Connaissant de lourds ennuis personnels, je ne serais pas en mesure de continuer à m'occuper du topic les prochains moins a minima. Donc je m'excuse pour l'interruption brutale mais je suis obligé de mettre de coté certains loisirs. J'ai pris beaucoup de plaisir à chroniquer ici. Merci à tous ceux qui ont participé.
Boris.
Ah merde. Pareil que Pleykorn, j'espere que ca s'arrangera.
Deux films qu'il faut voir:
The Sky Crawlers - Mamoru Oshii (2008)
C'est un anime qui raconte les aventures de jeunes pilotes de chasse, mais non, ce n'est pas Top Gun, et on en est tres loin.
Etonnamment pour un film qui est centre sur des avions de combat, The Sky Crawlers est tres contemplatif et est susceptible d'en ennuyer plus d'un.
Le film se deroule dans un univers parallele legerement dystopique, qui s'il ressemble au notre, est largement pacifiee. La guerre est desormais une affaire privatisee, aux mains de corporations qui sont sans doute mandatees par l'Etat. Dans quel but? Eduquer les citoyens en leur rappellant que la paix qu'ils vivent est fragile et toute relative? Mieux les controler en les faisant vivre dans un sentiment d'angoisse? Ou bien en simple guise de divertissement? Ayant seulement acces aux informations dont disposent les personnages, on est aussi paumes qu'eux et n'arrive jamais vraiment a demeler le vrai du faux des explications qu'on trouve. On tourne en rond dans cette base aerienne sans savoir ce qu'on fait la, quel est le sens de cette gigantesque mascarade, de ces duels aeriens sans enjeu, dans une guerre ou tout est systematiquement regle pour qu'aucun camp ne l'emporte jamais sur l'autre. Les personnages, entre deux missions ou ils risquent leur vie, se debattent dans leur marasme existentiel, a essayer de faire sens d'une vie dont ils ne connaissent que le combat, ayant ete cree artificiellement a partir d'ingenierie genetique, sans memoire, et pour ne jamais vieillir. The Sky Crawlers traite de cette obsession qu'on retrouve sans cesse chez Mamoru Oshii (realisateur de Ghost in the Shell), celle de la conscience qui emerge chez des etres qui n'ont pas ete concus pour vivre mais pour realiser une tache specifique, situation qui est avant tout une metaphore de la condition humaine.
Avec une telle thematique philosophique archi-rabachee, il aurait ete facile de faire une oeuvre fade et deja vue mille fois. Mais The Sky Crawlers, meme s'il n'est pas exempt de certaines maladresses (un personnage qui demande a l'autre si c'est un Kildren, alors qu'il connait tres bien la reponse, parce qu'il faut bien introduire les termes techniques de l'univers du film a un moment ou un autre), arrive a etre original et tres beau, de part avec l'utilisation de scenes d'actions frequentes, qui sont plus contemplatives que narratives, et mettent en valeur par contraste les combats interieurs qui font rage dans l'esprit des personnages lorsqu'ils sont au sol; de l'autre avec un point de vue tres centre sur celui des personnages qui fait que l'on decouvre avec eux progressivement l'absurdite du monde dans lequel ils evoluent.
Ensuite, la difficulte de ce genre de film, c'est de rendre interessant des personnages qui sont fabriquees en serie, tout en etant coherent avec ce fait. Oshii s'en sort tres bien sur ce point, et si le personnage principal, meme s'il est relativement attachant, est assez plat, on se rend compte que la veritable heroine du film est Kusanagi, l'officier responsable de la base, qui est le personnage qui a le plus d'experience, et qui est la seule qui a eu assez de temps pour une prise de conscience qui la mine de plus en plus. Tantot glaciale et professionelle, tantot demente et deseperee, Kusanagi est un personnage reellement fascinant, de loin le plus reussi de tous les films de Oshii que j'ai pu voir jusqu'a present, et qui est un noyau d'humanite tragique au milieu d'un monde de machine.
Chungking Express - Wong Kar Wai (1994)
Wong Kar Wai m'enerve. Ses films ont tous exactements les memes enormes ficelles, et parlent du truc le moins original du monde, a savoir l'amour, et pourtant je ne peux pas m'empecher d'adorer. C'est qu'il a tellement de classe qu'il pourrait passer un film entier a filmer une partie de Scrabble, je trouverais ca trop cool.
Bref, Chungking Express presente le destin de 4 personnages, relies les uns aux autres par des liens diffus. La premiere partie du film est centree sur un jeune inspecteur qui vient de se faire larguer par sa copine, et des images floues de la vie d'une trafiquante de cocaine, les deux finissant par se rencontrer dans un bar. On les laisse ensuite de cote pour s'interesser a un policier qui fait la rencontre d'une jeune femme qui travaille dans un snack-bar, et la relation qui se tisse entre les deux. Raconté comme ca ca a l'air nul, mais en fait c'est trop bien. J'ai pas envie d'en dire plus parce que je risque de dire n'importe quoi si je m'aventure dans des termes techniques comme la photo, mais le film a une ambiance exceptionnelle. Regardez-le.