Dimanche 27 Octobre 2019 à 09:32
#3301
Je vais m'auto-corriger un peu sur Joker, mon post donnait sans doute l'impression que j'ai détesté le film. Ce n'est pas le cas, j'ai simplement été déçu par rapport à la hype. Mais Phoenix est excellent, le film très bien rythmé et à le mérite de proposer une histoire avec un début et une fin, pas une bande-annonce pour une suite. Et la direction artistique est très réussie. Joker, c'est bien mais ce n'est certainement pas le chef d'œuvre vendu. Heureusement pour lui, le film est un carton de toute façon.
Les Prédateurs (Tony Scott, 1983)
À New York, la belle et élégante Miriam Blaylock (Catherine Deneuve) mène une vie luxueuse et oisive au côté de son mari John (David Bowie). En réalité, née sous l'Égypte antique, elle est âgée de plus de 3 000 ans. Elle doit tous les 7 jours, boire du sang humain pour se préserver des atteintes du temps. Elle utilise, pour ce faire, un petit pendentif en forme de clé d'Ânkh qu'elle porte autour du cou et qui dissimule une lame acérée qui lui permet de trancher la gorge de ses victimes.
Premier film de Tony Scott qui tranche totalement avec ce qu'il réalisera après (le gars passe quand même d'un film de vampires esthétisant à Top Gun quoi),celui-ci étant totalement en phase avec l'esthétique 80's et les œuvres du frangin Ridley à la même époque. Mais ce qui fait que les Prédateurs fonctionne aussi bien au point d'être sans doute (seul True Romance peut le concurrencer), le meilleur film de son auteur, c'est cette alchimie réussie entre visuel publicitaire et conte gothique (le luxueux décor dans lequel Bowie se meurt), entre découverte du SIDA et mythe vampirique, entre boites de nuit branchées de l'époque (ou on passe " Bela Lugosi is dead " de Bauhaus) et mythe ancestral. Bowie, Catherine Deneuve et Susan Sarandon sont tous les trois excellents. J'ai toujours un peu de mal avec l'intro qui mélange trois temporalités de manière selon moi très confuse mais on dira que Tony Scott réussit quand même à imposer son style visuel au forceps. Les Prédateurs serait sans doute le meilleur film de vampires des 50 dernières années si un autre petit bijou dont je parle en fin de post ne venait pas le détroner.
Ad Astra (James Gray, 2019)
Sur Terre, dans un futur proche, l’ingénieur et astronaute de la NASA Roy McBride (Brad Pitt) s'occupe de la maintenance d'une antenne de 30 km de hauteur. Celle-ci est détruite lors d’une surcharge électrique venue de Neptune, qui cause des ravages également sur Terre.
Pfiouuu la barre d'ennui. Les thématique familiales habituelles (qui en deviennent ici franchement redondantes) de James Gray mixées dans un récit qui fait du Apocalypse Now dans l'espace (donc du road movie spatial ou l'approche du but fixé conduit à la folie progressive). On sent tellement les compromis commerciaux - le film n'assume pas son statut de monologue intérieur de Brad Pitt alors que putain la voix off est ridiculement omniprésente - quand on te sort une scène d'action lunaire façon Mad Max Fury Road (illisible au passage) ou un passage horrifique avec des singes tueurs en guise de métaphore plus balourde tu meurs. Le film est plutôt chouette visuellement et Brad Pitt s'en sort finalement bien dans son rôle d'astronaute à moitié autiste mais bon dieu ce que ces personnages secondaires sont fonctionnels (Liv Tyler qui après Armageddon confirme son statut de meuf qui attend que le héros rentre chez lui), bon dieu ce que cette relation père-film ne prend pas, bon dieu ce que cette fin est ridicule sans parler de la scène de " surf spartial " qui dénote totalement dans un truc aussi cérémonial.
C'est chiant comme tout.
L'incroyable vérité (Hal Hartley, 1989)
Josh sort de prison, après avoir purgé sa peine pour meurtre. Il retourne dans sa ville d'origine. Là, ses crimes sont exagérés, et plus personne ne se rappelle exactement combien de personnes il a tué ni quel était son crime... Tout le monde est en tout cas plutôt circonspect à son égard, mais le père d'Audry (cette dernière ne tardera pas à tomber amoureuse de Josh) accepte quand même de lui proposer un emploi de mécanicien.
