Disclaimer : tout ce que je dis ensuite n'est que conseil, je ne porte pas de jugement de valeur quel qu'il soit. Je suis bon public, j'ai bien aimé ton article, mais je souhaite souligner les points qui attirent mon attention.
Sans vouloir revenir sur le débat précédent, je pense que l'article gagnerait à être plus abordable. A mon sens, les formulations sont un peu trop alambiquées. Non pas que ça ne se comprenne pas, mais au moment ou tu évoques l'avantage du trait aux échecs, tu pourrais préciser aux "profanes" de quoi il s'agit (l'avantage que le joueur commençant acquiert naturellement).
Ce qui m'a fait tiquer dans la discussion précédente, c'est la réponse que tu donnes à tisseur-de-rêves qui commence a entrevoir le point de l'article après quatre lectures. Est-ce que cet article a vocation à être lu plusieurs fois avant d'être appréhendé par le lecteur ?
A mon sens, Lotus Noir est un magasine qu'on lit pour progresser à Magic sur un certain nombre de points. Le sujet du game-design est très intéressant et, à mon avis, mérite d'être abordé dans le magasine, mais a ton avis, quelle fraction des lecteurs lira l'article autant de fois que nécessaire pour le comprendre ?
Je vais maintenant écrire en tant qu'enseignant de physique-chimie, qui côtoie quotidiennement des paquets de lycéens. Un article de recherche n'est pas un article de vulgarisation, les codes ne sont pas les mêmes. Un article de recherche appelle à des lectures multiples : il faut laisser mûrir l'interprétation, la compréhension des donnés ou de la thèse. Un article de vulgarisation (car,
à mon sens, c'est le statut qu'il faut donner à ton article dans Lotus Noir) est très différent : il faut que le lecteur, à l'issue d'
une lecture, ait progressé dans sa compréhension du sujet. Si la cible du magasine est jeune, il est très peu probable qu'ils lisent plusieurs fois l'article (même si il concerne leur hobby ou un point d'intérêt !) : ils passeront à la suite du magasine, iront éventuellement lire un autre article sur le sujet pour les plus motivés, mais ne reliront surtout pas le tien. Et éviteront peut-être même ta rubrique à l'avenir. Cela fonctionne aussi pour les autres catégories d'âge, si ils ne veulent pas se prendre la tête.
Pour qu'un article de vulgarisation soit raisonnablement abordable par le public qu'il cible, deux points sont essentiels :
- Les concepts abordés peuvent être aussi compliqués qu'on veut (on peut bien vulgariser de la mécanique quantique ou de la relativité générale...), mais il faut le faire en étant le plus clair possible, y compris dans le style d'écriture.
- Chaque concept introduit doit être défini clairement, et il ne faut jamais partir du principe que le lecteur sait de quoi on parle.
Ce sont les points qui m'embêtent dans ton article : beaucoup de choses ne sont pas clairement définies, même si ce sont des points secondaires. Si je ne sais pas ce qu'est un Vorthos, faut que j'aille voir sur le web. Tu parles de l'avantage du trait aux échecs, tu aurais pu rappeler que c'est l'avantage qu'a le joueur blanc parce qu'il commence. Tu parles de "Qualité de Cimetière", mais en dix ans de Magic j'en ai jamais entendu parler, ça veut dire quoi concrètement ? Les formulations sont (à mon avis, inutilement) ampoulées. Un article de vulgarisation doit éviter ce genre de formulations, qui occupent l'esprit pour des raisons de vocabulaire et l'éloignent du fond du propos.
Enfin, je me méfierais des assertions de type "personnel", comme "un jeu très mal conçu comme le poker", si tu n'explique pas ton raisonnement. Je ne joue pas au poker, mais je connais quelqu'un qui joue quotidiennement et fait les championnats de France, et qui n'est clairement pas de ton avis : pourquoi avances-tu qu'il est mal conçu ? C'est un avis personnel, ou tu as des arguments mathématiques relevant de la théorie des jeux ? Pareil, dire que les échecs sont mal fichus, c'est te mettre à dos la moitié des lecteurs qui aiment les échecs, ou jouent à un niveau sérieux. Si tu me demandais mon avis, je dirai que Magic est soumis à davantage de déséquilibres que les échecs (les aspects financiers, la place du hasard (le mec qui gagne un GP sur un topdeck
Lightning Helix alors que le board est en sa défaveur...), le metagame qui rajoute encore un niveau de complexité et qui sépare les decks auxquels on a peu de réponses et les autres, et j'en passe...). Et ce genre de considérations n'a, a mon avis, pas sa place dans ton article.