Clayton ( Lee Van Cleef ) est à la recherche de Philipp Wermeer ( Alberto Dentice ), déja poursuivi par des chasseurs de primes aux ordres des trois frères Saxon, qui accusent Wermeer d'avoir tué leur père. Clayton sauve Wemeer, ce qui le conduit logiquement à entrer en guerre contre les Saxon.
Giancarlo Santi est un nom qui ne devrait rien dire à personne, et pour cause : il n'a réalisé que trois films, celui-ci étant son premier et son seul western. Toutefois il fut un des assistants de Sergio Leone, à l'instar du plus célèbre Tonino Valerii, réalisteur de Mon nom est personne qui sera le seul réalisteur de westerns italiens à recevoir l'aval du maître - ce que je trouve assez injuste -. Santi a également travaillé sur La mort était au rendez-vous, autre bon cru signé Giulio Petroni avec lequel Le grand duel possède plusieurs points communs, ces deux films étant les plus Leoniens parmi les westerns transalpins.
D'une manière similaire au film de Petroni, ce coté Leone-like est la force et la faiblesse du film : la force parce que Santi se révèle un bon metteur en scène et, bien qu'imitant le style de son maitre ( un flashback calqué sur Il était une fois dans l'ouest, un duo de héros rivaux à la Et pour quelques dollars de plus, la présence de Lee Van Cleef, etc. ), le fait toutefois plutôt bien, à l'image de son duel de fin. Le score de Bacalov ( repris sur Kill Bill ) vaut tout à fait le Morricone des grands jours et s'impose comme un des thèmes les plus réussis du genre et l'aspect gentiment gauchisant est plutôt réjouissant, d'autant que l'humour demeure à peu près correctement geré, à quelques fautes de gout près ( Dentice qui saute un mur de 4 mètres, euh... ).
Lee Van Cleef est très bien, Dentice nul ( on regrette, par exemple, l'habituel Tomas Milian ) et les trois frères Saxon ont des bonnes gueules de tueurs. Note qu'un des trois est joué par Host Frank ( le Théo des tontons flingueurs ) et qu'on y rouve Jess Hahn dans le rôle d'un cocher alcoolique.
Approximatif, plein de bonnes idées pas toujours concrétisées et peinant à se démarque de l'influence Leonienne comme surent le faire les meilleurs réalisateurs de westerns spaghs, le grand duel est une curiosité tout à fait sympathique qui demeure plutôt dans le haut du panier du genre, d'autant plus qu'il date d'une époque ( 1972 ) ou l'auto-parodie commençait à gangrener ce genre de productions avec des Trinita d'assez funeste mémoire.
Companeros ( Sergio Corbucci, 1970 )
Durant la révolution mexicaine, Le Suédois ( Franco Nero ) est un trafiquant d'armes sans scrupules que les circonstances obligent à s'allier avec un paysan inculte, Vasco ( Tomas Milian ) afin d'aller délivrer un leader révolutionnaire pacifique, le professeur Xantos ( Fernanco Rey ). Le duo devient vite la proie d'un vieil ennemi du suédois, John ( Jack Palance ).
Très rapidement, une chose saute aux yeux : Corbucci produit ici une sorte de remake d'un de ses propres films, le sympathique Le Mercenaire dont il reprend Nero et Palance dans des rôles quasiment identiques, avec Tomas Milian remplaçant avantageusement Tony Musante dans le rôle du peone se découvrant au fur et à mesure du film une conscience révolutionnaire. Là réside d'ailleurs une des plus grandes forces de Companeros : sa complexité politique. Les incessants changements de régime, l'aspect déconnecté des réalités de Xantos ( " en théorie vous avez toujours raison. En pratique... " ironisera le Suédois ), l'instrumentalisation de la révolte par certains de ses leaders ou l'inutilité du pacifisme apportent à ce qui aurait pu n'être qu'un divertissement correct une réelle profondeur ; de plus, il faut noter que sur le terrain de la révolution mexicaine, Corbucci est pour une fois en avance sur l'habituel précurseur Sergio Leone, qui ne réalisera Il était une fois la révolution qu'en 1971. Le trio Nero-Milian-Palance est impeccable, le score de Morricone comme souvent superbe, et la mise en scène de Corbucci, artisan assez inégal, est à mes yeux sa plus maîtrisée après celle de son chef d'oeuvre Le grand silence. Si on ajoute à ça de bonnes ( et nombreuses ) scènes d'action comme Franco Nero qui mitraille tout le monde comme dans Django, les quelques défauts du film ( un montage parfois douteux - je n'ai pu voir que la version censurée, ceci expliquant peut-être cela -, quelques rebondissements exagérés comme le coup des tortues, un faux duel de fin un peu trop attendu ) semblent tout à fait superficiels et font que je ne regrette pas d'avoir passé 3 ans à chercher ce film ( on est fan de spaghs ou on ne l'est pas ! ), car Companeros est un des plus beaux westerns italiens. Un point c'est tout.




