinaison bleu-noir encore moins envisageable étant donné que les terrains disponibles en bloc ne permettaient pas de jouer correctement Capitaine du diregraf et Messager de geralf, deux créatures essentielles de cet archétype, dans le même deck.

Je me suis réfugié dans une cabane pour échapper aux zombies, mais je suis maintenant cerné ! Il y en a partout ! Une seule solution : SOS inquisiteur ! Vite, mon portable ! Je me souviens avoir lu leur annonce dans le journal de ce matin. Mais bon Dieu, où l’ai-je mis ? Ah, le voilà !



Je compose donc le numéro 777.



Welcome to SOS Inquisitor. To proceed in English, press 1.

Bienvenue chez SOS Inquisiteur. Pour continuer en français, appuyez sur 2.

J’appuie sur 2. J’espère que ça ne va pas durer trop longtemps, parce que je les entends grogner dehors…

Si vous avez des problèmes avec des vampires, appuyez sur 1. Si vous avez des problèmes avec des loups-garous, appuyez sur 2. Si vous avez des problèmes avec des zombies, appuyez sur 3.

J’appuie sur 3. Allez, dépêche, bordel…

Nous vous transmettons à l’un de nos collaborateurs. Veuillez rester en ligne, s’il vous plaît.

*Musique d’attente*

C’est une blague ou quoi ? La porte de la cabane ne va pas tenir très longtemps !



Toutes nos lignes sont occupées. Veuillez rester en ligne, s’il vous plaît. Connaissez-vous notre dernière offre ? Pour un vampire crucifié, la deuxième crucifixion est gratuite.

Mais je m’en fous de ton offre ! Réponds !!



SOS Inquisiteur, bonjour, comment puis-je vous aider ?

Ah, enfin ! Je suis dans une cabane tout au nord du cimetière principal ! Je suis encerclé par des zombies ! Venez vite à mon aide !

J’arrive tout de suite.

Bon, c’était pénible au téléphone, mais l’inquisiteur est arrivé en moins de dix minutes et a zigouillé tous les zombies. En revanche, c’était vachement cher et j’ai dû payer cash. J’aurais dû souscrire à l’assurance vampires / loups-garous / zombies.

Quoiqu’il en soit, parmi le monceau de cadavres disloqués, je retrouve ce cher Rampeur des tombes. Si j’avais su que je prendrais tant de risques en rédigeant cette analyse… Bref, il est temps d’observer ce macchabée d’un point de vue esthétique, ce qui, je l’admets, peut paraître paradoxal.

L’illustration



Plus zombie que ça, tu meurs (^^). Bon ok, c’était nul, revenons au sujet. Sans être transcendante, cette illustration est réussie et représente le mort-vivant avec beaucoup de réalisme. On remarque surtout l’absence de jambes, ce qui me fait penser que le Rampeur des tombes est une belle réussite du point de vue de la conception, que ce soit au niveau de cette créature ou des zombies en général : dépourvu de jambes, il est incapable de bloquer ; en revanche, lorsque les zombies sont de sortie, il s’extirpe hors de sa tombe en rampant. Le tout est très crédible !

L’illustrateur se nomme Steven Belledin, il travaille pour Magic depuis 2006 et le set Souffle Glaciaire. Il s’est montré très prolifique depuis, avec plus d’une centaine de réalisations parmi lesquelles celles du Slivoïde ligamenteux, de Défaire, de la Contrainte, du Putréfax, de l’Extraction chirurgicale etc. Sans vouloir offenser l’artiste, ses réalisations, pourtant très loin d’être laides (et encore une fois, je ne pourrais certainement pas en faire autant), ne m’impressionnent pas plus que les cartes qu’il a illustrées et passent assez inaperçues. Honnêtement, j’aurais du mal à reconnaître si une œuvre est de lui. J’ai eu d’ailleurs la même impression en consultant son site. J’ai juste noté que sa galerie est exclusivement réalisée à la peinture à l’huile, ce qui est assez remarquable à l’ère numérique.

Tiens ? Quelqu’un frappe à la porte du local où je pratique l’autopsie. J’ouvre : c’est l’inquisiteur qui m’a sauvé la vie. Il vient effectuer un contrôle de routine du cadavre. Procédure standard, qu’il dit. Soit. Pendant ce temps, parlons un peu de l’édition dans laquelle le rampeur a vu le jour.

L’édition



Le Rampeur des tombes est issu du set Obscure Ascension, deuxième extension du bloc Innistrad. Elle poursuit le thème de l’horreur abordé par le set précédent en lui donnant un aspect encore plus désespéré pour les humains. On y retrouve toutes les mécaniques d’Innistrad, à savoir :

1) L’aspect tribal du bloc : les humains, les esprits, les zombies, les vampires et les loups-garous, avec un accent mis sur ces quatre derniers en ce qu’ils bénéficient désormais d’un lord bicolore (comme le Capitaine du diregraf pour les zombies).

