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Borislehachoir

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Envoyé par Borislehachoir le Samedi 12 Octobre 2019 à 11:47


Le 09/10/2019 à 02:13, Crutch avait écrit ...
Ça fait plaisir de te voir encore découvrir des grands films comme La 317eme section après tout ce temps.
 

Mais grave. Je suis aussi très content d'arriver encore à m'enthousiasmer comme ça de temps en temps.

Meurtre mystérieux à Manhattan (Woody Allen, 1993)

Carol et Larry Lipton vivent une vie confortable dans un luxueux appartement de Manhattan. Ils font la connaissance de leurs voisins, un couple plus âgé. Le lendemain, la femme décède brutalement d'une crise cardiaque. Carol n'arrive pas à croire à ce décès soudain et se met à enquêter sur ce veuf un peu trop joyeux. Elle entraîne dans ses investigations son mari Larry, qui préférerait de beaucoup la tranquillité de son foyer, surtout quand les menaces et dangers se mettent à pleuvoir sur ce couple d'enquêteurs improvisés. Mais Carol trouve une oreille attentive auprès de Ted, récemment divorcé, pendant que Larry rencontre un auteur, Marcia, diablement séduisante. Les tribulations liées à l'enquête vont ressouder leur couple qui commençait à s'ennuyer et rapprocher Ted et Marcia.

Pas toujours client de Woody Allen, je me suis vraiment marré devant celui-ci. C'est bourré de répliques énormes (dont la fameuse sur le fait qu'écouter Wagner donne envie d'envahir la Pologne), le duo comique Woody Allen-Diane Keaton fonctionne absolument du feu de Dieu et la jonction entre le polar et la comédie fonctionne très bien - sauf peut-être lorsqu'apparaît une révélation finale bien pratique qui sort un peu de nulle part et permet de remettre artificiellement le récit sur les rails -. Voir Woody chercher à s'enfuir pendant que son voisin lui expose point par point sa collection de timbres, observer les jeux de séduction entre Woody et Angelica Huston d'un côté et Diane Keaton et Alan Alda de l'autre, entendre le couple jalouser ses voisins " je suis sur qu'ils font l'amour toutes les semaines " m'ont fait passer un excellent moment. Me concernant, le côté un peu bancal de l'intrigue (là ou je ne retrouve que rarement ce défaut chez Allen) est largement compensé par le rire qu'il m'a procuré. Et l'utilisation de parallèles avec le film noir (Assurance sur la mort et la Dame de Shanghai sont dans la place) fonctionne parfaitement. Excellent.

A Cappella (Lee Su-jin, 2013)

De nos jours, en Corée du Sud. Victime d'un viol collectif commis par des fils de notables, Han Gong-ju est contrainte de changer de lycée et d'emménager chez la mère d'un de ses professeurs, le temps que l'enquête policière se poursuive.
Malgré le traumatisme, elle se fait de nouvelles amies qui, subjuguées par ses qualités de chanteuse, veulent la présenter à une société de production. Mais Han Gong-ju s'y oppose violemment : les parents des violeurs tentent en effet de la retrouver et de la forcer à retirer sa plainte…


A parler sans arrêt - et j'en suis le premier fautif - des polars coréens bourrins on en finirait par oublier que la Corée du sud produit aussi des drames largement dignes d'intérêt ; je compare un peu ce film à Blood Island, dans les deux cas il s'agit d'un premier film ou le réalisateur intègre des thématiques féministes à un contexte de genre (le slasher dans Blood Island, le film d'enquête ici).
Le film a indéniablement ses moments forts (l'avant-viol tétanisant, le passage avec la mère de l'héroïne et surtout l'arrivée des parents d'élèves en mode horde de connards dans la nouvelle école de l'héroïne) mais il est très balisé, très clair, trop clair dans son message. Ce n'est pas une mauvaise idée en soi de donner à l'héroïne une sorte de deuxième figure maternelle elle-même en proie à la honte sociale (elle couche avec un homme marié) mais ça ne fonctionne pas tout à fait (notamment parce qu'une femme aussi forte n'a pas grand chose à faire avec un type aussi minable). C'est très bien interprété mais je trouve que la structure en flashback pour terminer sur le traumatisme et la libération de l'héroïne ne fonctionne pas d'un point de vue émotionnel et alourdit le récit. Ca reste un film touchant qui assume frontalement la noirceur de son histoire (quand la copine de l'héroïne lui demande si elle a déjà embrassé un garçon et qu'elle répond " 43 " j'étais ).

