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Borislehachoir

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Envoyé par Borislehachoir le Samedi 12 Octobre 2019 à 11:47


Le 09/10/2019 à 02:13, Crutch avait écrit ...
Ça fait plaisir de te voir encore découvrir des grands films comme La 317eme section après tout ce temps.
 

Mais grave. Je suis aussi très content d'arriver encore à m'enthousiasmer comme ça de temps en temps.

Meurtre mystérieux à Manhattan (Woody Allen, 1993)

Carol et Larry Lipton vivent une vie confortable dans un luxueux appartement de Manhattan. Ils font la connaissance de leurs voisins, un couple plus âgé. Le lendemain, la femme décède brutalement d'une crise cardiaque. Carol n'arrive pas à croire à ce décès soudain et se met à enquêter sur ce veuf un peu trop joyeux. Elle entraîne dans ses investigations son mari Larry, qui préférerait de beaucoup la tranquillité de son foyer, surtout quand les menaces et dangers se mettent à pleuvoir sur ce couple d'enquêteurs improvisés. Mais Carol trouve une oreille attentive auprès de Ted, récemment divorcé, pendant que Larry rencontre un auteur, Marcia, diablement séduisante. Les tribulations liées à l'enquête vont ressouder leur couple qui commençait à s'ennuyer et rapprocher Ted et Marcia.

Pas toujours client de Woody Allen, je me suis vraiment marré devant celui-ci. C'est bourré de répliques énormes (dont la fameuse sur le fait qu'écouter Wagner donne envie d'envahir la Pologne), le duo comique Woody Allen-Diane Keaton fonctionne absolument du feu de Dieu et la jonction entre le polar et la comédie fonctionne très bien - sauf peut-être lorsqu'apparaît une révélation finale bien pratique qui sort un peu de nulle part et permet de remettre artificiellement le récit sur les rails -. Voir Woody chercher à s'enfuir pendant que son voisin lui expose point par point sa collection de timbres, observer les jeux de séduction entre Woody et Angelica Huston d'un côté et Diane Keaton et Alan Alda de l'autre, entendre le couple jalouser ses voisins " je suis sur qu'ils font l'amour toutes les semaines " m'ont fait passer un excellent moment. Me concernant, le côté un peu bancal de l'intrigue (là ou je ne retrouve que rarement ce défaut chez Allen) est largement compensé par le rire qu'il m'a procuré. Et l'utilisation de parallèles avec le film noir (Assurance sur la mort et la Dame de Shanghai sont dans la place) fonctionne parfaitement. Excellent.

A Cappella (Lee Su-jin, 2013)

De nos jours, en Corée du Sud. Victime d'un viol collectif commis par des fils de notables, Han Gong-ju est contrainte de changer de lycée et d'emménager chez la mère d'un de ses professeurs, le temps que l'enquête policière se poursuive.
Malgré le traumatisme, elle se fait de nouvelles amies qui, subjuguées par ses qualités de chanteuse, veulent la présenter à une société de production. Mais Han Gong-ju s'y oppose violemment : les parents des violeurs tentent en effet de la retrouver et de la forcer à retirer sa plainte…


A parler sans arrêt - et j'en suis le premier fautif - des polars coréens bourrins on en finirait par oublier que la Corée du sud produit aussi des drames largement dignes d'intérêt ; je compare un peu ce film à Blood Island, dans les deux cas il s'agit d'un premier film ou le réalisateur intègre des thématiques féministes à un contexte de genre (le slasher dans Blood Island, le film d'enquête ici).
Le film a indéniablement ses moments forts (l'avant-viol tétanisant, le passage avec la mère de l'héroïne et surtout l'arrivée des parents d'élèves en mode horde de connards dans la nouvelle école de l'héroïne) mais il est très balisé, très clair, trop clair dans son message. Ce n'est pas une mauvaise idée en soi de donner à l'héroïne une sorte de deuxième figure maternelle elle-même en proie à la honte sociale (elle couche avec un homme marié) mais ça ne fonctionne pas tout à fait (notamment parce qu'une femme aussi forte n'a pas grand chose à faire avec un type aussi minable). C'est très bien interprété mais je trouve que la structure en flashback pour terminer sur le traumatisme et la libération de l'héroïne ne fonctionne pas d'un point de vue émotionnel et alourdit le récit. Ca reste un film touchant qui assume frontalement la noirceur de son histoire (quand la copine de l'héroïne lui demande si elle a déjà embrassé un garçon et qu'elle répond " 43 " j'étais ).

Simple Men (Hal Hartley, 1992)

Bill est triste. Sa femme l'a quitté pour son partenaire dans le casse d'un dépôt. Il fait part de son chagrin à son frère, Dennis, qui n'a qu'une idée en tête : retrouver leur père disparu, grand joueur de base-ball en cavale, auteur d'un attentat anarchiste meurtrier devant le Pentagone, mais considéré par beaucoup comme un héros. Il le convainc de partir à sa recherche.

Hal Hartley est un réalisateur quasi légendaire notamment connu pour ses films indépendants des années fin 80 - début 90. Au vu de Simple Men, il est évident que son style a eu une influence évidente sur bon nombre de cinéastes indépendants contemporains (Kelly Reichardt la première). Sa mise en scène est faite de petites scènes un peu absurdes, de personnages loufoques qui ne savent pas ou ils vont (génial braquage d'intro tout aussi dédramatisé que celui de Certaines femmes), de moments de digressions qui ne font pas avancer l'intrigue.
Du coup, je pense que l'avis du spectateur sera en fonction d'un facteur principal, celui de l'attachement à la galerie de personnages zonards qu'on nous présente, à la coolitude de Robert John Burke, à la solitude de Karen Sillas ou la sensualité de Elina Löwensohn. En ce qui me concerne, ces gentils péquenauds m'ont ému à plusieurs moments et le fait que le film arrivait régulièrement à me surprendre en partant dans des directions imprévisibles (voir l'hommage à Bande à part que je mets en vidéo ci-dessous), j'ai trouvé mon compte dans ce petit film fragile mais qui m'a fait beaucoup de bien le temps d'un visionnage.



La Garçonnière (Billy Wilder, 1960)

C. C. Baxter est un petit employé d'une importante compagnie d'assurances, très gentil, seul et célibataire au milieu de New York, ville hyper active ou l'être humain est soumis à la cohue, le productivisme, la publicité et la solitude. Il met son appartement à disposition de ses supérieurs comme garçonnière, par complaisance et servilité ; il espère des avantages professionnels... et il faut bien payer le loyer. La gestion des quatre « co-locataires » est un casse-tête, son appartement est laissé sens dessus-dessous, ses voisins et sa logeuse sont indignés de ce défilé de jolies filles et du bruit, qu'ils lui attribuent, et il doit parfois attendre dehors à des heures tardives ou dans le froid.

C'est très étrange : pour une comédie, j'ai rarement ri à l'exception de quelques quiproquos remarquablement écrits justifiant le fait que les voisins ont tous l'impression que Jack Lemmon est un Casanova alors qu'il vit dans une totale solitude. Mais même si sur ce plan j'ai bien plus trouvé mon compte chez Woody, le film de Billy Wilder m'a semblé en revanche parfait dans sa manière de dépeindre le côté pathétique de l'arrivisme social, la façon dont Jack Lemmon ne cesse de s'abaisser pour rien, dont il est prêt à vendre sa potentialité de vie privée (c'est bien illustré par le fait qu'après sa promotion, lorsqu'il montre son bureau à Shirley MacLaine, il tombe sur un couple occupé à s'embrasser à l'intérieur : il n'a aucun espace à lui, sa vie est une perpétuelle sous-location). Jack Lemmon et Shirley MacLaine ont une excellente alchimie, le film est parfaitement rythmé et réussit de par son écriture à donner du relief à certains personnages secondaires a priori ingrats (le Dr Dreyfus, voisin du héros qui se retrouve toujours dans la position du témoin de sa " vie dissolue " ; la secrétaire miss Olsen, précédente victime de l'amant de Shirley MacLaine qui paiera cher son honnêteté). Un excellent Billy Wilder léger qui ne dépareille pas face à Certains l'aiment chaud ou Sept ans de réflexion.


Joker (Todd Phillips, 2019)

En 1981, à Gotham City. Arthur Fleck travaille dans une agence de clowns. Méprisé et incompris, il mène une vie en marge et vit dans un immeuble miteux avec sa mère, Penny. Un soir, il se fait agresser dans le métro par trois hommes, le poussant à les tuer en retour. Si son geste inspire une partie de la population, Arthur bascule lui peu à peu dans la folie pour devenir le Joker, un dangereux tueur psychotique.

Vous allez tous l'aimer et moi non. Je vais copier-coller ce que j'en ai dit ailleurs parce que c'est souvent énervant de se répéter :
A entendre tout le monde parler de radicalité j'en viens a me demander si l'on a tous la même définition du mot. Pour moi la radicalité consiste a choisir un cap et à s'y tenir a tout prix. Or, le Joker est pratiquement le contraire, a savoir un louvoiement entre deux opposés.

Par exemple, en interview, Phillips se défend de banaliser la violence du Joker. Or, a chaque fois qu'elle est supposée avoir lieu sur un personnage non détestable (la psy, la voisine) cette violence disparaît du champ. Le contraste entre la brutalité de certains moments et l'édulcoration absolue de ceux-ci montre bien la volonté de Phillips de jouer sur deux tableaux en même temps, celui de la victime redresseuse de torts et celui de l'anti héros amoral. Sans choisir réellement. Esthétiquement on alterne entre le New York crado de Scorsese ou Ferrara et un onirisme bien plus contemporain qui veut a la fois montrer la ville comme un enfer réel et comme une création mentale d'un aliéné.

