Kiki's delivery service - Hayao Miyazaki
Bon j'ai mis le titre en anglais parce que ça m'aurait fait mal de mettre le nom français. D'ailleurs j'en profite pour pousser un coup de gueule contre les guignols qui se contentent de distribuer les films dans un pays sans être foutu de trouver un titre passable. Non sérieux, vous vous imaginez en soirée, vous avez engagé la conversation avec une belle inconnue qui se révèle être cinéphile, lui dire que le dernier film que vous avez vu s'appelle "Kiki la petite sorcière"??
Alors d'accord il faut bien faire ce qu'il faut pour faire du fric et donc attirer les petits nenfants qui constituent malheureusment le coeur de cible des dessins animés mais ça n'implique pas qu'on ne puisse pas trouver un nom qui convienne à tout le monde quoi.
Là on touche presque le sommet du ridicule atteint par la Boussole d'Or pour l'adaptation de Pullman.
Kiki' delivery service arrive juste après Totoro dans la filmographie de Miyazaki et on est encore dans l'ambiance très calme de celui-ci.
Si l'héroïne est une apprentie sorcière, le surnaturel se limite juste au balai volant et au chat qui parle. Youpi, pas d'explosion métaphysique pourrie à la fin!
Donc le film reste dans un registre relativement réaliste, et parle majoritairement du moment de la prise d'indépendance et de l'émancipation de la maison familiale pour découvrir le vaste monde. Le thème est traité avec beaucoup de justesse sans qu'on ait l'impression qu'on nous hurle "FILM D'APPRENTISSAGE" à chaque seconde. Kiki est un personnage attachant qui est mélangée entre l'enthousiasme du départ (traditionnel chez les sorcières à l'âge de 13 ans) et de la découverte d'une nouvelle ville, et l'appréhension de devoir faire face à ce nouveau monde, doublée d'un rapport un peu schizophrène à la vie sociale avec les enfants de son âge.
Les éléments miyazakiens traditionnels sont bien là: l'héroïne féminine, les vieilles femmes un peu gaga mais gentilles, les engins volants, la mer, la nature...
La ville où se détoule l'histoire bénéficie d'un traitement magnifique, comme dans Le Chateau Ambulant, elle est là aussi inspirée des villes européennes mais ici se rapproche plus d'une esthétique scandinave/allemande.
On a donc au final un anime assez réussi, mais il manque peut-etre le petit plus qui constitue les vrais grands films de Miyazaki, à aucun moment je n'ai été vraiment transporté comme j'ai pu l'être avec Nausicäa, ou même Totoro avec son évocation incroyablement forte du monde de l'enfance.
Oldboy - Park Chan Wook
Il y a des films comme ça que l'on sait que l'on va aimer dès la première seconde de la première scène. L'ouverture avec deux hommes au sommet d'un building, l'un suspendu au-dessus du vide, et une musique frénétique et grandiose.
Oldboy raconte l'histoire d'un homme sans histoire emprisonné pendant quinze ans et relaché par son mystérieux ravisseur avec pour épreuve de trouver pourquoi il a été emprisonné. Il va se frayer son chemin vers la vérité à coups de marteau, de prises de kung-fu et de "je-t'arrache-les-dents-une-à-une-jusqu'à-ce-que-tu-me-dises-ce-que-je-veux-savoir", tout en essayant d'échapper aux mailles du filet qui se resserent inexorablement sur lui, dans cette "plus grande prison" que constitue pour lui le monde.
En plus de son scénario complexe qui tient ses promesses malgré son extravagance assumée, Oldboy a ce genre de qualité d'image qui fait qu'on ne se surprend jamais à s'ennuyer pendant le visionnage tellement l'esthétique est soignée. Rajoutez à cela une musique qui touche à la perfection et vous obtenez des scènes sublimes, la plus belle étant le Flashback dans les escaliers de l'ancienne école.
C'est vraiment une excellente surprise. Je ne vois pas tellement ce que je pourrais reprocher à ce film à part peut-être une légère exagération dans le comportement du héros à la fin, mais sinon le reste est génial.
Il y a même une scène où il mange un poulpe vivant quoi

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A bout de souffle - Jean-Luc Godard
Godard est un peu énervant tant il vend une image cliché de la France super cool. Mais c'est tellement bien fait qu'en fait on lui pardonne.
Michel Poicard est un Bad Guy qui fuit la police après avoir tué un flic qui voulait lui coller une contravention, mais avant de partir pour l'Italie il doit passer à Paris récupérer son argent, et en profite pour essayer de convaincre la femme qu'il aime, une jeune américaine venue en France faire du journalisme (interprétée par Jean Seberg qui deviendra la femme du grand Romain Gary), de partir avec lui.
Chapeaux, cigarettes, voitures américaines, Paris Soir, le Herald Tribune, revolvers, transactions illicites, accents exagérés, le tout fimé en noir et blanc, concordent pour donner une atmosphèreà la fois cool et raffinée au film.
[ Dernière modification par gedat le 01 nov 2010 à 18h53 ]