Jusqu'ici je me suis abstenu de trop prendre parti car, comme je l'ai signalé à maintes reprises, aucun fait tangible ne permettait de tirer de conclusions ayant un minimum de bon sens. 30 pages écrites pour un jour, sans aucun joueur mort ni fait avéré, ça relève du délire selon moi. On évoluait dans une zone qui se situe précisément entre l'absurde et le grotesque. Ça a produit ce qui devait nécessairement se produire : une intensification des prises de bec, ou personne n'est d'accord avec personne (même si des consensus se dégagent, évidemment), puisqu'aucune information ne permet de corroborer les hypothèses.
L'intervention de Mendeed confirme que les esprits se sont échauffés pour rien. Sans vouloir paraître prétentieux, c'est un point que j'ai immédiatement saisi : ma seule certitude était qu'il n'y avait aucune certitude. Cependant, je persiste à croire que les échanges nous ont apportés des choses, au vu des révélations de Mendeed.
Je pars de l'hypothèse qu'il ne ment pas. J'imagine que si personne d'autre ne revendique l'attentat, on peut considérer sa déclaration comme vraisemblable. J'ajoute une possibilité qui a du être soulevée, savoir : Mendeed loup-garou tentant de sauver sa peau dans un ulitme élan désespéré. C'est pourquoi si quelqu'un a été mordu cette nuit il doit le dire absolument !
Bon, en admettant cela, la configuration de la partie évolue de façon significative : nous avons des idées développées par les joueurs et un fait : Mendeed s'est fait mordre et a survécu. Ce n'est pas massif, mais ça me permet déjà de mieux m'orienter, car les 30 pages écrites prennent un sens nouveau. Un peu comme la fin de 6ème sens.
Cela m'amène à une pseudo-conclusion. Ceux qui ont chargé Mendeed sont à peine plus suspects que les autres, car ils y ont vus un bouc-émissaire offert sur plateau d'argent : un villageois de moins sans aucune prise de risque. Mais ce nouvel élément rend ces prises de positions douteuses, même si elle ne sont pas les plus douteuses parmi celles que j'observe.
Évidement, ce que je dis peut paraitre étrange parce que je suis un des premier (je crois) à avoir voté Mendeed. Est-ce que je m'accuse ? Non, je l'ai fait pour des raisons différentes. C'est sans doute un peu con, mais j'ai voté contre lui essentiellement pour des questions de plaisir de jeu, comme je l'ai dit. J'ai toujours pensé que rien ne permettait de charger quelqu'un dans la situation pré-révélations. Et je le maintiens : ceux qui l'ont fait ont déployés des argumentaires assez fragiles, en dépit de toute l'apparente logique qui sous-tendait leurs raisonnement, et aussi clairement qu'elle ai pu s'exprimer.
Toutefois, j'admets sans retenue que cette façon de penser le jeu est très personnelle : peut-être suis-je trop naïf, ou, c'est probablement le cas, bien trop imprégné de mes parties de loup-garou-vodka-vomi. Peut-être que je ne saisis pas tous les tenants et les aboutissants des déductions qui reposent sur une partie avec une somme d'informations proche de zéro.
Je me suis fait une petite liste des suspects, qui pour une grande part correspondent au critère mentionné plus haut. Je vais garder pour moi certaines de ces remarques (qui viendront sur la table le moment venu) pour en arriver à l'essentiel. Le nom de Kiwi (entre autres) s'inscrit en rouge sur ma liste, en considérant tous les points que j'ai mentionné ici. La virulence de ses propos et une certaine tendance à l'acharnement ne sont pas étranger, à mon sens, avec une forme classique de culpabilité. Le fait qu'il n'ait jamais voté Mendeed alors que c'est précisément ce qu'un loup aurait fait pour s'assurer une victoire sans bavures est suspect (vous me direz : l'inverse aussi est suspect, c'est un fait). Savoir Mendeed villageois et affirmer une fois la victime partie au bûcher : « je vous avait prévenu » est un « sophisme » très répandu. Je ne dit pas que Kiwi ignore ces stratégies. Mais l'imprévisibilité est l'un des fondements essentiels de la stratégie des loups.
Enfin, et c'est, malgré tout ce qui pèse le plus sur la balance : mon « feeling » (déjà évoqué par certains) m'incite à m'opposer à lui (même si il y en a d'autres). Vous me direz qu'il est hypocrite d'avancer un tel argument après avoir tenté de rationaliser mon discours. Je rétorque que bien souvent, je rationalise ce qui est de l'ordre de l'intuition : ce qui ne rend pas mes propos irrationnels, mais assure une continuité logique à ce qui relève pour moi du bon sens.
J'aurais pas du prendre l'apéro... Et j'admets volontiers que l'extrême nuance de mon exposé puisse prêter à confusion. Mais j'espère néanmoins avoir été clair.
Mon vote va à Kiwi.
T'as raison. Je vais pas flipper pour ça. La vie continue.
— Le Duc.
