Melville est presque aussi connu des puristes pour Billy Budd ou pour Pierre et les ambiguités que pour son chef d'oeuvre de chasse à la baleine.
Boris.
==>Ce sera en prévision de lecture pour plus tard.
Petit homme tu pleures de François Koltès : Nous sommes dans un ville de garnison. Pendant la guerre d'Algérie, des personnages vont entrecroiser leurs destins, essayer de vivre malgré leurs souvenirs marqués par d'autres guerres.
C'est simple et puissant. Au fur et à mesure que se suivent les personnages, on est de plus en plus absorbé par la beauté résultant du tableau d'ensemble. Roman court, se lisant en deux heures environ, il laisse en revanche un souvenir inoubliable. Pour ma part c'est la deuxième fois que je le lis et j'ai été autant pris que la première fois alors que je savais ce qui allait arriver. Des personnages on ne peut plus communs, on ne peut plus anonymes, dont Koltès nous dévoile les beautés cachées. Quand une fiction rejoint la réalité, la brode et la transforme, tout en restant aussi crédible qu'un article de journal sans en avoir la froideur malencontreuse (voire l'article cité à la fin du roman), on ne peut que crier au miracle pour le talent d'un conteur hors pair. Le pire étant que j'étais tombé complètement par hasard sur ce livre, en cherchant du Bernard-Marie Koltès ^^.
Nouvelles asiatiques et Le mouchoir rouge, de Joseph Arthur de Gobineau : 2 recueuils de nouvelles réunies de Gobineau. Les nouvelles asiatiques se passe en proche orient et mettent en scène des personnages de la perse et de l'afghanistan de l'époque principalement. Le mouchoir rouge comprend les souvenirs de voyage de Gobineau qui a voyagé non seulement au proche orient, mais également en terre neuve et en Grèce et sûrement ailleurs.
Scaramouche : ouvrant le mouchoir rouge, elle met en scène un personnage de la comedia dell'arte, scaramouche, entouré d'Arlequin et d'autres illustres personnages. On a évidemment une double vie entre Scaramouche et le héros qui en joue le rôle sur les planches. L'humour vient de ce que ce personnage va vivre une aventure tout à fait digne de son rôle. On a donc ici presque une mise en abyme, d'une intrigue digne de la comedia dell'arte vécue par des gens du spectacle faisant cette même profession.
Mademoiselle Irnois : Parmi les nouvelles de Gobineau, celle-ci est totalement atypique par la tendresse que professe Gobineau, habituellement complètement misanthrope, pour son "héroïne". Mademoiselle Irnois est une jeune handicapée qui va vivre un amour impossible et malgré son retirement se retrouver en butte aux tourments du monde du nouvel empire (il semble que Gobineau rejoigne Hugo dans l'idée qu'il se fait de cette période).
souvenirs de voyage : 3 nouvelles ayant comme véritable sujet des lieux où Gobineau a séjourné, sur 3 trames complètement différentes, dont la dernière, La chasse au caribou est un modèle de verve ironique.
Adélaïde : oeuvre qui ressemble plus à Gobineau que mademoiselle Irnois, Adélaïde met en scène une jeune fille de 16 ans rivale amoureuse de sa mère. Les deux femmes usent alors de toutes les ruses et cruauté pour conquérir l'objet aimé.
la danseuse de Shamaka : ouverture des nouvelles asiatiques, récit qui s'inscrit dans la veine romantique. Un jeun officier espagnol arrive en exil en moyen orient où il s'engage dans l'armée, mais fait la rencontre d'une femme qui a été enlevée à sa tribu petite et ne vit que pour se venger de ses tuteurs.
L'illustre magicien : une autre ode à la gloire de l'amour qui met en scène un homme amoureux de sa femme qui la quitte cependant pour rechercher la puissance par l'apprentissage auprès d'un magicien.
histoire de Gamber-Aly : Histoire à l'ironie délicieuse, gamber-aly est racontée par un astrologue qui a prédit à gamber aly qu'il serait premier ministre. Or ce Gamber-Aly se révèle être lache et pusillanime ainsi que cruel. Il gravit cependant les échelons et passe pour quelqu'un du premier mérite.
La guerre des Turcomans : récit d'un désastre qu'est cette guerre menée par des hommes sans le moindre matériel corret étant donné que les généraux ont vendu les bons équipements pour leur profit.
Les amants de Kandahar : sûrement la plus aboutie des nouvelles asiatiques, qui de scénario fait très clairement penser à Roméo et Juliette (qui d'ailleurs semble une lecture de chevet de Gobineau).
La vie de voyage : sûrement la moins intéressante du groupe, qui raconte le voyage d'un occidental et de sa femme dans une caravane, dans un trajet qui est celui que Gobineau lui-même a parcouru.
Le problème de Gobineau, c'est son style souvent lourd et ampoulé. Bon c'est aussi un personnage détestable, misanthrope, auteur du traité sur l'inégalité des races, imbu de sa propre valeur et révolté par l'incompétence systématique des autres.
Cependant perce toujours dans ses nouvelles, une ironie absolument délicieuse qui rend le tout très amusant à lire et qui passe tout à fait les défauts de l'ensemble. Certes Gobineau n'est pas un Lamartine, mais il sait malgré tout écrire. Et de temps à autres on trouve de réels petits bijoux cachés dans l'ensemble (Mademoiselle Irnois en est le plus flagrant exemple, cette nouvelle est juste fabuleuse.)
L'enfant de nulle part et Franc-sorcier de Roger Zelazny : Le clan Det, adepte de la magie noire et redouté partout, est anéanti par un sorcier blanc, le vieux mor, et des armées d'archers centaures. Mais personne n'ose tuer le fils de Det, un bébé retrouvé dans les ruines du chateau. Mor ouvre alors un portail entre les mondes et échange le fils de Det contre un bébé d'un autre monde. Le fils de Det, magicien, va donc vivre dans notre monde, tandis que Mark, fils de technicien, va grandir dans un monde où la magie est réalité, et d'où la technologie a été bannie suite à un cataclysme. Mais Mor a fait une erreur en pensant que l'équilibre serait conservé. En effet Mark développe des machines de plus en plus dangereuses. Or Mor est à la veille de la mort (blague ^^), et le fils de Det devient alors le seul espoir.
Cycle intéressant de Zelazny, connu pour son inspiration par les anciens mythes. On a ici le combat de la technologie contre la magie, combat des antiques dragons contre les avions de chasse. C'est bien écrit, et novateur pour son époque. Zelazny est sûrement l'un des seuls réellement bons auteurs de hard fantasy, avec Tolkien et Glen Cook. L'intrigue tient en haleine d'un bout à l'autre du récit, les personnages ne sont pas très fouillés, mais pas non plus les ombres chinoises habituelles des romans de ce genre. Bref tout ce qu'il faut pour passer un bon moment.
"_Je joue attirance mortelle sur mon pisteur invisible et je t'attaque avec.
_ouais, j'ai pris 1
_ok ..."