2) La mort en général et la morbidité en plus particulier. Cette dernière vérifie si une créature est morte ce tour-ci (exemple avec la Faim de la hurlemeute).

3) Les cartes recto-verso, qui se transforment (c’est-à-dire qui passe de la face recto à la face verso ou vice-versa) à la manière des loups-garous ou d’une autre façon : Cathare loyal, Calice de la vie etc.

4) Le flashback, bien que cette mécanique remonte en réalité au bloc Odyssée.

5) Les malédictions, qui ne sont rien d’autre que des auras destinées aux joueurs (Malédiction de l’épuisement).

À ces reprises s’ajoutent deux nouveautés très représentatives de l’ambiance dramatique de cette édition :

1) L’heure fatidique, qui vérifie si vous avez 5 points de vie ou moins (Rassemblement des citadins, Conte-destin de Thraben).

2) La survivance, une capacité très intéressante qu’on peut considérer comme le contraire de la persistance en ce que si une créature avec la survivance meurt alors qu’elle n’a pas de marqueur +1/+1 sur elle, elle revient sur le champ de bataille avec un marqueur +1/+1. L’intérêt est évidemment de virer le marqueur ou de le compenser avec un marqueur -1/-1, auquel cas les deux marqueurs s’annulent (si si). On retrouve cette capacité entre autres sur le Louveteau.

Obscure Ascension n’a pas vraiment impressionné les joueurs au fur et à mesure des cartes révélées, mais il a bien fallu constater par après que ce set était bien meilleur que ce qu’on croyait, avec de très nombreuses cartes de bonne qualité comme les Âmes persistantes (interdites en bloc), le Geist étrangleracine, le Messager de Geralf, les Geists de donjon, la Fatale glissade, le Maître-chasseur de la lande, Sorin, le Caveau de l’archange et j’en passe.



Les bonus

Ce titre atrocement passe-partout révèle en réalité un profond manque de suite dans mes idées. Car pour être tout à fait honnête, je ne sais plus trop de quoi je vais parler. Des zombies dans Magic ? Déjà fait (je n’aurais pas dû griller si vite une telle cartouche). De la storyline d’Innistrad ? Pourquoi me faire chier à vous traduire la page du site de Wizards y consacrée alors que je n’y connais rien et que je ne pourrai rien dire de plus ? De ce qu’est un zombie ? Tout le monde, et à plus forte raison tout Magicien qui se respecte, sait très bien ce que c’est.

Non, ce qui m’intéresse, c’est de savoir comment le rampeur s’y prend pour sortir de sa tombe sans jambes. Je sais bien que j’ai dit un peu plus haut que le concept était très crédible, mais quand on réfléchit, ça ne doit pas être évident de grimper hors d’un trou en ne s’aidant que de ses bras ! Réfléchissons à la question. Plusieurs hypothèses se dessinent :

Hypothèse n°1 : les ongles



Cette hypothèse est l’une des plus probables, étant donné que l’illustration, qui présente des mains avec des doigts et des ongles en mauvais état, penche en sa faveur. Néanmoins, si vous avez vu le film Le Cercle, vous saurez qu’une telle méthode n’est pas précisément idéale pour avoir une belle manucure.

Hypothèse n°2 : une échelle



L’usage d’une échelle, fût-ce sans les jambes, est assurément beaucoup plus simple que se bousiller les ongles à gratter la terre comme un forcené. Encore faut-il savoir d’où viendrait ladite échelle. On peut imaginer que le fossoyeur l’a oubliée dans la tombe fraîchement creusée. Comme le rampeur est récursif, cette hypothèse suppose que le fossoyeur n’a plus toute sa tête. Ah oui, et que plusieurs échelles sont disséminées un peu partout dans le cimetière. C’est donc possible, mais peu probable.

Hypothèse n°3 : un ascenseur



Imaginons un cimetière high-tech dans lequel les tombes sont équipées d’ascenseurs. Nous sommes d’accord, c’est totalement impossible. Cela dit, ce serait vachement pratique pour les zombies, tout de même, bien qu’ils auraient sans doute un peu de mal à atteindre les boutons de l’ascenseur s’ils n’ont plus leurs jambes…

Hypothèse n°4 : un pote zombie qui passe par là



Quand on y réfléchit, cette dernière hypothèse est probablement la plus plausible. Car un pote zombie peut très facilement aider le rampeur à s’extirper de sa tombe. On reste même dans la logique de la condition posée par la carte pour qu’elle soit jouable depuis le cimetière, à savoir que vous deviez contrôler un zombie.

Conclusion

J’en arrive à la fin de cette troisième analyse (la première commence à dater ^^). Si vous deviez retenir une seule chose au sujet du Rampeur des tombes, c’est que c’est une créature qui représente à merveille l’esprit des zombies, tant pour l’ambiance qu’elle dégage que pour ses capacités. Je vous remercie de m’avoir lu et vous retrouve prochainement pour une nouvelle analyse, qui portera cette fois sur une véritable institution parmi les cartes Magic.

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