Le 21/06/2015 à 19:41, Supter avait écrit ...
Après il est tout à fait légitime, quand on ne trouve rien, de partir. De ne pas souffrir plus que de raisons par ce qu'on se sent redevable, surtout, comme vous le disiez, quand on passe par le chômage avant (qui augmente le poids de la culpabilité, au final).
Mais ça me semble assez logique de ne pas se dire au moment ou tu fais tes études, "Dès que j'ai fini, je me casse". C'est le minimum du respect, quoi.
Ou parce qu'on se sentirait redevable, au conditionnel. Alors on pourrait discuter d'à quel point la France a financé mes études ou globalement mon éducation, des points précis sur lesquels je lui dois quelque chose ou pas. Dans tous les cas je ne nie pas qu'entre ça et au niveau médical notamment je doive quelque chose à la France.
La question c'est : et alors ?
Déjà on ne m'a pas forcément formé dans l'objectif de rendre après service à la France. Ensuite y a une histoire de proportion et de moyens. Une dette envers un État je pense que c'est pas tout à fait la même chose qu'un mec qui t'aide pour ton déménagement et qu'un bon repas au restaurant ça ne suffit pas (sinon j'en connais un très bien à Gundershoffen en Alsace on peut se faire ça début juillet).
Donc voilà, je dois quelque chose à la France, mais je ne me sens pas spécialement redevable, en tout cas pas au point de me condamner à y rester. Et si c'était le cas, comme on l'a déjà dit, ça risquerait d'empirer le problème.
En plus je veux pas dire, mais à comparer avec les autres pays dans lesquels on doit s'endetter auprès d'une banque pour étudier, et en conclure que je dois quelque chose à la France pour le coût des études. Déjà tu contredis un peu le principe de ce financement de l'État, le but étant justement de ne pas avoir des gens endettés par les études, et si c'est pour me recoller la dette ne serait-ce que moralement ben je vois pas trop l'intérêt puisque au moins avec une banque je peux rembourser d'où je veux.
Sinon tu dis que c'est un minimum de respect de pas se barrer direct mais si tu formes à un mec à une spécialité X et qu'il n'y a pas de boulot pour cette spécialité X en France, ça me semble un peu hypocrite d'aller lui dire de rester pour soit ne rien faire, soit pour faire quelque chose pour lequel il n'a pas été formé et donc parfois de suivre une autre formation.
Au bout d'un moment, l'État paye la formation je veux bien mais d'un autre côté t'as quand même un mec qui investit quand même plusieurs années dans un certain objectif. Si c'est pour lui dire "Ah mais en fait non" à la fin c'est pas seulement idiot, c'est dégueulasse. Fallait pas le former à ce moment-là.
Weeds.