Simple Men (Hal Hartley, 1992)

Bill est triste. Sa femme l'a quitté pour son partenaire dans le casse d'un dépôt. Il fait part de son chagrin à son frère, Dennis, qui n'a qu'une idée en tête : retrouver leur père disparu, grand joueur de base-ball en cavale, auteur d'un attentat anarchiste meurtrier devant le Pentagone, mais considéré par beaucoup comme un héros. Il le convainc de partir à sa recherche.

Hal Hartley est un réalisateur quasi légendaire notamment connu pour ses films indépendants des années fin 80 - début 90. Au vu de Simple Men, il est évident que son style a eu une influence évidente sur bon nombre de cinéastes indépendants contemporains (Kelly Reichardt la première). Sa mise en scène est faite de petites scènes un peu absurdes, de personnages loufoques qui ne savent pas ou ils vont (génial braquage d'intro tout aussi dédramatisé que celui de Certaines femmes), de moments de digressions qui ne font pas avancer l'intrigue.
Du coup, je pense que l'avis du spectateur sera en fonction d'un facteur principal, celui de l'attachement à la galerie de personnages zonards qu'on nous présente, à la coolitude de Robert John Burke, à la solitude de Karen Sillas ou la sensualité de Elina Löwensohn. En ce qui me concerne, ces gentils péquenauds m'ont ému à plusieurs moments et le fait que le film arrivait régulièrement à me surprendre en partant dans des directions imprévisibles (voir l'hommage à Bande à part que je mets en vidéo ci-dessous), j'ai trouvé mon compte dans ce petit film fragile mais qui m'a fait beaucoup de bien le temps d'un visionnage.



La Garçonnière (Billy Wilder, 1960)

C. C. Baxter est un petit employé d'une importante compagnie d'assurances, très gentil, seul et célibataire au milieu de New York, ville hyper active ou l'être humain est soumis à la cohue, le productivisme, la publicité et la solitude. Il met son appartement à disposition de ses supérieurs comme garçonnière, par complaisance et servilité ; il espère des avantages professionnels... et il faut bien payer le loyer. La gestion des quatre « co-locataires » est un casse-tête, son appartement est laissé sens dessus-dessous, ses voisins et sa logeuse sont indignés de ce défilé de jolies filles et du bruit, qu'ils lui attribuent, et il doit parfois attendre dehors à des heures tardives ou dans le froid.

C'est très étrange : pour une comédie, j'ai rarement ri à l'exception de quelques quiproquos remarquablement écrits justifiant le fait que les voisins ont tous l'impression que Jack Lemmon est un Casanova alors qu'il vit dans une totale solitude. Mais même si sur ce plan j'ai bien plus trouvé mon compte chez Woody, le film de Billy Wilder m'a semblé en revanche parfait dans sa manière de dépeindre le côté pathétique de l'arrivisme social, la façon dont Jack Lemmon ne cesse de s'abaisser pour rien, dont il est prêt à vendre sa potentialité de vie privée (c'est bien illustré par le fait qu'après sa promotion, lorsqu'il montre son bureau à Shirley MacLaine, il tombe sur un couple occupé à s'embrasser à l'intérieur : il n'a aucun espace à lui, sa vie est une perpétuelle sous-location). Jack Lemmon et Shirley MacLaine ont une excellente alchimie, le film est parfaitement rythmé et réussit de par son écriture à donner du relief à certains personnages secondaires a priori ingrats (le Dr Dreyfus, voisin du héros qui se retrouve toujours dans la position du témoin de sa " vie dissolue " ; la secrétaire miss Olsen, précédente victime de l'amant de Shirley MacLaine qui paiera cher son honnêteté). Un excellent Billy Wilder léger qui ne dépareille pas face à Certains l'aiment chaud ou Sept ans de réflexion.