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X-men le commencement ( Matthew Vaughn, 2011 )
Durant les années 60, Sebastian Shaw ( Kevin Bacon ) et son Club des damnés cherchent à provoquer une guerre entre les Etats-Unis et la Russie. Le mutant Charles Xavier ( James McAvoy ), assisté par sa soeur adoptive Raven alias Mystique ( Jennifer Lawrence ) souhaite alors former un groupe de mutants pour empécher cela, ce qui le conduit à rencontrer Erik Lensherr ( Michael Fassbender ), futur Magnéto, qui à un compte personnel à régler avec Shaw.
La presse cinéma, comme les divers avis lus sur MC, est très élogieuse sur ce nouveau film d'une saga qui était un peu partie en cacahuète après un X-Men 3 complètement débile et un Wolwerine : origins sans intérêt. C'est donc Matthew Vaughn, réalisateur de l'horripilant Kick-Ass, qui devait régénérer la franchise, pari réussi.... à moitié.
Ce qui va sans doute causer mon isolement au milieu de tous ceux qui crieront au grand film, c’est que Vaughn a réussi ce qui foire systématiquement sur ce genre de projets : assurer une réelle cohérence avec les premiers films et développer suffisamment bien la psychologie des personnages ; du moins les personnages principaux car ici, si Xavier et Lensherr bénéficient à la fois d’une écriture solide et de deux excellents acteurs ( Fassbender particulièrement ), on n’en dira pas autant de seconds rôles écrits à la truelle ( Mystique, Tempest, les sbires de Shaw ), ridicules ( le Hurleur ), sous-exploités ( Havok ), ou juste-là-histoire-de-caser-de-la-pin-up-en-sous-vêts ( Moira MacTaggert ) le plus étonnant étant de voir des acteurs aussi brillants que Kevin Bacon ou Jennifer Lawrence jouer d’une façon aussi plate. Vaughn n’est absolument pas doué pour les scènes d’action qui font franchement regretter celles des deux premiers films ; plus subjectivement, j’ai un gros problème avec son montage, qui me semble toujours à l’ouest au niveau dramaturgie : les plans sont trop courts, sans arrêt coupés au moment ou l’émotion pourrait naître car c’est bien le problème de ce X-Men qui, bien qu’épisode le plus réussi de la saga depuis X-Men 2, manque totalement d’ampleur émotionelle.
L’ennemi public ( William A. Wellman, 1931 )
Tom ( James Chagney ) et Matt ( Edward Woods ) sont deux petits frappes sans envergure mais inséparables. A l’arrivée de la prohibition, ils rejoignent le gang d’un de leurs amis, ce qui les entraîne dans une guerre impitoyable.
Dernier membre du trio de grands films de gangsters du début des années 30 ( avec Le Petit César et Scarface ), l’Ennemi Public est le seul à mettre en scène celui qui deviendra LA star du genre, acteur au charisme prodigieux qu’un certain Joe Pesci doit bien connaître : James Cagney, ici au début de sa carrière mais crevant déjà l’écran. Comme dans Le Petit César, le contrecoup est que le reste du casting n’est pas forcément à la hauteur, et c’est encore une fois les femmes qui se distinguent dans le mauvais sens du terme.
