Article Magic : L'univers de Sombrelande

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Johannes

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L'univers de Sombrelande

Type : L'Univers Magic

Catégorie : Storyline des éditions

Posté le 02/05/2012 par Johannes

Que s'est-il passé pour que le monde de fantasy pastorale de Lorwyn devienne le cloaque qu'est Sombrelande ? Si vous vous demandez où sont passés les changelins et pourquoi les elfes sont devenus gentils, c'est par ici.

Regardez autour de vous. C'est la nuit perpétuelle, nappée de brouillard, et les seules variations lumineuses sont dues à la lune. Partout on aperçoit des arbres à moitié morts aux branches tordues, les prairies ont fait place à des champs d'herbes épineuses, les eaux autrefois chantantes et claires sont stagnantes et glacées. Bouah, quel endroit déprimant.

Et pourtant, vous êtes déjà venus ici.
Vous vous demandez sans doute ce qui a bien pu arriver au monde de Lorwyn, le Plan à l'été éternel, que nous visitions il y a quelques années de cela ? La Grande Aurore l'a entièrement perverti, à cause d'un rituel magique qui a mal tourné. Au lieu de régénérer le plan, l'Aurore l’a littéralement pourri. Et le plus étonnant, c'est que personne ou presque ne se souvient que Sombrelande n'a pas toujours été Sombrelande, et que le soleil a existé...

Vous voulez toujours vous aventurer sur ce Plan ? La visite commence ici.

Vous êtes tous là ? Parfait.
Sachez, amis Arpenteurs, que les règles qui s'appliquaient sur Lorwyn concernant les charmes d'Illusion s'appliquent aussi sur Sombrelande. Etant donné que désormais, plus aucune race n'a réellement de commerce avec les autres, aucun déguisement n'est cette fois préférable à un autre, mais pour des raisons de commodité que nous détaillerons, prendre l'apparence d'un elfe est de nouveau un choix judicieux. Evitez bien entendu de vous déguiser en Sangami pour les raisons énoncées précédemment (vous n'êtes pas lié à la tramepensée, et donc pas un sangami, quelque soit votre apparence). Et surtout, surtout, la règle d'or : restez discrets avant toute chose, en particulier à cause de la dangerosité accrue de ce nouveau Plan.

Si vous laissez vos yeux s'adapter à la pénombre ambiante et que vous regardez à votre gauche, vous verrez une forteresse, chose auparavant impensable sur Lorwyn. A présent, si vous voulez bien vous jeter un enchantement de Vol, nous allons pouvoir la survoler pour commencer notre exploration culturelle de Sombrelande.
Vous reconnaissez ces petits gnomes paranoïaques qu'on voit patrouiller sur les remparts ? Non ? Voilà ce que sont devenus les sangamis.


Sangamis




"Pourquoi enchanter des plumes pour les renforcer quand on peut faire voler des boucliers ?"
- Braenna, ravaudeuse

Vous vous souvenez des sangamis de Lorwyn ? Sur Sombrelande, leurs superstitions rurales se sont amplifiées à un point inouï et ils se méfient désormais de tout ce qui leur est étranger. En un mot, les sangamis sont désormais de grands paranoïaques complètement fermés. Une fois qu'on a compris ça, ça va beaucoup mieux, et on peut les analyser sereinement.

Physiquement, les sangamis de Sombrelande ne diffèrent pas énormément de ceux de Lorwyn, si on excepte les yeux. Pour s'adapter à leur nouvel environnement sombre et brumeux, ces créatures se sont dotées d'yeux jaunes disproportionnés pour percer l'obscurité.
La tramepensée existe toujours mais la sensation permanente de danger ne fait qu’accentuer leur tension. Rappelons brièvement ce qu'est la tramepensée : il s'agit d'un lien télépathique très léger qui unit tous les sangamis et leur fait partager, entre autres, leurs émotions et leur localisation respective. Si vous êtes déguisé en sangami, un vrai sangami vous démasquera instantanément car, quelle que soit la qualité de votre déguisement, vous ne serez pas relié à la tramepensée. Imaginez donc les effets de ce phénomène dans un endroit aussi stressant que Sombrelande; si un sangami a peur, ils ressentiront tous vaguement cette peur. Je pense que vous commencez à comprendre l'étendue de leurs problèmes.