Joker (Todd Phillips, 2019)

En 1981, à Gotham City. Arthur Fleck travaille dans une agence de clowns. Méprisé et incompris, il mène une vie en marge et vit dans un immeuble miteux avec sa mère, Penny. Un soir, il se fait agresser dans le métro par trois hommes, le poussant à les tuer en retour. Si son geste inspire une partie de la population, Arthur bascule lui peu à peu dans la folie pour devenir le Joker, un dangereux tueur psychotique.

Vous allez tous l'aimer et moi non. Je vais copier-coller ce que j'en ai dit ailleurs parce que c'est souvent énervant de se répéter :
A entendre tout le monde parler de radicalité j'en viens a me demander si l'on a tous la même définition du mot. Pour moi la radicalité consiste a choisir un cap et à s'y tenir a tout prix. Or, le Joker est pratiquement le contraire, a savoir un louvoiement entre deux opposés.

Par exemple, en interview, Phillips se défend de banaliser la violence du Joker. Or, a chaque fois qu'elle est supposée avoir lieu sur un personnage non détestable (la psy, la voisine) cette violence disparaît du champ. Le contraste entre la brutalité de certains moments et l'édulcoration absolue de ceux-ci montre bien la volonté de Phillips de jouer sur deux tableaux en même temps, celui de la victime redresseuse de torts et celui de l'anti héros amoral. Sans choisir réellement. Esthétiquement on alterne entre le New York crado de Scorsese ou Ferrara et un onirisme bien plus contemporain qui veut a la fois montrer la ville comme un enfer réel et comme une création mentale d'un aliéné.

Pareillement pour la vision politique. Un coup le Joker est un opportuniste surfant sur la contestation ambiante (il se déclare apolitique) un coup il est l'émanation naturelle de la colère populaire (il dit " nous sommes blabla.... "). Sans jamais que le film tranche. Joker essaye de parler a la fois au public intello/libéral en lui disant du coin de l'œil " c'est un anti héros hein " et d'autre part aux enragés anti Wall Street. Il bouffe a tous les râteliers, et la com de Phillips anti SJW a bien réussi a faire oublier que sa construction de personnage ou celui-ci n'est défini QUE par une suite de moments d'humiliation, de cruauté et de violence subis est exactement la manière dont les SJW n'ont de cesse de reecrire l'histoire sous un angle victimaire.

Et qu'on ne vienne pas me parler du joker mythomane qui réinvente son existence. Ca, c'est le joker de Ledger qui débarquait ex nihilo dans Gotham, sans passé. Celui de Phoenix a un nom, une mère et un appartement. Il n'est pas ce clown protéiforme mais une figure quotidienne de loser triste. Ses volte face ne sont pas ceux d'un aliéné mais ceux d'un scénariste opportuniste.

Bref, le Joker veut séduire tout le monde. Il tape a gauche quand il s'agit de récupérer la contestation sociale et à droite quand il fait du bon fils a sa maman le paillasson d'un système véreux. Il se la joue Nouvel Hollywood mais cache la violence de son Travis Bickle quand elle se fait trop dérangeante. Joker, c'est un yaourt passe du gout Nouvel Hollywood a l'arome Nouvel Hollywood, c'est la contestation propre, la violence maîtrisée, la révolution qui reste dans les clous.

Boris.
 

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kakkhara

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Envoyé par kakkhara le Samedi 12 Octobre 2019 à 18:54


Du neuf : 

Jeanne (Bruno Dumont, 2019)

Les dernières batailles de Jeanne d'Arc et son procès.

Je suppose que Jeanne est un bon film, je vois plein d'idées, mais je n'ai pas réussi à rentrer dedans. On a ici un film arty aux dialogues déclamés, se prenant, à part pour la beauté de certaines prises de vue, pour du théâtre.
Il y a bien des idées de mise en scène, et Bruno Dumont déploie à outrance son cinéma d'absurde et de gueules cassées, il y a quelque chose de fascinant à voir jusqu'à quel point il fait corps avec son procédé, même en n'appréciant pas le film.
A noter la bande-son, parti pris qu'on aime ou qu'on aime pas, pour ma part entendre un piètre chanteur s'égosiller d'une insupportable voix de tête sur de vagues tonalités électro a été pénible.

