Article Magic : Eladamri, ou la valeur de la liberté

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Eladamri, ou la valeur de la liberté

Type : L'Univers Magic

Catégorie : Biographie des personnages

Posté le 27/05/2009 par Nemooo

La liberté d'un peuple n'a pas de prix...C'est avec cette certitude que le Seigneur des Frondaisons Eladamri lutta tout au long de sa vie contre les despotes qui opprimaient humains comme elfes sur le plan de Rajh. Confronté très (trop) tôt aux horreurs de la guerre et de la tyrannie, Eladamri voyait ses amis les plus chers disparaître un à un sous ses yeux. Tous subissaient le terrible et inique courroux de l'Incarmal Wöhlrajh, un puissant changeforme qui régnait sur l'imprenable Forteresse. Raid après raid, le peuple du Seigneur des Frondaisons s'affaiblissait et aucune lutte ne semblait possible...
Jusqu'au jour où arriva un évènement qui allait faire basculer le destin de toute une nation. L'heure de la révolte avait sonné !

Voici la biographie d'un personnage qui complète encore un peu plus l'histoire de Dominaria. De la première invasion de la Forteresse à la bataille finale d'Urborg, en passant par l'attaque de Llanowar et la mystérieuse Prophétie des Keldes, je vous invite à (re)découvrir un univers plein de magie, parfois romantique, souvent tragique mais surtout incroyablement épique. Aux côtés d'un elfe qui ne désirait que la tranquillité de son peuple, assistez plans après plans à cette bataille dantesque et soutenez de toutes vos forces la Coalition, qui aura bien besoin de vos encouragements !

BIOGRAPHIE D'ELADAMRI







Bien que les elfes de Dominaria ne manquent de courage, leur tord est de se fier bien trop souvent à des notions aussi mystiques et ambigües que le destin, et de confier leur sort à des êtres supérieurs qui ne sont pas toujours fiables ou redevables…Ainsi, au sein des forêts, les elfes vénèrent l’entité Gaïa en tant que déesse toute-puissante et omnisciente. Mais à dire vrai, cependant, il se pourrait que Gaïa ne soit qu’un mythe…Des milliers d’elfes à travers Llanowar honorent l’Arpenteuse Freyalise, voyant en elle la pure incarnation d’une Mère Nature immortelle veillant sur eux et les protégeant. Pourtant, Freyalise martyrisa bien plus Dominaria qu’elle ne lui fut utile, et son immortalité est davantage fondée sur son statut d’Arpenteur qu’à une quelconque incarnation divine. De même qu’il semble difficile pour les elfes de croire en un idéal fondé sur une entité digne de confiance, il est extrêmement rare pour eux de trouver un leader, un roi digne des légendes qu’ils entretiennent avec une inébranlable conviction. Il est ironique de constater que le plus grand héros elfique de Dominaria, Eladamri, ne soit précisément pas natif de ce plan.

Eladamri est né sur le plan de Rajh, terres gouvernées par les Phyrexians et dirigées d’une poigne de fer par l’Incarmal, un tyran régulièrement destitué par un autre élu de Phyrexia. On sait peu de choses sur l’enfance d’Eladamri, mais elle était déjà sans doute emplie de dangers surpassant l'imagination : Rajh constituait une contrée très hostile. Le foyer d’Eladamri, la forêt de Linciel, fut le plus grand refuge de sa patrie face à l’impitoyable règne de l’Incarmal et de son ambition démesurée. Avec le temps, Eladamri se révéla posséder toutes les aptitudes requises pour devenir un maître stratège et un guerrier chevronné, et à peine adulte, devint le leader de tout le peuple elfique de Linciel. Eladamri usa avec acharnement de ses plus brillantes tactiques pour faire face aux raids de l’Incarmal, espérant un jour convaincre le seigneur des lieux qu'il était beaucoup plus facile de chasser du gibier que les elfes. Mais malgré ses efforts constants, le Seigneur des Frondaisons voyait son peuple vieillir, désespérer…Et lui aussi se surprenait parfois à perdre espoir. À l’image des tribus humaines il-Dal, il-Kor et il-Vec, les elfes de Linciel vivaient, ou plutôt survivaient dans la peur constante de l’Incarmal et de ses serviteurs. Arrivé au zénith de son existence, Eladamri assista à l'arrivée sur Rajh d’un nouveau de ces tyrans, le redoutable Wöhlrajh.

« C’est notre destin d’endurer. Nous ne sommes pas faits pour la guerre, et nous ne pouvons lutter contre pareille force. Comme la fluipierre –un minéral à l’état liquide et façonnable–, l’Incarmal Wöhlrajh fait ce qu’il veut de nous. »
- Eladamri


La soif de sang du nouvel Incarmal ne semblait pas connaître de limite. Le peuple d’Eladamri de personnes était persécuté sans relâche, et le massif navire de guerre volant de Wöhlrajh, le Prédateur, patrouillait régulièrement au dessus de Linciel afin de rappeler la suprématie de l’Incarmal. Pourtant, Eladamri réussissait à préserver son peuple des pires maux de Rajh, leur épargnant grâce aux consignes de sécurité des rapts qui les auraient directement conduit à la Forteresse, siège des forces de Phyrexia et repaire d’abominables créatures adeptes de tortures et de mutilations. Le Seigneur des Frondaisons ressentait constamment la nécessité et le désir de renverser l’Incarmal et de libérer Rajh, mais savait que ses propres forces seraient alors décimées par milliers…
Puis arriva l’évènement qui fit définitivement virer de bord le destin du peuple elfique, le poussant à la révolte et à la bataille.