Pareillement pour la vision politique. Un coup le Joker est un opportuniste surfant sur la contestation ambiante (il se déclare apolitique) un coup il est l'émanation naturelle de la colère populaire (il dit " nous sommes blabla.... "). Sans jamais que le film tranche. Joker essaye de parler a la fois au public intello/libéral en lui disant du coin de l'œil " c'est un anti héros hein " et d'autre part aux enragés anti Wall Street. Il bouffe a tous les râteliers, et la com de Phillips anti SJW a bien réussi a faire oublier que sa construction de personnage ou celui-ci n'est défini QUE par une suite de moments d'humiliation, de cruauté et de violence subis est exactement la manière dont les SJW n'ont de cesse de reecrire l'histoire sous un angle victimaire.

Et qu'on ne vienne pas me parler du joker mythomane qui réinvente son existence. Ca, c'est le joker de Ledger qui débarquait ex nihilo dans Gotham, sans passé. Celui de Phoenix a un nom, une mère et un appartement. Il n'est pas ce clown protéiforme mais une figure quotidienne de loser triste. Ses volte face ne sont pas ceux d'un aliéné mais ceux d'un scénariste opportuniste.

Bref, le Joker veut séduire tout le monde. Il tape a gauche quand il s'agit de récupérer la contestation sociale et à droite quand il fait du bon fils a sa maman le paillasson d'un système véreux. Il se la joue Nouvel Hollywood mais cache la violence de son Travis Bickle quand elle se fait trop dérangeante. Joker, c'est un yaourt passe du gout Nouvel Hollywood a l'arome Nouvel Hollywood, c'est la contestation propre, la violence maîtrisée, la révolution qui reste dans les clous.

Boris.
 

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kakkhara

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Envoyé par kakkhara le Samedi 12 Octobre 2019 à 18:54


Du neuf : 

Jeanne (Bruno Dumont, 2019)

Les dernières batailles de Jeanne d'Arc et son procès.

Je suppose que Jeanne est un bon film, je vois plein d'idées, mais je n'ai pas réussi à rentrer dedans. On a ici un film arty aux dialogues déclamés, se prenant, à part pour la beauté de certaines prises de vue, pour du théâtre.
Il y a bien des idées de mise en scène, et Bruno Dumont déploie à outrance son cinéma d'absurde et de gueules cassées, il y a quelque chose de fascinant à voir jusqu'à quel point il fait corps avec son procédé, même en n'appréciant pas le film.
A noter la bande-son, parti pris qu'on aime ou qu'on aime pas, pour ma part entendre un piètre chanteur s'égosiller d'une insupportable voix de tête sur de vagues tonalités électro a été pénible.

Gemini man (Ang Lee, 2019)

Will Smith en assassin surdoué, faisant face à son clone plus jeune envoyé comme étant le seul capable de l'arrêter.

Là encore, il y a quelque chose de fascinant à voir Ang Lee aller jusqu'au bout des innovations techniques, pour en ressortir avec des images d'une telle qualité.
On aurait aimé que le fond suive la forme, nous proposant une histoire d'une rare qualité, malheureusement ce n'est pas le cas, ainsi Gemini Man ressemble à un super emballage vide (déjà utilisée maintes fois cette image...).
L'ensemble reste distrayant, grâce au rythme, et grâce à un second rôle féminin inhabituellement efficace et présent, ce qui change des stéréotypes. Malheureusement le personnage bien trop lisse de Will Smith (est-ce une surprise?) plombe tous les questionnements que le film évite systématiquement de se poser.
Bref, on se demande à la fin, tout ça... pour ça?

Ad astra (James Gray, 2019)

Roy Mac Bride est envoyé en mission ultra confidentielle, parce que des rayons envoyés depuis Neptune menacent l'existence de l'humanité. Il se pourrait que son père, porté disparu au large de Neptune, en soit à l'origine.

Le précédent film de James Gray donnait la part belle à l'exploration. C'est encore le cas ici, troquant la jungle contre l'espace.
Et c'est réussi. Dans une ouverture hallucinante, James Gray met la barre haute, et cela ne se démentira pas tout au long du film. Il y a des séquences merveilleuses, celle sur la face cachée de la Lune et celle sur le vaisseau en perdition notamment.
Un thème qui semble récurrent chez Gray, c'est celui de la relation père-fils (je me trompe peut-être, mais des trois films que j'ai vu, The lost city of Z et La Nuit nous appartient en plus de celui-là, c'est le cas). Même si ici c'est plus l'héritage qui est traité ici, l'intériorité d'un fils qui a tenté de se construire avec ce qu'un père absent lui a légué, donnant au film toute sa profondeur.
C'est d'ailleurs également la limite du film, qui échoue à s'ouvrir sur autre chose, comme s'il n'y avait rien en-dehors de cette relation, ce qui donne une fin très peu convaincante et une conclusion ratée.
Dommage donc, car le reste du film est superbe, visuellement et aussi sur le fond, brossant comme en passant des tableaux sur pas mal de thèmes récurrents du genre.
Quoiqu'il en soit une réussite à porter au crédit du film, sa volonté de démontrer qu'on peut fuir aux confins du système solaire, le plus grand des voyages demeure intérieur.

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"_Je joue attirance mortelle sur mon pisteur invisible et je t'attaque avec.
_ouais, j'ai pris 1
_ok ..."


Borislehachoir

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Envoyé par Borislehachoir le Dimanche 27 Octobre 2019 à 09:32


Je vais m'auto-corriger un peu sur Joker, mon post donnait sans doute l'impression que j'ai détesté le film. Ce n'est pas le cas, j'ai simplement été déçu par rapport à la hype. Mais Phoenix est excellent, le film très bien rythmé et à le mérite de proposer une histoire avec un début et une fin, pas une bande-annonce pour une suite. Et la direction artistique est très réussie. Joker, c'est bien mais ce n'est certainement pas le chef d'œuvre vendu. Heureusement pour lui, le film est un carton de toute façon.

Les Prédateurs (Tony Scott, 1983)

À New York, la belle et élégante Miriam Blaylock (Catherine Deneuve) mène une vie luxueuse et oisive au côté de son mari John (David Bowie). En réalité, née sous l'Égypte antique, elle est âgée de plus de 3 000 ans. Elle doit tous les 7 jours, boire du sang humain pour se préserver des atteintes du temps. Elle utilise, pour ce faire, un petit pendentif en forme de clé d'Ânkh qu'elle porte autour du cou et qui dissimule une lame acérée qui lui permet de trancher la gorge de ses victimes.

Premier film de Tony Scott qui tranche totalement avec ce qu'il réalisera après (le gars passe quand même d'un film de vampires esthétisant à Top Gun quoi),celui-ci étant totalement en phase avec l'esthétique 80's et les œuvres du frangin Ridley à la même époque. Mais ce qui fait que les Prédateurs fonctionne aussi bien au point d'être sans doute (seul True Romance peut le concurrencer), le meilleur film de son auteur, c'est cette alchimie réussie entre visuel publicitaire et conte gothique (le luxueux décor dans lequel Bowie se meurt), entre découverte du SIDA et mythe vampirique, entre boites de nuit branchées de l'époque (ou on passe " Bela Lugosi is dead " de Bauhaus) et mythe ancestral. Bowie, Catherine Deneuve et Susan Sarandon sont tous les trois excellents. J'ai toujours un peu de mal avec l'intro qui mélange trois temporalités de manière selon moi très confuse mais on dira que Tony Scott réussit quand même à imposer son style visuel au forceps. Les Prédateurs serait sans doute le meilleur film de vampires des 50 dernières années si un autre petit bijou dont je parle en fin de post ne venait pas le détroner.

Ad Astra (James Gray, 2019)

Sur Terre, dans un futur proche, l’ingénieur et astronaute de la NASA Roy McBride (Brad Pitt) s'occupe de la maintenance d'une antenne de 30 km de hauteur. Celle-ci est détruite lors d’une surcharge électrique venue de Neptune, qui cause des ravages également sur Terre.

Pfiouuu la barre d'ennui. Les thématique familiales habituelles (qui en deviennent ici franchement redondantes) de James Gray mixées dans un récit qui fait du Apocalypse Now dans l'espace (donc du road movie spatial ou l'approche du but fixé conduit à la folie progressive). On sent tellement les compromis commerciaux - le film n'assume pas son statut de monologue intérieur de Brad Pitt alors que putain la voix off est ridiculement omniprésente - quand on te sort une scène d'action lunaire façon Mad Max Fury Road (illisible au passage) ou un passage horrifique avec des singes tueurs en guise de métaphore plus balourde tu meurs. Le film est plutôt chouette visuellement et Brad Pitt s'en sort finalement bien dans son rôle d'astronaute à moitié autiste mais bon dieu ce que ces personnages secondaires sont fonctionnels (Liv Tyler qui après Armageddon confirme son statut de meuf qui attend que le héros rentre chez lui), bon dieu ce que cette relation père-film ne prend pas, bon dieu ce que cette fin est ridicule sans parler de la scène de " surf spartial " qui dénote totalement dans un truc aussi cérémonial.
C'est chiant comme tout.

