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kakkhara

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Envoyé par kakkhara le Jeudi 05 Septembre 2019 à 19:33


J'aimerais bien des posts sur le topic littéraire cela dit


Comme le topic littéraire est momentanément indisponible pour cause de mort lente, je recrée un topic avec comme ambition d'arriver peut-être à trois pages en dix ans, ce qui au vu du reste ne serait somme toute pas si mal. (et encore, je suppose que ça ne marchera que si on trouve un fan de Marc Levy).

Bref je lis de tout et n'importe quoi, alors autant balancer pour commencer le dernier titre lu, ça tombe bien c'est un classique : 

Mademoiselle de Maupin, de Théophile Gautier, assez fraîchement réédité chez Garnier.

Pourquoi faut-il le lire?

Déjà pour la préface, où Théophile Gautier pourfend les bien-pensants avec une verve déjà bien affûtée, à tel point qu'il en oublie de parler de son livre , ou bien le fait-il de manière détournée, lorsqu'il dit que le beau est ce qu'on doit viser en art. Parce que c'est ce que recherche Albert, le personnage principal, qui s'avère donc un possible alter ego de l'auteur lorsqu'il cherche la beauté extérieure comme vertu principale.

Le roman semble construit de bric et de broc, un peu comme un roman épistolaire sauf que personne n'écrit des lettres comme il recèle, Gautier en est bien conscient puisqu'il le fait dire à son personnage dans l'une des premières lettres. En quelque sorte c'est un roman hybride, on peut imaginer qu'il écrivait à l'instinct et se laissait guider par son imagination, avec de longues digressions qui semblent généralement n'avoir qu'un rapport minimal à l'intrigue, comme des pensées jetées en vrac qu'il ne savait où mettre.

C'est d'ailleurs pour ça que le livre est assez compliqué (pas trop quand même, qu'on se rassure), il a été un échec à l'époque, parce que les chapitres où se passent l'action sont certes de petites perles, mais ils sont dilués dans l'ensemble des considérations (qui valent tout autant le coup), le tout dans une langue complexe, le dictionnaire à portée de main risque de n'être pas inutile. En clair l'essentiel de Théophile Gautier est là. Amateurs de littérature facile et de livre à histoire simple, vous voilà prévenus.

Le plus important, c'est qu'il y a une espèce de rage dans cette publication, qui est loin d'être contenue entière dans la préface, et le romantisme n'a que très rarement été aussi loin d'être....romantique? Il y a beaucoup de cruauté dans les rapports entre les personnages dans ce livre, ce qui n'est pas rare, il n'y a qu'à relire La Confession d'un enfant du siècle, sorti plus ou moins la même année, mais en prime le thème du travestissement est une invitation à parler d'un désir plus trouble, souvent entre personnes de même sexe ou le semblant, la chose est d'ailleurs plus qu'explicite à certains moments.

On alterne donc entre considérations personnelles, tourments de l'âme, passages romanesques et aventures scabreuses.

Pour terminer, sans dévoiler quelle sera la fin, qui vaut bien la peine qu'on eu d'arriver jusque là, d'ailleurs le livre n'est pas si long, la morale ( de l'époque) ne sera pas rétablie à la fin du roman, loin s'en faut.

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madmerfolk

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Envoyé par madmerfolk le Jeudi 05 Septembre 2019 à 22:07


"Les limites à la croissance (dans un monde fini)" (fini par opposition à infini). Tout est dans le titre.. il s'agit d'un rapport (le fameux "rapport Meadows") rédigé par rapport à une étude ménée par les auteurs du livre (scientifiques du MIT, Massachusetts institute of technology) Concernant notre système/société à partir d'un modéle informatique représentant les corrélations et boucles de rétroactions entre des système, dans le système complexe qu'est le notre comme la corrélation entre la population, la consommation, les services, la nourriture, la polution etc avec comme corrélation, natemment, comment l'évolution de la population (naissances, décès) influent sur le reste etc.

Le modéle utilisé: 

Ils en ont fait des projections, différents scénario dont le pire est celui qui se rapproche le plus de ce qui s'est passé car à l'époque (1970) personne n'a écouté leur mises en garde et la course à la croissance à continué.. ce scénario est très fidèle (pas parfaitement car c'est un scénario choisi parmi d'autre avec valeurs choisis etc) donne une projection avec un effondrement de notre société vers 2030..



le livre:

 

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kakkhara

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Envoyé par kakkhara le Mercredi 11 Septembre 2019 à 14:45


Deux nouveaux titres, l'un ancien, l'autre très récent.