Ce jour-là vint avec l'arrivée d’un navire volant, qui s’écrasa rudement dans Linciel après un bref abordage avec le vaisseau de guerre de Wöhlrajh. Eladamri crut à une nouvelle persécution de l’Incarmal, et dépêcha immédiatement ses éclaireurs afin d’éliminer cette menace. Ce n'est que lorsque Gerrard Capashen, capitaine provisoire du vaisseau, contacta Eladamri, que les craintes de l’elfe se révélèrent vaines. Bien au contraire, cet homme serait amené à jouer un rôle capital dans la libération du peuple elfique... Accompagné par l’Oracle de la tribu il-Vec, Gerrard assura à Eladamri que son équipage ne représentait aucune menace pour les elfes. Il expliqua que son navire avait simplement transplané sur Rajh afin de sauver l'ex-capitaine du vaisseau, Sisay, une femme qui avait été emprisonnée dans la Forteresse de Wöhlrajh. Bien qu’il se révélât de prime abord méfiant, Eladamri finit par comprendre que les propos de Gerrard n’étaient que pure vérité. Qui plus est, l'Oracle informa le Seigneur des Frondaisons que Gerrard était le Korvecdal, le mythique élu de Rajh ; celui qui rallierait les tribus il-Vec et il-Dal aux côtés des elfes de Linciel afin de luter contre l’Incarmal. Eladamri ne croyait que très peu en ces prophéties, mais ne pouvait nier que l’équipage de Gerrard soit une force allié non négligeable.

« Nous avions déjà évalué votre force en encerclant votre navire. Mais avec une puissance comme la vôtre, à nos côtés et prête à attaquer la Forteresse, le temps est venu pour les elfes de Linciel de lutter. »
- Eladamri


Eladamri aida Gerrard à récupérer et réparer son étrange navire, nommé l’Aquilon. Le navire était une merveille à ses yeux, bien qu’inférieur au Prédateur en termes de combativité. Gerrard expliqua que le cristal Thran nécessaire au transplanage du vaisseau avait été gravement endommagé par les moggs qui l’avaient envahi lors de l’abordage. Sans ce puissant artefact, l'équipe de l’Aquilon était bel et bien pris au piège de ce monde hostile. Eladamri parla alors à Gerrard d'un portail ancestral capable d’établir aléatoirement un passage entre deux mondes. Bien que la destination réelle de ce portail restât à deviner, il serait presque certainement en mesure de fournir à Gerrard une échappatoire au plan de Rajh une fois la mission terminée. Gerrard d’adopter cette solution, et parti quelques jours plus tard avec son équipage sur l’Aquilon, afin d’examiner plus attentivement le portail avant d'entrer dans la Forteresse.

Les prochains jours furent consacrés à la préparation de la guerre imminente. Unies aux tribus il-Vec et il-Dal, les forces d’Eladamri marchèrent vers la Forteresse. La plupart des humains et des elfes craignaient ne plus jamais retourner dans leurs foyers. Ce genre de tentative révolutionnaire contre les Incarmals précédant Wöhlrajh s’était toujours soldée par un échec cuisant…Ainsi que par plusieurs centaines de morts au cours de la bataille et lors des répressions qui ne manquaient jamais de venir. Toutefois, Eladamri se révéla être une fois de plus source constante d'inspiration et d’admiration pour ses sujets, décuplant le moral de ses soldats à chaque mot prononcé.

« Nous pouvons gagner. Nous allons gagner. Nous devons gagner. Il n'y aura pas de seconde chance. Il est des moments où le destin d'un peuple s’enlise, et exige un tournant. Ce moment est maintenant venu. Nous sommes ce peuple. Il s'agit de notre tournant. Chargeons! Si nous ne pouvons pas vivre avec fierté, au moins nous mourrons la tête haute ! »
- Eladamri


La terrible bataille eut enfin lieu. Les moggs de la Forteresse déferlèrent comme un raz-de marée, tentant d’endiguer ce flot de révolte. Voyant qu’elles perdaient du terrain face à la titanesque contre-attaque, les forces d’Eladamri se firent une raison. Juste avant de sonner la retraite, le Seigneur des Frondaisons aperçut l’Aquilon s’échappant à une vitesse phénoménale de la Forteresse, le Prédateur à ses trousses. Cette sombre vision achevant de lui miner le moral, Eladamri n'eut d'autre choix que de rapatrier le reste de ses forces au sein de Linciel.



Unis sous la bannière d'Eladamri, elfes et humains livrent une bataille décisive...




Déjà atterré par les pertes massives de cette défaite, Eladamri fut achevé par la terrible vision qui l’assaillit en regagnant son camp. La chambre de sa fille Avila avait été saccagée au cours de son absence, et toutes les preuves concordaient vers la mort de sa fille unique. Pire encore, il apparut d’après des témoins que le tueur que Tenesi, son fiancé. Il ya quelques mois, Tenesi avait disparu lors d'un raid visant l’un des nombreux avant-postes de Wöhlrajh, et Eladamri était maintenant certain que Tenesi avait été corrompu, devenant l’un des nombreux esclaves mentaux de l’Incarmal. Toute idée d’abandon s’évanouit alors, consumée par les flammes d’une colère et d’une rancœur au-delà des mots.

« Wöhlrajh pense qu'il peut m'intimider en me dérobant mon enfant. Cela ne se produira pas. À daté de ce jour, Avila est morte pour moi. Que son nom soit ajouté à la liste des guerriers tombés pour que notre terre puisse renaître. »
- Eladamri


Après des semaines de tergiversions au cours desquels chaque ébauche de plan aboutissait à une impasse, Eladamri décida de s’entretenir avec les leaders qui avaient menés les différentes tribus humaines ; le Seigneur des Frondaisons désespérait d’apprendre une quelconque information susceptible de lui donner un avantage sur l’Incarmal. Furah, ancien général de la tribu il-Kor et depuis peu espion contraint de l’Incarmal, avait réussi à déserter la forteresse et rejoignait à présent le camp des rebelles ; il apportait même des nouvelles qui redonnèrent espoir à l’alliance elfique et humaine. Selon ses dires, Wöhlrajh avait quitté son poste d’Incarmal afin de s’infiltrer comme passager clandestin à bord de l’Aquilon, à présent parti du plan de Rajh. Qui plus est, le meurtrier Prédateur avait été sérieusement endommagé, peut-être même détruit, par le vaisseau de Gerrard Capashen. Armé de ces précieux renseignements, le scepticisme d’Eladamri laissa place à un farouche désir de revanche. L'intégralité des elfes de Linciel et les tribus humaines s’unirent une nouvelle fois sous la bannière du Seigneur des Frondaisons.