Leurs contes et leurs traditions existent toujours eux aussi mais ne sont plus que des mises en garde envers les dangers et le mal qui rôdent un peu partout. C'est connu, en temps de crise, quand les gens ne savent plus vers quoi se tourner, ils ont tendance à devenir superstitieux. Comme les sangamis étaient déjà superstitieux à la base, vous imaginez ce que ça donne...
« Le glyphe nova est un puissant symbole. Un bouclier qui en est gravé peut résister à la force du géant le plus déterminé. »
« Si vous voyez des lueurs spectrales près de la rivière, mangez trois brindilles de racine de palud pour éloigner les kelpies. »
« Ne contemple pas les eaux calmes sans en avoir au préalable troublé la surface d'une pierre. La korrigan croiserait ton regard et t'attirerait dans ta tombe aquatique. »
« En laissant un couteau pendant deux semaines dans le creux d'un pâlécorce, on peut infliger des blessures bien plus graves. »

Et ça n'est encore rien. Les sangamis possèdent une sorte de bible, le Livre des autres, un véritable concentré de "attention-tout-le-monde-il-est-méchant", entretenant encore plus la paranoïa ambiante. Extraits choisis : "Prenez garde aux suires, dont l'envie et l'avidité surpassent l'appétit des tourbillons dans lesquels ils se terrent. Prenez garde aux arbres qui parlent. Leurs paroles sont des menaces. Et méfiez-vous encore plus de ceux qui s'agitent et qui grincent. Eux aussi nous menacent, mais dans une langue qui nous est étrangère." Et méfiez-vous aussi des cailloux, tant qu'on y est, on est jamais trop prudent.

D'un autre côté, les sangamis ont de bonnes raisons d'être aussi paranoïaques. Prenons pour seul exemple celui des scoriacés, qui ont trouvé une source intarissable de divertissement le jour où ils ont compris ce qu'était la tramepensée. Dès qu'ils capturent un sangami, ils s'amusent à le torturer juste pour que tous les autres ressentent la même chose. Dans de telles conditions, comment ne pas se sentir persécuté ?

Les sangamis de Sombrelande cultivent la terre, dans la mesure du possible en tout cas. Travailler aux champs est devenu délicat à cause des horreurs qui rôdent, sans compter la soudaine prolifération d'orties et de ronces au milieu du blé; aussi les paysans ont-ils pris des mesures. Evitez de zoner près des champs, d'abord parce leurs propriétaires en ont certainement truffé les abords de collets, mais aussi, comme nous le verrons plus loin, à cause des épouvantails.
L'artisanat sangami, en revanche, se porte toujours relativement bien, en particulier du côté des ravaudeurs. Ce sont des sangamis qui recyclent toutes sortes de matériaux (bois, tissus, os) et les enchantent pour servir dans la vie de tous les jours. Leur activité principale, on s'en doute, est la création d'épouvantails.
La magie sangamie se base sur l'utilisation de poudres, comme tous ceux qui se sont retrouvés coincés dans un cercle de sucre peuvent en témoigner. On peut voir un carabin sangami à l'oeuvre sur Epandeuse de sort sangamie. Il y a des poudres pour tout, soigner, capturer, disparaître... une catégorie de carabins s'est même fait une spécialité d'endormir tout ce qui s'approche des cités sangamis. On les nomme les somnomanciens.

Les villes sangamis, appelées dounes, ne sont plus des clachans, paisibles petits villages que nous avions visités sur Lorwyn, mais des forteresses armées jusqu'aux dents dont ils ne sortent pour ainsi dire jamais. Seuls les soldats les plus loyaux et zélés sont autorisés à garder les remparts - oui, même entre sangamis la méfiance règne. L’élément le plus triste dans tout ça est que, la plupart du temps, leur crainte est justifiée. Mais cette paranoïa conserve aussi les sangamis dans un isolement quasiment paralytique, incapables de faire grand chose à part attendre le prochain assaut des choses vivant dans les ténèbres.

A propos de choses vivant dans les ténèbres, que diriez-vous d'explorer ce sous-bois où l'on voit briller de drôles de lueurs ? Pas d'affolement, a priori ce sont des lanternes d'elfes.
...j'espère.

