Vendredi 14 Juin 2013 à 21:59
#413
Tiens un petit passage :
La SF en France.
Parce que bon de manère générale tout le monde peut citer des auteurs de SF américains. Mais en France, c'est également un genre qui a connu de beaux jours. Je tiens à signaler que je ne connais pas très bien la SF française, je ne vais donc parler que de ce que j'en connais, le reste, je vous laisse vous débrouiller ^^.
Sans remonter jusqu'aux auteurs antédiluviens qui ont publié des romans rappellant la SF (mais si, rappelez-vous Micromegas), encore qu'il y aurait fort à dire sur le cas de Cyrano de Bergerac, la SF en France peut remonter à quelques auteurs d'avant Wells.
Bien sûr tout le monde connaît le cas de Jules Verne, De la terre à la Lune et Autour de la Lune en tête, mais aussi Hector Servadac, et une oeuvre de visionnaire mais mal connue, Paris au XXème siècle, refusée par Hetzel comme étant trop fantaisiste, et qui pourtant à nos jours est troublante de réalisme, entre autres.
Mais il y a surtout le cas de J.H Rosny aîné, l'auteur du désormais très connu La guerre du feu, avec des ouvrages comme Les Xipehuz (1887 après vérification sur wiki, c'est dire), ou Les Voyageurs de l'infini (plus connu grâce à Jacques Sadoul, dont au passage vous pouvez lire sans souci l'anthologie de SF, simple et agréable).
Auteur donc en avance sur Wells, et donc l'un des fondateurs de la SF, à une époque où le genre était inexistant. Bref si vous êtes un fan de SF, foncez sur les livres de Rosny aîné.
Mais le genre sombre dans l'oubli pendant l'entre deux guerres. Je ne sais pas trop quel auteur relance le genre en France, mais je dirais sûrement Barjavel, avec Ravages, qui décrit avec brio un univers post-apocalyptique. Du même auteur on peut citer La nuit des temps, ou encore Une rose au paradis. Si Barjavel n'est pas uniquement un auteur de science-fiction, il reste l'un des auteurs importants du genre.
Je peux me tromper, mais il me semble qu'en post apocalyptique, Ravages fait figure de précurseur, sorti avant même le traumatisme du nucléaire. A noter qu'en France, ce genre a été repris avec Malevil de Robert Merle d'une manière extrêmement brillante.
Même si la SF française est restée un genre plus marginal qu'aux USA (les pulp ont beaucoup aidé là-bas au développement du genre, et ce très tôt, avec des auteurs comme Meritt ou Lovecraft), à partir des années 50, elle se développe énormément, avec des auteurs comme Philippe Curval ou Pierre Boulle.
Pierre Boulle est un auteur particulièrement intéressant, car sûrement l'un des seuls écrivains français dont la formation (école d'ingénieur + doctorat en physique si ma mémoire est bonne) lui donne une vocation pour la hard science. Pour autant c'est un genre auquel à ma connaissance il n'a jamais touché. Surtout célèbre pour La planète des singes et Le pont de la rivière Kwaï (oui celui-là, ce n'est pas de la SF), il a pourtant écrit pas mal de romans et nouvelles de SF. L'avantage de Boulle, c'est une grande simplicité dans la manière de traiter ses thèmes, une simplicités qui pourrait passer pour de la naïveté si on ne percevait une cruelle ironie sous-jacente, qui donne presque toujours lieu à un renversement, qui pour en être attendu, n'en est pas moins magistralement assené. Ce peut être la dégénérescence de la race humaine à cause de sa trop grande perfection technique,(La planète des singes), ou les écologistes polluant la Terre par leurs bonnes intentions (Miroitements, Le bon léviathan, mais ce qui ressort toujours d'un roman ou nouvelle de Pierre Boulle, c'est un renversement de la situation initiale. Ainsi ses personnages ont toujours de bonnes intentions (soigner le cancer, sauver la planète, même Hiroshima découle d'une bonne intention chez Boulle, d'ailleurs la nouvelle traitant allégoriquement du sujet est juste fabuleuse), mais ça tourne mal, et la situation finale est toujours l'inverse de celle recherchée. Science fiction pessimiste, sarcastique donc, et pourtant il y a un souffle dans toute son oeuvre, qui nous accroche d'un bout à l'autre.