Avant que ne s’achevât le plan de bataille d’Eladamri, toutefois, une nouvelle menace fit son apparition sous les traits d’un adversaire de taille : Crovax, un noble qui avait accompagné l’équipage de Gerrard sur le plan de Rajh, était désormais entré au service de la Forteresse. Le noble déchu mena toute une armée jusqu’au cœur des forêts de Linciel, bien décidé à faire avorter la menace que constituait cette révolte naissante. Il apparut bien vite à Eladamri que Crovax, maudit et changé en vampire par l’ange noire Sélénia, était devenu une créature barbare et assoiffé d’âmes et de sang.
Rendu fou par l’ardeur de la bataille, Crovax abolit toutes les frontières de la raison et commit un massacre sans nom. Toutefois, les forces d’Eladamri jouissaient de l'avantage d’un terrain familier et mirent rapidement un terme à la vie des pitoyables soldats de la Forteresse…Mais furent stupéfaites de constater qu’un bon nombre de citoyens de Linciel manquaient à l’appel. Une opération de sauvetage concernant les nombreux otages capturés avant la retraite de l’armée Rajhie fut entreprise, bien que totalement en dehors des prévisions d’Eladamri. Avec cette prise d’otages, Crovax avait finalement réussi son opération haut-la-main : bien que la majorité de son armée ait été abattue, il avait réussi à s'échapper et le rapt d’un bon nombre d’enfants, de femmes et de vieillards –humains comme elfiques- aggravait considérablement la situation. Furieux, Eladamri déplaça ses forces à Korai selon les conseils du chef de la tribu il-Vec, où l’attendait l’Oracle.

À Korai, Eladamri fut de nouveau contacté par l'Oracle, qui lui délivra une nouvelle prophétie. Elle lui annonça qu’une porte s’ouvrirait bientôt à lui, au sens le plus littéral du terme, et qu’il devrait l’emprunter afin de sauver un autre monde. Inutile de dire que les fidèles soldats d’Eladamri furent comblés. L’étranger Gerrard Capashen n'était pas le Korvecdal finalement, et ce glorieux titre revenait dès à présent au plus méritoire : celui qui les avait menés et avait combattu à leur côtés. Toutefois, cette révélation fut entachée d’une bien plus sombre découverte. À peine établi à Korai, le Seigneur des Frondaisons vit que le ciel portait à nouveau leur pire fléau : le Prédateur fendait l’air et planait, menaçant, au dessus de la ville. Eladamri savait que tant que le vaisseau ne serait pas détruit, toutes ses attaques se solderaient par un échec cuisant. Dégoûté par son destin, il décida alors d’attaquer le navire dans sa propre base : au sein même de la Forteresse.



Le Prédateur menace à nouveau la sécurité de Linciel



Eladamri commença à établir un plan d’infiltration, destiné à le faire passer pour un soldat Rajhi amenant des otages à la Forteresse. Il serait accompagné de ses plus fidèles guerriers -avec à leur tête la redoutable lieutenante et femme d’Eladamri, Line Sivvi-, qui se feraient passer pour des captifs une fois à l'intérieur de la forteresse.

Eladamri et ses hommes se mirent immédiatement en marche, et après des jours et des nuits arrivèrent enfin au pied de la Herse, la porte principale de la Forteresse. Sur le chemin, ils avaient dû passer par de nombreuses avant-gardes Rajhies, mais leur talent pour le camouflage et le déguisement faisait depuis longtemps la fierté de leur peuple : on ne les suspecta pas une seule fois. Mais à l’entrée de la Forteresse, Eladamri écouta les gardes et fut informé d’une nouvelle accablante: Furah, attaqué durant leur absence par un raid de la Forteresse, avait apparemment trouvé la mort.

Alors qu’il s’apprêtait à entrer dans le bastion de l’Incarmal, le petit groupe elfique joua de malchance et fut confronté à une autre patrouille d’inspection : celle de Grêvën il-Vec. Mais le second de Wöhlrajh ne prêta cependant guère attention au rebelle déguisé ; comble de la situation, il était tellement désireux de capturer Eladamri en lançant un nouveau raid sur Linciel que, dans sa hâte, il ne vit pas le Seigneur des Frondaisons lui passer sous le nez ! Non seulement il ne le reconnut pas, mais lui permit même de passer avec ses « captifs » à l'intérieur de la Forteresse. Toutefois, Grêvën conservait un fond de paranoïa et décida d’escorter ce petit groupe à travers le fort.

En traversant la Forteresse, Eladamri et ses « otages » croisèrent par pur hasard l’Ambassadrice Phyrexianne Belfe, qui remplaçait temporairement Wöhlrajh. Mais à peine eut-il posé ses yeux sur elle qu’Eladamri reconnut l’être qui lui était le plus cher : Avila. Ainsi, contrairement à ce qu’il pensait, le corps de sa fille n’avait pas été détruit mais livré à Phyrexia et corrompu ; plus aucune trace de la conscience de sa fille ne semblait subsister dans cet être glacial. Seul les habitants de la Forteresse avaient pu réaliser un plan aussi machiavélique ; en postant l’Ambassadrice aux portes de la Forteresse, ils comptaient sur le caractère emporté et rancunier d’Eladamri pour le pousser à se trahir ; et cela marcha parfaitement.
À la vue de sa fille bien-aimée transformée en un monstre de froideur, Eladamri s’emporta et frappa sauvagement Belfe en criant à l’imposture, avant d’être rapidement maîtrisé par les soldats Rajhis et un Grêvën il-Vec on ne plus satisfait. Quand à l’Ambassadrice, elle ne pouvait qu’être totalement désemparée face à un acte aussi stupide puisque totalement ignorante de sa vie antérieure. Victorieux au-delà des mots, le second de Wöhlrajh escorta d’un pas léger Eladamri dans une cellule individuelle ; heureusement, ses guerriers réussirent à échapper aux gardes mais durent l’abandonner.