L'incroyable vérité (Hal Hartley, 1989)

Josh sort de prison, après avoir purgé sa peine pour meurtre. Il retourne dans sa ville d'origine. Là, ses crimes sont exagérés, et plus personne ne se rappelle exactement combien de personnes il a tué ni quel était son crime... Tout le monde est en tout cas plutôt circonspect à son égard, mais le père d'Audry (cette dernière ne tardera pas à tomber amoureuse de Josh) accepte quand même de lui proposer un emploi de mécanicien.

Après Simple Men, encore un Hal Hartley que j'apprécie vraiment tout en trouvant le film fragile. Encore une fois tout est relativement dédramatisé : les meurtres dont on accuse le personnage principal (qui semble s'en foutre un peu) n'ont finalement pas eu lieu (sans que ça change grand chose au final), l'intrigue stagne volontairement (même si la relation naissance entre Adrienne Shelly et Robert John Burke est très touchante, charisme des acteurs aidant bien) mais ce n'est pas grave car même si la lycéenne dépressive et l'ancien taulard devenu mécano n'ont rien, on est heureux de les voir s'offrir un avenir ensemble. La beauté des films de Harley tient sur des petites choses : le côté statique de la mise en scène (on se croirait un peu chez Kauriskaki) qui entretient un sentiment de douce absurdité, des dialogues sentencieux prononcés de manière décalée, l'amour pour absolument tous les personnages (je n'ai pas encore trouvé de réel " antagoniste " chez Hartley, même le père d'Adrienne Shelly a ses bons moments), le respect pour les ploucs des coins perdus qu'il filme. Ca me suffit à comprendre l'importance qu'ont pu avoir ses films à l'époque, c'est triste qu'Hartley semble un peu retombé dans l'anonymat depuis.

Commando (Mark Lester, 1985)

Ancien soldat des commandos d’élite de la Delta Force, le colonel John Matrix mène une existence paisible aux côtés de sa fille Jenny. Un jour, son ancien supérieur, le général Franklin Kirby, lui rend visite dans sa maison nichée dans la montagne pour le prévenir que des membres de son ancienne unité ont été assassinés par des mercenaires dont on ignore l'identité. Peu après le départ de Kirby, les mercenaires attaquent la maison de Matrix, tuant les soldats que Kirby avait affecté à sa sécurité, et kidnappent Jenny. En essayant de rattraper les ravisseurs, Matrix est maîtrisé et enlevé par les mercenaires, dont à sa surprise figure Bennett, un ancien membre de son équipe, présumé mort.

C'est vraiment le visionnage des moments de déprime, Commando. J'y peux rien, je lance le film et rien qu'en voyant le générique ou Arnold Schwarzenegger porte un tronc d'arbre sur son épaule le plus naturellement du monde je me marre. Que le film ait une kyrielle de défauts cinématographiques (les méchants qui limite explosent tous seuls, le scénario con comme c'est pas possible, le personnage du général qui est un peu l'inspecteur des travaux finis) OK mais c'est compensé par un rythme SURVOLTE ou il se passe un truc improbable toutes les vingt secondes, des répliques de vrai cinéma d'action abruti comme on n'en fait plus ( " je t'avais dis que je te tuerais en dernier…. je t'ai menti ! " " T'as laissé quelque chose pour moi ? " " Que des morts. "), des seconds couteaux tellement caricaturaux qu'ils en deviennent géniaux (mention à Bill Duke de Predator qui fait la même gueule de musclor constipé tout du long et à David Patrick Kelly au contraire en magnifique roue libre), un méchant sosie de Freddy Mercury, de l'action en veux-tu en voilà…. C'est un cas tellement extrême de film concon, ce film est tout ce que les Expendables voulaient être sans y arriver. Préférez l'original aux pales copies.

Aux frontières de l'aube (Kathryn Bigelow, 1987)

Une nuit, Caleb, un jeune fermier de l'Arizona, rencontre la belle Mae. Fasciné, il tente de la séduire et obtient d'elle un baiser qui devient une morsure. Ce contact va entraîner Caleb dans le monde des compagnons de Mae, des vampires. Il devra apprendre à tuer pour s'abreuver du sang de ses victimes.

La rétro vampirique de la cinémathèque aura été une belle occasion pour moi de revoir des films que j'ai adoré.... et que j'adore toujours. Bien avant le Vampires de Carpenter ou le Vampire Hunter D Bloodlust de Kawajiri, Bigelow pose son mètre-étalon du vampire westernien, celui des grandes étendues doté d'un chapeau de cowboy et d'éperons. Le superbe scénario d'Eric Red parvient à caractériser très vite et très efficacement tout le petit groupe de vampires notamment par leur méthode de chasse (le couple Jesse/Diamondback chasse en binome, Homer feint la faiblesse pour attirer ses proies et Severen séduit). Même si les vampires sont les antagonistes, ils sont filmés avec compassion (voir la scène ou ils intègrent enfin Caleb dans le groupe) tandis que les scènes de fusillade ont ça d'excellent que le risque n'est jamais pour un vampire de se prendre une balle mais que les trous dans le mur liés aux impacts laissent passer la lumière du soleil. Superbe musique de Tangerine Dream, grosse interprétation générale avec un Bill Paxton déchainé et une Jenny Wright fascinante notamment. J'adore totalement.

Boris.

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Borislehachoir

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Envoyé par Borislehachoir le Dimanche 10 Novembre 2019 à 12:21


Extreme Job (Lee Byeong-Hun, 2019)

Une brigade anti-drogue, dirigée par le chef Go, cherche à démanteler une organisation criminelle. Pour pouvoir surveiller et infiltrer ce gang, cinq agents se font passer pour de simples salariés en ouvrant un restaurant. Ils se retrouvent bientôt dans une situation improbable lorsque leur restaurant gagne en popularité grâce au délicieux poulet qu'ils proposent.

Nouvelle comédie policière coréenne un peu dans la lignée de Midnight Runners (en mieux) ; il faut d'abord dire que c'est super drôle. Deux gags m'ont sorti de ma discrétion habituelle au cinéma : le voleur de voiture qui se fait éjecter par la propriétaire légitime et l'immense carambolage qui se termine par une voiture s'encastrant volontairement pour frauder l'assurance. Ca enterre n'importe quelle comédie française récente en termes de rythme, d'inventivité et de drôlerie (rien que le début avec les flics qui galèrent à descendre en rappel toute la salle riait). Pas de twist pour une fois (tant mieux) en dehors de la révélation tardive des compétences réelles de nos pieds nickelés, et des ruptures de ton (toute la partie sur l'entreprenariat et les pressions pour empêcher les flics de vende leur délicieux poulet  ) fonctionnent, dommage que la partie comédie soit très largement supérieure à la partie policière et que le cinéaste, comme la grande majorité des réalisateurs sud-coréens, ait énormément de mal à filmer une scène d'action potable. Potentiellement une des meilleurs comédies de l'année.... et elle ne sort pas en salles. Allez comprendre.

Brutal tales of chivalry 8 : Forbidden love (Kiyoshi Saeki, 1971)

Bunzo (Hiroki Matsukata) accompagné d'un invité de passage dans son clan (Ken Takakura) assassine un Oyabun adverse dans le cadre d'une guerre entre clans rivaux. Malgré cet acte qui aurait du lui apporter du prestige, Bunzo va finir par être exclu de son clan à cause d'Omino, une jeune femme dont il est épris mais que son Oyabun convoite pour en faire sa maitresse.

Très bon ninkyo parfaitement emblématique du genre avec en valeur ajoutée un casting all star : les inévitables Ken Takakura et Ryo Ikebe, Koji Tsuruta en gangster " retraité " et Hiroki Matsukata en jeune yakuza au desting tragique. Un ajout intéressant à une trame vue et revue réside dans le fait que c'est le clan du " héros " (Takakura est un peu plus en retrait que d'habitude et le personnage agissant réellement lors de la première moitié est celui de Matsukata) est aussi pourri que les autres. On sent la fin d'une époque et le fait que le ninkyo s'assombrit : la même année, Fukasaku tourne Guerre des gangs à Okinawa qui porte le genre à incandescence, tandis que dès 1972 Okita le pourfendeur posera les bases du jitsuroku-eiga, dont les yakuzas ambigus et réalistes feront oublier les stars plus propres sur elles du ninkyo. En attendant, il s'agit probablement du meilleur des 6 films de la saga que j'ai pu voir (les 5 premiers et celui-là), et même si le film se repose quelque peu sur une formule éprouvée, il en est l'une des meilleurs déclinaisons.

Gemini Man (Ang Lee, 2019)

Ancien militaire, Henry Brogen est un tueur à gages avec une solide réputation de sniper. Il travaille pour une mystérieuse agence gouvernementale, la DIA. Après un contrat à Liège en Belgique, il décide de prendre sa retraite dans l'État de Géorgie. Il découvre par ailleurs que la cible de ce dernier contrat n'était pas celle qu'il pensait. Les employeurs de Henry veulent le faire disparaitre. Clay Varris, directeur de GEMINI, envoie alors à ses trousses le seul homme capable de tuer Henry : son clone, plus jeune de trente ans et élevé par Clay lui-même.

