Mercredi 11 Décembre 2019 à 01:35
#16
Une autre fournée de livres, classés par ordre chronologique des parutions originales :
Blonde (Joyce Carol Oates, 2000)
Norma Jeane Baker ne part pas avec toutes les chances dans la vie, si ce n'est qu'elle a un corps superbe, ce qui lui vaut d'être remarquée par un photographe et de devenir Marilyn Monroe
Pourquoi il faut le lire?
Oeuvre magistrale d'Oates, Blonde n'est pas vraiment une biographie de Marilyn Monroe, plutôt un roman dont elle serait l'héroïne, donnant à entendre la voix de la femme brisée et apeurée sous la star. Porté par un féminisme éclairé, et par la personnalité de cette Norma Jeane de fiction, quelle force de vie dans ce personnage, qui fait toujours bonne figure alors qu'elle est de plus en plus abîmée et que ses rêves tournent au cauchemar, voulant devenir une grande actrice mais avec son superbe corps comme atout les hommes ne la prennent pas au sérieux, seulement comme objet de désir, malgré tout elle s'entête, défiant le studio et les réalisateurs dans sa quête de perfection.
L'idée n'est pas de nier les défauts du personnage mais de leur donner un sens au travers d'une construction faite d'événements réels, de fantasmes et d'hallucinations, composant un portrait bouleversant, comme souvent chez Joyce Carol Oates dont la qualité des portraits de femme n'est désormais plus à démontrer, ici une femme qui s'obstine à rêver alors que ses rêves coulent entre ses doigts.
Rêves de garçons (Laura Kasischke, 2006)
Une jeune fille sourit à deux garçons dans un vieux break mangé par la rouille. Mauvais choix, qui va avoir des conséquences imprévues.
Pourquoi il faut le lire?
Roman important, encore une fois sur l'instant précis où le rêve américain devient un cauchemar, sauf peut-être qu'il l'était déjà avant, car le décor planté au début du livre n'est pas si anodin. L'irruption du fantastique/horrifique est annoncée par une introduction plaçant cette histoire sous le signe de celles qu'on se raconte pour se faire peur la nuit autour d'un feu de camp. Mais déjà ce lac aux profondeurs insondables, ce camp de vacances pour pom-pom girl qui n'a rien à envier à un camp d'entraînement militaire, avec ses toilettes nauséabondes sujettes à de sinistres légendes, cette station service à la faune glauque et ses routes si encaissées qu'on ne peut aisément y faire demi-tour en voiture.
Ces filles se rêvent libres et émancipées mais déjà avant que l'action du roman ne débute elles sont enfermées partout, dans le camp, sur la route, dans une voiture, un bateau, par le regard des autres aussi, car il faut qu'elles soient parfaites aux yeux des autres avant tout, et même la nuit on ne peut s'en garder, il y a toujours quelqu'un qui regarde, quelque part.
Rêves de garçon c'est surtout un roman très sensible sur l'adolescence, rarement aussi bien rendue, et une ambiance de suspens qui monte au fur et à mesure que l'intrigue se déroule par petites touches, ce sont les relations entre toutes ces filles qui sont au centre du livre, l'intrigue est périphérique, reléguée aux zones d'ombre, car dès qu'on sort du camp le danger rôde, anodin, autour il n'y a que ténèbres, jusqu'aux eaux du lac qui sont plus noires que bleues, c'est surtout une ambiance qui monte, faite de clichés superposés, sauf que l'apparence est trompeuse.
L'apparence justement est également au centre du livre, bien sûr ces pom-pom girls se doivent d'être parfaites jusque dans les moindres détails, et il y a ce moniteur de baignade au corps de rêve, et évidemment il y a ce que les choses paraissent et ce qu'elles sont réellement, révélées dans un final cruel et cynique qui vient renverser tout cet édifice de clichés. Il y a ce que le personnage principal pense des autres personnages, et ce qu'ils s'avèrent être réellement.