Line Sivvi, l'épouse d'Eladamri



Les tourments de Grêvën furent des plus horribles ; le Rajhi semblait prendre un plaisir sans fin en torturant ce captif de choix. Toutefois, Eladamri ne révéla rien des plans des rebelles, muet en dépit des ignobles supplices qui lui étaient infligé. Alors que la patience de Grêvën commençât à faiblir, un homme inattendu fit son apparition ; Furah, qui semblait après tout bien en vie, ordonna au bourreau de cesser ses tortures. À la grande surprise du Seigneur des Frondaisons, Grêvën obéit immédiatement aux ordres de l’il-Kor. Mais avant que Furah ne puisse justifier sa présence, un message concernant une poche de résistants atteignit la tour de la prison. Apparemment, la cachette des guerriers d’Eladamri, les faux otages, avait été découverte. Grêvën il-Vec et Furah quittèrent la cellule avec empressement la tour, donnant à Eladamri une occasion inespérée de s’échapper.

Grâce à ses dons innés en matière d’évasion, le Seigneurs des Frondaisons réussit à s’enfuir et se mit immédiatement en quête d’alliés dans les autres cellules. Il rencontra ainsi Takara il-Dal, fille de l'assassin Starke et prise en otage pour s’assurer de la fidélité de ce dernier. L’esprit de la jeune fille était encore brouillé par de nombreuses années de tortures, mais elle fut plus que disposée à accompagner l’elfe. Alors qu’ils quittaient la tour, plusieurs des alliés d’Eladamri le rejoignirent pour l’informer qu’une bataille faisait rage à l'intérieur de la Forteresse. Certains des faux soldats Rajhis avaient presque réussi à détruire le Prédateur mais fuyaient maintenant les gardes de Grêvën en passant par les conduits de fluipierre souterrains.

Takara conduisit Eladamri et ses forces dans la Chambre des Cartes, un lieu qui leur procurerait un répit contre les soldats Rajhis ainsi que les moggs. Là, Takara afficha une image holographique qui plongea le Seigneur des Frondaisons dans la crainte. Takara lui expliqua le peu qu’elle savait des plans de l’Incarmal. Apparemment, la totalité du plan de Rajh allait se déverser brutalement dans le monde de Dominaria, monde d’où était natif l’équipage de Gerrard Capashen. Ainsi, Yaugzebul, maître de Phyrexia qu’Eladamri ne croyait être qu’une légende pourraient envahir Dominaria avec ses armées qui passeraient par l’intermédiaire de Rajh : il s’agissait justement de la raison d’être de ce plan, conçu par Phyrexia qui s’était vu interdire l’accès à Dominaria.
Ce plan, Dominaria, semblait être un véritable paradis comparé à Rajh ; il était empli de fabuleuses couleurs et semblait rayonner, illuminer la sombre salle par sa seule projection. Eladamri comprit alors les paroles de l’Oracle : le monde que l’elfe devrait sauver n’était autre que celui-ci.

Soudain, plusieurs d’autres alliés Eladamri firent irruption dans la Chambre. Dirigé par Line Sivvi, les braves rebelles avaient réussi à échapper à Grêvën et étaient maintenant prêts à s'échapper de la Forteresse.

« Notre force, c'est de rester ensemble et de fuir aussi rapidement que possible. Je n'ai jamais fui un combat de ma vie, mais un bon guerrier doit savoir sonner la retraite tant qu’il en est encore temps. Sept d'entre nous contre la Forteresse, ce ne serait pas une bataille mes amis, mais une mise à mort. »
- Eladamri


Le petit groupe parcourut le dédale de couloirs mais rencontrèrent inévitablement d’autres soldats Rajhis. Et bien que les hommes d’Eladamri les vainquissent, Sivvi avait dû rester en arrière pour couvrir leur fuite et devait sûrement être morte à l’heure qu’il est. Takara les conduisit alors vers un autre refuge temporaire, la Salle du Rêve, et referma derrière eux la lourde porte de fluipierre.
Les repos des rebelles fut cependant de courte durée. Le vampire Crovax et Grêvën il-Vec arrivèrent devant la Salle et tentèrent d’enfoncer la porte. Eladamri savait que malgré sa solidité, la fluipierre ne tiendrait pas longtemps face à ces deux monstres. Alors que tout espoir semblât vain, l’Ambassadrice Belfe demanda à parler au Seigneur des Frondaisons. Qui plus est, la Phyrexianne promit de libérer Sivvi, vivante et en bonne santé, si Eladamri daignait seulement discuter avec elle. Craignant pour la vie de sa femme, Eladamri ne put qu’accepter.

Belfe jura à Eladamri qu'elle s’opposait désormais à la tyrannie de Phyrexia –sans toutefois trop s’attarder sur les raisons de ce revirement-, et qu’elle souhaitait aider les rebelles à quitter la Forteresse. Eladamri hésitait à mettre toute sa confiance entre les mains d’une Phyrexianne, en particulier face à créature qui avait l’aspect de sa fille défunte. Mais, entendant les portes sur le point de céder face aux efforts incessants de Crovax et Grêvën il-Vec, le Seigneur des Frondaisons se rattacha à cette providentielle issue de secours. Malheureusement, le portail ouvert par l’Ambassadrice ne pourrait transporter qu’un total de quatre cents livres ; des hommes devraient se sacrifier pour permettre aux autres d’échapper à ce sinistre bastion...
Une fois le portail activé, Eladamri constata que les paroles de Belfe n’étaient que pure vérité : par le biais de l’arcade apparaissait un paysage des plus merveilleux, paradis de verdure comparé à la végétation morne et corrompue de Rajh. Une prairie d’herbe fraiche, des nuages d’un blanc cristallin et un ciel d’un bleu céruléen étrange ne semblaient qu’attendre la venue de tous ceux qui pourraient traverser le portail.