Elfes


"La beauté est une graine qui attend de s'épanouir grâce à des mains expertes."
- Marraine des floraisons

Les elfes de Sombrelande sont physiquement semblables à ceux de Lorwyn, si ce n'est qu'ils sont plus pâles (sans doute les conséquences de la vie dans l'obscurité), et que leurs cornes se sont ornées de piquants (sans doute la conséquence de – j’en sais rien).
Alors qu'il s'agissait aisément de l'espèce la plus haineuse et agressive envers les autres de tout Lorwyn, les elfes sont ceux qui se rapprochent le plus des "gentils" sur Sombrelande. Ont-ils changé de culture, ont-ils compris que tuer tout ce qui leur semblait laid était pas très sympa ? Pensez donc ! Non, en fait, ils ont juste révisé l’ordre de leurs priorités.

Vous voyez cette jeune guerrière elfe qui cavale à bride abattue ? Elle part probablement en croisade pour défendre la beauté du monde. C'est le nouveau mot d'ordre des elfes : il y a tant de laideur sur Sombrelande qu'il est impossible de s'en débarrasser, comme ils le faisaient sur Lorwyn. A la place, il faut défendre jusqu'à la mort les derniers bastions de la beauté, les entretenir, les cultiver pour pouvoir repousser chaque jour les assauts de la laideur... Et ces symboles de vie, d'abondance et de lumière (plantes, sources, animaux gracieux) font défaut sur ce plan.

Pour bien comprendre la nouvelle mentalité elfe, il faut se remémorer leur place idéalisée sur Lorwyn: des créatures désignées pour régner sur un monde de beauté, et pour en couper les mauvaises herbes... Après tout, en tant que plus belles créatures de tout Lorwyn, les elfes étaient les seuls dignes de contrôler, juger et apprécier les belles créatures et les beaux objets, selon eux du moins. Catapultés dans Sombrelande, ces "rois" de la beauté se voient privés de leur royaume, et donc de leur légitimité. Comment des êtres beaux règneraient-ils sur la laideur ?
Depuis que le statut des elfes s'est ainsi effondré, ils luttent et souffrent sans relâche dans une bataille qu'ils savent perdue d'avance. Les tyrans sont devenus des protecteurs. N'est-ce pas qu'ils sont plus sympathiques comme ça ?

Attaqués de toutes parts, humiliés, assiégés, les elfes ont fortifié leurs cités, leur territoire, et même les forêts elles-mêmes. Ces zones cernées de palissades se nomment des fertés. En plus de protéger les elfes, la ferté est le domaine où ils rassemblent les belles choses pour les préserver. Le bois de Feuilleterne (autrefois Feuilledor) est ainsi intégralement fortifié ! Et attention, les palissades ne sont pas de banales barrières de bois; elles sont renforcées par des enchantements.
Dans l'idéal, il faut aussi que ce domaine soit situé dans une zone stratégique, avec une vue imprenable sur les alentours. Les plus anciennes fertés sont construites au milieu des arbres qui poussent sur des tertres, anciens cimetières où sont enterrés les guerriers et les druides. Pourquoi construire une ferté sur un cimetière ? Deux raisons à cela : d'abord, ne pas le faire reviendrait, symboliquement, à livrer les âmes des ancêtres à la laideur environnante, mais surtout, cela en libèrerait les fantômes, qui deviendraient autant de dangers potentiels... oui, les esprits existent à Sombrelande. Et ils sont pas sympas.
Les elfes les plus respectés sont les Protecturges. Ils ont pour mission de répartir les groupes de guerriers sur les lieux à défendre; la Protecturge Talara est connue pour envoyer, inlassablement, des bataillons pour protéger une petite cascade.

Certains hauts lieux elfiques sont actuellement devenus méconnaissables, malgré tous ces soins. La garenne du corbeau, autrefois appelée garenne du roitelet, n'est plus un labyrinthe forestier servant de terrain de chasse aux jeunes nobles; les créatures que l'on y introduisait pour servir de proies y ont proliféré, muté, et ce qu'on nomme désormais la Garenne du Corbeau n'est plus qu'un dangereux dédale ressemblant à un zoo de monstres en tous genres.

Les elfes cultivent également abondamment les fleurs de digitale solaire, qui leur servent à concocter un remède extraordinaire, la Solariane. Si l'on en croit les rumeurs, cet onguent peut réparer les blessures les plus graves en quelques instants.

Quittons à présent les sous-bois pour faire un petit tour du côté de cet étang qui *SPLOUTCH* et merde, j'ai de la boue plein mes chaussures, ça va être impossible à nettoyer.