Bon moi j'ai détesté. Les recherches formelles qui sont vantées par ses laudateurs m'ont au contraire sorti du film tellement j'ai eu l'impression de voir des scènes d'action ressemblant à des versions luxueuses de cinémathiques de jeu vidéo, sans organisme (pas de sang), sans intensité, en gros sans implication émotionnelle. C'en est tellement criant que les dialogues doivent expliciter les éléments (le fait que le clone de Will Smith anticipe ses réactions) que la scène devrait normalement suffir à faire ressentir. En plus de ça, je trouve comme souvent Will Smith mauvais comme un cochon, et le scénario le conduit dans plusieurs directions que je déteste (1 : un twit final complètement con; 2 : Un héros tueur à gages mais en fait gentil tout plein qui donne des leçons de morale ; 3 : une sorte de construction artificielle d'une " cellule familiale " à la fin avec vieux Will Smith qui se la joue papa de substitution du jeune Will Smith). Le film a ses fans mais personnellement je l'ai trouvé horripilant.

Nankouk l'esquimau (Robert Flaherty, 1922)

Le film montre le mode de vie d'une famille Inuit de la région de Port Harrison sur la côte est de la baie d'Hudson au Canada : méthodes de navigation, de chasse et de pêche, fabrication d'un iglou.... Il montre aussi la visite du poste de traite : dépôt de fourrures, découverte du gramophone....

Absolument fascinant. Que Flaherty ait demandé à Nanouk de reproduire des techniques de chasse abandonnées ne diminue même pas l'impression d'authenticité de l'ensemble. Peut-être parce que Flaherty semble en totale empathie avec les eskimaus (au point de pas mal dramatiser leurs actions par les intertitres, en même temps les mecs risquent réellement leur vie en permanence), ce qui fait que des toutes petites choses (un regard caméra de Nanouk rigolard, une séquence de jeu entre enfants, la fabrication d'une fenêtre dans l'igloo) en viennent à procurer une émotion insoupçonnée. Le documentaire insiste surtout sur les (impressionantes) scènes de chasse ou de pêche ou on découvre l'étendue des techniques de Nanouk. Quelque part, ce film considéré parfois ( et un peu abusivement) comme le documentaire séminal me parait surtout une fiction déguisée, une sorte d'adaptation officieuse de Jack London dont le réalisme a justement conduit les gens à ne plus y voir une fition. Le rejet d'une dramaturgie trop évidente (pas de trame générale, pas de changement dans le statut des personnages à la fin du film) a sans doute fait beaucoup pour ce chef d'oeuvre justement célébré aujourd'hui.

Trust Me (Hal Hartley, 1991)

Trust Me raconte la curieuse rencontre de deux « inadaptés » dans une banlieue industrielle américaine. Maria Coughlin annonce à ses parents qu'elle est enceinte et a décidé de quitter le lycée. Dans la dispute qui suit, son père est foudroyé par une crise cardiaque. Sa mère l'expulse de la maison ; peu après son petit ami effrayé par son état décide de la quitter. Par hasard, elle fait la connaissance de Matthew Slaughter. Celui-ci est un génie de l'électronique incapable de garder un travail en raison de ses principes et de son attitude très agressive envers la hiérarchie. Se reconnaissant aussi perdus l'un que l'autre, ils décident de se faire confiance et de s'aider mutuellement. Leur complicité grandissante va être perturbée par un environnement hostile, et en particulier par la violence du père de Matthew et les manipulations de la mère de Maria.

C'est mon Hal Hartley favori sachant que j'avais déjà passé un très bon moment devant l'Incroyable vérité et Simple Men, sachant aussi que les trois films se ressemblent énormément (leur ressortie en salles comme étant une trilogie a du sens de ce point de vue), et que ce qui fait que je le place encore un cran au-dessus des deux autres réside avant tout dans mon empathie absolue envers le personnage de Martin Donovan, type incapable d'effectuer les micro-compromissions que lui demande la vie en société ; quelque part, Trust Me est la meilleure vie de Boris possible, quand bien même le scénario nous montre à la fois le côté nécessaire et futile de cette révolte permanente. J'adore la manière dont Hartley déjoue certains conventions cinématographiques : lorsque la meire d'Adrienne Shelly manipule Martin Donovan pour le pousser à coucher avec son autre fille, Shelly découvre le couple et part sans rien dire, sans afficher la moindre colère. Il y a une force intérieure dans les personnages imperturbables d'Hartley qui se marie avec le côté statique de la mise en scène, statisme qui n'est pas sans crée d'humour décalé. En bref, je suis très content d'avoir découvert les trois premiers films d'Hartley et même si je n'y ai pas vu de chef d'oeuvre je comprends beaucoup mieux la hype dont il fit l'objet au début des années 90.

Boris.

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Envoyé par Borislehachoir le Mercredi 11 Décembre 2019 à 23:57


Matewan (John Sayles, 1987)

Le récit des grèves minières de 1920 dans la petite ville de Mingo County, en Virginie. Un chapitre méconnu de l’histoire sociale américaine.

C'est splendide. Si vous vous intéressez un minimum à ce que j'écris, courez-voir Matewan parce que c'est hallucinant qu'on parle aussi peu d'un aussi bon film, sans doute parce que le réalisateur est un habitué des projets indépendants : même son film le plus connu, le très beau Lone Star, ne dit rien à beaucoup de cinéphiles.
Matewan c'est la surprise de découvrir Will Oldham (le futur Bonnie Prince Billy, fabuleux chanteur de country) tout jeune en précheur pro-syndicats (le film montre des religieux dans les deux camps), sorte de barde nous racontant comment les forces du capital ont tenté de briser l'union des ouvriers jusqu'à un épilogue sanglant qui fait beaucoup penser à l'histoire des briseurs de grèves dans la Moisson Rouge de Dashiell Hammett.
Il faut imaginer une sorte de cousin néo-classique de la Porte du paradis par un cinéaste qui aurait la pensée politique de Cimino mais le style de Clint Eastwood. Le scénario a l'intelligence de ne pas idéaliser les communautés ouvrières en présentant par exemple les tensions raciales comme pré-existantes, jusqu'à ce qu'un élément extérieur vienne opérer une fusion entre noirs, immigrés italiens et irlandais. C'est très bien joué, intelligent, bien filmé et réussit à être un film très marqué politiquement sans que son gauchisme ne devienne jamais caricatural. Gros coup de cœur.

Retour à Zombieland (Ruben Fleischer, 2019)

Dix ans après, Tallahassee, Columbus, Wichita et Little Rock font toujours équipe et luttent ensemble pour survivre face aux zombies, qui avec le temps ont évolué : parmi les zombies simples sont apparus les « Homer », en surpoids et simples d'esprit, les « Hawking », capables de stratégie, les « ninjas », rapides et silencieux, mais surtout les « T-800 », plus féroces et résistants aux balles. Le groupe trouve un temps refuge dans la Maison-Blanche. Mais des tensions apparaissent dans le groupe : Columbus et Wichita vivent leur petite vie de couple jusqu'à ce que Columbus demande la main de Wichita, et Tallahassee « couve » Little Rock comme un père, alors que cette dernière, devenue jeune adulte, a des envies d'ailleurs et d'être avec des gens de son âge. Une nuit, Wichita et Little Rock décident de partir à bord de la voiture blindée et surarmée de Tallahassee.

Vu parce que j'aime bien le premier film que je trouve assez nettement supérieur à Shaun of the dead dans le style comédie zombiesque, celui-ci m'a pourtant profondément saoulé. On est dans le cas typique de la suite qui confond inflation et réussite, qui veut tout fait plus gros, plus spectaculaire et plus jouissif et finit par simplement lasser. Les gags sur Bill Murray sont devenus prévisibles, le scénario s'éparpille dans tout plein de directions plus stupides les unes que les autres (Eisemberg et sa bimbo qui met son couple " en péril ", les différents types de zombie qui ne servent à rien, le hippie qui profite de l'apocalypse pour faire croire que les chansons de Bob Dylan sont les siennes). L'arrivée du deuxième duo avec Luke Wilson permet certes au cinéaste de livrer un plan-séquence hystérique plutôt impressionnant mais j'y ai surtout vu un gag pas drôle au départ et beaucoup trop étiré. Sans la touche de nerd du premier film, les maladresses qu'on pardonnait à un petit projet indé deviennent insupportables une fois celui-ci transformé en projet bouffi incapable de définir lui-même ou il compte aller.


J'accuse (Roman Polanski, 2019)

En 1894, le capitaine Alfred Dreyfus, officier français de confession juive, est condamné à la déportation à vie pour avoir fourni des documents secrets à l'Allemagne. Le commandant Marie-Georges Picquart, promu lieutenant-colonel et chef du Deuxième Bureau, découvre que le commandant Ferdinand Walsin Esterhazy espionne pour l'Allemagne et que son propre adjoint, Hubert Henry, sait que le véritable traître n'est pas Dreyfus mais Esterhazy, surnommé Dubois. Par devoir et sens de l'honneur, Picquart refuse d'obéir à ses chefs qui lui ordonnent d'étouffer l'affaire.

