Vendredi 12 Juin 2015 à 13:25
#2423
Mon rythme s'est un petit peu accéléré ces derniers temps, voici mes derniers visionnages.
Furyo, Nagisa Oshima (1983 ; Japon et Grande Bretagne)
seconde guerre mondiale, dans un camp de prisonniers anglais, un officier japonais est attiré par un des prisonniers.
Tout donne envie dans ce film, mais je trouve qu'il y a pas mal de défauts. Déjà le personnage du capitaine Yonoi est sabordé par le jeu d'acteur de Ryuichi Sakamoto, qui signe par ailleurs une jolie bande son, mais une prestation assez misérable. Le sujet de l'attirance homosexuelle, de ce jeu de chat et de souris auxquels se livrent les deux chanteurs, Sakamoto et Bowie, ne convainc du coup pas du tout. Finalement, c'est Tom Conti dans son rôle de diplomate improvisé, car il peut parler japonais, qui tire son épingle du jeu. Si certains passages sont assez forts, et si le renversement final remet tout ça en perspective, montrant l'hypocrisie anglaise, qui, se targuant de mieux traiter les prisonniers, agit finalement de même, Furyo sera malgré tout une déception pour moi.
Underworld U.S.A, Samuel Fuller (1961 ; Etats-Unis)
Un enfant voit son père se faire tabasser par 4 ombres, dans la rue. Plus tard, en prison, il apprend l'identité des malfaiteurs, qui sont devenus des caïds de la pègre.
Un film engagé et sans concessions sur le milieu de la pègre. Une esthétique en noir et blanc et un grand réalisme renforcent le message du film, la colère du réalisateur et sa rage quand il traite du sujet éclatent à chaque instant.
THX 1138, Georges Lucas (1971 ; Etats-Unis)
THX 1138 vit dans un environnement aseptisé, dans un futur cauchemardesque. Mais c'est un déviant, et comme une poignée d'humains, il aspire à une vie meilleure.
En une poignée d'images, en quelques phrases, tout est là. La surconsommation est devenue obligatoire, les armoires de salle de bain sont devenues des pharmacopées entières, l'environnement est entièrement fonctionnel, aucune couleur vive, aucune originalité, jusqu'à se retrouver chauve pour ne pas se démarquer. Jusqu'à la religion qui s'est complètement déshumanisée, devenue machine (au sens propre) à conforter les hommes dans leur piètre existence. Un univers glaçant et dérangeant où les originaux sont internés. Alors oui, c'est une anticipation prévisible, mais c'est fait de manière tellement minimaliste et froide que THX 1138 est un modèle du genre.
Les garçons de la bande, William Friedkin (1970 ; Etats-Unis)
Michaël, homosexuel, organise une fête pour l'anniversaire d'Harold, un de ses amis. Sont invités quelques homosexuels de son entourage. Mais arrive à l'improviste Alan, un ami d'université à qui Michael a toujours voulu faire croire qu'il est hétéro.
Adapté d'une pièce à succès de Broadway, cette petite curiosité est vraiment sympa. Tour à tour drôle, cruel, tendre, cynique, avec la tension qui monte petit à petit, et des personnages se révélant au fur et à mesure, tous les ingrédients de ce genre de comédie dramatique sont là pour nous faire passer un bon moment.
Les Affranchis, Martin Scorcese (1990 ; Etats-Unis)
Henri Hill rêve depuis toujours de devenir gangster. Mais derrière le rêve, la réalité est différente.
Tranches de vie assaisonnées de voix off. Le style peut déranger, mais c'est un film réaliste mettant à mal l'image du mafieux. Ce n'est pas le seul, bien sûr, mais dans le genre, une vraie réussite.
reign of terror, Anthony Mann (1949 ; Etats-Unis)
1794, Danton est guillotinée, Robespierre dirige d'une main de fer. Mais avant de devenir effectivement dictateur, il doit retrouver son livre noir, où il a listé le nom de tous ceux qu'il veut exécuter, afin de maintenir le mystère.
Bon, niveau historique, c'est n'importe quoi, et ce film est loin d'être un chef-d'oeuvre. Mais rien que pour le rythme effréné et les rebondissement toutes les minutes, ça vaut largement le détour.
La griffe du passé, Jacques Tourneur (1947 Etats-Unis)
Un homme qui a changé de nom et de vie se voit rattraper par son passé.
Excellent film noir, avec Kirk Douglas campant un gangster très convainquant. La partie centrale est peut-être un petit peu difficile à suivre, mais finalement tout se clarifie assez vite.