Emplie d’une joie intense à la vue de cette contrée idyllique, Takara s’en fut d’un bond à travers le portail sans attendre la permission d’Eladamri. Mais le temps n’était pas à la réprimande ; la porte d’entrée venait de céder, et les soldats Rajhis se frayaient un chemin à travers les décombres de fluipierre. Eladamri fit traverser l’arcade à Sivvi, puis se retourna vers Belfe et la remercia du mieux qu’il put. Ensuite, vif comme l’éclair, le Seigneur des frondaisons tira une lame empoisonné de sa tunique et transperça l’Ambassadrice afin d’offrir une paix méritée à sa fille. Sans perdre une seconde de plus, il franchit le portail et pénétra dans Dominaria, laissant derrière lui ses courageux guerriers.

« Pour la repos de ton âme, ainsi que de la mienne, je devais le faire… Adieu, Avila. »
- Eladamri




Pour sauver un monde qu'il ne connait pas, Eladamri devra abandonner son plan natal...



Dominaria était un monde étrange et merveilleux, différent de tout ce qu’Eladamri avait pu voir à ce jour. Le ciel était d’azur, sans commune mesure avec la grisaille qui emplissait les cieux de Rajh. L’herbe, riche et abondante, supplantait la végétation rachitique de leur plan. La mer qu’on apercevait à l’horizon, semblait claire et pure, paisible comme dans un rêve. Mais tant de beauté ne suffisait pas à faire oublier au Seigneur des Frondaisons ses camarades abandonnés aux griffes des Rajhis. Il se promit que leur sacrifice ne serait pas vain, puis pénétra aux côtés de Takara et Line Sivvi dans la forêt qui s’étendait à perte de vue. Le cœur lourd de devoir jouer les corbeaux de mauvais augures, Eladamri informa tous les elfes qu’ils rencontrèrent qu’une menace outre-planaire allait bientôt attaquer leur territoire. Rassemblant rapidement un groupe de curieux amusés par la venue de cet étrange prophète, Eladamri marcha à travers les sylves pour bientôt atteindre le refuge millénaire des elfes de Dominaria, le domaine de Llanowar. Le Seigneur des Frondaisons plaida sa cause auprès du roi elfe Fhedusil, le suppliant de préparer son peuple à l’imminente invasion. Toutefois, Fhedusil ne vit en Eladamri qu’un militaire arriviste, désireux de provoquer un désordre dont découlerait sa prise du pouvoir. Mais, alors que l’elfe était sur le point de se voir déclaré ennemi public, un étrange allié se présenta. Semblant croître au sein des arbres qui constituaient le Palais terrelfe de Staprion, cette créature qui se fait appeler Multani affirma que les dires du Seigneur des Frondaisons n’étaient que vérité et que les elfes de Llanowar devraient très prochainement se préparer à la guerre. Malheureusement, cette guerre arriva encore plus tôt que prévu : Llanowar fut dès ce jour l'objet d'attaques Phyrexiannes.

Les bombes Phyrexianne emplies de spores pesteuses destinées à empoisonner leur cible commencèrent à bombarder le Palais terrelfe. Dès la première salve, Fhedusil mourut écrasé sous les murs de sa propre salle, et Eladamri dut exhorter les survivants à fuir au plus vite. Alors qu’il les dirigeait en un lieu plus sûr, Sivvi et Takara restèrent en arrière afin de dégager d’éventuels survivants des décombres.

Après une descente éreintante à travers l'intérieur de l'immense arbre qui soutenait Staprion, Eladamri et les rescapés du bombardement furent guidés par l’un deux jusqu’aux adeptes se sont trouvés dans les Cavernes du Rêve. Ces grottes imprégnés de magie étaient à l’origine de l’une des plus anciennes légendes elfiques, et pouvaient selon le mythe exaucer les vœux les plus fous, à conditions qu’ils soient sincères. Mais en cet instant, les pensées des elfes ne se focalisaient pas sur d’anciennes croyances ; ils étaient terrorisés, non seulement par la menace Phyrexianne mais aussi en constatant que les entités qu’ils vénéraient semblaient les avoir abandonné. Eladamri tenta de les apaiser en leur chantant une ballade de Linciel qui avait toujours eu pour vertu de calmer les esprits dans son plan natal ; qui sait, peut-être y avait-il aussi un peu de magie sans cette ode ?
Toujours est-il que la chanson remonta suffisamment le moral des elfes pour que le Seigneur des Frondaisons puisse leur livrer un discours sur le courage et la volonté de vivre, misant sur ses talents d’orateur pour les endurcir. Mais à peine termina-t-il son propos que Line Sivvi livré les rejoignit, porteuses de graves nouvelles : Takara avait donné sa vie pour sauver une jeune elfe, et péri sous l’impact d’une bombe. Eladamri mit quelques secondes pour digérer cette information, puis un murmure parcourut la foule qu’il avait menée : Les elfes le considéraient à présent comme leur sauveur, l’Envoyé de Freyalise. Bien qu’il se sentît indigne d’un tel rôle, Eladamri accepta avec réticence de diriger les elfes de Llanowar en ces heures sombres.