Gemini man (Ang Lee, 2019)

Will Smith en assassin surdoué, faisant face à son clone plus jeune envoyé comme étant le seul capable de l'arrêter.

Là encore, il y a quelque chose de fascinant à voir Ang Lee aller jusqu'au bout des innovations techniques, pour en ressortir avec des images d'une telle qualité.
On aurait aimé que le fond suive la forme, nous proposant une histoire d'une rare qualité, malheureusement ce n'est pas le cas, ainsi Gemini Man ressemble à un super emballage vide (déjà utilisée maintes fois cette image...).
L'ensemble reste distrayant, grâce au rythme, et grâce à un second rôle féminin inhabituellement efficace et présent, ce qui change des stéréotypes. Malheureusement le personnage bien trop lisse de Will Smith (est-ce une surprise?) plombe tous les questionnements que le film évite systématiquement de se poser.
Bref, on se demande à la fin, tout ça... pour ça?

Ad astra (James Gray, 2019)

Roy Mac Bride est envoyé en mission ultra confidentielle, parce que des rayons envoyés depuis Neptune menacent l'existence de l'humanité. Il se pourrait que son père, porté disparu au large de Neptune, en soit à l'origine.

Le précédent film de James Gray donnait la part belle à l'exploration. C'est encore le cas ici, troquant la jungle contre l'espace.
Et c'est réussi. Dans une ouverture hallucinante, James Gray met la barre haute, et cela ne se démentira pas tout au long du film. Il y a des séquences merveilleuses, celle sur la face cachée de la Lune et celle sur le vaisseau en perdition notamment.
Un thème qui semble récurrent chez Gray, c'est celui de la relation père-fils (je me trompe peut-être, mais des trois films que j'ai vu, The lost city of Z et La Nuit nous appartient en plus de celui-là, c'est le cas). Même si ici c'est plus l'héritage qui est traité ici, l'intériorité d'un fils qui a tenté de se construire avec ce qu'un père absent lui a légué, donnant au film toute sa profondeur.
C'est d'ailleurs également la limite du film, qui échoue à s'ouvrir sur autre chose, comme s'il n'y avait rien en-dehors de cette relation, ce qui donne une fin très peu convaincante et une conclusion ratée.
Dommage donc, car le reste du film est superbe, visuellement et aussi sur le fond, brossant comme en passant des tableaux sur pas mal de thèmes récurrents du genre.
Quoiqu'il en soit une réussite à porter au crédit du film, sa volonté de démontrer qu'on peut fuir aux confins du système solaire, le plus grand des voyages demeure intérieur.

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"_Je joue attirance mortelle sur mon pisteur invisible et je t'attaque avec.
_ouais, j'ai pris 1
_ok ..."


Borislehachoir

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Envoyé par Borislehachoir le Dimanche 27 Octobre 2019 à 09:32


Je vais m'auto-corriger un peu sur Joker, mon post donnait sans doute l'impression que j'ai détesté le film. Ce n'est pas le cas, j'ai simplement été déçu par rapport à la hype. Mais Phoenix est excellent, le film très bien rythmé et à le mérite de proposer une histoire avec un début et une fin, pas une bande-annonce pour une suite. Et la direction artistique est très réussie. Joker, c'est bien mais ce n'est certainement pas le chef d'œuvre vendu. Heureusement pour lui, le film est un carton de toute façon.

Les Prédateurs (Tony Scott, 1983)

À New York, la belle et élégante Miriam Blaylock (Catherine Deneuve) mène une vie luxueuse et oisive au côté de son mari John (David Bowie). En réalité, née sous l'Égypte antique, elle est âgée de plus de 3 000 ans. Elle doit tous les 7 jours, boire du sang humain pour se préserver des atteintes du temps. Elle utilise, pour ce faire, un petit pendentif en forme de clé d'Ânkh qu'elle porte autour du cou et qui dissimule une lame acérée qui lui permet de trancher la gorge de ses victimes.