Si par ailleurs le retournement s'avère un peu trop artificiel, cela va avec le style histoire autour d'un feu de camp, dont la fin pose plus de questions qu'elle n'en résout, parce que l'incertitude terrifie bien plus que ce qu'on connaît. En ce sens le dénouement qui amène une dimension cyclique, comme un cauchemar dont on se croit sorti mais qui recommence encore et encore est un modèle du genre. Peut-être parce qu'il montre qu'on apprend guère de ses expériences, où qu'on ne veut pas les affronter réellement, ce qui revient au même, et si l'adolescence est l'âge des possibles, l'âge adulte est celui des déceptions, parce que le rêve ne paraît tel que lorsqu'il est inaccessible.
Entre ciel et terre (Jon Kalman Stefansson, 2007)
Bardur oublie sa vareuse pour pêcher en haute mer dans le froid, son esprit trop occupé par la lecture du Paradis Perdu de Milton. Il mourra avant de toucher terre, gelé, et son meilleur ami se demandera comment accomplir le travail de deuil.
Pourquoi il faut le lire?
C'est un roman poétique qui questionne le pouvoir des mots au travers d'une prose magnifique et imagée, opposant son style grandiose au quotidien âpre de ces pêcheurs pour qui la vie est un combat de tous les instants contre la mort. Le pouvoir des mots, c'est d'abord celui de ce poème qui tue Bardur, presque au sens propre, malgré tout ce sont ces mêmes mots qui permettent d'échapper à sa condition, et l'enfant y trouvera manière à faire son deuil, consolation et finalement espoir. Pour ces pêcheurs rudes ce n'est jamais qu'une perte de temps et l'enfant n'est pas loin de penser de même, si son ami n'avait pas été plongé dans sa lecture il serait encore vivant, sauf que sa rencontre avec un vieux capitaine devenu aveugle qui ne peut plus lire les nombreux livres en sa possession va changer tout ça.
Ce roman, c'est d'abord celui d'hommes rudes sur une terre rude et une mer qui l'est encore plus, et ensuite celui d'une initiation à la vie, qui commence par une mort, car c'est ainsi qu'on apprend la valeur d'une chose, par son absence.
Tous les oiseaux du ciel (Charlie Jane Anders, 2016)
Patricia et Laurence, tous deux rejetés, l'un informaticien et l'autre sorcière, tous deux prometteurs dans leur branche, sont faits pour se rencontrer, car à part eux tout le monde les méprise. Devenus estimés dans leur partie plus tard, ils doivent faire face, chacun à sa manière à une fin du monde imminente.
Pourquoi il (ne) faut (pas) le lire?
Bon en fait je dirais que si on n'a pas quinze ans ou moins, c'est à peu près illisible. Certains des paragraphes sont parmi les plus mal écrits que j'ai lu depuis longtemps, et l'emploi d'un vocabulaire "jeune et branché" fatigue vite. L'idée de base, si elle n'est pas nouvelle, trouve son intérêt dans la représentation d'un monde dont la fin approche à cause du réchauffement climatique, modernisant ainsi le topo. Le reste, entre ton léger, école de sorcellerie, machines fantasques, promet un imaginaire amusant, plutôt mignon par ailleurs.
Sauf que ça ne fonctionne pas, à cause de l'inanité de l'intrigue (ou de sa totale absence, serait-il peut-être plus juste de dire), de l'inintérêt total des personnages secondaires qui servent de clichés/caution, et d'un dénouement ridicule. A certains moments on se dit ça y est, là c'est pas mal, ça se développe de manière intéressante, ça dure une page, et puis non, ça redevient difficilement supportable l'instant d'après.
Jusqu'à ce que les pierres deviennent plus douces que l'eau, (Antonio Lobo Antunes, 2017)
Un jeune lieutenant sauve un jeune angolais dont son unité brûle le village, il l'adopte et le ramène au Portugal. De nombreuses années plus tard la famille se réunit pour tuer le cochon, cérémonie annuelle, et les rancoeurs vont ressurgir.
