Mardi 21 Avril 2015 à 14:25
#2341
Le 21/04/2015 à 11:36, coulin avait écrit ...
Le 21/04/2015 à 10:36, kakkhara avait écrit ...
Je comprend tout à fait l'avis de Boris, et en effet il dit (beaucoup) de choses vraies. Cela reste tout de même une vraie surprise pour moi, d'un point de vue purement musical (oui j'y connais rien non plus en jazz!).
J'avais raté ça par contre : parlons-en du point de vue musical de Wiplash. Si le milieu de la musique ressemble à ça, je crois qu'on m'a menti ^^. Par ailleurs ce qui s'en rapprocherait le plus serait la formation classique en grand conservatoire, et non la musique actuelle, même à haut niveau.
Je ne vois pas tellement où tu veux en venir en disant ça. Enfin ouais c'est possiblement pas représentatif de la musique actuelle, mais c'est pas forcement le but, si ? On ne doit pas necessairement prendre ce film comme un proxy de la réalité. J'ai vu dans ce film une évolution basique d'un personnage au travers un médium qu'est la musique, si en plus on peut avoir une BO sympa c'est bonus.
J'ai l'impression que la critique (notamment celle de boris) sur ce film (sous-full metal jacket ; meritocratie américaine et truc de ce genre) vient pas mal du fait qu'il a été ensencé, oscarisé, consacré... alors que c'est un film médiocre. Je ne le rangerai pas pour autant dans les déchets du cinéma parceque mine de rien, ces valeurs qu'il essai de transmettre sont pas les miennes mais il les transmet bien. L'espace d'une heure et demie, tu y crois, tu te dis que tu peux tout réussir si tu travailles (bon ok j'exagère mais l'idée est là).
Après j'veux pas critiquer tout ceux qui l'ont pas aimé, j'veux juste savoir si il n'y a pas un rejet de part le fait que tout le monde le surestime.
La réception critique peut me pousser à aller voir un film, mais une fois le visionnage terminé ma réaction n'a plus aucun rapport avec celle des autres spectateurs/critiques. Récemment j'ai été voir Birdman, je déteste Inarritu, c'est un des mecs que je trouve les plus relous d'Hollywood, le film s'est ramassé une pluie d'oscars, un pote me dit qu'il a trouvé ça atroce bref j'y vais pas du tout conquis d'avance et pourtant.... je trouve ça pas mal Birdman. J'ai des préjugés comme tout le monde mais je ne suis jamais conquis ou adversaire d'avance. J'aurais détesté Whiplash même sans le battage autour, quant au fait qu'il ait ramassé des prix ici ou là, je t'avoue que je m'en tape un petit peu tant je n'accorde pratiquement aucune importance à ce genre de choses. Je trouve qu'il y a peu de choses aussi pathétiques que les journalistes ciné à Cannes qui cherchent à savoir trois minutes avant les autres qui aura la Palme.
L'espace d'une heure et demie, tu y crois, tu te dis que tu peux tout réussir si tu travailles (bon ok j'exagère mais l'idée est là).
Justement je ne trouve même pas que tu exagères et ça me pose un énorme problème.
Je voudrais le comparer à un autre film : Amadeus. Je suis une bille en histoire de la musique mais tout le monde semble s'accorder à dire que le Mozart et le Salieri du film n'ont que peu de rapport avec les vrais personnages. OK.
On admet donc que l'histoire soit totalement fictive ; fictive pour montrer quoi ? Un personnage de médiocre besogneux (Salieri) qui rage devant un branleur génial (Mozart) et en conçoit une jalousie aussi légitime que dévastatrice artistiquement. Du coup là le sujet m'intéresse parce qu'il est ambigu, parce que je partage le dilemme de Salieri (imaginez par exemple un critique cinéma besogneux jaloux de l'immense talent de Durendal qui a plus de followers que lui), parce que ses rapports avec Mozart sont très riches psychologiquement. Du coup j'admets que Forman prenne un angle historiquement bidon.
Dans Whiplash, la vision rigide et caricaturale du monde du jazz (au-delà du prof, les étudiants eux-mêmes sont complètement tête à claques) ne fait que servir un discours. Il n'y a pas de dilemme, pas d'hésitation permise : la fin récompense le héros de s'être ainsi " sacrifié " pour enfin éblouir tout le monde parce qu'il joue super vite (non parce que son solo de batterie, il est pas " beau ", il est tout au plus " virtuose " mais musicalement c'est sans aucun relief). Son comportement de connard - parce que vraiment ce mec est selon moi un connard - est légitimé par le scénario ce qui fait que je trouve le film extrêmement antipathique ; et autant je peux passer outre mon antipathie si je suis suffisamment ébloui par un acteur, par l'histoire ou la mise en scène, autant là le côté ultra-répétitif du film (humiliation, travail, humiliation, travail, humiliation, travail, récompense finale) fait qu'en plus je trouve qu'il tourne en rond pendant une heure et demie et qu'il n'en sort que pour aller vers la dite conclusion. Et tout celà, je le penserai autant si j'étais le seul en France à avoir vu Whiplash.
Boris, sympa l'histoire de kakkhara, m'attendais pas du tout à ce contexte familial là.