99 francs ( Jan Kounen, 2007 )
L'homme est un produit comme un autre, avec une date limite de vente.
Octave ( Jean Dujardin ) est un publicitaire drogué insupportable engagé pour réaliser une pub pour un yaourt. Après avoir vu sa copine, enceinte, se barrer et le président de la societé qui l'a engagé l'obliger à faire de la merde, ctave décide se se révolter et d'utiliser le pouvoir de la pub contre elle-même.
Pour ceux qui vont se poser la question, le fait que le débat tourne actuellement autour de ce film sur le topic est une coincidence et il était déja prévue que j'en parle dans ma spéciale grosse daubes de cette semaine, avec donc pour introduction la bouse pseudo-rebelle.
Après un film provoc' a deux balles (
Doberman ) et un trip shamanique chiant comme la pluie (
Blueberry ), Kounen revient avec cetta adaptation de Beigbeder, vous savez, l'ancien publicitaire qui crache dans la soupe tout en se faisant grassement payer pour poser pour les galleries Lafayette. A l'image du personnage Beigbeder, le film de Kounen est creux, vide et d'une prétention qui vire parfois au comique. Ainsi on ne nous épargne aucun lieu commun, du publicitaire tête à claques arrivant systématiquement en retard au président arriviste, corrompu et bien évidemment raciste, le tout avec une double fin assez saisisstante d'imbécilité pseudo-rebelle avec un carton finale qui nous explique que voyez-vous, le problème du monde c'est qu'on fout plein de fric dans la pub alors qu'on pourrait l'utiliser à résoudre le problème de la faim ! C'est tellement éviden, la pub, c'est donc le mal absolu, et qu'importe si on aurait pu dire la même chose sur les serviettes hygiéniques ou les crayons de couleur.
Question mise en scène on est tout simplement dans le
Fight Club de Monoprix, la drôlerie de la voix-off en moins et les dix ans de retard en plus. BM va adorer la reprise des thèmes de
La ligne rouge et
In the mood for love, de temps en temps on a droit a des séquences hallucinés ringardes ( avec quelques caméos sans intérêt de Beigbeder au passage ), a un humour pas drôle à la
Trainspotting, et à une fin avec des espèces d'altermondialistes qui font une fausse pub ou on monte des images de Dujardin partousant dans le yaourt parrallèlement a des gamins africains rachitiques. Si ça vous fait rire, tapez 1, si vous avez plus de 13 ans, tapez Jan Kounen.
( le film comporte toutefois une séquence drôle, celle ou Dujardin et son assistant composent une pub merdique en trente secondes. Contentez vous de ça si vous le pouvez )
Biutiful ( Alexandro Gonzales Inarritu, 2010 )
Elle tranchera dans ta chair comme mille lames de rasoir.
Uxbal ( Javier Bardem ) est à la fois le père de deux enfants qu'il elève tant bien que mal depuis sa séparation avec son ex-femme bipolaire, un voyant qui parle aux morts et l'organisateur d'un réseau d'économie clandestine faisant travailler des asiatiques dans les bas-fonds de Barcelone. Il découvre qu'il est atteint d'un cancer de la prostate et qu'il va bientôt mourir.
Dans ce grand concours qui oppose Inarritu à Lars Von Trier pour mériter le titre de cinéaste le plus misérabiliste de tous les temps, le mexicain vient de marquer des points décisifs et si grâce au départ de son insupportable scénariste attitré Guillermo Arriaga le produit final est un peu moins pénible que l'immondice
Babel ( au moins
Biutiful nous épargne les histoires parrallèles ou un pakistanais qui se branle conduit une nymphomane colombienne à se pendre avec des écouteurs d'i-pod ), il en reste que Inarritu reste un cinéaste putassier ne cédant à aucune occasion de faire dans le dolorisme et le pathos absolu. Si vous pensiez que le cancer était le sommet, détrompez-vous, le chemin de croix que va se payer Javier Bardem fait passer le point de départ pour un pet de mouche, avec notamment une séquence avec un cadavre de gamine qui bat des records de complaisance.
