Un film que j'ai pas aimé et deux que j'ai trouvé intéressants cette fois-ci.
Spectre de Sam Mendes, je ne vais pas m'embêter à le présenter. Pour parler des Bond récents : j'aime beaucoup Casino Royale, je déteste Quantum of solance et j'ai trouvé Skyfall chouette, plus pour sa direction artistique que pour la mise en scène de Mendes. Ici, on perd le génial Deakins à la photo, on perd la musique sympa d'Adèle pour récupérer une soupe dégueulasse sur fond de générique absolument kitsch et on se cogne une intrigue de " James, je suis ton frère " qui amplifie encore les mauvais aspects de Skyfall, ce côté Nolanien lourdaud. Et vraiment, sans que le film soit nul, je ne sauve pas grand chose. Les scènes d'action sont mal branlées (dans l'hélico je n'y comprenais plus rien), les personnages de méchants sont dénués de relief et idem pour les James Bond Girl (vous attendiez quelque chose de Léa Seydoux aussi ?). Parfois une petite idée sympathique par ci par là : l'arrivée de la brute épaisse façon Game of thrones, le plan d'ouverture, Q qui devient enfin un homme de terrain. Mais c'est trop peu pour un scénario inepte et un visuel aussi terne. Est-ce qu'on aurait pas fait le tour du James Bond ultra sérieux période Craig ?
Les Braqueurs de Choi Dong-hoon est un des plus grands succès de l'histoire du cinéma coréen. Il s'agit d'une sorte d'adaptation d'Ocean's eleven avec un côté blockbuster international type James Bond/Mission Impossible (on voyage beaucoup) ou le truand Macao Park joué par Kim Yun-seok réunit une équipe de braqueurs coréens et une de braqueurs chinois pour dérober un bijou.
C'est un film qui a d'énormes qualités. Et d'énormes défauts. Donc....
1) Ce que j'aime : le casting est excellent. Kim Yun-seok je suis fan, revoir Simon Yam hors de chez Johnnie To ça fait très plaisir mais c'est surtout la SUPRA MIMI Gianna Jun qui vole la vedette à tout le monde, et compose l'héroïne libidineuse la plus cool et la plus marrante vue au ciné depuis un bail, Gianna je t'aime !
Techniquement les coréens sont aujourd'hui capables de rivaliser avec les américains et l'ensemble fait vraiment ultra pro. L'enchainement de twists n'est pas génant car on comprend vite que chacun cherche à entuber l'autre et garde un atout dans sa manche. L'humour fonctionne (Gianna qui fait des signes comme une greluche j'étais explosé), les persos chinois sont traités sans racisme, et surtout vingt minutes avant la fin le film bifurque vers un improbable remake du Time and Tide de Tsui Hark (c'était déjà le cas dans un autre film coréen, l'épouvantable No tears for the dead qui ne valait que pour cette scène) ou Kim Yun-seok joue l'acrobate autour d'un immeuble de Hong-Kong poursuivi par plein de sbires et c'est absolument jouissif.
2) Ce que je n'aime pas. Le rythme n'est pas tenu tout le long (2h10) et la mise en place n'a pas la clarté narrative qu'ont les grands blockbusters américains. La toute fin est loupée. L'intrigue sentimentale principale ne marche pas et surtout, il y a un énorme déséquilibre d'écriture des braqueurs : sur 10, seuls Macao Park - le commanditaire -, Popeye - le chef des coréens - et Yémicall - l'acrobate - sont vraiment bien exploités. Certains disparaissent du récit de manière vraiment trop brutale (Chewing gum, Chen, Zampano, Johnny) d'autres ne sont pas intéressants (Andrew, la fliquette infiltrée). C'est à peu près bien filmé mais sans génie. Y a aussi un abus des flashbacks explicatifs qui m'a parfois énervé.
Kundo : Age of the Rampant de Yoon Jong-bin est un autre sympathique blockbuster en provenance de Corée. Cette fois l'influence est encore plus évidente puisqu'il s'agit d'un Robin des bois, ou presque : le héros n'est pas le leader de la bande de hors-la-loi mais un boucher un peu débile joué par Ha Jung-woo (mais si, ce mec que j'arrête pas de répéter qu'il est trop bon ! Ici ben... il est trop bon !) d'abord engagé par le méchant puis traqué pour avoir échoué à accomplir un assassinat pour son compte.
C'est sans doute l'un des films les plus influencés par le western spaghetti que j'ai vu. La musique c'est celle du Dernier jour de la colère de Tonino Valerii (les vrais reconnaitront

) et le zooms intempestifs, qui virent parfois au tic visuel, y font beaucoup penser aussi. Mais le détail le plus révélateur est l'arme d'Ha Jung-woo : deux hachoirs (et ça, j'approuve forcément). Ces hachoirs comme arme d'un pauvre boucher renvoient à un héros très connu du western italien, le peone Cuchilio de Sergio Sollima qui se battait au couteau n'ayant pas les moyens de se payer un revolver.
Trèves de bifurcations ; ça a l'air bien ce Kundo non ? Si.... mais. La narration chapitrée à la Kill Bill me semble ne pas souvent fonctionner ici puisqu'on a l'impression d'avoir une heure et demie ou l'intrigue ne progresse pas puisqu'on enchaine surtout des flashbacks ou des présentations de personnages. C'est très mal filmé dès qu'il y a des scènes d'action à part le duel entre le chef des bandits et le méchant qui est un peu mieux mais vraiment, les sud-coréens ont énormément de mal à filmer les combats je suis désolé. Les personnages sont cools (les bandits sont tout à fait attachants et même le méchant est sauvé par 1) son intelligence 2) la surprenante empathie qu'il montre pour le bébé en fin de film, venant relativiser son statut d'ultime connard), les acteurs très biens, l'humour fonctionne (quand le méchant fait des sous-entendus et que le boucher ne comprend rien >>>>). C'est simplement qu'il y avait de quoi faire un monument de film de genre et qu'à la place c'est tellement inégal qu'on n'a qu'un bon film qui alterne l'excellent et le médiocre. Après rappelez-vous que je suis mauvais public et qu'en général quand je dis " c'est pas mal " y a souvent plein de gens largement plus enthousiastes que moi derrière.
Boris, je parle trop et surtout j'écris trop.