Honneur au soviétique. Je n'ai vu de lui que les deux films de mon top30. Je justifierais leur place respective ainsi. Certes pour Solaris la partie précédent le voyage dans Tokyo est un peu emmerdante, mais en gros sans ça, je pense que j'aurais mis Solaris en 2. Pour ce qui est de Stalker, c'est mieux rythmé, esthétiquement plus régulier (ie à peu près tout le temps génial), mais je trouve ça en fait un peu trop explicité : je pense au dialogue aux abords de la Salle, qui à mon avis donne trop et gâche quelque peu le plaisir de comprendre ce qui occupe quand même la quasi totalité du film.
Bon certes, là je sors d'un visionnage des Evadés dans l'avion et je me sens un peu con avec mes récriminations, parce que Tarkovski n'est pas un éléphant, euh je voulais dire Darabont.
Mais ce qui permet à Stalker de rester un immense film, c'est là toute fin, qui permet de donner un sens vraiment intéressant à la photo du film, en particulier en dehors de la zone qui vacille à chaque instant entre horreur et beauté.
Pour ce qui est de Bergman, j'ai vu de lui Une leçon d'amour, Le visage, Les fraises sauvages, Le septième sceau et donc Cris et Chuchotements qui a donc visiblement emmerdé Boris ainsi que probablement les 3/4 des spectateurs qui sont allés le voir. Je les ai tous aimé, et je sens aue si j'en voyais plus je pourrais faire mon top10 rien qu'avec ses films. J'en ai donc gardé trois, assez différents les uns des autres à mon sens.
Le septième sceau fable philosophique mystérieuse.
Les fraises sauvages, film certes emprunts de pessimisme mais qui a un charme fou.
Et donc Cris et Chuchotements. Déjà je dirais que c'est le seul film dont je n'ai pas vraiment douté de la place depuis que j'ai songé à ce classement (alors que je toucherais déjà à pas mal de trucs juste maintenant^^).
Ensuite, pour expliquer ma relation un peu particulière à cette oeuvre, je dirais que j'ai récemment vu un médecin qui m'a confirmé que je traversais une dépression assez grave. J'ai vu ce film à peu près au pire moment de cette dépression.
J'ai pleuré à trois reprises (au moment du discours du prêtre, de la réconciliation des deux soeurs et à la fin).
Je connais pas d'autres oeuvres qui expriment cette difficulté pour moi fondamentale : d'un côté les rapports humains sont la plus belle chose qui nous soit donné, source de toute joie et de tout art, et de l'autre ils se doivent d'être incomplet, superficiels, frustrants, et surtout irrémédiablement violent.
Je comprends tout à fait qu'on puisse y voir une oeuvre théorique et désincarné, elle l'est en partie, mais pour moi s'y est ajouté cette impression de voire quelque chose qui parlait de moi avec une acuité incroyable. C'était aussi un choc émotionnel.
Voilà :/