Ondins




"Parmi tout ce qui est saisissable, l'opportunité a le plus de valeur."
- Attrapeur de malédictions

Vous pestez, vous aussi, contre les marais et les étangs glauques dans lesquels on passe notre temps à mettre les pieds depuis que nous sommes entrés dans la forêt, et c'est bien normal. Leur prolifération est liée au sort des suires.
Sur Lorwyn, les Forgevagues prenaient grand soin des berges des lacs et des rivières, les renforçaient, les entretenaient, et ils canalisaient même certains cours d'eau dans une autre direction le cas échéant. Or, le caractère des ondins a grandement changé, et les Forgevagues n'existent tout simplement plus. La nature, longtemps maîtrisée et gérée par eux, a donc repris ses droits, et les voies suires, à l'abandon, sont sorties de leur lit, ont formé des étendues malsaines, voire se sont tout simplement asséchées.

Non, les suires ne sont clairement plus les gentils marchands bavards des fleuves et des rivières. Lorsque l'Aurore est arrivée, la nuit éternelle, encore plus glaciale sous l'eau, a rendu leur coeur mauvais et les a complètement détraqués. Dorénavant, au lieu de commercer avec les autres espèces (qu'ils nomment les foulepoussières), les suires les leurrent vers les étendues d'eau pour les dépouiller et les tuer, ou les entrainer dans les Méandres Obscurs, ce qui, en gros, revient à se faire dépouiller et tuer.
Ne restez pas trop près du bord, vous voulez bien ?
 

Partant de ce constat, les bancs suires ressemblent désormais moins à des écoles qu'à des gangs criminels, composés de brutes sanguinaires prêtes à voler tout ce qui appartient aux autres races. La ruse et l’habileté qui étaient leur apanage du temps de Lorwyn ne se manifestent plus que dans la violence.

On perçoit encore, malgré tout, quelques différences de comportement d'un banc suire à un autre, mais rien à voir avec la répartition des tâches harmonieuse qui avait cours entre les écoles suires de Lorwyn : pour faire court, chaque banc défend son territoire et pille à sa manière. A part les derniers descendants de l'ex-école d'Encrebrasse, qui vivent toujours dans les Méandres Obscurs (les cours d'eaux souterrains du Plan, qui sont encore plus sombres, froids et glauques sur Sombrelande, et abritent des secrets encore plus noirs, froids et glauques). Ils ressemblent à des poissons des abysses, avec une peau translucide qui ignore l'existence de la lumière, et possèdent parfois une faible bioluminescence qui leur sert à leurrer des poissons ou d'autres ondins pour les dévorer.

*ATCHA* – j’ai froid aux pieds, et rien que de parler d’eau glacée, ça me fait éternuer.
Non, c’est gentil de vouloir faire un feu, mais c’est une très mauvaise idée, on risque de se faire repérer par un scoriacé.



Scoriacés



"Nul ne nous cèdera une place en ce monde. Et s'il ne peut pas nous appartenir, il n'appartiendra à personne."
- Illulia des Noctâtres

Et encore une espèce pourrie par l’Aurore, une !
Sur Lorwyn, les sangpyres étaient les créatures les plus maltraitées du Plan, entre les géants qui les mettaient en cage pour éclairer leur logis, les elfes qui les considéraient comme une proie de choix pour leurs chasses et les autres espèces qui s'en méfiaient à cause de leur nature... disons… enflammée et n’aimaient guère les approcher.

Notez que comme leur nouveau nom l’indique, la constitution des scoriacés, ex-sangpyres, les rapproche davantage des scories que du feu intérieur. Certains cherchent le moyen de maintenir la chaleur de leurs feux internes pour survivre, et ce désespoir les conduit à d'horribles extrêmes. Quelques rares chanceux peuvent encore émettre des flammes sous l’effet de la colère, un peu comme des braises sur lesquelles on souffle ; les autres présentent un état de délabrement varié – jusqu’aux squelettes fumants encore animés d’une certaine forme de volonté. Oui, désormais quasiment « éteints » au sens propre comme au figuré, les scoriacés forment un peuple vivant une insupportable entropie.