Si l'on accepte de parler du film et seulement du film, il faut reconnaitre qu'on a écrit de sacrées conneries dessus ; que Polanski aurait fait de Dreyfus son double (alors que le personnage est d'une part quasi-absent, et que d'autre part il est assez antipathique), que le film serait une auto-justification alors qu'il consiste dans un récit à la première personne du point de vue d'un antisémite revendiqué, le colonel Picquart très bien interprété par Jean Dujardin. Le reste tient quasiment du roman-feuilleton XIXème avec un parfum vieille France habilement mêlé à une enquête détaillée et méthodique digne des Hommes du président. C'est cet attachement aux détails, cette méticulosité qui fait la marque Polanski et transforme ce qui aurait pu tenir du pensum convenu en brillant thriller historique qui brasse un nombre important de thèmes (les méthodes d'un autre temps de l'armée française, la promotion au nom plutôt qu'aux compétences, le fait que l'état français avait vraiment prévu d'arrêter Estherazy mais s'est retrouvé coincé par sa volonté de ne pas revenir sur l'affaire Dreyfus). Deux défauts : Emmanuelle Seigner est mauvaise et l'ambiance paranoiaque n'est pas, évènement connu oblige, aussi aboutie que dans les meilleurs Polanski. Mais certainement un des rares grands films français de la décennie.

Le sabreur solitaire (Chang Cheh,1969)

Siang Jin et Yun Piau-piau, un jeune couple de spadassins à la veille de leur mariage, voit ce dernier compromis par l'irrésistible attirance qu'éprouve la jeune femme pour le jeune épéiste en recherche d'emploi, éponyme du film, lui-même cependant en couple avec son cheval. Pendant ce temps, le Clan du Tigre Volant, un gang de hors-la-loi menés par le terrible Jiau Hong, un expert du bâton en cuivre, secondé par deux redoutables combattants surnommés « Le Fléau » et « Ombre fantôme », cherche à s'emparer d'un convoi de fonds dont la protection a été confiée à l'oncle du fiancé de Piau-piau, monsieur Yin.

Ou l'on peut constater que les Chang Cheh des " débuts " font partie de ses plus rigoureux formellement : le générique, virtuose, est une splendeur esthétique et les chorégraphies de combats sont méticuleuses là ou elles cèderont parfois au brouillon dans les films plus " bis " de la suite de la carrière de Chang Cheh.
Et pourtant, malgré ses qualités formelles, le film ne fonctionne pas totalement. Il est charnière en ce qu'après avoir fait de Jimmy Wang Yu son héros type, Chang Cheh met ici en place l'iconique duo David Chiang/Ti Lung qui illuminera La Rage du tigre, Vengeance ! ou Frères de sang. Mais le scénario n'est ici pas suffisamment dense, créant une opposition un peu stupide entre les deux et montrant avec trop d'insistance Ti Lung jalouser celui qu'il imagine être son rival amoureux sans que Chiang n'ait fait quoi que ce soit pour mériter cette haine. D'habitude, la tragédie chez Chang Cheh remplace les cris par des coups d'épée, ici on alterne entre les cris et les coups d'épée sans que les deux films dans le film ne parviennent à trouver une harmonie totale. Ca reste un divertissement plaisant et à la mise en scène soignée, mais ce Chang Cheh se révèle au final plutôt mineur.


Chungking Express (Wong Kar-wai, 1994)

Hong Kong. L'histoire de deux flics lâchés par leur petite amie. Le matricule 223, qui se promet de tomber amoureux de la première femme qui entrera dans un bar à Chungking House, où il noie son chagrin. Le matricule 633, qui chaque soir passe au Midnight Express, un fast-food du quartier de Lan Kwai Fong, achète à la jolie Faye une salade du chef qu'il destine à sa belle, une hôtesse de l'air.

La beauté de ce film, qui demeure un des plus beaux Wong Kar-wai et un des plus beaux films des années 90, elle réside dans une chose : le je m'en foutisme total du cinéaste par rapport aux notions de bon gout et de conventions narratives. Chungking express ne fait rien comme il " devrait " le faire : caractériser Fay Wong par une chanson, oui, mais on va la passer HUIT FOIS. Prendre une actrice connue pour son regard, Brigitte Lin, oui, mais lui coller une paire de lunettes sur le nez durant tout le film. Prendre un canevas de film de genre avec les immigrés trafiquants, oui, mais décider de laisser ça en plan pour se concentrer sur nos deux couples. C'est cette liberté hallucinante, ce sentiment que le film échappe à son scénariste et réalisateur qui en fait à la fois un instantané du Hong-Kong de l'immédiat pré-rétrocession et un film intemporel tant les émotions portées par les personnages (l'envie de repartir à zéro, l'envie de s'immiscer dans la vie de celui qu'on aime, la difficulté à surmonter une rupture) peuvent parler à tout le monde. On pourra juger telle ou telle scène de Chungking express trop maladroite pour mériter le qualificatif de chef d'œuvre, mais faisons comme Wong Kar-wai et foutons-nous du cinéphiliquement correct. Chunking express est une merveille justement célébrée.

Boris.

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Envoyé par gedat le Lundi 16 Décembre 2019 à 10:16


Le 11/12/2019 à 23:57, Borislehachoir avait écrit ...

Chungking Express (Wong Kar-wai, 1994)

Hong Kong. L'histoire de deux flics lâchés par leur petite amie. Le matricule 223, qui se promet de tomber amoureux de la première femme qui entrera dans un bar à Chungking House, où il noie son chagrin. Le matricule 633, qui chaque soir passe au Midnight Express, un fast-food du quartier de Lan Kwai Fong, achète à la jolie Faye une salade du chef qu'il destine à sa belle, une hôtesse de l'air.

La beauté de ce film, qui demeure un des plus beaux Wong Kar-wai et un des plus beaux films des années 90, elle réside dans une chose : le je m'en foutisme total du cinéaste par rapport aux notions de bon gout et de conventions narratives. Chungking express ne fait rien comme il " devrait " le faire : caractériser Fay Wong par une chanson, oui, mais on va la passer HUIT FOIS. Prendre une actrice connue pour son regard, Brigitte Lin, oui, mais lui coller une paire de lunettes sur le nez durant tout le film. Prendre un canevas de film de genre avec les immigrés trafiquants, oui, mais décider de laisser ça en plan pour se concentrer sur nos deux couples. C'est cette liberté hallucinante, ce sentiment que le film échappe à son scénariste et réalisateur qui en fait à la fois un instantané du Hong-Kong de l'immédiat pré-rétrocession et un film intemporel tant les émotions portées par les personnages (l'envie de repartir à zéro, l'envie de s'immiscer dans la vie de celui qu'on aime, la difficulté à surmonter une rupture) peuvent parler à tout le monde. On pourra juger telle ou telle scène de Chungking express trop maladroite pour mériter le qualificatif de chef d'œuvre, mais faisons comme Wong Kar-wai et foutons-nous du cinéphiliquement correct. Chunking express est une merveille justement célébrée.

Boris.

Vu ma photo de profil ça ne va étonner personne que j'adhère à tout ce que dit Boris ici...
Je voudrais rajouter une chose, l'utilisation de la musique dans ce film est superbe. Je n'écouterais plus jamais California Dreaming de la même façon après avoir vu Chungking Express, et les reprises de chansons de dream pop par Faye Wong contribuent à donner au film une atmosphère unique.


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Envoyé par Borislehachoir le Samedi 21 Décembre 2019 à 13:37


C'était une très belle séance : animée par el amigo Crutch, moi en Sancho Panza et Corum venu soigner sa dépression devant un film léger. Le public estudiantin a eu du mal avec la surutilisation de la zic, corum a ma droite était au contraire à fond dedans.

Un petit moment de joie partagée.

Boris.

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Envoyé par Borislehachoir le Samedi 11 Janvier 2020 à 12:22


Bonne année à tous. 

L'Ange des maudits (Fritz Lang, 1952)

Un cow-boy traque l'assassin de sa fiancée. Il se fait passer pour un bandit et parvient ainsi à pénétrer dans le ranch (Chuck-a-Luck) où se réfugient tous les hors-la-loi du pays. Là il fait semblant de tomber amoureux d'Altar. Les bandits pensant qu'elle les a dénoncés déclenchent une bagarre au ranch.

Je n'avais pas revu ce film depuis une dizaine d'années, et je conserve mon jugement d'époque comme quoi il s'agissait d'un excellent Fritz Lang, western aux accents mélodramatiques centré sur la présence de Marlène Dietrich en femme (très) forte qui s'impose au milieu d'un groupe de bandits, cœur d'un triangle amoureux entre deux bandits amis, l'un joué par Mel Ferrer en desperado au bon cœur mais assumant sa vie de fugitif, l'autre incarné par Glenn Ford cachant sa soif de vengeance. Il y a quelques moments surprenants de sécheresse et de brutalité (la bagarre chez le barbier), Marlène est décidément un mythe cinématographique indéniable et j'aime vraiment l'idée que pour une fois, le triangle amoureux se fasse de manière équilibrée, ou chacun des trois peut attirer la sympathie (la résolution est d'ailleurs totalement atypique). Si Lang est un grand cinéaste, ses westerns ont souvent une réputation un peu plus contrastée, reste que l'Ange des maudits est un film tout à fait à la hauteur du reste de la filmo américaine du génial cinéaste allemand.