Pourquoi il faut le lire?
Ceux qui ont déjà lu du Antunes savent à quoi s'attendre, il y a des auteurs qui essayent d'écrire comme on parle, il est le seul à écrire comme on pense. La pensée c'est une chose étrange, souvent décousue, on pense à quelque chose, qui nous amène à autre chose, avant parfois qu'on ai fini la pensée précédente, et bien l'écriture d'Antunes c'est exactement ça, une phrase unique par chapitre, des propositions qui ne finissent pas, ou parfois quelques lignes plus bas, et quelque chose d'apparemment décousu sauf qu'il y a une construction précise on s'en rend compte et l'espace d'un instant on lit clairement, l'instant d'après on est de nouveau perdu jusqu'au prochain éclair de clarté.
Et encore. Ce livre là est muni d'une intrigue précise, c'est plus que les précédents, et donc il est plus facile à suivre, les points de vue, celui du père, du fils adoptif noir et de la fille sont clairement délimités. Cette intrigue est entièrement dévoilée dans la première page, le reste ce sont les pensées des personnages donc, qui souvent portent sur des images précises et horribles de la guerre d'indépendance en Angola (qu'Antunes a vécu).
Amateurs de livres à scénarios passez donc votre chemin, et si vous n'avez jamais lu cet auteur, vous vous aventurez dans un terrain étrange et mouvant, mais une langue poétique qui n'appartient qu'à lui, comme une Virginia Woolfe qui aurait porté son style à son paroxysme. C'est beau mais je comprends qu'on puisse trouver ça un peu vain, mais après tout il y a chez Antunes une force d'évocation qui fait remonter des images justifiant à elles-seules une telle lecture, pour peu qu'on s'intéresse à la littérature pour la littérature, pour le plaisir d'écrire.
Blonde (Joyce Carol Oates, 2000)
Norma Jeane Baker ne part pas avec toutes les chances dans la vie, si ce n'est qu'elle a un corps superbe, ce qui lui vaut d'être remarquée par un photographe et de devenir Marilyn Monroe
Pourquoi il faut le lire?
Oeuvre magistrale d'Oates, Blonde n'est pas vraiment une biographie de Marilyn Monroe, plutôt un roman dont elle serait l'héroïne, donnant à entendre la voix de la femme brisée et apeurée sous la star. Porté par un féminisme éclairé, et par la personnalité de cette Norma Jeane de fiction, quelle force de vie dans ce personnage, qui fait toujours bonne figure alors qu'elle est de plus en plus abîmée et que ses rêves tournent au cauchemar, voulant devenir une grande actrice mais avec son superbe corps comme atout les hommes ne la prennent pas au sérieux, seulement comme objet de désir, malgré tout elle s'entête, défiant le studio et les réalisateurs dans sa quête de perfection.
L'idée n'est pas de nier les défauts du personnage mais de leur donner un sens au travers d'une construction faite d'événements réels, de fantasmes et d'hallucinations, composant un portrait bouleversant, comme souvent chez Joyce Carol Oates dont la qualité des portraits de femme n'est désormais plus à démontrer, ici une femme qui s'obstine à rêver alors que ses rêves coulent entre ses doigts.
Rêves de garçons (Laura Kasischke, 2006)
Une jeune fille sourit à deux garçons dans un vieux break mangé par la rouille. Mauvais choix, qui va avoir des conséquences imprévues.
Pourquoi il faut le lire?