Premier film de Tony Scott qui tranche totalement avec ce qu'il réalisera après (le gars passe quand même d'un film de vampires esthétisant à Top Gun quoi),celui-ci étant totalement en phase avec l'esthétique 80's et les œuvres du frangin Ridley à la même époque. Mais ce qui fait que les Prédateurs fonctionne aussi bien au point d'être sans doute (seul True Romance peut le concurrencer), le meilleur film de son auteur, c'est cette alchimie réussie entre visuel publicitaire et conte gothique (le luxueux décor dans lequel Bowie se meurt), entre découverte du SIDA et mythe vampirique, entre boites de nuit branchées de l'époque (ou on passe " Bela Lugosi is dead " de Bauhaus) et mythe ancestral. Bowie, Catherine Deneuve et Susan Sarandon sont tous les trois excellents. J'ai toujours un peu de mal avec l'intro qui mélange trois temporalités de manière selon moi très confuse mais on dira que Tony Scott réussit quand même à imposer son style visuel au forceps. Les Prédateurs serait sans doute le meilleur film de vampires des 50 dernières années si un autre petit bijou dont je parle en fin de post ne venait pas le détroner.

Ad Astra (James Gray, 2019)

Sur Terre, dans un futur proche, l’ingénieur et astronaute de la NASA Roy McBride (Brad Pitt) s'occupe de la maintenance d'une antenne de 30 km de hauteur. Celle-ci est détruite lors d’une surcharge électrique venue de Neptune, qui cause des ravages également sur Terre.

Pfiouuu la barre d'ennui. Les thématique familiales habituelles (qui en deviennent ici franchement redondantes) de James Gray mixées dans un récit qui fait du Apocalypse Now dans l'espace (donc du road movie spatial ou l'approche du but fixé conduit à la folie progressive). On sent tellement les compromis commerciaux - le film n'assume pas son statut de monologue intérieur de Brad Pitt alors que putain la voix off est ridiculement omniprésente - quand on te sort une scène d'action lunaire façon Mad Max Fury Road (illisible au passage) ou un passage horrifique avec des singes tueurs en guise de métaphore plus balourde tu meurs. Le film est plutôt chouette visuellement et Brad Pitt s'en sort finalement bien dans son rôle d'astronaute à moitié autiste mais bon dieu ce que ces personnages secondaires sont fonctionnels (Liv Tyler qui après Armageddon confirme son statut de meuf qui attend que le héros rentre chez lui), bon dieu ce que cette relation père-film ne prend pas, bon dieu ce que cette fin est ridicule sans parler de la scène de " surf spartial " qui dénote totalement dans un truc aussi cérémonial.
C'est chiant comme tout.

L'incroyable vérité (Hal Hartley, 1989)

Josh sort de prison, après avoir purgé sa peine pour meurtre. Il retourne dans sa ville d'origine. Là, ses crimes sont exagérés, et plus personne ne se rappelle exactement combien de personnes il a tué ni quel était son crime... Tout le monde est en tout cas plutôt circonspect à son égard, mais le père d'Audry (cette dernière ne tardera pas à tomber amoureuse de Josh) accepte quand même de lui proposer un emploi de mécanicien.

Après Simple Men, encore un Hal Hartley que j'apprécie vraiment tout en trouvant le film fragile. Encore une fois tout est relativement dédramatisé : les meurtres dont on accuse le personnage principal (qui semble s'en foutre un peu) n'ont finalement pas eu lieu (sans que ça change grand chose au final), l'intrigue stagne volontairement (même si la relation naissance entre Adrienne Shelly et Robert John Burke est très touchante, charisme des acteurs aidant bien) mais ce n'est pas grave car même si la lycéenne dépressive et l'ancien taulard devenu mécano n'ont rien, on est heureux de les voir s'offrir un avenir ensemble. La beauté des films de Harley tient sur des petites choses : le côté statique de la mise en scène (on se croirait un peu chez Kauriskaki) qui entretient un sentiment de douce absurdité, des dialogues sentencieux prononcés de manière décalée, l'amour pour absolument tous les personnages (je n'ai pas encore trouvé de réel " antagoniste " chez Hartley, même le père d'Adrienne Shelly a ses bons moments), le respect pour les ploucs des coins perdus qu'il filme. Ca me suffit à comprendre l'importance qu'ont pu avoir ses films à l'époque, c'est triste qu'Hartley semble un peu retombé dans l'anonymat depuis.