Arrêtons nous sur Philippe Curval : je n'ai pas lu son premier roman, mais son deuxième, Le ressac de l'espace, oui. Dès cette période, il se présente déjà comme un auteur talentueux (Prix Jules Verne pour ce roman). De plus, il a une carrière très étalée sur le temps, commençant à écrire dans les années 60, et jusqu'en 2008, avec Lothar blues, excellent livre imprégné de l'oeuvre d'Asimov, ce qui lui permet d'explorer différents genres et différents thèmes, de la rencontre avec une intelligence extra-terrestre à la robotique, s'essayant à l'anticipation comme au space opera. Ses recueils de nouvelles font autorité également.
Passons à Stefan Wul, qui est avec Pierre Boulle un autre de mes favoris :
auteur étrange, qui publie 12 romans en 3 ans, (1956-1959), puis silence radio jusqu'en 1977 avec le fantastique Noo. On lui doit également des recueuils de poésie que je n'ai pas lu et dont je ne parlerais donc pas, et pas mal de nouvelles qui sont dans ma bibliothèque à l'attendre ^^.
Je ne parlerais donc ici que de ses romans. D'une extrême simplicité, ils sont vraiment lisibles à tout âge, d'ailleurs mon premier stefan Wul, et l'un de mes premiers livres de SF, Niourk, je l'ai lu en primaire, avant de le relire plus tard et de le retrouver absolument génial. Ce qu'il y a bien avec Stefan Wul, c'est que la SF sert de trame, mais n'influe pas sur l'histoire, qui se révèle un conte philosophique d'une grande fraicheur. Ainsi l'arrière plan de Niourk, c'est un monde d'anticipation tout à fait élaboré, mais qui ne prend toute son importance qu'à la fin, à l'arrivée à Niourk (New York). Un monde souvent tout aussi complexe que la trame est simpliste, c'est ce qui fait de Wul un auteur extraordinaire, autant pour les enfants que pour les adultes. Ses livres se lisent en plus en une soirée (pour ma part j'aurais de toute façon du mal à les lacher ^^).
Par contre, c'est là que le bât blesse, je devrais, au vu de leur réputation, parler d'Andrevon, de Sternberg, de Kurt Steiner (je crois qu'il est français ^^), de Gérard Klein, et de plein d'autres auteurs, dont je me bornerais pour l'instant à préciser qu'ils sont sur ma liste de lecture.
Je vais donc faire un méga saut aux auteurs beaucoup plus récents et parler de :
Pierre Bordage : je pense que celui-là à peu près tout le monde en a entendu parler. Auteur d'une trilogie fantastique fabuleuse se situant pendant la révolution française, l'Enjomineur, c'est aussi un de nos auteurs de SF contemporains (Les Griots célestes, Les fables de l'humpur, La fraternité du Panca et autres.
Le principal problème avec Bordage, c'est que c'est bien mignon, mais répétitif, les ficelles finissent par devenir bien visibles. Mais les idées en elles-même sont vraiment séduisantes, l'idée du désastre de la génétique dans (Les fables de l'humpur), ou le voyage dans le corps d'une autre personne, (Porteurs d'âmes), ou encore l'idée d'une confrérie qui lie les mondes de l'univers entre eux pour y établir la cohésion ( Les griots célestes), autant d'idées porteuses et très bien développées. Autant dire que lire tout Bordage d'un coup, c'est pas trop la peine, mais en lire un de temps en temps est non seulement très agréable, mais en plus intéressant.
Un dernier auteur pour la route? :
Le Space Opera est un genre marginal en France, quelques auteurs lui ont accordé un minimum de livres. Il est pourtant un auteur qui y a cnsacré sa carrière, il s'agit de Laurent Genefort., particulièrement connu pour Omale. Dans le genre, c'est un auteur tout à fait honorable, certes pas le meilleur, mais ses textes reprennent les codes du genre avce une petite touche personnelle non déplaisante. Peut-être rien de très nouveau depuis Edmond Hamilton, mais le Space Opera est peut-être le genre de SF décrié par les hipster, il n'est pourtant pas aussi simpliste que certains veulent le faire croire. En effet, c'est dans l'imagination des mondes évoqués que le genre trouve son principal intérêt, et dans cet exercice, Genefort excelle.
Voilà voilà, je me suis pas relu, j'espère que j'ai pas dit trop de conneries, je corrigerais plus tard sinon ^^.
"_Je joue attirance mortelle sur mon pisteur invisible et je t'attaque avec.
_ouais, j'ai pris 1
_ok ..."