Roman important, encore une fois sur l'instant précis où le rêve américain devient un cauchemar, sauf peut-être qu'il l'était déjà avant, car le décor planté au début du livre n'est pas si anodin. L'irruption du fantastique/horrifique est annoncée par une introduction plaçant cette histoire sous le signe de celles qu'on se raconte pour se faire peur la nuit autour d'un feu de camp. Mais déjà ce lac aux profondeurs insondables, ce camp de vacances pour pom-pom girl qui n'a rien à envier à un camp d'entraînement militaire, avec ses toilettes nauséabondes sujettes à de sinistres légendes, cette station service à la faune glauque et ses routes si encaissées qu'on ne peut aisément y faire demi-tour en voiture.
Ces filles se rêvent libres et émancipées mais déjà avant que l'action du roman ne débute elles sont enfermées partout, dans le camp, sur la route, dans une voiture, un bateau, par le regard des autres aussi, car il faut qu'elles soient parfaites aux yeux des autres avant tout, et même la nuit on ne peut s'en garder, il y a toujours quelqu'un qui regarde, quelque part.
Rêves de garçon c'est surtout un roman très sensible sur l'adolescence, rarement aussi bien rendue, et une ambiance de suspens qui monte au fur et à mesure que l'intrigue se déroule par petites touches, ce sont les relations entre toutes ces filles qui sont au centre du livre, l'intrigue est périphérique, reléguée aux zones d'ombre, car dès qu'on sort du camp le danger rôde, anodin, autour il n'y a que ténèbres, jusqu'aux eaux du lac qui sont plus noires que bleues, c'est surtout une ambiance qui monte, faite de clichés superposés, sauf que l'apparence est trompeuse.
L'apparence justement est également au centre du livre, bien sûr ces pom-pom girls se doivent d'être parfaites jusque dans les moindres détails, et il y a ce moniteur de baignade au corps de rêve, et évidemment il y a ce que les choses paraissent et ce qu'elles sont réellement, révélées dans un final cruel et cynique qui vient renverser tout cet édifice de clichés. Il y a ce que le personnage principal pense des autres personnages, et ce qu'ils s'avèrent être réellement.
Si par ailleurs le retournement s'avère un peu trop artificiel, cela va avec le style histoire autour d'un feu de camp, dont la fin pose plus de questions qu'elle n'en résout, parce que l'incertitude terrifie bien plus que ce qu'on connaît. En ce sens le dénouement qui amène une dimension cyclique, comme un cauchemar dont on se croit sorti mais qui recommence encore et encore est un modèle du genre. Peut-être parce qu'il montre qu'on apprend guère de ses expériences, où qu'on ne veut pas les affronter réellement, ce qui revient au même, et si l'adolescence est l'âge des possibles, l'âge adulte est celui des déceptions, parce que le rêve ne paraît tel que lorsqu'il est inaccessible.
Entre ciel et terre (Jon Kalman Stefansson, 2007)
Bardur oublie sa vareuse pour pêcher en haute mer dans le froid, son esprit trop occupé par la lecture du Paradis Perdu de Milton. Il mourra avant de toucher terre, gelé, et son meilleur ami se demandera comment accomplir le travail de deuil.
Pourquoi il faut le lire?
C'est un roman poétique qui questionne le pouvoir des mots au travers d'une prose magnifique et imagée, opposant son style grandiose au quotidien âpre de ces pêcheurs pour qui la vie est un combat de tous les instants contre la mort. Le pouvoir des mots, c'est d'abord celui de ce poème qui tue Bardur, presque au sens propre, malgré tout ce sont ces mêmes mots qui permettent d'échapper à sa condition, et l'enfant y trouvera manière à faire son deuil, consolation et finalement espoir. Pour ces pêcheurs rudes ce n'est jamais qu'une perte de temps et l'enfant n'est pas loin de penser de même, si son ami n'avait pas été plongé dans sa lecture il serait encore vivant, sauf que sa rencontre avec un vieux capitaine devenu aveugle qui ne peut plus lire les nombreux livres en sa possession va changer tout ça.
Ce roman, c'est d'abord celui d'hommes rudes sur une terre rude et une mer qui l'est encore plus, et ensuite celui d'une initiation à la vie, qui commence par une mort, car c'est ainsi qu'on apprend la valeur d'une chose, par son absence.