Après Simple Men, encore un Hal Hartley que j'apprécie vraiment tout en trouvant le film fragile. Encore une fois tout est relativement dédramatisé : les meurtres dont on accuse le personnage principal (qui semble s'en foutre un peu) n'ont finalement pas eu lieu (sans que ça change grand chose au final), l'intrigue stagne volontairement (même si la relation naissance entre Adrienne Shelly et Robert John Burke est très touchante, charisme des acteurs aidant bien) mais ce n'est pas grave car même si la lycéenne dépressive et l'ancien taulard devenu mécano n'ont rien, on est heureux de les voir s'offrir un avenir ensemble. La beauté des films de Harley tient sur des petites choses : le côté statique de la mise en scène (on se croirait un peu chez Kauriskaki) qui entretient un sentiment de douce absurdité, des dialogues sentencieux prononcés de manière décalée, l'amour pour absolument tous les personnages (je n'ai pas encore trouvé de réel " antagoniste " chez Hartley, même le père d'Adrienne Shelly a ses bons moments), le respect pour les ploucs des coins perdus qu'il filme. Ca me suffit à comprendre l'importance qu'ont pu avoir ses films à l'époque, c'est triste qu'Hartley semble un peu retombé dans l'anonymat depuis.
Commando (Mark Lester, 1985)
Ancien soldat des commandos d’élite de la Delta Force, le colonel John Matrix mène une existence paisible aux côtés de sa fille Jenny. Un jour, son ancien supérieur, le général Franklin Kirby, lui rend visite dans sa maison nichée dans la montagne pour le prévenir que des membres de son ancienne unité ont été assassinés par des mercenaires dont on ignore l'identité. Peu après le départ de Kirby, les mercenaires attaquent la maison de Matrix, tuant les soldats que Kirby avait affecté à sa sécurité, et kidnappent Jenny. En essayant de rattraper les ravisseurs, Matrix est maîtrisé et enlevé par les mercenaires, dont à sa surprise figure Bennett, un ancien membre de son équipe, présumé mort.
C'est vraiment le visionnage des moments de déprime, Commando. J'y peux rien, je lance le film et rien qu'en voyant le générique ou Arnold Schwarzenegger porte un tronc d'arbre sur son épaule le plus naturellement du monde je me marre. Que le film ait une kyrielle de défauts cinématographiques (les méchants qui limite explosent tous seuls, le scénario con comme c'est pas possible, le personnage du général qui est un peu l'inspecteur des travaux finis) OK mais c'est compensé par un rythme SURVOLTE ou il se passe un truc improbable toutes les vingt secondes, des répliques de vrai cinéma d'action abruti comme on n'en fait plus ( " je t'avais dis que je te tuerais en dernier…. je t'ai menti ! " " T'as laissé quelque chose pour moi ? " " Que des morts. "), des seconds couteaux tellement caricaturaux qu'ils en deviennent géniaux (mention à Bill Duke de Predator qui fait la même gueule de musclor constipé tout du long et à David Patrick Kelly au contraire en magnifique roue libre), un méchant sosie de Freddy Mercury, de l'action en veux-tu en voilà…. C'est un cas tellement extrême de film concon, ce film est tout ce que les Expendables voulaient être sans y arriver. Préférez l'original aux pales copies.
Aux frontières de l'aube (Kathryn Bigelow, 1987)
Une nuit, Caleb, un jeune fermier de l'Arizona, rencontre la belle Mae. Fasciné, il tente de la séduire et obtient d'elle un baiser qui devient une morsure. Ce contact va entraîner Caleb dans le monde des compagnons de Mae, des vampires. Il devra apprendre à tuer pour s'abreuver du sang de ses victimes.
La rétro vampirique de la cinémathèque aura été une belle occasion pour moi de revoir des films que j'ai adoré.... et que j'adore toujours. Bien avant le Vampires de Carpenter ou le Vampire Hunter D Bloodlust de Kawajiri, Bigelow pose son mètre-étalon du vampire westernien, celui des grandes étendues doté d'un chapeau de cowboy et d'éperons. Le superbe scénario d'Eric Red parvient à caractériser très vite et très efficacement tout le petit groupe de vampires notamment par leur méthode de chasse (le couple Jesse/Diamondback chasse en binome, Homer feint la faiblesse pour attirer ses proies et Severen séduit). Même si les vampires sont les antagonistes, ils sont filmés avec compassion (voir la scène ou ils intègrent enfin Caleb dans le groupe) tandis que les scènes de fusillade ont ça d'excellent que le risque n'est jamais pour un vampire de se prendre une balle mais que les trous dans le mur liés aux impacts laissent passer la lumière du soleil. Superbe musique de Tangerine Dream, grosse interprétation générale avec un Bill Paxton déchainé et une Jenny Wright fascinante notamment. J'adore totalement.
