Mercredi 13 Juillet 2016 à 18:36
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La vie de Boris, chapitre 24 : des chefs et des courriers
- Ton problème, Boris, c'est que tu crois que t'es là pour faire du social. C'est pas pour ça qu'on te paye. Tu sais lire, non ? " responsable du recouvrement des impôts ". Tu comprends le sens des mots ? Recouvrer, impôts. T'es là pour récupérer l'argent. Le reste, c'est des conneries. Y a des assistants sociaux pour ceux qui en demandent, c'est pas ton rôle. Tu es le méchant. Tu faisais du droit avant, non ? Bon. En droit ils t'ont pas expliqué comment marchait le monde ? Y a ceux qui doivent payer, ceux qui font payer et c'est tout. Toi tu fais payer les gens.
Je tiens à dire que vos service du foncier sont d'une efficacité douteuse ! Trois ans que j'ai déménagé, que je notifie mon déménagement chaque année, trois ans qu'on m'impose sur un bien que je ne possède plus depuis 2013. Il y a même eu une saisie bancaire qui m'aurait coûté plusieurs centaines d'euros si monsieur Lehachoir n'avait pas interrompu la procédure !
- Tu sais, on a eu le rapport de la vérificatrice. En ce qui te concerne, elle parle de quelqu'un qui je cite " ne semble pas prendre conscience des priorités dans le domaine du recouvrement ". Ah ça nos remboursements sont à jour, je ne m'inquiète pas. Mais les huissiers, ils dorment ? Combien d'huissiers t'as envoyé ce mois-ci ? Un ? Deux ? Au lieu de faire quinze délais sans garantie, t'avais quinze huissiers à envoyer sur place. On a des armes. On les utilise. On te demande pas d'approuver. Tu fais. Point.
Je tiens à dire que l'accueil reçu à la trésorerie de D était absolument scandaleux. La chef de poste, madame X, s'est permise de me traiter d'abruti alors que la trésorerie avait clairement commis une faute en refusant d'encaisser mon paiement qui était tout ce qu'il y a de plus légal. Les agents ont été tout à fait cordiaux mais madame X est quelqu'un d'absolument détestable.
- Tu te crois intouchable, pas vrai ? Personne n'est dupe. On sait bien que tu t'es collé sur tout ce qui est relativement pénible pour qu'on dépende de toi, mais ça ne marche pas comme ça Boris. T'es sur la sellette. Au moindre agent compétent susceptible de reprendre ton poste, tu peux gicler. Tu connais la trésorerie de E ? T'as envie d'y aller ? T'y retrouverais ton copain Franck ceci dit... A une époque, j'avais une collègue qui venait du 93. Elle a dit que la tréso de E, c'était encore deux fois pire. T'as envie d'aller là-bas ? Ben continue comme ça. Moi je suis prête à te faire une super recommandation pour que t'y ailles. Tu verras là au milieu des fous, tu diras " et si j'avais obéi à madame X au lieu de faire le malin ". Mais ce sera trop tard.
Juste pour dire que j'avais reçu mon remboursement et je tenais à remercier monsieur Lehachoir pour sa rapidité et son efficacité. Cordialement.
- Encore deux choses, Boris. Un, ce soir, je veux dix envois d'huissiers, je me fiche sur qui ni pourquoi, je veux dix envois d'huissiers, et tu te débrouilles avec la procédure. Deux, je ne sais pas qui de toi, de Paul ou de Nico a monté cette espèce de fronde mais vous avez désormais l'interdiction de manger ensemble dans le bureau de Nico. Ou vous mangez avec nous ou vous sortez, vous verrez en hiver si il fait bon dehors. Si on me demande pourquoi j'invoquerai un motif hygiénique ou je sais pas quoi... En tout cas votre petite bande de bac + 5 énervés là c'est fini. Je veux Nico dans son bureau, Paul dans le tien et toi dans ma ligne de vue. Et si t'es pas content y a des bancs dehors.
Après avoir fait le point avec monsieur Lehachoir pendant un certain temps, il est apparu que j'ai commis une erreur et qu'effectivement je vous devais des sommes que je croyais avoir payé. Je vous joint un chèque et vous prie de croire en ma bonne foi. Cordialement.
EPILOGUE
Putains de trucs d'huissiers à la con.... Comment je suis censé me démerder avec ça ? Bordel de merde... Bon, Franck, on va voir si tu vaux les bières que je te paye. Téléphone, garde à vous !
TUUUUUUUUUT
BORIS : Ouais Franck c'est Boris j'ai besoin d'un tuyau mecton, je suis dans la merde jusqu'au genoux faut que tu...
MME V : Bonjour, ici Mme V, responsable du département impôts de la trésorerie de E. Franck est actuellement en vacances.
BORIS : Ah merd.... Euh, je vous prie d'excuser mon langage, je pensais vraiment tomber sur lui.
MME V : Il n'y a pas de mal. C'est pour des choses personnelles ?
BORIS : Pas vraiment. Je voulais lui demander si il était rodé sur la procédure d'envois d'huissiers.
MME V : Lui non. Moi oui. Vous m'expliquez ou vous en êtes ?
BORIS : Euh, merci. Donc j'ai commencé par blablabla...
MME V : Blablabla
BORIS : Blablabli
MME V :Blablablo
BORIS : Super, je crois que j'y vois beaucoup plus clair désormais. Merci beaucoup !
MME V : Mais de rien. Dites... Vous ne seriez pas le fameux Boris, de la trésorerie de D ?
BORIS : Euh je suis pas trop fameux mais j'imagine que c'est moi, pourquoi ?
MME V : Vous seriez intéressé par un poste chez nous ?
BORIS : Madame, vraiment, j'apprécie l'aide que vous m'avez apporté mais... Votre trésorerie est la plus craignos de toute la région. Franck vous l'avez envoyé deux mois à l'asile ! Y a que des cas sociaux chez vous, vos agents se font menacer de mort trois fois par semaine. Et en plus vous avez toujours " Guy Georges " votre malade mental du service compta ?
MME V : Oh que oui, vous parlez d'un débile, excusez-moi du terme ! Et Franck vous a dit pour Méli-Mélo qui téléphone en hurlant à propos des diarrhées de son chien ?
BORIS : Ouiiiiii, j'avais bien ri ! Et votre guichetier sociopathe, il est encore là ?
MME V : Toujours fidèle au poste. Ecoutez-moi Boris. Certes, nous avons un public heu... difficile. Et pour être honnête, il n'y a pas que des lumières non plus. Mais à côté, ici on ne vous demandera pas de massacrer les gens. On ne vous demandera pas des résultats délirants. On ne vous demandera pas un taux de recouvrement parfait. Ce qu'on veut, c'est quelqu'un de compétent et d'efficace. Pour peu que vous ne craignez pas trop le contact du public...
BORIS : Non, j'adore ça.
MME V : Alors vous correspondez exactement à ce dont nous avons besoin. Ici on n'a pas de chef mégalomane ou fou furieux, on essaye juste de se débrouiller avec les moyens du bord pour que notre truc ne prenne pas l'eau.
BORIS : Heu.... je note.
MME V : Pensez-y, Boris.
BORIS : En tout cas, merci pour le coup de main.
MME V : Passez une bonne soirée.
BORIS : Vous aussi.
MME V : .....
BORIS :.....
MME V : .....
BORIS : Mme V ? Attendez ! Vous êtes encore là ?
MME V : Oui.
BORIS : Je peux prendre vos coordonnées ? Mais vraiment juste au cas ou hein ?
Boris.