« J'ai choisi mon chemin. Qui me suivra ? »
-Eladamri


Multani rejoignit ensuite les survivants, lui aussi porteur d’une terrible nouvelle. Le bombardement Phyrexian avait cessé, mais à présent les armées Phyrexiannes elle-même commençaient à infester l'arbre de Staprion. Eladamri emmena avec lui une foule de guerriers, prêt à répondre à cette nouvelle menace, mais se retrouva sur le chemin un allié inespéré. Gerrard Capashen, apparemment rescapé de la maintenant lointaine poursuite du Prédateur, avait réussi à regagner Dominaria après une escapade plutôt malvenue dans un plan nommé Mercadia ; il débarquait maintenant dans Llanowar afin d’offrir son aide contre la peste Phyrexianne, à laquelle la guérisseuse Orime venait de trouver un remède. Qui plus est, il semblait que l’atterrissage du merveilleux Aquilon était responsable de l’arrêt du bombardement. Eladamri accepta avec reconnaissance l'aide que lui proposait à présent le capitaine.




La magnifique forêt de Llanowar est sur le point de succomber au siège Phyrexian



Gerrard expliqua alors que l’être le plus cher à ses yeux, l’artificière Hanna, avait été frappé de plein fouet par la peste Phyrexianne et ne présentait pas de signes positifs malgré les prouesses curatives d’Orime. Gerrard supplia Eladamri ainsi que Multani d'utiliser les cavernes afin de souhaiter le rétablissement de son amour. Eladamri accepta immédiatement, tout en espérant que la foi de Gerrard serait suffisante pour soigner Hanna. Toutefois, cette tentative s'avéra être un échec. Le Seigneur des Frondaisons comprit alors que la foi d’Hanna envers elle-même était la seule chose qui pourrait la guérir, mais il ne lui restait même pas assez de force pour espérer. À dater de ce jour, la joie de vivre de Gerrard chuta brutalement jusqu’à atteindre un fatalisme proche du cynisme.

Eladamri se joignit à l’équipage de Gerrard, et l’Aquilon fila vert le désert de Koïlos, qui serait le lieu de la première bataille entre Dominarians et Phyrexians. Là, Eladamri assista à la venue d’un étrange rassemblement : dispersés sur plusieurs centaines de mètres, des dizaines de milliers d'étranges humanoïdes à la peau bleue se préparaient à combattre les horreurs Phyrexiannes. Le commandant de ces êtres appelés Métathrans, Agnate, éprouva le désir de provoquer Eladamri en duel ; il expliqua qu’une entité supérieure avait pressenti la venue de l’elfe, et qu’un cas de victoire sur ce duel, le Seigneur des frondaisons pourrait mener la moitié de l’armée. Bien qu’étonné par cette prédiction, Eladamri y vit un moyen de démonter ces talents de maître tacticien et pour ce, combattit Agnate avec ardeur ; et au bout de quelques minutes, la victoire lui fut acquise. Aussi étrange que cela puisse être, le Seigneur des Frondaisons se sentait heureux d'être à nouveau à la tête d'une immense force de combat.

Après quelques dernières mises au point tactiques, une lutte titanesque s’engagea. Eladamri allia ses forces à celles d’Agnate et tout deux formèrent une attaque en tenaille visant à reconquérir les Cavernes de Koïlos, un point stratégique de repli autrefois appelé Cavernes des Damnés par les Thrans. Mais malgré l’incroyable stratégie militaire des deux dirigeants, la victoire serait pour le moins longue et ardue. Les Phyrexians qui leur faisaient face semblaient innombrables, les Cavernes de Koilos en vomissant des dizaines à chaque instant –ce qui n’était pas illusion : le portail caché dans les Cavernes et menant à Phyrexia avait été descellé après plusieurs millénaires.
L’Aquilon et le restes de l'armée aérienne Bénaliane firent ce qu’elles purent pour nettoyer la zone, mais Eladamri savait que la victoire dépendait surtout du combat au sol. À sa grande surprise générale, neuf machines de guerre titanesques créées par des entités nommés Arpenteurs apparurent à leurs côtés, incinérant de leurs canons les rangs Phyrexians. Eladamri réussit enfin à repousser l’ennemi jusqu’aux Cavernes de Koïlos et son armée engagea un long périple à travers les boyaux tortueux de ce labyrinthe souterrain.

Bien que leurs forces eussent presque été réduites de moitié, Eladamri réussit à rejoindre le cœur de la bataille qui se déroulait au plus profond de Koïlos. Là, le général Phyrexian Tsabo Tavoc avait apparemment réussi à droguer Gerrard Capashen l'esprit et reniait maintenant la Coalition afin de prêter allégeance au sombre Seigneur Yaugzebul. Dans un dernier élan, les héros de l’Aquilon firent irruption dans la pièce, et Karn le golem d’argent attaqua sauvagement Tsabo Tavoc qui dut s’enfuir à travers le portail Phryrexian ; libéré de l’emprise du général, Gerrard retrouva immédiatement ses esprits. Les guerriers de Dominaria combattirent durant ce qui semblât être une éternité, mais leurs efforts furent finalement couronnés de succès : Koïlos fut purgé des derniers Phyrexians et le portail des Cavernes ne pourrait plus en laisser passer avant un certain temps.

Eladamri rejoignit l’équipage de l’Aquilon et tous poussèrent un rugissement de victoire, allégresse cependant vite estompée par l’arrivé d’un être dégageant une écrasante aura de puissance. Enjambant les cadavres de la caverne avec un parfait détachement, l’homme qui semblait relativement âgé félicita les combattants comme un maître féliciterait un chien d’un tour bien accompli. Cet homme était un être de légende aux yeux de Dominaria ; il était l’artificier maudit, celui qui avait perdu son frère corrompu par les Phyrexians, pulvérisé l’île d’Argoth et indirectement créé le plan de Rajh en provoquant le courroux de Yaugzebul : cet homme était l’Arpenteur Urza, dont l’âge dépassait largement les 4000 ans.
Urza expliqua à Gerrard Capashen que son destin avait été soigneusement réglé comme du papier à musique ; il y a de cela des millénaires, l’Arpenteur avait lancé un projet d’ordre génétique visant à produire au fil du temps un homme aux gènes parfait, pourvu d’un charisme suffisant pour rallier Dominaria sous sa bannière, et contrer l’invasion Phyrexianne. Gerrard Capashen était cet homme-là. Mais le capitaine fut rendu furieux par ces éclaircissements, et nourrit à daté de ce jour une haine farouche envers celui qui avait tissé tous les aspects funestes de sa vie. Il accepta avec réticence de prêter allégeance à Urza, mais jura qu’il le haïrait à jamais. Ensemble, Urza et Gerrard scellèrent le portail Phyrexian, détruisant l'artefact qui avait lié les deux mondes durant plus de neuf mille ans. Mais au lendemain de la bataille, les forces de la Coalition ne connurent qu’une bien trop courte période de répit. Urza, Gerrard Capashen, Eladamri et le commandant Agnate joignirent définitivement leurs forces et firent des préparatifs afin de contrer la seconde vague de l’invasion…Ils se doutaient qu’elle arriverait bien plus tôt que prévue.

