Je sors de ma grotte pour quelques posts.
Donc pas de films polonais pour aujourd'hui (alors que j'en ai vu en plus

), pas de rareté. Je vais juste écrire quelques bafouilles sur la saga rebootée La Planète des singes.
Je vais pas revenir sur le film de 68 ni sur ses suites plus ou moins intéressantes et encore moins sur ce qu'en a fait Burton. Pour être honnête, il y avait tout à craindre que les reboots soient une énième tentative à la con de faire renaitre une saga classique comme on l'a vu des dizaines de fois ces dernières années (à ceci près que selon moi, le film de 68 est assez surfait et la mise en scène de Schafner a mal vieilli, sans compter le fait que j'ai beaucoup de mal avec Charlton Heston).
La Planète des singes : le commencement raconte comment le chimpanzé César a été élevé par Will (James Franco). La mère de César ayant fait l'objet d'expériences en laboratoire, César est extrêmement intelligent et peine à trouver sa place dans le monde humain. Après avoir défendu le père de Will se faisant agresser, César est pris pour être confié à un zoo.
C'est un film plus atypique parce qu'il en a l'air. D'une part il est privé d'humour, ce qui quand on vient de s'enchainer des films de super-héros plus pourris les uns que les autres (je mets de côté Logan, très imparfait mais agréable pour sa noirceur de ton) fait beaucoup de bien. Ensuite, il est plutôt avare en action là ou la plupart des blockbusters contemporains semblent enchainer mécaniquement des combats inutiles d'un point de vue narratif. C'est une belle force du film : privilégier le développement des personnages au spectaculaire, l'intime à l'emphase, ce qui est favorisé par la performance capture et l'expressivité parfaite d'Andy Serkis en César (précisions aussi que James Franco est pour une fois supportable, ce qui n'est quand même pas rien). On vit les péripéties avec César et on ressent toute la cruauté du traitement qui lui est infligé. Et sans être géniale, la mise en scène de Wyatt n'est pas dégueulasse et réserve quelques beaux moments visuels.
A mon sens, le gros défaut vient du scénar. Si la partie côté singe fonctionne, celle côté humains enchaine les personnages clichés (l'industriel qui veut se faire du fric, le maton sadique, le gaffeur au bon cœur) et les réactions sans queue ni tête (la sécurité dans les labos c'est Disneyland) pour permettre des retournements de situation de plus en plus gros. Autre petit souci à mes yeux : j'ai du mal à discerner une personnalité chez les singes en dehors de César, Maurice et Koba. Des personnages comme Buck ou Rocket sont assez sous-employés à mon gout et par exemple j'ai mis du temps à me rendre compte que la femme de César dans la suite apparaissait déjà dans le premier tant je n'ai pas le souvenir de l'avoir vu faire quoi que ce soit. Malgré tout, La Planète des singes : le commencement, sans être un grand film, reste une relative bonne surprise à mes yeux.
La Planète des singes : l'affrontement n'est pas spécialement mieux écrit que son prédecesseur, je dirais même que ses défauts ont empiré... Comme les qualités : Rupert Wyatt a été remplacé par Matt Reeves qui à ma grande surprise (je n'aime pas du tout Cloverfield) délivre un boulot très soigné visuellement et très efficace (le plan-séquence à la Cuaron quand Malcolm se cache dans le repaire des singes >>>).
L'affrontement n'est pas entre singes et humains mais entre les pacifistes des deux cotés et les factions bellicistes. Ainsi le combat final oppose César à son camarade Koba plutôt qu'à Gary Oldman qui est d'ailleurs un personnage intéressant et ambigu, très différent des méchants caricaturaux du premier. Par contre, pourquoi créer des personnages aussi improbables que Carver, qui semble être le gars qui va nous faire un sans-faute de la connerie au point de faire TOUT ce qu'il faut pour déclencher une guerre ? Je trouve aussi que Malcolm, l'allié humain de César, est sympathique mais n'échappe pas au déjà vu (et j'ai moi aussi ma petite famille, et toi et moi on est pareil, et je suis super intelligent mais pas de chance je suis entouré d'une bande d'abrutis...).
Encore une fois, je trouve que trop de singes sont laissés en plan (on se concentre sur César, son fils et Koba ; même Maurice fait quasiment de la figuration). Par exemple le fait que Koba assassine le fils de Rocket n'a aucune conséquence directe (à part montrer que Koba ne porte pas le surnom de Staline pour rien mais ça, on l'avait déjà constaté) mais la nervosité de la mise en scène et le fait que les singes apparaissent aussi faillibles que les humains font que le film reste bien au-dessus de la moyenne des blockbusters.
J'attends évidemment le troisième avec intérêt, je vous le critiquerai en même temps que deux films qui vous intéressent certainement plus : Baby Driver et Dunkerque.
Boris.