Selon leurs légendes, le feu leur a été volé il y a longtemps par une traîtresse appelée l’Extinctrice. D’après les rumeurs, cette sangpyre aurait bel et bien existé et serait même à l’origine de la catastrophe engendrée par l’Aurore…

Tout ça pour dire que les scoriacés sont un peuple amer, aigri, et violent. Le souhait le plus cher de la majorité d’entre eux est que le monde entier souffre comme ils ont souffert; résultat, ils sèment le chaos et la destruction, brûlent ce qui reste des forêts, pillent, assassinent et réduisent tout en cendres.
Peu à peu, toute cette violence pyromane s’est transformé en une sorte de culte de la souffrance. La Voie de la Tristesse est ainsi une sorte de descente spirituelle vers la mort, suivie par de nombreux adeptes. Ce culte est actuellement animé par Illulia, une prêtresse scoriacée, dont l’obsession est de retrouver l’Extinctrice pour la forcer à leur rendre leur flamme de vie à tous, et ainsi amener ce qu’elle appelle le Grand Allumement.

Comme on peut le deviner, le rapport des scoriacés au feu est assez ambivalent ; ils l’utilisent dans leurs destructions, le vénèrent, et en même temps vouent une haine féroce à toutes sortes de sources de feu extérieures à eux-mêmes, à commencer par les élémentaux de flammes, qu’ils massacrent et chassent sans vergogne par pur esprit revanchard. En cramant davantage de trucs au passage.

Déjà que les elfes n’ont pas beaucoup de forêts encore vivantes à protéger, si ça continue il n’en n’auront plus du tout.

En parlant de forêt, tenez, vous la voyez qui s’avance, là-bas ?

Sylvins


"Les épouvantails vivants sont une insulte à l'ordre naturel... et les épouvantails morts font de jolis chapeaux."
- Doyen aux rameaux d'osier

Rien qu’en voyant les arbres nus, noueux et à moitié morts un peu partout, vous avez dû commencer à vous inquiéter du sort des Sylvins, qui étaient probablement les créatures les plus sages de Lorwyn… du moins pour la majorité d'entre eux.
Malheureusement, ils ont subi le même sort que les arbres.

Indéniablement liées à la vie et à l’abondance, alors que le Plan est en totale déliquescence, les plantes ont la vie dure sur Sombrelande : une infection connue sous le nom de Chancres s’est répandue et affecte beaucoup d’entre elles… y compris les Sylvins. Qui plus est, désormais entourés de forêts moribondes et de champs infestés, ils végètent dans la dépression et l’amertume. Un peu à l’image des scoriacés, ils se sont mis à haïr la vie – ce qui ne fait que rendre les forêts plus dangereuses ! – tout en craignant toujours de mourir. Il s’agit, là encore, d’un peuple en voie d’extinction.


Est-ce à dire que tous les sylvins sont devenus cruels et néfastes ? Pas tout à fait. Il semble qu'en vieillissant, certains d'entre eux acceptent leur sort et s'adoucissent. On les nomme alors Pâlécorces. Bon d'accord, ils font toujours très peur, leurs branches craquent avec des bruits inquiétants, mais ils sont emplis d'une certaine sagesse philosophique acquise dans leur malheur. Si davantage de personnes et de créatures osaient les approcher et leur parler, leurs histoires pourraient enrichir bien des esprits.

Sauf peut-être ceux des boggarts.


Gobelins


"Le monde se divise en deux catégories : ce qu'on mange, et ce qu'on doit tabasser pour attendrir avant de manger."
- Un boggart anonyme


Vous savez, j'estime qu'on peut trouver du positif en toute chose, mais là j'ai du mal, alors disons-le carrément : les boggarts de Sombrelande sont des machines à bouffer complètement débiles.
Les boggarts de Lorwyn, ces chercheurs de sensations et collectionneurs d'objets volés, ne brillaient pas par leur intellect, ça c'est sûr; mais ils avaient une culture, des coutumes, des contes, un mode de vie organisé... Actuellement, les gobelins de Sombrelande ne ressentent plus qu'une seule chose : la faim. Plus que ça, ils sont animés d'une fringale constante, dévorante, impossible à satisfaire, et par conséquent, ils ne pensent plus qu'à une chose : essayer d'y mettre un terme. Tous leurs instincts les poussent vers ce but irréalisable, ce qui fait d'eux une espèce terriblement dangereuse.
Votre bras ? Goûtu. Ce tronc d'arbre ? Il doit bien y avoir quelques calories là-dedans. Cette pierre ? Au moins, ça donnera l'impression d'avoir mangé quelque chose de consistant.
Oui oui, vous croyez que je dis ça pour plaisanter, mais des boggarts ont déjà été observés en train de manger des pierres.