Quelques jours plus tard, l’impensable se produisit. En un instant, les sables du désert de Koïlos se transmutèrent en une forme de minéral liquide qui n’était que bien trop familier aux yeux d’Eladamri : la fluipierre. Le plan de Rajh était en train de se déverser dans Dominaria, apportant avec elle des milliards d’horreurs Phyrexiannes. Les forces de la Coalition, épuisées par la précédente bataille, n’avaient que très peu de chances face à ces abominations. Eladamri rallia ses forces surnommées les Feuilles d’Acier, mais sans trop de conviction, car il était persuadé que cette bataille serait la dernière qu’il livrerait : seule la mort semblait attendre la lutte avec impatience, réclamant les victimes qui bientôt joncheraient la fine poussière blanche de Koïlos…Mais c’était sans compter l’ingéniosité de l’Arpenteur Urza.



Rajh se déverse impitoyablement dans Dominaria



Encore une fois, le paysage se métamorphosa, et une vague de froid assassin les empoigna : Eladamri, Line Sivvi, et les elfes de Llanowar contemplaient maintenant un vaste panorama de plaines glaciales dégageant une oppressante aura d’hostilité. Mais plus stupéfiante encore fut la découverte qui s’imposa presque immédiatement aux yeux d’Eladamri : la forêt de Linciel, son plus cher foyer, s’était déversée dans cette contrée. Eladamri pénétra dans la forêt, retrouvant tous les amis chers qu’il avait abandonné ; eux-mêmes, jusqu’à présent totalement désorientés, furent bien heureux de retrouver leur Korvecdal. Alors que les elfes semblassent sur le point de mourir de froid, l’Arpenteuse Freyalise, divinité de Llanowar, apparut vers Eladamri. Freyalise, à la suite d’un éclair de génie de la part d’Urza, avait téléporté les forces du seigneur des frondaisons sur cette nouvelle terre nommé Keld, tandis que Gerrard et l’armé d’Agnate avaient été transportés dans les Marais d’Urborg : chacun aurait à combattre les Phyrexians pour reconquérir ces deux terres.
Eladamri convainquit Freyalise d’utiliser son potentiel illimité de magie afin d’empêcher les elfes de finir congelés par le climat. En retour, l’Arpenteuse demande au Seigneur des Frondaisons de devenir le défenseur de la population Kelde, les protégeant de l’invasion par n’importe quel moyen.

Quelques jours plus tard, Eladamri obtint une audience auprès de trois dirigeant Keldes : le seigneur de guerre Astor, ainsi que les doyens Olvresk et Tajamin acceptèrent avec force méfiance l’aide d’Eladamri. Ensemble les forces de Keld, Linciel et Llanowar combattraient les Phyrexians pour le contrôle de la légendaire Nécropole Kelde. Tajamin enseigna à leurs alliés la Prophétie du Crépuscule, selon laquelle les véritables héros de Keld de ressusciteraient d'entre les morts pour combattre contre les envahisseurs d'un autre monde. Bien que la lassitude d’Eladamri à l’égard des prophéties ne connusse pas de fin, il convint avec ironie qu’une aide d’outre-tombe ne serait pas de trop contre l’invasion...Car au loin, deux cent mille Phyrexian approchaient à une allure dantesque, éclipsant par leur nombre l’imposante armée Kelde et elfique.

La guerre pour la Nécropole fit rage durant plusieurs jours. Les défenseurs subirent d’horribles pertes, mais continuèrent désespérément de repousser les envahisseurs. Enfin, une foule d'elfes et Keldes réussirent à atteindre la Nécropole, mais il était évident que les Phyrexians reprendraient très bientôt l’avantage : la bataille semblait d’ors et déjà perdue. C’est alors que la terre se mit à trembler comme si d’innombrables corps se démenaient pour s’extirper de leur tombeau : la Prophétie du crépuscule s’avérait véridique. Les seigneurs de guerre Keldes depuis longtemps ensevelis sous la Nécropole émergeaient maintenant de leurs tombes par milliers.
Hélas, la Prophétie avait omis de mentionner de quel côté se rangeraient les morts-vivant : à peine sortis de terre, les défunts combattirent aux côtés des Phyrexians, exterminant leurs arrières petits enfants sans aucune retenue.

Tajamin vomit des mots de blasphème à l’encontre des chefs de guerre qui tuaient leur propre peuple, aux côtés de la Phyrexian démons. En désespoir de cause, elle jeta par terre son gourdin ancestral, un artefact lié à de nombreuses légendes, reniant par là son dévouement envers les prophéties de son peuple. Un fait stupéfiant se produisit, bien plus étrange encore que ce qui avait précédé : au moment même où l’arme légendaire heurta le sol givré, une éruption volcanique rivalisant avec celles de Rajh jaillit du sommet de la Nécropole et engloutit tout sur son passage. Dans l'explosion, des milliers de Keldes, elfes et Phyrexians furent engloutis sous la lave et disparurent à jamais. Eladamri et Sivvi exhortèrent Tajamin à fuir, mais la Kelde s’entêta à vouloir affronter les mort-vivants traîtres à leur sang et les deux elfes durent la laisser en arrière. Il fallait pourtant se rendre à l’évidence : la bataille était terminée ; rassemblant un maximum d’équipement en un temps record, le Seigneur des Frondaisons et son épouse dévalèrent la montagne de la Nécropole, la lave les talonnant à quelques centimètres. Pour finir, les deux époux n’eurent d’autre choix que de se jeter dans les eaux gelées de Kelde pour échapper au magma destructeur.