Wellman est un cinéaste assez réputé chez les cinéphiles et l’on comprend assez aisément pourquoi : sa mise en scène refuse en grande partie le spectaculaire pour se concentrer sur ses personnages, d’où une forme extrêmement sèche qui est l’opposé absolu de l’esbroufe. A côté, les rares moments d’action sont très réussis ( très bonnes scènes entre Cagney et son frère ou chacun semble prêt à tout péter ) avec quelques moments qui ont fait date : Cagney tuant un pianiste hors-champ ( on entend seulement le bruit du cadavre s’écrasant sur le piano ), Cagney écrasant sans raison un pamplemousse sur la tête de sa maîtresse, Cagney blessé sous une pluie torrentielle, Cagney momifié… Je pense que pour une fois, les caps permettront de saisir la réussite de la mise en scène de Wellman. Dommage que comparativement aux films de Hawks et de LeRoy, le rythme faiblisse trop par moments. De plus, le film possède ce défaut assez inhérent aux films de gangsters de l’époque, à savoir une morale très appuyée pour faire un peu lourdement comprendre au spectateur qu’être un gangster c’est mal, et que le destin de Tom pourrait très bien être le votre si vous vous engagez sur la même voie. Qu’importe. Celui qui n’a pas vu Cagney hurler sous la pluie n’a rien vu à Hiroshima. Beau film.


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The Tree of Life ( Terence Malick, 2011 )
Dans le Texas des années 1950, un adolescent se heurte à l'éducation autoritaire d'un père malgré tout aimant. Sont également évoqués la création du monde, l'âge adulte, les limbes... ( j’ai repris le résumé wiki vu qu’il est assez impossible de résumer le film ).
J’ai commencé à péter l’ambiance sur X-Men le commencement, je vais enfoncer le clou ici.
Terence Malick est un cinéaste brillant et je pense qu’on lui a un peu trop répété au point que comme d’autres ( Lynch avec Inland Empire, Van Sant avec Last Days ) il tombe ici pleinement dans l’auto-parodie avec ce film aussi virtuose techniquement que désincarné. Deux heures et quart de film, dont une bonne partie sur la création du monde virant au fumage de moquette ( le passage avec les dinosaures, donnez-lui le sens que vous voulez, mais c’est ridicule à l’écran ). Le reste du temps, on assiste au dilemme moral d’un gamin tiraillé entre un père limite tyrannique ( Brad Pitt qui serre la mâchoire ) et une mère aimante filmée systématiquement de façon si aérienne que cela en devient gênant ( la très jolie Jessica Culver ). Le problème est que cette histoire, désolé BM, je ne la trouve absolument pas intéressante. Et toute l’emphase Malickienne ( la musique classique a plein volume, les draps qui volent au ralenti, les anneaux de Saturne, le tout chargé d’une heure de voix-off qui prient Dieu d’être miséricordieux, pour moi c’est un vrai calvaire ) n’y peut rien. Malick fait dans une sorte d’esthétisation abstraite ( on enchaîne les plans du cosmos, de l’eau ou des volcans sans lien apparent mais auquel le fan boy donnera forcément un sens profond ) qui, personnellement ne me parle pas une seule seconde. Dans ses films précédents, les voix-off des personnages de Malick se contredisaient et laissaient le spectateur choisir, ici tout concours à un même propos.
Bref, un film assez atypique dans la production actuelle ( mais pas tellement dans l’histoire du cinéma, on sent que Malick connaît bien son Kubrick ou son Nicolas Roeg ), d’une impeccable beauté formelle et très bien joué, qui constitue pourtant à mes yeux un véritable cauchemar de spectateur.
Note : je voudrais bien avoir l’avis de gedat. Je parie cinq contre un qu’il va détester, lui le thuriféraire du cinéma surécrit, je pense qu’il a ici de quoi s’arracher les cheveux un bon moment.
Boris, et comme d'hab, ça ne réagira que sur Tree of life
Je sais pas toi mais moi j'me fends la gueule.