Commando (Mark Lester, 1985)

Ancien soldat des commandos d’élite de la Delta Force, le colonel John Matrix mène une existence paisible aux côtés de sa fille Jenny. Un jour, son ancien supérieur, le général Franklin Kirby, lui rend visite dans sa maison nichée dans la montagne pour le prévenir que des membres de son ancienne unité ont été assassinés par des mercenaires dont on ignore l'identité. Peu après le départ de Kirby, les mercenaires attaquent la maison de Matrix, tuant les soldats que Kirby avait affecté à sa sécurité, et kidnappent Jenny. En essayant de rattraper les ravisseurs, Matrix est maîtrisé et enlevé par les mercenaires, dont à sa surprise figure Bennett, un ancien membre de son équipe, présumé mort.

C'est vraiment le visionnage des moments de déprime, Commando. J'y peux rien, je lance le film et rien qu'en voyant le générique ou Arnold Schwarzenegger porte un tronc d'arbre sur son épaule le plus naturellement du monde je me marre. Que le film ait une kyrielle de défauts cinématographiques (les méchants qui limite explosent tous seuls, le scénario con comme c'est pas possible, le personnage du général qui est un peu l'inspecteur des travaux finis) OK mais c'est compensé par un rythme SURVOLTE ou il se passe un truc improbable toutes les vingt secondes, des répliques de vrai cinéma d'action abruti comme on n'en fait plus ( " je t'avais dis que je te tuerais en dernier…. je t'ai menti ! " " T'as laissé quelque chose pour moi ? " " Que des morts. "), des seconds couteaux tellement caricaturaux qu'ils en deviennent géniaux (mention à Bill Duke de Predator qui fait la même gueule de musclor constipé tout du long et à David Patrick Kelly au contraire en magnifique roue libre), un méchant sosie de Freddy Mercury, de l'action en veux-tu en voilà…. C'est un cas tellement extrême de film concon, ce film est tout ce que les Expendables voulaient être sans y arriver. Préférez l'original aux pales copies.

Aux frontières de l'aube (Kathryn Bigelow, 1987)

Une nuit, Caleb, un jeune fermier de l'Arizona, rencontre la belle Mae. Fasciné, il tente de la séduire et obtient d'elle un baiser qui devient une morsure. Ce contact va entraîner Caleb dans le monde des compagnons de Mae, des vampires. Il devra apprendre à tuer pour s'abreuver du sang de ses victimes.

La rétro vampirique de la cinémathèque aura été une belle occasion pour moi de revoir des films que j'ai adoré.... et que j'adore toujours. Bien avant le Vampires de Carpenter ou le Vampire Hunter D Bloodlust de Kawajiri, Bigelow pose son mètre-étalon du vampire westernien, celui des grandes étendues doté d'un chapeau de cowboy et d'éperons. Le superbe scénario d'Eric Red parvient à caractériser très vite et très efficacement tout le petit groupe de vampires notamment par leur méthode de chasse (le couple Jesse/Diamondback chasse en binome, Homer feint la faiblesse pour attirer ses proies et Severen séduit). Même si les vampires sont les antagonistes, ils sont filmés avec compassion (voir la scène ou ils intègrent enfin Caleb dans le groupe) tandis que les scènes de fusillade ont ça d'excellent que le risque n'est jamais pour un vampire de se prendre une balle mais que les trous dans le mur liés aux impacts laissent passer la lumière du soleil. Superbe musique de Tangerine Dream, grosse interprétation générale avec un Bill Paxton déchainé et une Jenny Wright fascinante notamment. J'adore totalement.

Boris.

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Borislehachoir

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Envoyé par Borislehachoir le Dimanche 10 Novembre 2019 à 12:21


Extreme Job (Lee Byeong-Hun, 2019)

Une brigade anti-drogue, dirigée par le chef Go, cherche à démanteler une organisation criminelle. Pour pouvoir surveiller et infiltrer ce gang, cinq agents se font passer pour de simples salariés en ouvrant un restaurant. Ils se retrouvent bientôt dans une situation improbable lorsque leur restaurant gagne en popularité grâce au délicieux poulet qu'ils proposent.