Le Consul honoraire (Graham Greene, 1973)

De quoi ça parle?

Charley Fortnum est consul honoraire d'Angleterre en Argentine, il est alcoolique  et plus ridicule qu'autre chose, jusqu'au jour où il est enlevé par erreur, les ravisseurs pensant capturer l'ambassadeur des Etats-Unis, malgré tout ils maintiennent leurs prétentions. Malheureusement pour Fortnum, personne ne se soucie beaucoup de sa personne.

Pourquoi il faut le lire?

Graham Greene est un romancier qui arrive à concilier une profondeur de vue avec une littérature de pur divertissement. Cette histoire d'enlèvement cache une réelle réflexion sur l'absurdité de la vie. D'humour, le roman n'en manque pas, spécialement dans ses dialogues, mais c'est bien un drame qui est relaté ici, avec le ton mélancolique propre à Graham Greene. Les personnages sont enfermés dans leurs schémas de pensée qu'ils se sont construit pour trouver un sens en ce monde, et si au début certains d'entre eux paraissent des imbéciles pompeux, ou de pauvres types marginaux, le développement n'est jamais manichéen, chacun a ses raisons d'agir et refuse d'en sortir, et ils n'arrivent pas à tisser de vrais liens entre eux.

Au final l'ironie de ce livre est que la mort de Fortnum est actée par tout le monde et ce sont les ravisseurs qui craignent le plus de mettre leur menace à exécution, car eux savent la valeur de la vie, mais n'ont pas trouvé d'autres moyens d'action que le terrorisme, mais même ce dernier est inutile face aux puissants du monde, qui vivent dans leur sphère et ne peuvent être inquiétés, à tel point que l'ambassadeur des Etats-Unis échappe à l'enlèvement sans s'en rendre compte.
En définitive ces gens s'accrochent à leurs habitudes et conceptions ridicules (le machismo), parce que sans ça leur vie n'aurait pas de sens, que de toute façon ils ont perdu l'espoir que le monde change, seule la foi tient lieu pour certains de raison de vivre, encore cette foi est-elle corrompue, d'ailleurs le seul prêtre qu'on verra est un défroqué faisant partie des terroristes, qui croit encore en Dieu mais plus en l'Eglise en tant qu'institution.

La réflexion sur la religion est un thème essentiel de l'oeuvre de Graham Greene, on peut rapprocher notamment la position du prêtre défroqué de celle du personnage du Fleuve sacré de Shusaku Endo, autre grand auteur catholique dont les considérations sont similaires à Greene. Un autre thème récurrent est celui d'une politique désincarnée qui ne s'occupe pas du réel mais seulement de maintenir sa propre position, et contre laquelle on ne peut pas lutter. Enfin les personnages qui ont conscience de leur impuissance et se laissent porter par le destin parce qu'ils savent que se débattre est inutile.

Le Consul honoraire se présente ainsi comme l'un des grands romans de Graham Greene, une synthèse magistrale des thèmes qui l'obsèdent, en même temps qu'un divertissement ironique.

1793, (niklas Natt och Dag 2017)

De quoi ça parle?

Mickael Cardell, vétéran de la guerre, trouve dans un lac le cadavre d'un homme démembré. Un homme de loi tuberculeux, mourant mais clairvoyant, se charge avec lui de l'enquête.

Pourquoi il faut le lire?

Sorti en avril 2019 en France, ce polar historique a créé une certaine sensation. Effectivement pour un premier roman c'est frapper fort, le style est direct et sans trop de fioritures, s'offrant des digressions réussies, l'intrigue sans étonner (beaucoup de clichés) se complique lors d'un final intéressant.
Même si ce n'est pas parfait, je trouve que les dialogues ne sont pas très réussis, il y a quelques procédés de racolage inutiles, par exemple le genre de suspens hérité du roman feuilleton, et toutes les parties ne sont peut-être pas égales, la première étant à priori la plus faible.
Dans l'ensemble c'est fort, certains personnages ressortent bien de l'ensemble, l'aspect historique en toile de fond semble et bien renseigné, et bien intégré à l'intrigue, la lecture est plaisante, on passe facilement outre les quelques défauts.
On suivra avec intérêt la possible carrière d'un nouvel auteur intéressant.

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