Merci Boris, intéressé pour la suite

Je vais essayer de résumer mes lectures depuis mon dernier post :
Ou bien... ou bien (Sören Kierkegaard)
De très très beaux essais esthétiques, la seconde partie est parfois chiante, et parfois m'a échappé. Bonne lecture, même si beaucoup de choses m'ont échappé.
Essais I (Montaigne)
Très sympathique, souvent intéressant, et même quand ça ne l'est pas, le ton badin qu'adopte Montaigne fait qu'on lui pardonne sans soucis.
L'Odyssée (Homère)
Chef d’œuvre, peut-être un peu en dessous de l'Iliade, mais bon...
La littérature et le mal (Bataille)
C'est vraiment pas très bon à mon avis, et je déteste la façon dont c'est écrit. Enfin l'essai sur Blake est intéressant, et un ou deux autres sont à sauver.
De rerum natura (Lucrèce)
C'est rigolo, mais dispensable à mon avis.
Ainsi parlait Zarathoustra (Nietzsche)
C'est très beau, et pas clair du tout, et je suis loin d'avoir compris la moitié du texte... Difficile de donner une opinion, mais finalement le côté prédicateur de Fridriech ne m'a pas agacé. Les notes et le paratexte de mon édition (Livre de poche) sont vraiment médiocres.
Nietzsche et la philosophie (Deleuze)
Les deux premiers cinquièmes sont une horreur de théorisation à la con à mon humble avis. Franchement, écrire en parlant de Nietzsche que la puissance est littéralement la différentielle de la force, je comprends pas trop... Sur les parties plus facile de Nietzsche, Deleuze est meilleur, et fait ressortir les faiblesses des enchaînements logiques de son prédécesseur, sans le vouloir. Tant mieux à mon avis. Une énorme connerie est dite à un moment à mon avis, le genre de truc qui mérite une baffe. Une lecture pas si improductive, même si l'ouvrage n'est globalement pas bon du tout.
La Chartreuse Parme (Stendhal)
Excellent, ça se lit à une vitesse folle, les personnages ont un relief incroyable, c'est juste... beau. Un peu au dessus du Rouge et du Noir à mon avis.
Cinq leçons sur la Psychanalyse (Freud)
Court et très clair.
La Promenade au phare (Virginia Woolf)
A mon avis, chef-d'oeuvre. Woolf intuitivement parvient à opposer des choses que certains philosophes exposent avec beaucoup de lourdeur dans leurs romans... D'ailleurs...
La Nausée (Sartre)
Moyen. Le problème, c'est qu'il y a des moments la théorie prend vraiment le pas sur le personnage, et certaines expériences de Roquentin sonnent plus comme une illustration de Husserl par un brillant normalien que comme un ressenti authentique. Ceci dit, Sartre écrit très bien, et dépasse souvent ce stade.
Tractatus logico-philosophicus (Wittgenstein)
Gedat va me tuer, mais honnêtement, ce que j'ai compris du bouquin m'a plus fait rire qu'autre chose. Une certaine beauté se dégage des dernières pages tout de même, ce qui est pour le moins étonnant.
Stalker (frères Strougaski)
De la bonne Sf sans être un chef-d’œuvre du genre.
La dialectique de la Raison (Horkheimer & Adorno)
Parfois pompeux voire peu compréhensible, il n'en reste pas moins que cet essai est une assez brillante critique de la modernité, qui n'a rien à envier à un Debord à mon avis. Si les auteurs sont parfois un peu aveuglé par leurs thèses, l'essai vaut le coup pour les deux digressions littéraires, une lecture marxiste de l'
Odyssée qui colle vraiment bien, comme quoi, et une comparaison entre Sade et Kant tout à fait intéressante.
La philosophie dans le boudoir (Sade)
Le cul est franchement pas passionnant, mais les imprécations de Dolmancé sont parfois géniales, et font montre d'une argumentation proprement diabolique, impossible à prendre au sérieux de par ses conclusions, mais difficile à prendre en défaut... Très bonne lecture.
Annales (Tacite)
Souvenirs de latin de terminale... très chouette lecture, on regrette les livres perdus. Une peinture pessimiste du début de l'Empire romain, aux jugements amers qui sonnent comme un appel à l'action et une défense de la liberté.
La Guerre du Péloponnèse (Thucydide)
LE MEILLEUR LIVRE DE CETTE LISTE. Et honnêtement, le meilleur livre qui ne soit pas de la fiction qui me soit tombé entre les mains. Thucidyde sait parfaitement sélectionner les faits pour donner un sens aux événements (le livre huit, sans doute inachevé montre assez bien le travail de sélection effectué dans le reste), a une capacité de recul étonnante, se posant non seulement en historien mais en grand penseur politique. Ses jugements sont rares, mais très précieux, si l'on excepte sa condamnation un peu haineuse de Cléon. Et les discours qui jalonnent le livre sont un exemple incroyable de la raison grecque, de cette capacité à se mettre à la place l'un l'autre, tout en permettant de montrer quels choix et quels dilemmes ont été au centre de cette guerre. Son admiration pour Périclès ne l'empêche pas de montrer que c'est la politique de celui-ci qui a aboutit aux horreurs qui jalonnent ses pages. Bref, c'est passionnant, bien écrit (la traduction de Denis Roussel est excellente, et ses notes sont parmi les meilleures que j'ai pu voir) et un engagement à la réflexion incomparable. Malheureusement, je ne saurai jamais ce que Thucydide avait à dire sur la défaite finale d'Athènes...
"car le style pour l'écrivain aussi bien que la couleur pour le peintre est une question non de technique mais de vision" Marcel Proust