Le Mans 66 (James Mangold, 2019)

Au début des années 1960, la Ford Motor Company connait des problèmes financiers. Henry Ford II met alors la pression à ses employés pour trouver des solutions. Lee Iacocca suggère alors de relancer la marque dans l'univers de la compétition automobile. Il est alors envisagé que Ford rachète Ferrari. Mais la rencontre avec Enzo Ferrari tourne au fiasco et c'est finalement Fiat qui signe l'accord. Le « Commendatore » est même très insultant envers la marque américaine et son patron, Henry Ford II. Ce dernier, piqué au vif, en fait une affaire personnelle. Ford décide alors de faire appel à Carroll Shelby, le seul américain vainqueur des 24 Heures du Mans (en 1959). Il est chargé de construire une voiture capable d'anéantir la suprématie de Ferrari pour les 24 Heures du Mans 1966. Carroll Shelby va ainsi développer la Ford GT40 Mk II avec l'aide de Ken Miles, un pilote au caractère bien trempé qui ne plait pas trop au sein de Ford.

Ce n'est pas nouveau, je supporte difficile Christian Bale et ses " prestations physiques " qui me semblent systématiquement viser grossièrement les oscars. Le Mans 66 n'est pas très original, il coche toutes les cases du feel good movie ou toute la petite famille de Ken Miles le pousse à accomplir son rêve, en incluant le gamin transi d'adoration pour son papa et la femme trop cool. Oui, le Mans 66 est un film presque anachronique… et pourtant, il n'est pas déplaisant. Au sein d'une année américaine globalement immonde, ça a même été une bonne surprise : les scènes de course sont filmées sans génie mais avec le talent d'un artisan parfaitement rodé, le film ne force pas le spectaculaire et reste assez fidèle à la réalité historique pour l'essentiel (la venue d'Enzo Ferrari sur le circuit à la fin est inventée mais l'histoire le justifie) et au-delà d'une course, le film célèbre de façon assez drôle les créateurs au détriment des marketeux et des exécutifs, qui sont les vrais connards là ou à l'inverse le faux antagoniste Enzo Ferrari apparait comme respectable…. et respectueux. Les qualités artisanales du film expliquent selon moi son succès surprise, tant mieux.

Le lac aux oies sauvages (Diao Yi'nan, 2019)

Un règlement de compte entre deux familles mafieuses rivales qui gère le trafic de motos d'une région mène le héros, Zhou Zenong, à abattre un policier par erreur. Il est dès lors recherché dans tout le secteur, et sa tête est mise à prix.

Je n'avais pas aimé Black Coal du même cinéaste ou les qualités formelles me semblaient considérablement alourdies par la pesanteur de son scénario. Ici, Diao fait un polar, un vrai, avec ce que ça implique d'anti-héros solitaire, de fusillades dans la rue, de méchants sadiques et de police aux méthodes musclées. Oui le canevas est très simple mais l'évident talent formaliste du réalisateur (esthétiquement c'est superbe, on est quelque part entre l'esthétique rétro de Drive et le style plus brut à la Jia Zhang-ke) permet de tirer vers le haut ce scénario prétexte, de faire un film à la fois commercial et plastiquement irréprochable. Les éclats de violence font mal, pour un film chinois c'est remarquablement rythmé et dégraissé et y a quelques scènes de réunion mafieuses qui font un peu penser à M le maudit de Fritz Lang, en gros, et alors que je n'avais pas une attente démesurée dessus, il sera forcément dans mon top 10 de l'année, année durant laquelle les cinéastes de Chine continentale n'ont pas cessé de me surprendre et de me démontrer qu'ils constituaient désormais une alternative tout à fait digne d'intérêt à Hollywood.

A couteaux tirés (Rian Johnson, 2019)

Le romancier Harlan Thrombey convie dans son manoir sa famille, aussi excentrique que dysfonctionnelle, pour célébrer son 85e anniversaire. Mais le lendemain matin, le riche patriarche est retrouvé mort la gorge tranchée. Alors que tout indique un suicide, le détective privé Benoit Blanc s'invite dans l'enquête de l'inspecteur Elliott et commence à suspecter un meurtre.

Rian Johnson fait à Agatha Christie à peu près ce qu'il a fait à Star Wars, donc que le film - auquel je ne trouve aucun intérêt - ne m'ait pas autant énervé que son Star Wars tient simplement au fait qu'ayant moins d'affinités avec l'univers du whodunit, le massacre me touche beaucoup moins. Au programme donc : des acteurs qui surjouent comme des porcs, un personnage d'héroine immigrée qui permet à la fois de balancer de la thématique féministe et antiraciste en plus de la critique anti-riches pas du tout convenue et des retournements de situation complètement débiles quand on y réfléchit deux secondes (avec notre détective qui devine qu'inconsciemment un personnage a choisi une bouteille plutôt qu'une autre), bref une tentative de modeler le whodunit à l'idéologie et aux codes du moment, fausse originalité qui revient rapidement sur les rails (Johnson compte d'ailleurs continuer à faire des films avec le personnage de Benoit Blanc, ce sera sans moi) et qui montre un cinéaste pas dénué de talent sombrer dans l'auto-complaisance la plus pénible. Je n'aime pas assez le Cluedo pour supporter ça.

Le Privé (Robert Altman, 1973)

Le détective privé Philip Marlowe (Elliott Gould) est réveillé un soir tard par son chat affamé et ne trouve pas la marque favorite de pâtée de l'animal chez son épicier de nuit. Le chat refuse de manger une boîte de substitution et disparaît. Cette disparition est le point de départ d'une plaisanterie à répétition qui va durer tout au long du film.
Marlowe reçoit alors la visite d'un de ses amis proches, Terry Lennox (Jim Bouton), qui porte des griffures au visage et dit s'être disputé avec son épouse Sylvia. Il demande à Marlowe de le conduire de Los Angeles à la frontière mexicaine à Tijuana.


Ce film est un chef d'œuvre parfaitement incongru. Il s'agit d'une adaptation d'un excellent bouquin de Chandler auquel le film est totalement infidèle (la fin n'a rien à voir) et ou le réalisateur déplace Marlowe dans la contre-culture, transformant le viril Bogart en un dépassé Elliott Gould, personnage remarquablement passif (il manque se faire castrer par des mafieux sans réagir !) tandis que l'histoire s'écroue sur elle-même puisque quasiment toutes les pistes apparaissent fausses (en ça, il s'agit clairement d'un ancêtre caché du Big Lebowski). Pourtant, dans ce monde sans queue ni tête, Altman arrive à insuffler une extraordinaire mélancolie, en faisant de Marlowe un loser ( " j'ai même pas su garder mon chat "), en transformant son amitié avec Lennox en manipulation, en faisant de son amour pour une femme une seconde manipulation ; Marlowe évolue dans un univers ou seuls les psychopathes disent la vérité et ou son personnage de chevalier servant est systématiquement instrumentalisé. C'est sans doute une des réecritures du roman hard-boiled les plus fascinantes du Nouvel Hollywood, c'est absolument brillant et est aussi emblématique de son époque que l'adaptation du Grand Sommeil par Hawks l'était de la sienne.

Boris.

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Crutch

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Envoyé par Crutch le Mercredi 15 Janvier 2020 à 04:36


Gros +1 pour Le Privé, et je m'ajoute aux convaincus pour Matewan, très beau film (en complément duquel il faut citer le documentaire de Barbara Kopple, Harlan County, USA., dans lequel les évènements fictionalisés dans le Sayles sont évoqués alors qu'une nouvelle grève se lance dans les années 70, là aussi une belle plongée dans l'histoire sociale américaine). City of Hope de Sayles a une bonne cote, faudra qu'on essaye de se le voir.

En tout cas voila mes tops de l'année, et de la décennie en prime.
J'ai vu 413 nouveaux films cette année, 463 avec les revisionnages, c'est à peu près autant qu'en 2017 mais moins qu'en 2018, même si je maintiens quand même un rythme solide. Mon gros regret de l'année, c'est d'avoir vu quasiment aucun film hongkongais, je vais essayer de reprendre les découvertes de ce coté en 2020.

Top 10 2019 (avec comme d'habitude plus de dix films a cause des sorties décalées et parce que je fais ce que je veux) :
1. 63 Up (Michael Apted, Royaume-Uni)
2. Un grand voyage vers la nuit (Bi Gan, Chine) (2018)
3. Parasite (Bong Joon-ho, Corée du Sud)
4. Les Misérables (Ladj Ly, France)
5. Marriage Story (Noah Baumbach, USA)
6. El Reino (Rodrigo Sorogoyen, Espagne) (2018)
7. Arguments (Olivier Zabat, France)
8. An Elephant Sitting Sill (Hu Bo, Chine) (2018)
9. Once Upon a Time... in Hollywood (Quentin Tarantino, USA)
10.Ride Your Wave (Maasaki Yuasa, Japon)
11.Le lac aux oies sauvages (Diao Yinan, Chine)
12.Séjour dans les monts Fuchun (Gu Xiaogang, Chine)
13.Exit (Lee Sang-geun, Corée du Sud)/ Uncut Gems (Joshua et Ben Sadfie, USA) ex-æquo

Mention spéciale aux 2 premiers épisodes de La Flor (Mariano Llinas, Argentine, 2018)

Mes films préférés découverts en 2019 (un film par réal):

