Le 01/09/2014 à 12:21, Ezexperience avait écrit ...
Je trouve que sa trilogie Batman porte assez bien son empreinte. Inception reste dans une optique similaire tout de même : grosses têtes d'affiches, effets spéciaux conséquents, genre thriller/action somme toute assez populaire. Même dans des réalisations plus précoces, ça restait moyen cinématographiquement parlant. Je pense à Insomnia.
Insomnia me semble un choix maladroit pour parler du Nolan des débuts parce que c'est sans doute le film qui porte le moins son empreinte. C'est sans doute lié au fait qu'à ma connaissance, c'est son seul film dont lui et son frère n'ont pas écrit le scénario - c'est un remake - or Nolan préfère les histoires à tiroirs imbriqués aux polars sensoriels comme peut l'être Insomnia, qui est vraiment le genre d'histoire assez simple ou tout doit passer dans la mise en scène - or Nolan a franchement pas un grand sens visuel -.
Son film des débuts qui me semble le mieux synthétiser ses qualités et ses défauts, c'est Memento. Qui est un de ses rares films ou je vois des choses vraiment pas mal dans la mise en scène (le plan d'ouverture avec le polaroid qui s'efface au lieu de se clarifier, la poursuite ou le mec ne sait plus si il est devant ou derrière).
Les japonais sont eux-même surpris quand ils apprennent que les étrangers peuvent aimer le cinéma d'Ozu, parce qu'il est très spécifiquement japonais, contrairement à Mizoguchi ou Kurosawa.
Je crois que tu te mélanges un peu les pinceaux, au départ on ne connaissait que les deux derniers et les critiques des Cahiers du cinéma opposaient le bon Mizoguchi " typiquement japonais " au mauvais Kurosawa occidentalisé. Avec la découverte plus tardive d'Ozu, on l'a mis avec Mizoguchi dans le bon camp.
Ce qui étonne les japonais c'est le fait que Voyage à Tokyo soit à ce point plus reconnu que les autres Ozu (c'est simplement qu'il a été le premier Ozu massivement vu en Europe). Naruse opposait le cinéma " à voix haute " (plus épique, plus aventurier) de Kurosawa et Mizoguchi au cinéma " à voix basse " (plus intimiste, plus apaisé) d'Ozu et lui-même, ça me semble être une division beaucoup plus pertinente, d'autant plus que les muets d'Ozu révèlent qu'il a largement été aussi influencé par les Etats-Unis que Kurosawa (notamment par Lubitsch).
Boris, fuck les études de cinéma