Nouvelle comédie policière coréenne un peu dans la lignée de Midnight Runners (en mieux) ; il faut d'abord dire que c'est super drôle. Deux gags m'ont sorti de ma discrétion habituelle au cinéma : le voleur de voiture qui se fait éjecter par la propriétaire légitime et l'immense carambolage qui se termine par une voiture s'encastrant volontairement pour frauder l'assurance. Ca enterre n'importe quelle comédie française récente en termes de rythme, d'inventivité et de drôlerie (rien que le début avec les flics qui galèrent à descendre en rappel toute la salle riait). Pas de twist pour une fois (tant mieux) en dehors de la révélation tardive des compétences réelles de nos pieds nickelés, et des ruptures de ton (toute la partie sur l'entreprenariat et les pressions pour empêcher les flics de vende leur délicieux poulet  ) fonctionnent, dommage que la partie comédie soit très largement supérieure à la partie policière et que le cinéaste, comme la grande majorité des réalisateurs sud-coréens, ait énormément de mal à filmer une scène d'action potable. Potentiellement une des meilleurs comédies de l'année.... et elle ne sort pas en salles. Allez comprendre.

Brutal tales of chivalry 8 : Forbidden love (Kiyoshi Saeki, 1971)

Bunzo (Hiroki Matsukata) accompagné d'un invité de passage dans son clan (Ken Takakura) assassine un Oyabun adverse dans le cadre d'une guerre entre clans rivaux. Malgré cet acte qui aurait du lui apporter du prestige, Bunzo va finir par être exclu de son clan à cause d'Omino, une jeune femme dont il est épris mais que son Oyabun convoite pour en faire sa maitresse.

Très bon ninkyo parfaitement emblématique du genre avec en valeur ajoutée un casting all star : les inévitables Ken Takakura et Ryo Ikebe, Koji Tsuruta en gangster " retraité " et Hiroki Matsukata en jeune yakuza au desting tragique. Un ajout intéressant à une trame vue et revue réside dans le fait que c'est le clan du " héros " (Takakura est un peu plus en retrait que d'habitude et le personnage agissant réellement lors de la première moitié est celui de Matsukata) est aussi pourri que les autres. On sent la fin d'une époque et le fait que le ninkyo s'assombrit : la même année, Fukasaku tourne Guerre des gangs à Okinawa qui porte le genre à incandescence, tandis que dès 1972 Okita le pourfendeur posera les bases du jitsuroku-eiga, dont les yakuzas ambigus et réalistes feront oublier les stars plus propres sur elles du ninkyo. En attendant, il s'agit probablement du meilleur des 6 films de la saga que j'ai pu voir (les 5 premiers et celui-là), et même si le film se repose quelque peu sur une formule éprouvée, il en est l'une des meilleurs déclinaisons.

Gemini Man (Ang Lee, 2019)

Ancien militaire, Henry Brogen est un tueur à gages avec une solide réputation de sniper. Il travaille pour une mystérieuse agence gouvernementale, la DIA. Après un contrat à Liège en Belgique, il décide de prendre sa retraite dans l'État de Géorgie. Il découvre par ailleurs que la cible de ce dernier contrat n'était pas celle qu'il pensait. Les employeurs de Henry veulent le faire disparaitre. Clay Varris, directeur de GEMINI, envoie alors à ses trousses le seul homme capable de tuer Henry : son clone, plus jeune de trente ans et élevé par Clay lui-même.

Bon moi j'ai détesté. Les recherches formelles qui sont vantées par ses laudateurs m'ont au contraire sorti du film tellement j'ai eu l'impression de voir des scènes d'action ressemblant à des versions luxueuses de cinémathiques de jeu vidéo, sans organisme (pas de sang), sans intensité, en gros sans implication émotionnelle. C'en est tellement criant que les dialogues doivent expliciter les éléments (le fait que le clone de Will Smith anticipe ses réactions) que la scène devrait normalement suffir à faire ressentir. En plus de ça, je trouve comme souvent Will Smith mauvais comme un cochon, et le scénario le conduit dans plusieurs directions que je déteste (1 : un twit final complètement con; 2 : Un héros tueur à gages mais en fait gentil tout plein qui donne des leçons de morale ; 3 : une sorte de construction artificielle d'une " cellule familiale " à la fin avec vieux Will Smith qui se la joue papa de substitution du jeune Will Smith). Le film a ses fans mais personnellement je l'ai trouvé horripilant.