1. Le Bonheur d'Agnés Varda (1965, France)
2. Sibériade d'Andrei Kontchalovski (1979, URSS)
3. L'Exorciste de William Friedkin (1973, USA)
4. Brève histoire d'amour de Krzysztof Kieslowski (1988, Pologne)
5. La Roue d'Abel Gance (1923, France)
6. Le voyage de Chihiro d'Hayao Miyasaki (2001, Japon)
7. La maladie de Sachs de Michel Deville (1999, France)
8. Les Amants du Capricorne d'Alfred Hitchcock (1949, USA)
9. La Comtesse aux pieds nus de Joseph L. Mankiewicz (1954, USA)
10.Les Vampires de Louis Feuillade (1915, France)
11.La petite fille au bout du chemin de Nicholas Gessner (1976, Canada)
12.La Guerre des Mondes de Steven Spielberg (2005, USA)
13.La Montagne Sacrée d'Alejandro Jodorowsky (1973, Mexique)
14.63 Up de Michael Apted (2019, Royaume-Uni)
15.Le Conte de la princesse Kaguya d'Isao Takahata (2013, Japon)
16.The Social Network de David Fincher (2010, USA)
17.La cité des douleurs d'Hou Hsiao-hsien (1989, Taïwan)
18.Diario di un maestro de Vittorio De Seta (1973, Italie)
19.Six femmes pour l'assassin de Mario Bava (1964, Italie)
20.Embrasse-moi, idiot ! de Billy Wilder (1964,USA)
21.Comrades, Almost a Love Story de Peter Chan (1996, Hong Kong)
22.Le Détroit de la Faim de Tomu Uchida (1965, Japon)
23.Les Modernes d'Alan Rudolph (1988, USA)
24.Un grand voyage vers la nuit de Bi Gan (2018, Chine)
25.Black Mask de Daniel Lee (1996, Hong Kong)
26.Beau-père de Bertrand Blier (1981, France)
27.Le Prince et l'Arnaqueur de Liu Chia-liang (1979, Hong Kong)
28.Chronicle of My Mother de Masato Harada (2011, Japon)
29.Into the Abyss de Werner Herzog (2011, USA)
30.Gravity d'Alfonso Cuaron (2012, USA)


Et mon top 20 de la décennie:

1. Holy Motors (Leos Carax, France, 2012)
2. Ceci n'est pas un film (Jafar Panahi, Iran, 2010)
3. De l'autre coté du vent (Orson Welles, USA, 2018)
4. Mad Max : Fury Road (George Miller, Australie, 2015)
5. Paterson (Jim Jarmusch, USA, 2016)
6. Le Congrès (Ari Folman, Israël, 2013)
7. 56 Up/63 Up (Michael Apted, Royaume-Uni, 2012/2019)
8. Senses (Ryûsuke Hamaguchi, Japon, 2015)
9. O.J.: Made in America (Ezra Edelman, USA, 2016)
10.Elle (Paul Verhoeven, France, 2016)
11.Le Conte de la princesse Kaguya (Isao Takahata, Japon, 2013)
12.The Social Network (David Fincher, USA, 2010)
13.Zero Dark Thirty (Kathryn Bigelow, USA, 2012)
14.The Strangers (Na Hong-jin, Corée du Sud, 2016)
15.Les Âmes mortes (Wang Bing, Chine, 2018)
16.Django Unchained (Quentin Tarantino, USA, 2013)
17.Un grand voyage vers la nuit (Bi Gan, Chine, 2018)
18.Parasite (Bong Joon-ho, Corée du Sud, 2019)
19.Le Vent se lève (Hayao Miyazaki, Japon, 2012)
20.The Assassin (Hou Hsiao-hsien, Taiwan, 2015)
 

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Borislehachoir

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Envoyé par Borislehachoir le Samedi 18 Janvier 2020 à 18:28


Allez, mon bilan 2019 également.

Top :
1) Un grand voyage vers la nuit (Bi Gan)
2) Il était une fois à Hollywood (Quentin Tarantino)
3) Parasite (Bong Joon-ho)
4) An Elephant Sitting Still (Hu Bo)
5) Promare (Hiroyuki Imaishi)
6) Le lac aux oies sauvages (Diao Yi'nan)
7) J'accuse (Roman Polanski)
8) Les étendues imaginaires (Yeo Siew-hua)
9) Asako 1 et 2 (Ryusuke Hamaguchi)
10) Les oiseaux de passage (Ciro Guerra/Cirstina Gallego)

Petites mentions au Joker, à Douleur et gloire, Le Mans 66, Midsommar et les deux premières parties de la Flor.

Déceptions de l'année : la Flor parties 3 et 4, The Irishman, Gemini Man, Le gangster, le flic et l'assassin, Ne coupez pas, Glass.

Une année très bizarre ou la domination du cinéma asiatique (7 films sur 10) avec notamment la Chine continentale qui n'a jamais été aussi représenté chez moi contraste avec un cinéma américain globalement immonde avec un seul film capable de m'enthousiasmer un minimum et une domination au box-office de Disney/Marvel nivelle vers le bas à coups de films que je ne vais même plus voir.

Boris.

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Borislehachoir

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Envoyé par Borislehachoir le Samedi 18 Janvier 2020 à 19:11


L'homme aux colts d'or (Edouard Dmytryk, 1959)

Le clan de cow-boys du ranch McQuown terrorise le village de Warlock. Après que les cow-boys ont chassé le shérif, un comité de citoyens décide de faire appel à un prévôt, un tueur, qui sera chargé par contrat de débarrasser la cité des cow-boys. Un homme s'est construit une légende dans ce domaine : Clay Blaisedell, à qui des admirateurs ont offert une paire de pistolets à crosse d'or. Il accepte l'offre, à condition d'être accompagné de Tom Morgan, autre as du revolver.

Western atypique, ambitieux mais dont le scénario a beaucoup plus d'intérêt que la mise en scène quasiment asthmatique de Dmytryk. Le film est plus long que les westerns habituels de l'époque et si la densité de l'histoire le justifie, reste qu'un côté très statique, assez guindé dans l'interprétation fait qu'on sent le temps passer. Et si le film brasse beaucoup de thèmes très intéressants (la loi VS la morale, l'autorité législative contre le pouvoir charismatique, le local contre le temporaire) j'ai parfois eu l'impression que des éléments plus développés dans le livre dont le film est tiré devenaient du coup plus bancals ici (le personnage de l'ami ambigu de Richard Widmark qui défie Henry Fonda dans le saloon par exemple se retrouve limite incohérent). Mais il y a ce trio Fonda-Widmark-Quinn, il y a une belle scène introductive anti-spectaculaire, il y a des personnages féminins qui ont un minimum de psychologie, il y a une très belle confrontation Quinn/Fonda à la toute fin. C'est pas forcément ma came parce qu'on sent que le film cherche avant tout à faire dans la parabole sur l'établissement de la loi, mais il serait injuste de ne pas reconnaitre la véritable densité thématique de ce western là.

Séjour dans les monts Fuchun (Gu Xiaogang, 2020)

Le destin d’une famille s’écoule au rythme de la nature, du cycle des saisons et de la vie d’un fleuve.

Très bon film qui fait superbement démarrer l'année en dépit de mes petites réserves. Au positif : une classe dingue de la mise en scène (pour un premier film ce serait fou si l'an dernier des gens comme Hu Bo n'avaient pas montré une précocité similaire), des thèmes riches sur la façon dont une famille chinoise vit l'industrialisation, un quatuor de fils aux personnalités très différentes mais traités sans manichéisme, l'absence de pathos alors que plusieurs personnages s'y prêteraient bien (la grand-mère Alzheimer, le petit-fils trisomique), la qualité de l'interprétation, la manière dont le cinéaste est beaucoup moins lourdaud qu'un Jia Zhang-ke sur ce type de récits. Mon petit bémol c'est que parfois, le film est trop long (les plans séquences de genre huit minutes sur un mec qui nage on frôle quand même la complaisance totale), parfois trop didactique (les nombreux dialogues sur l'argent et les changements de société), trop théorique (on parle de mariage arrangé et la caméra quitte le couple pour rejoindre un autre couple… dont la rencontre a été arrangée). Le réalisateur force un peu son talent mais y a un brio indéniable qu'il serait criminel de louper aujourd'hui.

Les Enchainés (Alfred Hitchcock, 1946)

L’intrigue se déroule peu après la fin de la Seconde Guerre mondiale. Elle débute aux États-Unis le 24 avril 1946 avec un procès, à Miami, en Floride, du nazi d’origine allemande John Huberman, jugé pour sa participation à un complot antiaméricain. L'espion américain à la solde des nazis est condamné à vingt ans de prison et se donnera la mort dans sa cellule en s'empoisonnant. Lors de la soirée qu’elle organise après la condamnation de son père, sa fille Alicia rencontre un jeune homme qui, comme tant d’autres, lui fait la cour. Mais les avances de Devlin sont motivées par des intérêts politiques. Agent des services secrets américains, il veut recruter Alicia, femme débauchée et ivrogne mais qui a manifesté son hostilité aux thèses nazies de son père. La jeune femme doit débusquer et infiltrer un groupe d’anciens nazis, amis de son père, retirés à Rio pour poursuivre leurs entreprises commerciales douteuses

Incroyable Hitchcock, un de ses meilleurs, un de ses plus représentatifs aussi (y a TOUS les éléments hitchcockiens, dont un McGuffin emblématique) et… des plus pervers. On parle quand même d'une histoire d'amour (oubliez l'espionnage, Hitchcock s'en fout) ou un homme prostitue quasiment la femme qu'il aime pour se démontrer qu'il s'en fout d'elle, femme qui de rage épouse un nazi qu'elle méprise mais qui lui est sincèrement amoureux d'elle. L'ambiguïté morale est fascinante car non seulement les nazis du film sont des sortes d'artistocrates élégants loin des habituels connards hystériques, mais en plus c'est les sentiments réels du nazi pour Ingrid Bergman qui font capoter son plan : l'humanité des méchants les mène à leur perte, tandis que l'inhumanité des gentils (voir comment les services secrets traitent Bergman comme une pute sacrifiable) les fait triompher. Si on ajoute à ça quelques très grands moments de suspense (l'escalier à la fin putain !), l'alchimie Bergman/Grant, la présence de Claude Rains en méchant digne de James Mason dans La Mort aux trousses ou de Joseph Cotten dans l'Ombre d'un doute, je pense que la plupart des gens qui l'ont vu admettront avec moi que les Enchainés est un Hitchcock incontournable.


