Le 15/06/2011 à 12:21, BorisPreban avait écrit ...
Je vais rajouter une dernière chose sur le traitement sur l'enfance. Regardez comment sont filmés les personnages : tous le sont de façon incroyablement aérienne, virevoltante et transcendante. Un enfant c'est tout le contraire ! Un enfant regarde de bas, trouve tout immense, se sent écrasé par les choses, pas élevé ! Revoyez Cria Cuervois, qui pour le coup est un film parfaitement réussi quand l s'agit de filmer à hauteur d'enfant. Pour moi le filmage de Malick est en contradiction absolu avec le fait de s'identifier à ses personnages.
Boris.
Au temps pour moi, j'avais mal compris ta remarque sur le traitement de l'enfance. Je pensais que tu parlais du sujet non de la réalisation.
Donc, en effet, la façon dont c'est filmé ne donne en aucun cas l'impression d'un regard d'enfant.
Personnellement, j'ai en fait vu ça comme le regard rétrospectif de l'adulte sur sa vie, avec toutes les déformations que le temps peut entrainer, idéalisations, exagérations des sentiments ou autre. D'où cette réalisation à la fois aérienne, mais aussi très forte pendant les scènes jouées.
Maintenant, avec les ralentis, les variations du volume sonore, la musique classique à fond, et tout ça, je conçois tout à fait que cette interprétention est difficile à défendre devant la vision de dieu ou en tout cas une vision omnisciente. Néanmoins, et c'est très certainement du au fait que je vois dans ce film ce que je veux y voir davantage que ce qui y est, mais voila. J'y vois le regard de l'adulte sur son enfance. Une réalisation aérienne pour montrer à la fois que ce sont des souvenirs forts mais qu'ils sont vus, d'une certaine manière, de l'extérieur puisque c'est un souvenir. C'est quelque chose de très dur qu'il a vécu et pour donner un sens à tout ça, il y inclu la religion, mais c'est bien son regard sur l'enfance. Sa mère heureuse au début mais soumise par la suite et inconsomable suite au décès, son père extrêmement autoritaire ou son frère qu'il voit arriver avec jalousie.
Ce n'est pas depuis ses yeux qu'on découvre, mais c'est le personnage adulte qui se raconte enfant.