Comme ils ne fabriquent plus rien, les boggarts collectionnent les armures de récupération, en général constituées de bouts de métal trop solides pour être mâchés.
Inutile de préciser que les Terriers n'existent plus et ont laissé place à de vagues regroupements nomades, semblables à des meutes d'animaux, qui se livrent à de dévorantes frénésies, engloutissant tout ce qui a la malchance de se trouver sur leur route – et même dans ces conditions, en général, ils se bouffent aussi un peu entre eux. Certains ont un nom, tel que les gangs de Crassedos ou de Croquemiette. D'autres ont conservé des traces ténues de leur culture; le clan de Moût existe toujours, et celle-ci raconte parfois de courtes histoires... prodiguant des solutions pour apaiser la faim.

Peut-on imaginer espèce davantage diminuée par l'Aurore que celles que nous avons déjà énumérées ?
Oh oui. Enfin bon, quand je dis "diminuée", c'est juste une façon de parler.


Géants


Chaque nuit, Rosheen balbutiait quelque chose à propos d'un monde baigné de soleil, ce que tout le monde prenait pour les divagations d'une folle.


Quoi ? Rosheen l'Erratique se souvient de l'existence de Lorwyn ?
Comme certains des géants, oui, elle en a de vagues souvenirs. C'est une chose d'être plongé dans un monde privé de lumière et peuplé de créatures horribles, mais ç'en est une autre de savoir qu'autre chose a existé avant.
Tous les géants ne sont pas dans ce cas, bien sûr, mais tous ont la vague impression, au mieux, que quelque chose cloche. Bien qu'ils ne soient pas fous, contrairement à ce que d'autres espèces prétendent, il est indéniable que l'Aurore les a rendus un peu dingues.


Suite à l'Aurore, les géants sont entrés dans une phase d'hibernation si longue qu'ils ont fusionné avec le sol et que des plantes les ont recouverts. Désormais réveillés, la plupart d'entre eux errent dans un état de semi-conscience.

Du coup, un peu comme des ours qui se seraient réveillés de mauvais poil, ils agissent selon leurs instincts les plus basiques, de façon parfois irrationnelle et violente; certains tentent de remodeler leur monde pour le « réparer », sans se rendre compte qu'ils font empirer la situation; d'autres asservissent des créatures plus petites dans l'espoir d'améliorer leur propre vie; enfin, d'autres encore tentent désespérément de se rendormir, le plus longtemps possible, pour rêver. Evidemment, ça a toujours une fin, les fait enrager, et ils retournent casser quelque chose.

Fées


"Les rêves sont fugaces. La réalité l'est encore plus."
- Oona, reine des faeries

Et les fées, dans tout ça ? Pourquoi n'en a-t-on pas parlé jusqu'à présent ? Parce qu'elles sont un cas à part: elles ont été épargnées par l'aurore. Elles sont toujours aussi espiègles et vaniteuses, et par conséquent toujours perçues comme des créatures nuisibles par les autres peuples de Sombrelande. Elles volent aussi toujours les rêves... même s'il s'agit bien souvent de cauchemars, désormais.


Le Vallon d’Elendra est toujours le lieu animé et verdoyant qu’il était sur Lorwyn, en contraste flagrant avec le reste de Sombrelande. Oona, la reine des færies, est un des rares êtres à se rappeler de Lorwyn et à connaître les secrets de l’Aurore, un savoir qu’elle utilise à son avantage. Pour le reste, autant vous renvoyer à ce qui a déjà été dit sur les faeries de Lorwyn.

Autres espèces locales




De grands Elémentaux rôdent toujours sur Sombrelande. En général, au lieu d'incarner des idées comme par le passé, ils représentent des peurs et des cauchemars.

Les changelins de Lorwyn existent toujours, mais l'Aurore les a également pervertis. Affamés et à moitié fous, ils utilisent désormais leurs talents d'imitation pour attirer les imprudents dans un piège mortel et les dévorer. Ils prennent une apparence en général bien plus rassurante (elfe, sangami) que ce qu'ils sont réellement, aussi les appelle-t-on désormais des mimiques.