Tous les oiseaux du ciel (Charlie Jane Anders, 2016)
Patricia et Laurence, tous deux rejetés, l'un informaticien et l'autre sorcière, tous deux prometteurs dans leur branche, sont faits pour se rencontrer, car à part eux tout le monde les méprise. Devenus estimés dans leur partie plus tard, ils doivent faire face, chacun à sa manière à une fin du monde imminente.
Pourquoi il (ne) faut (pas) le lire?
Bon en fait je dirais que si on n'a pas quinze ans ou moins, c'est à peu près illisible. Certains des paragraphes sont parmi les plus mal écrits que j'ai lu depuis longtemps, et l'emploi d'un vocabulaire "jeune et branché" fatigue vite. L'idée de base, si elle n'est pas nouvelle, trouve son intérêt dans la représentation d'un monde dont la fin approche à cause du réchauffement climatique, modernisant ainsi le topo. Le reste, entre ton léger, école de sorcellerie, machines fantasques, promet un imaginaire amusant, plutôt mignon par ailleurs.
Sauf que ça ne fonctionne pas, à cause de l'inanité de l'intrigue (ou de sa totale absence, serait-il peut-être plus juste de dire), de l'inintérêt total des personnages secondaires qui servent de clichés/caution, et d'un dénouement ridicule. A certains moments on se dit ça y est, là c'est pas mal, ça se développe de manière intéressante, ça dure une page, et puis non, ça redevient difficilement supportable l'instant d'après.
Jusqu'à ce que les pierres deviennent plus douces que l'eau, (Antonio Lobo Antunes, 2017)
Un jeune lieutenant sauve un jeune angolais dont son unité brûle le village, il l'adopte et le ramène au Portugal. De nombreuses années plus tard la famille se réunit pour tuer le cochon, cérémonie annuelle, et les rancoeurs vont ressurgir.
Pourquoi il faut le lire?
Ceux qui ont déjà lu du Antunes savent à quoi s'attendre, il y a des auteurs qui essayent d'écrire comme on parle, il est le seul à écrire comme on pense. La pensée c'est une chose étrange, souvent décousue, on pense à quelque chose, qui nous amène à autre chose, avant parfois qu'on ai fini la pensée précédente, et bien l'écriture d'Antunes c'est exactement ça, une phrase unique par chapitre, des propositions qui ne finissent pas, ou parfois quelques lignes plus bas, et quelque chose d'apparemment décousu sauf qu'il y a une construction précise on s'en rend compte et l'espace d'un instant on lit clairement, l'instant d'après on est de nouveau perdu jusqu'au prochain éclair de clarté.
Et encore. Ce livre là est muni d'une intrigue précise, c'est plus que les précédents, et donc il est plus facile à suivre, les points de vue, celui du père, du fils adoptif noir et de la fille sont clairement délimités. Cette intrigue est entièrement dévoilée dans la première page, le reste ce sont les pensées des personnages donc, qui souvent portent sur des images précises et horribles de la guerre d'indépendance en Angola (qu'Antunes a vécu).
Amateurs de livres à scénarios passez donc votre chemin, et si vous n'avez jamais lu cet auteur, vous vous aventurez dans un terrain étrange et mouvant, mais une langue poétique qui n'appartient qu'à lui, comme une Virginia Woolfe qui aurait porté son style à son paroxysme. C'est beau mais je comprends qu'on puisse trouver ça un peu vain, mais après tout il y a chez Antunes une force d'évocation qui fait remonter des images justifiant à elles-seules une telle lecture, pour peu qu'on s'intéresse à la littérature pour la littérature, pour le plaisir d'écrire.
"_Je joue attirance mortelle sur mon pisteur invisible et je t'attaque avec.
_ouais, j'ai pris 1
_ok ..."