Les passagers de la nuit, Delmer Daves (1948 ; Etats-Unis)
Un homme s'évade de St Quentin. Il rencontre une femme, Irène Jansen, persuadée qu'il est innocent, qui va l'héberger.
Clairement pas exempt de défauts, c'est un film noir avec le couple mythique Bogart/Bacall. Le scénario est tiré par les cheveux, le film peine à avancer et ne le fait que par hasards assez hallucinants. La fin est vraiment faible, n'arrivant absolument pas à propos. Ceci mis à part, c'est quand même plutôt pas mal, on déambule pendant la plus grande partie du film dans une ville nocturne aux personnages inquiétants, impression renforcée par la vue subjective durant un bon moment.
Frozen River, Courtney Hunt (2008 ; Etats-Unis)
Ray a été abandonnée par son mari et n'arrive plus à joindre les deux bouts, lorsqu'elle fait connaissance de Lila, jeune femme Mohawk, qui lui propose de faire passer clandestinement la frontière à des asiatiques.
Film tourné avec peu de temps et de moyens, dont le résultat est vraiment impressionnant. Les deux premiers rôles sont époustouflants, le réalisme est saisissant, le résultat est glaçant.
Paradise Now, Hany Abu Assad (2005 ; Palestine, Allemagne)
Khaled et Saïd, deux amis, sont choisis pour mener une mission suicide en Israël.
On recentre tout sur le facteur humain. Il a fallu du courage pour faire ce film, et le résultat est à la hauteur. Courage de tourner sur des lieux hostiles, où la mort pouvait être au rendez-vous. Courage également d'aborder un sujet sensible, qui sera bien évidemment sujet à controverse. Ici, on reste centré sur ce qu'n ne voit jamais : ce qu'il se passe avant l'attentat. Comment des gens ordinaires sont conditionnés pour être envoyés au suicide, leurs doutes, leur état d'esprit. Ce n'est pas, comme on a pu le dire, prendre le parti des vrais terroristes, les têtes pensantes, mais celui des pauvres diables qui, par ignorance, mettent le doigt dans l'engrenage. Bien évidemment, ces gens sont des assassins, mais, à oublier que ce sont aussi et avant tout des personnes humaines, on ne risque pas de voir le problème ce résoudre de sitôt. On a pu lire des critiques presses de ce genre là :
« Documenté et convaincant, mis en scène avec élégance et sensualité, son film montre bien pourquoi ces deux anonymes ont décidé de mourir, mais pas du tout pourquoi ils acceptent de tuer des civils au hasard. Comme s'il avait oublié que ces " martyrs " sont d'abord des assassins. « (télécinéobs)
Vu que c'est expliqué à haute voix par l'enseignant en plein milieu du film, on peut douter du fait que des gens faisant ce genre de critique aient prêté attention à ce qu'ils voyaient, par exemple. Tout est clairement expliqué, sans jamais être cautionné. Jamal est présenté pendant tout le film comme le parfait connard, et l'emphase des déclarations terroristes est à l'évidence tournée en ridicule. Au vu de tout ça, et au vu de la fin du film, je ne vois vraiment pas comment on peut trouver ce film complaisant. Humain, certes.
Redline ; Takeshi Koike (2009 ; Japon)
La redline est une course d'aéroglisseurs customisés, mortellement dangereuse.
Y a un peu de tout, de la vitesse et du bruit bien sûr, des mafieux, des armes biologique, des fusillades, et c'est très mpresssionnant visuellement. Techniquement donc une belle réussite, même si le son a de quoi donner mal à la tête.
P.T.U, Johnny To (2003 ; Hong-Kong)
Le sergent Lo se fait voler son arme. Il risque la mise à pied, mais les P.T.U (police tactical unit), décident de l'aider à retrouver son arme avant le matin.
Malgré le synopsis, tout ça est très très lent. Sûrement pas le meilleur Johnny To. Mais la représentation d'une ville la nuit, territoire des voyous et des flics, où tous ceux qui y rodent sont de parfaits salauds, a de quoi glacer, le tout servi par une mise en scène renforcée par l'utilisation de la lumière crue. Trois équipes de policiers lâchées dans la ville la nuit, cherchant la même chose, pour trois motifs différents. Tout le monde évidemment se retrouve pour un final, encore une fois chez ce réalisateur, absolument génial.
"_Je joue attirance mortelle sur mon pisteur invisible et je t'attaque avec.
_ouais, j'ai pris 1
_ok ..."