Le traitre (Marco Bellocchio, 2019)

Au début des années 1980, une guerre interne fait rage au sein de Cosa nostra. Menacé, Tommaso Buscetta, membre important de la mafia palermitaine, se réfugie sous un faux nom au Brésil, pays dont sa femme est originaire, mais il est arrêté par la police brésilienne, puis extradé en Italie. Sa famille (notamment deux de ses fils) et ses alliés continuant d'être décimés par le clan des Corléonais, il décide de collaborer avec la justice, représentée par le juge Giovanni Falcone. En brisant l'omertà, il s'expose à être accusé de traître par ses anciens collaborateurs; lui-même accuse la mafia de s'être trahie elle-même à force de vendetta. Outre de nombreuses révélations concernant divers crimes et homicides, ses explications permettent au juge Falcone et à l'Etat italien de comprendre beaucoup mieux le fonctionnement de Cosa Nostra. Cette coopération aboutit quelques années plus tard au Maxi-Procès de Palerme qui voit la condamnation de plusieurs centaines de mafieux.

Je dirais pas que j'ai détesté ce film mais il fait seon moi partie des trucs les plus surfaits de l'année 2019, dont la réception critique enthousiaste me semble délibérément occulter de nombreux éléments qui fachent. En ce qui me concerne, la narration est calamiteuse : passé un prologue qui nous présente une vingtaine de mafieux (soit trop pour qu'on les retienne tous), les liens entre eux sont absolument incompréhensibles (qui est contre qui ?), la suite faisant encore pire en nous montrant plein de personnages randoms se faire tuer par les Corleone sans se soucier de nous poser un minimum de contexte. Il y a deux films dans le Traitre, un film de mafia complètement pourri et un sympathique film de procès moins terni par l'absence de compréhension de ce qui s'y passe. Les repentis comme Buscetta avaient déjà été (mieux) montrés dans d'autres films (Il Divo ?) qui explosait aussi le Traitre concernant la présentation, ici baclée, des liens entre la mafia et les responsables politiques comme Andreotti. Personnellement, ça tient quand même du gros ratage tellement Bellocchio, bon cinéaste auteurisant, me semble dramatiquement à la ramasse quand ce qu'il doit filmer commence à ressembler à du cinéma de genre.

L'homme des hautes plaines (Clint Eastwood, 1973)

En plein désert de l'Ouest sauvage, un étranger, tout de noir vêtu, arrive à Lago, un village terrorisé par des bandits. Rapidement attaqué lui-même, l'homme sans identité va bientôt affirmer sa présence en tuant trois assaillants alors qu'il est chez le barbier. Alors qu'il sort, Callie le bouscule volontairement et l'insulte ; l'homme sans nom l'emmène alors dans une grange et la viole. Impressionnés et terrifiés par le personnage, les habitants vont lui demander de tuer trois autres bandits, Stacey Bridges, Bill Borders et Cole Carlin qui ont juré de détruire la ville. Le shérif lui propose un crédit illimité pour mener à bien l'opération. Il se rend alors chez l'épicier, donne des bonbons à des enfants indiens, une pile de couverture à leur père et prend une poignée de cigarillos pour lui. Puis il se rend chez le bottier où il prend des bottes neuves et une selle neuve. Ensuite il va au saloon et offre une tournée générale et nomme Mordecai, le nain qui travaille chez le barbier, shérif et maire de la ville. On apprend au cours du film, qu'un marshal a été tué par les bandits à coups de fouet sans que les habitants interviennent.

Premier des quatre westerns dirigés par Eastwood et assurément pas son meilleur même si il reste très plaisant. Le revisionnage m'a révélé des défauts qui m'avaient échappé jusque-là : petitesse du budget (c'est surtout visible au vu des décors), personnages traités très grossièrement (que des trous du cul dans la ville, à l'exception du nain et de Verna Bloom), soit caractérisés avant tout par leur lâcheté soit par leur appât du gain (avec un personnage de prostituée particulièrement chargé). Heureusement, il reste la façon dont Eastwood met en scène un personnage fantasmagorique, sorte de démon venu punir la ville ; il reste les flashbacks sur le Marshall, cauchemardesques, et un chouette affrontement contre le trio de bandits. Eastwood se comporte ici en bon disciple du western italien dont il a intégré certains éléments (le sadisme, le cynisme) qui s'amenuiseront chez lui avec le temps au profit d'un classicisme qui lui convient mieux. Néanmoins, parmi les westerns américains directement influencés par Leone, il reste l'un des plus convaincants, Eastwood-acteur faisant pour beaucoup dans l'impressionnant charisme de son personnage sans nom.

Boris.

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kakkhara

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Envoyé par kakkhara le Dimanche 19 Janvier 2020 à 17:07


Bon alors voilà mon top 2019

Asako 1 et 2, Ryusuke Hamaguchi (au passage je suis surpris de le voir dans le tien Boris...)
La Mule, Clint Eastwood
Green Book, Peter Farrelly (oui j'assume)
Un grand voyage vers la nuit, Bi Gan
Les Oiseaux de passage, Ciro Guerra et Cristina Gallego
Parasite, Bong Joon-Ho
Once upon a time in Hollywood, Quentin Tarantino
Joker, Todd Phillips
It Must be heaven, Elia Suleiman
Les Misérables, Ladj Ly
Le Lac aux oies sauvages, Diao Yinan

Pour ma part mention à Sybil, de Justine Triet, Vif-argent, de Stephane Batut et Douleur et gloire de Pedro Almodovar.

Mention également à Midsommar et aussi The Lighthouse pour renouveler intelligemment le film d'horreur.

Pour le dessin animé, J'ai perdu mon corps était également une belle réussite.
 

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"_Je joue attirance mortelle sur mon pisteur invisible et je t'attaque avec.
_ouais, j'ai pris 1
_ok ..."


Crutch

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Envoyé par Crutch le Lundi 20 Janvier 2020 à 15:50


On avait eu un débat sur Asako I&II avec Boris à la sortie où il avait pas aimé, mais après il a retourné sa veste et j'en suis bien content (moi il était dans mon top 2018 parce que je l'avais vu en avant première à l’époque).
J'ai raté le Suleiman (alors qu'en plus y avait une rétrospective à la Cinémathèque) et j'ai pas vu Green Book, mais j'ai aussi bien aimé La Mule, Joker et Les Oiseaux de Passage. Nos trois tops sont assez proches en fait.

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Envoyé par brutal2luks le Lundi 20 Janvier 2020 à 21:21


Petit post juste pour dire que même si je ne prends pas le temps d'écrire (je le fais assez mal sur le cinéma et j'ai pas l’impression d'être assez cinéphile), je passe toujours régulièrement lire ce que vous postez et que je découvre ici plein de film que j'aurais le plus grand mal à connaitre sans vous. Merci d'entretenir la flamme !

Je n'ai pas vu la moitié des films de vos top (surtout en film chinois/asiatiques en fait) donc je vais rattraper tout ça avant que les beaux jours reviennent.

Du coup je vais pas me lancer dans un top, simplement mentionner quelques films que je ne vois pas dans les vôtres mais qui m'ont fait passer de bons moment au cinéma :
- Toy Story 4
- Le Chant du Loup
- Le Daim

Et si je devais prendre un film de chacun de vos tops : Parasite ; Les Misérables ; Green Book.

Bonne année à tous !

 

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Borislehachoir

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Envoyé par Borislehachoir le Lundi 20 Janvier 2020 à 21:23


Voilà. Comme le dit Crutch j'ai été très déçu par le film a sa sortie, ayant fait de Senses mon film de 2018 et ayant été dérouté par le contrepoint qu'était Asako. Réflexion et discussions aidant, j'ai réévalué le film en admettant l'idée qu'il constituait un anti Senses par plusieurs aspects (narration elliptique, personnages immatures) et en admettant qu'il fallait voir le film comme un fantasme feminin, ce qui explique le personnage de bad boy falot (il est un idéal masculin d'adolescente) et son pendant salaryman (idéal féminin de femme adulte). Le film reste moins fort que Senses en l'état mais il confirme le grand talent d'Hamaguchi.

J'ai souvent eu pas mal de film communs avec Crutch (mais moins qu'on pourrait le penser, l'an dernier j'avais moins en commun avec lui qu'avec Inthepanda 😁). Par contre 6/10 en commun avec kakkhara ca me semble être une première. Comme le fait qu'il cite 4 films américains et moi un seul, preuve que je suis desormais plus teleramien que lui.

Truc rigolo : mon top 3 (le Bi Gan, le Bong et le Tarantino) sont les 3 seuls films à avoir été dans nos 3 tops 10. Le Diao y echappe de peu parce que crutch l'a mis 11ème. Cette année je suis visiblement aussi le plus consensuel de nous trois.

Boris.

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