Certaines des créatures de Sombrelande n'existaient pas sur Lorwyn. Toutefois, elles n'ont pas été créées spontanément à partir de rien.
Certaines sont issues de mutations d'espèces existantes, que le rituel a distordues pour les faire correspondre aux légendes locales et aux peurs des habitants de Lorwyn. D'autres étaient en dormance (Barghest, dragon...) et l'Aurore les a simplement réveillées. Enfin, d'autres existaient déjà sur Lorwyn, mais étaient tout simplement cachées, et elles n'ont fait surface que lorsque les conditions de vie du Plan leur ont semblé favorables, ou lorsque les nouvelles monstruosités sont venues les déloger de leur cachette.

Les nains duergar entrent dans cette dernière catégorie. Depuis des siècles, ils vivaient dans les entrailles du pic de Kulrajh, et ne sont apparus à la surface qu'il y a peu, lorsque des créatures hostiles ont commencé à s'infiltrer dans leurs galeries. Depuis, ils ont envoyé les plus grands nains (...un oxymore ?) dehors pour garder les entrées des mines. Auparavant, pour eux, le monde de la surface était un mythe, et une partie de leurs convictions a donc été chamboulée... Néanmoins, l'Aurore elle-même ne semble pas les avoir perturbés outre mesure. Le peuple duergar fonctionne beaucoup sur l'inertie, et il continue donc de suivre des lois et des ordres donnés par des chefs morts il y a des siècles, sans questionner leur bien-fondé.

Les pucca (aussi écrit traditionnellement dans le folklore celtique phooka, pooka ou pwca) sont des change-formes. Par conséquent, il est assez malaisé de les identifier; toutefois, il semble que la forme dans laquelle ils passent le plus de temps (lorsqu'ils ne sont pas occupés à jouer des tours désagréables aux habitants du Plan) soit un être à tête de cheval. Si jamais vous avez à vous défendre contre un puca, soyez sûrs de ne pas viser sa tête : les yeux de ces créatures renvoient les sortilèges à l'envoyeur, occasionnant de mauvaises surprises.

Les korrigans sont des esprits maléfiques liés aux sources. Très maléfiques. Moins vous en saurez, mieux ça vaudra.
En fait je viens d'inventer ça pour justifier le fait qu'on ne sache presque rien sur les korrigans de Sombrelande. Haha... non, la vérité, c'est que les arpenteurs qui sont allés se renseigner sur eux ne sont pas revenus.

Les gwyllions sont des sorcières qui errent dans les landes stériles et les champs désertés par les fermiers sangamis. Il y a de nombreuses questions toujours en suspens sur leur origine et leur espèce. En raison de leur petite taille et de leur aspect trapu, certains supposent qu'il s'agit de sangamis déconnectées de la tramepensée, mais cela n'a pas pu être confirmé. Vous reconnaîtrez les gwyllions à certains détails qui ne trompent pas : elles aiment détourner les objets de leurs fonctions premières et s'en servir pour faire du mal (ne vous approchez pas des miroirs), elles ne se lavent jamais les cheveux et surtout, elle vous insultent dès qu'elles vous voient.

Les lutins sont des créatures que l'Aurore a générées sur la base des croyances des sangamis. Ils travaillent les champs abandonnés et les protègent violemment contre les intrus, avec des outils très (trop) affûtés.

Les mégères sont apparemment des créatures humanoïdes, cannibales, avec une bouche circulaire entourée de dents pointues. Un peu comme des lamproies, quoi. Ça fait suffisamment envie pour qu'aucune étude sérieuse, là encore, n'ait été faite à leur sujet. On suppose que les gardes-manger (constitués de nourriture passablement pourrie pendue à des arbustes tout aussi pourris) qu’on remarque de temps à autre dans les marais peuvent leur être attribués.

Les neugles sont des lutins à tête d'âne et aux pieds ornés de sabots. Ils ont une logique bien à eux et sont persuadés que sur Sombrelande, tout leur appartient; par conséquent, ils ne comprennent pas pourquoi le vol est répréhensible quand il est perpétré par eux. Dans la même logique, quiconque possède quelque chose (c'est à dire 99% des créatures intelligentes du Plan) verra tôt ou tard un neugle tenter soit de le « reprendre », soit de le détruire.

Les trowes rôdent dans les marais, mangent des choses mortes et font peur aux passants. A part ça, ils ne font pas grand-chose. Ces trolls au long nez crochu semblent être une variété de boggarts adaptée aux marécages, mais là encore, on ne sait pas grand-chose sur eux.

