Le 25/06/2015 à 21:42, gedat avait écrit ...
Je pense rentrer complètement dans le cadre du débat vu que je vais m'exiler aux Etats-Unis pour faire ma thèse en septembre.
J'ai fait la plupart de mes études en France dans des Grandes Ecoles, ce qui fait que j'aurais coûté bien plus cher à l'Etat que l'étudiant moyen. Pourtant je ne sens pas une once de culpabilité sur le fait de quitter mon pays.
Ce que dit Boris plus haut sur les chercheurs qui sont sous-payés est vrai mais n'est vraiment pas la seule raison pour laquelle quelqu'un voudrait aller faire de la recherche à l'étranger. Il faut savoir que la science est un monde fait de sous-sous-spécialités, et qu'on peut travailler dans un domaine où il y a trois universités dans le monde qui ont la machine qu'il faut où les collègues prêts à travailler avec nous; dans ce cadre là vouloir rester dans son coin est improductif. Si je vais aux Etats-Unis c'est essentiellement parce que les meilleurs chercheurs de mon domaine sont là-bas, et je pense plus contribuer au rayonnement culturel de la France en essayant de faire quelque chose avec eux plutôt que de rester à Lyon 2 à travailler sur des choses qui sont hors de mes compétences.
Mais ça vaut pour la plupart des professions: je pense que quelqu'un qui a l'expérience de l'étranger et rentre ensuite en France est quelqu'un de bien plus compétent que celui qui reste cloîtré dans son pays, parle pendant toute sa carrière la même langue et fonctionne selon les mêmes méthodes. Je suis quasiment certain que l'expatriation enrichit la France sur le long terme.
À noter que le contrat décennal des normaliens (en tout cas de mon temps, je crois qu'ils ont un peu resserré les choses depuis), donnait globalement trois possibilités pour ne pas avoir de soucis :
- Faire de la recherche, n'importe où dans le monde. (Je crois que "faire de l'enseignement n'importe où dans le monde" marchait aussi, mais je n'en suis plus sûr.)
- Être fonctionnaire dans n'importe quel pays d'Europe. (Typiquement, un Info 2008 est devenu gendarme en Suisse. True story.)
- "Participer au rayonnement de la France", ou un truc du genre. Bref, réussir à convaincre l'administration que ce que tu fais est productif pour ton pays. Typiquement,un ancien avait monté sa propre boîte, mais une bonne partie de son travail consistait à faire la promotion des travaux de différentes équipes de recherche françaises. Ça avait été accepté.
Du coup, voilà, c'est complètement acquis que la recherche à l'étranger, ça participe au rayonnement culturel de la France, vu que même l'état me dit "vas-y petit, tu peux faire ça avec l'argent que je t'ai donné, pas de soucis". Mais y a quand même tout un tas d'autres trucs avec lequel le gouvernement est complètement ok et ne va pas me reprocher "d'augmenter le PIB d'un pays voisin", du coup je trouve ça assez marrant que Boris le fasse.
(Enfin, dans l'hypothèse que je bouge. En vrai moi je ne compte pas migrer, m'enfin.)