Boris.
Les Prédateurs (Tony Scott, 1983)
À New York, la belle et élégante Miriam Blaylock (Catherine Deneuve) mène une vie luxueuse et oisive au côté de son mari John (David Bowie). En réalité, née sous l'Égypte antique, elle est âgée de plus de 3 000 ans. Elle doit tous les 7 jours, boire du sang humain pour se préserver des atteintes du temps. Elle utilise, pour ce faire, un petit pendentif en forme de clé d'Ânkh qu'elle porte autour du cou et qui dissimule une lame acérée qui lui permet de trancher la gorge de ses victimes.
Premier film de Tony Scott qui tranche totalement avec ce qu'il réalisera après (le gars passe quand même d'un film de vampires esthétisant à Top Gun quoi),celui-ci étant totalement en phase avec l'esthétique 80's et les œuvres du frangin Ridley à la même époque. Mais ce qui fait que les Prédateurs fonctionne aussi bien au point d'être sans doute (seul True Romance peut le concurrencer), le meilleur film de son auteur, c'est cette alchimie réussie entre visuel publicitaire et conte gothique (le luxueux décor dans lequel Bowie se meurt), entre découverte du SIDA et mythe vampirique, entre boites de nuit branchées de l'époque (ou on passe " Bela Lugosi is dead " de Bauhaus) et mythe ancestral. Bowie, Catherine Deneuve et Susan Sarandon sont tous les trois excellents. J'ai toujours un peu de mal avec l'intro qui mélange trois temporalités de manière selon moi très confuse mais on dira que Tony Scott réussit quand même à imposer son style visuel au forceps. Les Prédateurs serait sans doute le meilleur film de vampires des 50 dernières années si un autre petit bijou dont je parle en fin de post ne venait pas le détroner.
Ad Astra (James Gray, 2019)
Sur Terre, dans un futur proche, l’ingénieur et astronaute de la NASA Roy McBride (Brad Pitt) s'occupe de la maintenance d'une antenne de 30 km de hauteur. Celle-ci est détruite lors d’une surcharge électrique venue de Neptune, qui cause des ravages également sur Terre.
Pfiouuu la barre d'ennui. Les thématique familiales habituelles (qui en deviennent ici franchement redondantes) de James Gray mixées dans un récit qui fait du Apocalypse Now dans l'espace (donc du road movie spatial ou l'approche du but fixé conduit à la folie progressive). On sent tellement les compromis commerciaux - le film n'assume pas son statut de monologue intérieur de Brad Pitt alors que putain la voix off est ridiculement omniprésente - quand on te sort une scène d'action lunaire façon Mad Max Fury Road (illisible au passage) ou un passage horrifique avec des singes tueurs en guise de métaphore plus balourde tu meurs. Le film est plutôt chouette visuellement et Brad Pitt s'en sort finalement bien dans son rôle d'astronaute à moitié autiste mais bon dieu ce que ces personnages secondaires sont fonctionnels (Liv Tyler qui après Armageddon confirme son statut de meuf qui attend que le héros rentre chez lui), bon dieu ce que cette relation père-film ne prend pas, bon dieu ce que cette fin est ridicule sans parler de la scène de " surf spartial " qui dénote totalement dans un truc aussi cérémonial.
C'est chiant comme tout.
L'incroyable vérité (Hal Hartley, 1989)
Josh sort de prison, après avoir purgé sa peine pour meurtre. Il retourne dans sa ville d'origine. Là, ses crimes sont exagérés, et plus personne ne se rappelle exactement combien de personnes il a tué ni quel était son crime... Tout le monde est en tout cas plutôt circonspect à son égard, mais le père d'Audry (cette dernière ne tardera pas à tomber amoureuse de Josh) accepte quand même de lui proposer un emploi de mécanicien.
