Gedat : Encore une fois pas DU TOUT d'accord. La Sarabande a beau être assez présente Kubrick sait varier les choix musicaux exactement quand il le faut. La rencontre remond/Lady Lyndon sur le trio opus 100 de Schubert par exemple est un moment extrèmement musical ( les personnages sont muets ) qui tire pleinement partie de sa bande-originale.
Dans Requiem for a dream, qui est quand même un sommet de pompierisme, tu prends ( et à fond s'il te plait, kubrick a au moins le mérite de nous la mettre assez bas sa Sarabande ) les gémissements miauleurs de Clint Mansell à chaque scène dramatique. Y a pas d'effet plus appuyé.
Si Barry tire dans le sol, qu'est ce que ça devrait normalement avoir comme lien avec le tir foireux de Bullingdon ? Soit Barry veut tuer son pire ennemi, soit il s'en désinteresse, Barry ne fait jamais preuve d'un sens de l'honneur particulier dans le film et donc mon interprétation coule de source. Et je te signale que Barry ne meurt pas mais finit estropié chez sa mère. Le fait est que Barry a tout sacrifié afin d'arriver à l'ascension sociale qui aurait permis à son fils d'assurer sa place, aussi il est normal que quand ce fils meurt, Barry se résigne et accepte le sort sans lutter. La voix-off fait prendre d'ailleurs pas mal de recul sur les ambitions vouées à l'echec de Barry, sans pour autant se la jouer moralisatrice ( Kubrick c'est ni Haneke ni Lars Von Trier ) et de façon plus générale sur la tendance humaine à tout ruiner en voulant avoir plus que ce qu'elle peut posséder. Quand aux délires de Lady Lyndon, il sont traités de la façon la plus retenue et anti-pathétique possible, la fin du film zappe d'ailleurs pratiquement son personnage.
Pour les screenshots tu déplaces le débat. Je n'ai jamais dit que des beaux plans faisaient un beau film, c'est une logique valable pour les fans de Zhang Yimou ça ( alors, Haneke c'est fait , Von Trier et Zhang c'est fait, je me fais Denys Arcand et Robert Rodriguez d'ici la fin de ce message et j'ai fait le tour ). Je répondais à ton accusation de " téléfilm ". La photo est à elle seule dix mille coudées au-dessus du téléfilm de base. Les choix de mise en scène ( l'étirement en durée de certains plans, la scène de séduction muette, l'emploi de plan-séquences ou encore cet emploi extrèmement atypique de la voix-off ( ni présente dans le film, ni totalement sérieuse ni totalement détachée ) sont des choix esthétiques qui sont dix mille coudées au-delà du téléfilm de base. Si la photo de Barry Lyndon est niveau téléfilm France 2, je crois que le Marie-Antoinette de la miss Coppola est à peine bon à faire une deuxième partie sur NT1. Donc non Barry Lyndon n'a RIEN d'un téléfilm et ce indépendamment de sa réussite artistique.
Franchement si le commun des mortels préfère Memento à Peppermint Candy, c'est bien triste. Il s'agit pas tellement de " trouver " l'idée, cette narration est quelque chose de classique dans la littérature ( exemple, La Flèche du Temps de Martin Amis ) dont y a pas besoin d'avoir vu des films coréens pour se douter que Nolan n'est pas original. C'est pas tant le problème que le film ne soit pas réaliste, c'est simplement qu'il n'est qu'un film de scénariste ou les personnages sont des pantins désincarnés sans raisonnance profonde et ou chaque situation semble présente pour justifier le concept initial plutôt que pour donner un peu de vie à tout ce beau monde. Parce que la profondeur émotionelle chez Nolan j'attends vainement de la trouver un jour, quand il tente de la trouver c'est niais ( Batman Begins, Inception ) et quand il fait sans il est incapable de créer des personnages un peu plus fouillés, si ce n'est à la rigueur le flic d'Insomnia, et c'est pas le nirvana non plus.
Ce twist est bidon parce qu'il n'apporte rien de spécial aux personnages et qu'il est juste là pour lancer un grand coup de coude au spectateur " t'as vu ma fin ambigue ? Je suis pas Cameron moi ! ". Ca ne change rien à leurs rapports, ça ne modifie pas la perception du spectateur vu que de toute façon il n'est pas plus avancé, ça ne crée par une réflexion comme mettons le fait la fin du Village de Shyamalan, bref, ça ne sert à rien sinon à faire le kéké.
Boris, et honnêtement, quand à la mise en scène, Memento est bien plus proche du téléfilm auxquels seraient rajoutés les tics de Nolan ( la narration alternée, le noir et blanc ) que Barry Lyndon.
Je sais pas toi mais moi j'me fends la gueule.