Nankouk l'esquimau (Robert Flaherty, 1922)

Le film montre le mode de vie d'une famille Inuit de la région de Port Harrison sur la côte est de la baie d'Hudson au Canada : méthodes de navigation, de chasse et de pêche, fabrication d'un iglou.... Il montre aussi la visite du poste de traite : dépôt de fourrures, découverte du gramophone....

Absolument fascinant. Que Flaherty ait demandé à Nanouk de reproduire des techniques de chasse abandonnées ne diminue même pas l'impression d'authenticité de l'ensemble. Peut-être parce que Flaherty semble en totale empathie avec les eskimaus (au point de pas mal dramatiser leurs actions par les intertitres, en même temps les mecs risquent réellement leur vie en permanence), ce qui fait que des toutes petites choses (un regard caméra de Nanouk rigolard, une séquence de jeu entre enfants, la fabrication d'une fenêtre dans l'igloo) en viennent à procurer une émotion insoupçonnée. Le documentaire insiste surtout sur les (impressionantes) scènes de chasse ou de pêche ou on découvre l'étendue des techniques de Nanouk. Quelque part, ce film considéré parfois ( et un peu abusivement) comme le documentaire séminal me parait surtout une fiction déguisée, une sorte d'adaptation officieuse de Jack London dont le réalisme a justement conduit les gens à ne plus y voir une fition. Le rejet d'une dramaturgie trop évidente (pas de trame générale, pas de changement dans le statut des personnages à la fin du film) a sans doute fait beaucoup pour ce chef d'oeuvre justement célébré aujourd'hui.

Trust Me (Hal Hartley, 1991)

Trust Me raconte la curieuse rencontre de deux « inadaptés » dans une banlieue industrielle américaine. Maria Coughlin annonce à ses parents qu'elle est enceinte et a décidé de quitter le lycée. Dans la dispute qui suit, son père est foudroyé par une crise cardiaque. Sa mère l'expulse de la maison ; peu après son petit ami effrayé par son état décide de la quitter. Par hasard, elle fait la connaissance de Matthew Slaughter. Celui-ci est un génie de l'électronique incapable de garder un travail en raison de ses principes et de son attitude très agressive envers la hiérarchie. Se reconnaissant aussi perdus l'un que l'autre, ils décident de se faire confiance et de s'aider mutuellement. Leur complicité grandissante va être perturbée par un environnement hostile, et en particulier par la violence du père de Matthew et les manipulations de la mère de Maria.

C'est mon Hal Hartley favori sachant que j'avais déjà passé un très bon moment devant l'Incroyable vérité et Simple Men, sachant aussi que les trois films se ressemblent énormément (leur ressortie en salles comme étant une trilogie a du sens de ce point de vue), et que ce qui fait que je le place encore un cran au-dessus des deux autres réside avant tout dans mon empathie absolue envers le personnage de Martin Donovan, type incapable d'effectuer les micro-compromissions que lui demande la vie en société ; quelque part, Trust Me est la meilleure vie de Boris possible, quand bien même le scénario nous montre à la fois le côté nécessaire et futile de cette révolte permanente. J'adore la manière dont Hartley déjoue certains conventions cinématographiques : lorsque la meire d'Adrienne Shelly manipule Martin Donovan pour le pousser à coucher avec son autre fille, Shelly découvre le couple et part sans rien dire, sans afficher la moindre colère. Il y a une force intérieure dans les personnages imperturbables d'Hartley qui se marie avec le côté statique de la mise en scène, statisme qui n'est pas sans crée d'humour décalé. En bref, je suis très content d'avoir découvert les trois premiers films d'Hartley et même si je n'y ai pas vu de chef d'oeuvre je comprends beaucoup mieux la hype dont il fit l'objet au début des années 90.

Boris.

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