Les goguelins sont les rares faeries à avoir été affectées par l’Aurore, et sont depuis dépourvues d’ailes. Cela les rend plus vulnérables mais aussi plus faciles à apprivoiser – il semble que certains habitants du Plan les apprécient en tant qu’animal de compagnie.

Les kelpies sont des monstres aquatiques dont la face rappelle une baudroie particulièrement moche. Souvent, des plantes poussent sur leur dos, ce qui les rend encore plus difficiles à repérer. Une raison supplémentaire de ne pas vous baigner à Sombrelande.

Les orphes sont des créatures facétieuses qui se bornent à s'amuser à égarer les gens. A part ça, on ne sait pas grand-chose dessus. Certains prétendent qu'il s'agit d'une variété de boggart qui a muté avec l'Aurore, mais on manque d'information à leur sujet car ils sont très fuyants.



Les Bonnet-rouges, eux, ne sont pas (ou plus ?) des boggarts. Il s'agit de gobelins un peu particuliers, qui se cachent en général dans des ruines et attaquent les voyageurs. Leur nom vient du fait qu'il trempent leur chapeau dans le sang de leurs victimes. Si la couleur commence à passer avec le temps, ils cherchent quelqu'un d'autre à tuer pour en raviver la couleur. Il s'agit là encore d'une espèce qui appartenait aux légendes et à laquelle l'Aurore a donné vie.



Les selkies sont des créatures hybrides, en partie ondin, en partie otarie, issue d'une mutation causée par l'Aurore. En théorie, de part leur constitution, elles devraient vivre dans la mer, sauf qu'il n'y a que des lacs et des rivières sur le Plan. Se sentant comme perdues dans un milieu étranger, les selkies en deviennent amères, tristes, voire agressives.


Un cas à part : les épouvantails


Les épouvantails, à l'origine, étaient fabriqués par les ravaudeurs sangamis à partir de divers matériaux de récupération. Comme nous l'avons vu, les sangamis continuent d'élever des sautelièvres et d'entretenir leurs champs (même infestés d'orties et de vermine), et le besoin d'en écarter les créatures malveillantes s'est vite fait sentir. Ils placèrent donc des épouvantails dans leurs champs et leurs prés. Comme cela s'avéra rapidement d'une efficacité discutable, des mages des dounes inventifs décidèrent d'animer magiquement les épouvantails pour qu'ils aident les sangamis en faisant des corvées.



La maladresse des épouvantails, due à leur constitution disparate (outils, os, morceaux de bois), les faisait notamment se déplacer très curieusement, de façon saccadée. On raconte à ce sujet que les premiers fabricants d'épouvantails utilisèrent le bois d'un sylvain mort, et que ces mouvements bizarres sont des symptômes de la rage de ce bois magique. Quoi qu'il en soit, ces mouvements n'en faisaient pas des aides très efficaces. Oui, disons-le carrément : les épouvantails cassaient tout.

Chassés d'un endroit à l'autre par les créatures de la nuit, les sangamis étaient toujours contraints à fuir. Et lorsque les fermiers déménageaient dans la précipitation (ou mouraient), ils laissaient souvent les épouvantails derrière eux. Le seul problème, c'est que toutes ces machines continuaient d'accomplir ce pour quoi on les avait fabriquées. Sauf que, hors contexte, ces actions devenaient souvent dangereuses. Lorsqu'un épouvantail conçu pour faucher le blé fonce sur vous pour déterminer si vous êtes mûr pour la récolte, il vaut mieux courir très loin, très vite... Et même s'ils ne sont pas tous dangereux, croiser un truc grinçant constitué de crânes et de bouts de métal en pleine nuit n'est jamais très agréable.
 

Lieux notables
 

Voyez-vous, en temps normal, je dresserais une liste des points de vue imprenables du Plan, des plus belles villes, des plus agréables forêts, des lieux mystiques et des montagnes les plus impressionnantes.
Le problème avec Sombrelande, c'est que la beauté a grosso-modo déserté le Plan; on n'est pas là pour faire du tourisme, mais plutôt par curiosité. Les rares lieux organisés du Plan sont en plus innaccessibles (fertés, dounes).

Que ceci ne nous empêche pas de, euh, d'admirer quelques paysages typiques !

 









 

Eh bien, sur ce, je vous laisse explorer le monde de Sombrelande par vous-mêmes. Peut-être nos chemins se croiseront-ils à nouveau lors d'une de vos prochaines expéditions sur un autre Plan. A bientôt, j'espère !
Sources :

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