Après Simple Men, encore un Hal Hartley que j'apprécie vraiment tout en trouvant le film fragile. Encore une fois tout est relativement dédramatisé : les meurtres dont on accuse le personnage principal (qui semble s'en foutre un peu) n'ont finalement pas eu lieu (sans que ça change grand chose au final), l'intrigue stagne volontairement (même si la relation naissance entre Adrienne Shelly et Robert John Burke est très touchante, charisme des acteurs aidant bien) mais ce n'est pas grave car même si la lycéenne dépressive et l'ancien taulard devenu mécano n'ont rien, on est heureux de les voir s'offrir un avenir ensemble. La beauté des films de Harley tient sur des petites choses : le côté statique de la mise en scène (on se croirait un peu chez Kauriskaki) qui entretient un sentiment de douce absurdité, des dialogues sentencieux prononcés de manière décalée, l'amour pour absolument tous les personnages (je n'ai pas encore trouvé de réel " antagoniste " chez Hartley, même le père d'Adrienne Shelly a ses bons moments), le respect pour les ploucs des coins perdus qu'il filme. Ca me suffit à comprendre l'importance qu'ont pu avoir ses films à l'époque, c'est triste qu'Hartley semble un peu retombé dans l'anonymat depuis.
Commando (Mark Lester, 1985)
Ancien soldat des commandos d’élite de la Delta Force, le colonel John Matrix mène une existence paisible aux côtés de sa fille Jenny. Un jour, son ancien supérieur, le général Franklin Kirby, lui rend visite dans sa maison nichée dans la montagne pour le prévenir que des membres de son ancienne unité ont été assassinés par des mercenaires dont on ignore l'identité. Peu après le départ de Kirby, les mercenaires attaquent la maison de Matrix, tuant les soldats que Kirby avait affecté à sa sécurité, et kidnappent Jenny. En essayant de rattraper les ravisseurs, Matrix est maîtrisé et enlevé par les mercenaires, dont à sa surprise figure Bennett, un ancien membre de son équipe, présumé mort.
C'est vraiment le visionnage des moments de déprime, Commando. J'y peux rien, je lance le film et rien qu'en voyant le générique ou Arnold Schwarzenegger porte un tronc d'arbre sur son épaule le plus naturellement du monde je me marre. Que le film ait une kyrielle de défauts cinématographiques (les méchants qui limite explosent tous seuls, le scénario con comme c'est pas possible, le personnage du général qui est un peu l'inspecteur des travaux finis) OK mais c'est compensé par un rythme SURVOLTE ou il se passe un truc improbable toutes les vingt secondes, des répliques de vrai cinéma d'action abruti comme on n'en fait plus ( " je t'avais dis que je te tuerais en dernier…. je t'ai menti ! " " T'as laissé quelque chose pour moi ? " " Que des morts. "), des seconds couteaux tellement caricaturaux qu'ils en deviennent géniaux (mention à Bill Duke de Predator qui fait la même gueule de musclor constipé tout du long et à David Patrick Kelly au contraire en magnifique roue libre), un méchant sosie de Freddy Mercury, de l'action en veux-tu en voilà…. C'est un cas tellement extrême de film concon, ce film est tout ce que les Expendables voulaient être sans y arriver. Préférez l'original aux pales copies.
Aux frontières de l'aube (Kathryn Bigelow, 1987)
Une nuit, Caleb, un jeune fermier de l'Arizona, rencontre la belle Mae. Fasciné, il tente de la séduire et obtient d'elle un baiser qui devient une morsure. Ce contact va entraîner Caleb dans le monde des compagnons de Mae, des vampires. Il devra apprendre à tuer pour s'abreuver du sang de ses victimes.
La rétro vampirique de la cinémathèque aura été une belle occasion pour moi de revoir des films que j'ai adoré.... et que j'adore toujours. Bien avant le Vampires de Carpenter ou le Vampire Hunter D Bloodlust de Kawajiri, Bigelow pose son mètre-étalon du vampire westernien, celui des grandes étendues doté d'un chapeau de cowboy et d'éperons. Le superbe scénario d'Eric Red parvient à caractériser très vite et très efficacement tout le petit groupe de vampires notamment par leur méthode de chasse (le couple Jesse/Diamondback chasse en binome, Homer feint la faiblesse pour attirer ses proies et Severen séduit). Même si les vampires sont les antagonistes, ils sont filmés avec compassion (voir la scène ou ils intègrent enfin Caleb dans le groupe) tandis que les scènes de fusillade ont ça d'excellent que le risque n'est jamais pour un vampire de se prendre une balle mais que les trous dans le mur liés aux impacts laissent passer la lumière du soleil. Superbe musique de Tangerine Dream, grosse interprétation générale avec un Bill Paxton déchainé et une Jenny Wright fascinante notamment. J'adore totalement.
Boris.