Qu'est ce qu'il peut rester d'un film comme ça une fois retiré les 36 tonnes d'effets lacrymaux imbéciles ? Surement pas un filmage caméra à l'épaule devenu cliché du cinéma " a message " actuel ; non l'unique intérêt là-dedans consiste dans l'admiration sincère que l'on peut éprouver pour Javier Bardem, acteur qui semble ici allez en permanence contre le film en tentant d'insuffler un peu de vie, de rire et d'humanité dans un ensemble lourdingue et sentencieux. Même quand son personnage est complètement acculé par le scénario a des situations grotesques, Bardem semble croire en la capacité que peut avoir un acteur a transcender un scénario minérabiliste pour toucher à quelque chose de profond. Seulement, le meilleur acteur du monde ne peut pas compenser un metteur en scène aussi calamiteux.
Cinéman ( Yann Moix, 2009 )
Je mets les pieds ou je veux, et c'est souvent dans la gueule !
Régis Deloup ( Frank Dubosc ), petit prof de maths sans le moindre intérêt, fait par hasard l'acquisition d'une bague permettant de voyager à l'intérieur des films. Il découvre qu'il doit sauver Viviane ( Lucy Gordon ), capturée dans Sissi l'impératrice par Douglas Craps ( Pierre-François Martin-Laval ) que Deloup va poursuivre de film en film pour conquérir la belle.
Je ne suis pas complètement débile, je sais que le mal que j'ai dit des deux précédents films va provoquer des réactions énervées ; la différence dans le cas de
Cinéman, c'est que je suis quasiment sur que personne, pas même Scyth, n'ira défendre ça.
Le point de départ est génial est suffit à prouver qu'on peut niquer complètement les meilleures idées du monde quand on n'a pas de talent. Quel cinéphile n'a pas réver de se promener à l'intérieur de ses films préferés ?
Pour commencer le scénario est torché n'importe comment à un point assez rare, même à l'echelle d'un cinéma commercial français pourtant peu avare en imbécilités financées par copinage. On ne sait pas comment Dubosc passe d'un film à l'autre - on sait juste que pour revenir au point de départ il doit entrer en contact avec... de l'eau.... hé, c'est pas moi qui invente, promis ! - et l'idée d'adptation aux codes cinématographiques est exmploitée par dessus la jambe. Dubosc d'un coté et Pef de l'autre sont insupportables de cabotinage, ou le premier semble nous réciter l'un de ses sketchs tandis que le second doit être rémuneré au ricanement. Lors d'un hommage à Sergio Leone, Dubosc se pointe dans un bar en prononçant un " c'est la fête du slip " digne des plus grands westerns... celui à
Taxi Driver est évidemment limité au même Dubosc répétant " you talkin' to me " cinq fois de suite. Plus réussi esthétiquement, celui à
Barry Lyndon verra LA Marissa Berenson de l'original faire une référence à....
Camping. Dans
Robin des bois, le gag est crée par le fait que Dubosc appelle Frère Tuck " frère Tucque ". Je crois que c'est suffisament éloquent pour que j'évite d'une part de perdre mon temps à en parler encore plus, et que vous ne regardiez ce gros navet justement massacré à sa sortie.
Bienvenue chez les chtis ( Dany Boon, 2008 )
C’est pas compliqué de parler le ch’timi. On ne dit pas : « pardonnez-moi je n’ai pas bien saisi le sens de votre question », on dit : « Hein ? ».
Philippe ( Kad Merad ), directeur d'une agence postale, veut à tout prix se faire muter dans le sud et simule un handicap. Grillé, il est " condamné " à une mutation dans le nord, seul étant donné que sa femme Julie ( Zoé Félix ) refuse de partager son calvaire. Sur place, Philippe fait la connaissance d'un sympathique facteur, Antoine ( Dany Boon ) avec qui les premiers contacts sont difficiles, avant que Philippe ne prenne finalement gout à l'hospitalité des gens du nord.
Et oui, j'ai craqué ; deux ans après tout le monde mais j'ai craqué.
