Bon moi ce débat sur Game of Thrones me casse un peu les burnes, surtout qu'on l'a déjà eu.
Ceci dit, le point de vue de Talen a beau être idiot - non la pornographie n'est pas de l'art, par définition presque ; mais on peut montrer du sexe en faisant de l'art - ça n'est pas entièrement de sa faute. Bon il y a déjà le relativisme ambiant dont il est un des pires représentant, mais bon, c'est une des grandes maladies post-modernes, il n'y a rien de neuf.
Mais, et là c'est plus intéressant, ça montre bien à quel point l'art, de part ses remises en question est devenu quelque chose de flou. Il y a deux siècles, la frontière art et divertissement était encore assez clair, sauf peut-être en musique. Le développement du roman, et la façon dont il a peu à peu phagocyté tous les autres genre est en grande partie responsable de ça. Aujourd'hui James Joyce et Marc Lévy, c'est tous les deux des romanciers. Les tendances de l'art moderne à la remise en cause sont en grande partie responsable de ce relativisme artistique, ce qui est à mon avis très mal comprendre ces mouvances.
Et il me paraît clair que la frontière est encore plus floue au cinéma qu'en littérature.
Donc non Games of Throne ça n'a à peu près aucune ambition artistique. George R.R. Martin a une certaine ambition, mais à mon avis elle ne relève absolument pas de ce domaine là. D'ailleurs la fantasy - je encore vais pouvoir passer pour le vieux con de service - c'est à mon avis un genre absolument anti-artistique dans son principe, et donc il ne peut l'être que pour d'autres raisons ou par hasard. C'est du divertissement ce que montre également le public qui en lit.
J'ai rien contre le divertissement, d'ailleurs. Je les ai lus non sans un certain plaisir les bouquins. La série je comprends moins pourquoi les gens regardent, surtout que pour le coup la qualité des séries ces temps-ci est quand même très élevée.
Mais justifier ses partis pris par la liberté de l'artiste, je pense qu'il faut peut-être arrêter de raconter n'importe quoi.
"car le style pour l'écrivain aussi bien que la couleur pour le peintre est une question non de technique mais de vision" Marcel Proust