Weeds
Les athées non plus ne cherchent pas à dire "y a 90% de chances que Dieu n'existe pas", non, beaucoup croient qu'il n'y en a pas. Dans les deux cas il y a donc une prise de parti.
Dire "je crois que Dieu n'existe pas", c'est un raccourci pour dire "il y a 90% de chances que Dieu n'existe pas". A moins de penser qu'il y ait des gens qui attribuent une probabilité de 100% à certains énoncés, mais je pense que c'est très peu probable. Si tu proposes à un athée un pari du genre "si Dieu existe tu perds 2 milliards d'euros; si Dieu n'existe pas tu gagnes 3 centimes", ça m'étonnerait qu'il accepte; alors que s'il était certain à 100% il accepterait automatiquement quelque soit l'enjeu du pari.
L'agnostique ne prend pas parti, si on reprenait ton histoire très discutable de proba, au mieux il dirait que c'est du 50/50.
En quoi mon idée de proba est "très discutable"?
Si quelqu'un dit que la probabilité que Dieu existe est de 40%, c'est un athée ou un agnostique? Même question avec 30%, 20%, etc? Est-ce qu'il y a un seuil ou tu traces la frontière?
Cela s'applique à toute conscience telle que le conçoit l'être humain. Rien ne dit qu'une entité créatrice (qui ne serait au demeurant dans ce cas pas imaginaire) réponde à ce besoin.
Du coup est-ce que ça ne fait du déisme une doctrine totalement vide de sens? Genre "l'univers a été créé par une conscience, mais attention, pas une conscience telle qu'on la conçoit d'habitude?" Si tu utilises le concept de conscience, pour dire juste après que par conscience tu veux dire autre chose que conscience, on est pas très avancé.
Je l'ai dit, la conscience dans cette idée est simplement "savoir ce que l'on fait", ce n'est pas de la conscience morale, ni la conscience "humaine" puisque ce n'en est éventuellement qu'une propriété.
Comme je l'ai dit plus haut, l'argument comme quoi le mental peut s'expliquer en des termes physicalistes et non téléologiques s'applique à tout phénomène mental, pas seulement à la conscience humaine. Si tu demandes à un roboticien de concevoir un robot qui "sait ce qu'il fait", en théorie il peut le fabriquer, parce que le concept de "savoir ce qu'on fait" peut être reformulé en termes informatiques.
Les IA ne collent pas du tout avec ton idée de conscience issue d'un processus évolutif qui ne requiert aucune création consciente puisqu'il y a bien une entité consciente à l'origine de toute IA que l'on pourrait appeler "Programmeur".
Ce que je veux dire c'est que vu que tu peux expliquer l'existence du Programmeur par la sélection naturelle, au final tu peux trouver une chaîne causale qui relie la sélection naturelle (un processus physique et non téléologique) à la conscience de l'IA.
On a pas besoin d'expliquer ces machines sans besoin du créateur ultime de l'univers, mais en revanche elles ont leur créateur, celui qui a mis en place son réseau de neurones, qui l'a programmée, etc.
Juste pour préciser parce que je me suis peut-être mal exprimé: quand je parle de machine, c'est dans un sens très général, où mêmes les humains sont des machines; les réseaux de neurones dont je parle font référence aux vrais réseaux de neurones plutôt qu'à leurs équivalents artificiels.
Mais tu détournes encore une fois le sujet avec une analogie discutable puisqu'il n'est pas question de dire qu'une entité consciente créatrice et ordonnatrice de l'univers serait à l'origine de toute forme d'intelligence ou de conscience qu'on pourrait rencontrer d'en l'univers, mais simplement à l'origine de l'univers lui-même.
Mon argument c'est que maintenant qu'on a compris que la conscience n'était pas un élément primitif de l'univers mais un phénomène qui émerge de la façon dont l'univers fonctionne, ça semble bizarre d'utiliser la conscience comme explication de la façon dont l'univers fonctionne.
Ce serait comme si, après s'être rendu compte que les protons ne sont pas un élément de base de l'univers mais sont constitués de quarks, on faisait l'hypothèse que les quarks sont sans doute composés de protons.
(S'il y a quelque chose que l'histoire des sciences nous a apprise, c'est que les phénomènes émergents sont rarement des copies conformes aux phénomènes de bas niveau qui les sous-tendent. Par exemple les phénomènes physiques observables à notre échelle dans la vie de tout les jours ne ressemblent pas à des phénomènes quantiques qu'on auraient juste agrandis, mais obéissent à une logique complètement différente.)