Difficile de parler d'un film qui a donné lieu à autant de débats, la plupart stériles d'ailleurs, donc je me fiche un peu de savoir si ce film est pétainiste ou non, ou si le public français a voulu lancer un message ou pas. Au-delà de toutes les considérations sociologiques, le film est extrêment mauvais et surtout, absolument pas drôle. Les gags sont longs, longs, longs et se répètent tout le temps, pour donner une idée l'annonce de la mutation de Philippe c'est à peu près ça :
- Tu es muté. Dans le nord.
- Tu veux dire, la Bourgogne ?
- Plus au nord.
- Ah non ! Quand même pas Paris !
- Non. Encore plus au nord.
- Je suis muté en Belgique ?
- Non, pas de nord là.
- Tu m'as pas envoyé en Angleterre ?
- Non, dans le nord. Le département.
- Dans le nord ???
Voilà. J'espère que vous conviendrez qu'à la base c'est déja moyennement drôle mais alors là... Et si, je ne partage pas la haine de certains contre ce film qui n'aurait déclenché aucune réaction violente si il n'avait pas eu ce succès démesuré, il reste qu'on peine à y trouver quoi que ce soit qui soit capable de marquer un peu positivement le spectateur. Zoé Félix est catastrophique, le scénario est une compilation de clichés attendus, l'humanisme niais vient rappeler que si les bons sentiments peuvent faire les bons films ( opinion qui n'est déja pas unaniment partagée ici

) un minimum de talent de cinéaste est nécessaire pour transformer la naiveté en niaiserie, et comment le dire sans être trop violent envers Boon...
Et en plus, les comédies françaises les plus appréciées de l'an dernier (
l'Arnacoeur et
Tout ce qui brille ) n'étaient même pas meilleures. A quand un nouvel OSS 117 ?
L'homme invisible ( James Whale, 1933 )
N'oubliez pas : il a beau être invisible, il laissera des traces
Je termine donc cette section spéciale gros ratages par un film qui n'en est absolument pas un, et c'est un grand merci que j'adresse à la série des films de monstre Universal et plus précisément au talentueux réalisateur de
Frankenstein pour m'avoir extirpé d'un ensemble de visionnages pénibles.
Jack Griffin ( Claude Rains ) est, à la suite d'expériences démesurées, devenu invisible, sans savoir que parmi les composants de la formule d'invisiblité allait également alterer ses facultés mentales et le transformer en criminel. Griffin tente de convaincre son ancien partenaire, le docteur Kemp, de faire équipe avec lui tandis que le docteur Cranley et sa fille Flora, amoureuse de Griffin, tentent de ramener celui-ci à la raison.
Certes, thématiquement, l'histoire d'H.G. Wells est légèrement moins intéressante que celle de
Frankenstein, toutefois la gestion de l'invisiblité de Griffin est excellente et les effets spéciaux absolument incroyables pour un film de 1933 - pour ma part, je n'ai aucune idée de la façon dont ont été réalisés certains trucages, j'ai tenté de prendre une ou deux captures assez éloquentes sur ce point - et les attaques, devenant au fur et à mesure du film extrêmement meurtrières, retranscrivent très bien la difficulté qu'ont policier et badauds à lutter contre une force qu'ils ne peuvent pas localiser. Difficile de parler du jeu d'acteur de Claude Rains puisqu'on ne le voit pas ( toutefois sa voix est suffisament inquiétante pour faire partie de ces petites choses perdurant après visionnage ) du film mais les seconds rôles s'en tirent honorablement pour faire vivre des personnages sacrifiés. La durée, qui est d'ailleurs sensiblement la même pour tous les films d'horreur Universal que j'ai vu pour le moment - 70 minutes - empêche le scénario de s'enliser et la mise en scène de Whale réussit à dynamiser le tout, avec notamment un bel usage de la caméra subjective lorsqu'est annoncée la traque autour de l'homme invisible. Pas un chef d'oeuvre mais un excellent film d'horreur à l'ancienne.
Voilà. Je suis un peu plus content des caps que la dernière fois, bien aidé que j'ai été par la très bonne qualité du DVD. La prochaine fois, à l'opposé de celle-ci qui était une spéciale bouses, ce sera une spéciale coups de coeur avec 5 films que j'ai adoré, ce qui fait que je vais passer trois plombes à faire des captures d'écran mais si ça peut donner envie à quelqu'un...
Boris.