Alors que le froid les torturait au-delà des mots, Eladamri et Sivvi aperçurent un bateau qui s’offrait à eux à quelques mètres en aval du torrent : l’Argosy Doré, navire Kelde jadis construit comme tombeau pour le premier seigneur de la guerre Kradak, dérivait comme par miracle et s’offrait à eux à quelques mètres en aval du torrent. Eladamri crut que son esprit persécuté par le froid lui jouait des tours…Ou peut-être le navire mortuaire était-il là pour l'emmener dans l'au-delà ? Désireux de trouver un repos bien mérité au pays des morts, l’elfe lâcha la main de Sivvi et s’abandonna aux flots glacials...

Mais lorsque le Seigneur des Frondaisons ouvrit enfin les yeux, il était à bord de l’Argosy Doré en compagnie de Line Sivvi et des trois seigneurs Keldes miraculeusement rescapés, Olvresk, Tajamin et Astor. Tajamin informa Eladamri que la Prophétie du Crépuscule allait enfin leur être utile. Le gourdin ancestral avait rempli son rôle : l’éruption qu’il avait déclenché avait fait de nombreux morts dans les rangs Keldes, et c’était bien eux les véritables guerriers défunts qui allait combattre à leurs côtés. La Prophétie ne s’était tout simplement pas entièrement déroulée. Ce qu’elle n’avait pas expliqué, c'est que les vrais guerriers de Keld long n’étaient pas les morts-vivants depuis longtemps enterrés, mais les résistants et leurs alliés engloutis par l’éruption, des elfes dont Keld était devenu le funèbre foyer. L’équipage restreint descendit le long du fleuve tumultueux à bord de l’Argosy afin de rejoindre les Marais d’Urborg et de prêter main forte à la Coalition, laissant aux morts le soin de laver leur honneur dans le sang des Phyrexians survivants qui recouvrirait bientôt le sol de la Nécropole...

Le bateau funèbre atteignit enfin son but, débarquant sur les rives du marécage fétide d’Urborg. Ici se conclurait l’ultime bataille contre l’invasion Phyrexianne et tous devraient lutter pour éviter la destruction de Dominaria. Au loin se dressait une vision d’horreur qu’Eladamri espérait bien ne plus jamais revoir : la Forteresse, qui après tout trouvait bien sa place dans ce territoire gorgé de mana noir, avait également été transplantée depuis Rajh. Depuis longtemps symbole de l’oppression Rajhie, le fort été apparu dès le début de l’invasion ; mais à la vue du bastion, la détermination d’Eladamri fut démultipliée : il combattait enfin pour une cause qui était sienne, et était bien décidé à mettre fin à cette tyrannie séculaire.



Les Marais d'Urborg, terres gorgées de mana noir et hébergeurs de la redoutable Forteresse



« La Forteresse. Nous assiègerons ce bastion du mal et le plongerons dans les profondeurs infernales…Qu’elle soit détruite une bonne fois pour toute et de détruire la forteresse une fois pour toutes. »
- Eladamri


Eladamri et ses alliés combattirent de toutes leurs forces afin de se frayer un chemin à travers les rangs Phyrexians, espérant désespérément croiser d’autres amis sur leur chemin…Et rejoignirent le camp de la Coalition. Des soldats Métathrans étaient présents sur l'île, mais leur commandant Agnate demeurait introuvable ; le minotaure Grizzlegom ses forces en attendant de le retrouver. Eladamri et Grizzlegom scellèrent une alliance, et d’autres alliés tout aussi inattendus apparurent : les Kavrus, d’étranges lézard à six pattes de Yavimaya, saisissaient et dévoraient les Phyrexians comme s’ils n’étaient rien d'autre qu’un repas. Eladamri constatait l'absurdité d’une guerre qui ne le concernait qu’à moitié, mais savait qu’il ne viendrait en aucun cas à rendre les armes. Elfes et Keldes, Métathrans et minotaure et s’unirent ainsi pour la défense d'une friche putride.

Dans le ciel apparut alors les Cinq légendaires Dragons Primitifs, qui hélas ne semblaient pas décidé à lutter contre les Phyrexians. Bien au contraire, leur meneur Rhammidarigaaz s’était laissé envahir par l’ivresse d’un pouvoir démesuré et par pure folie décida de s’en prendre à l’Aquilon. Après une bataille épique et le sacrifice du chef des dragons honteux, les quatre autres primitifs furent abattus, mais le navire de Gerrard Capashen était gravement endommagé. L’Aquilon se trouvait maintenant vulnérable, et une légion de Phyrexians se jeta avidement sur sa carcasse.

Eladamri et les forces de Grizzlegom se ruèrent à la défense du vaisseau, et réussirent repousser les Phyrexians. Pendant que le navire subissait quelques réparations de fortune, les forces de la Coalition continuèrent à lutter de toutes leurs forces et les abominations de Phyrexia finirent par refluer jusqu’à la herse de la Forteresse. Toutefois, il devint rapidement évident qu’ils ne pourraient pas être repoussés plus loin. Apparemment, la tactique du vampire Crovax, devenu le nouvel Incarmal, était de garder les forces d’Eladamri à distance, leur incitant ainsi à conserver le contrôle des marécages ; ainsi dispersés sur un vaste territoire sans cesse menacé, ils n’étaient pas assez soudés pour s’attaquer à la Forteresse elle-même.

D’inquiétantes perturbations secouèrent le volcan que dominait la Forteresse…Mais malgré l’éruption qui semblait imminente, il fallait pourtant museler le site à tout prix. Alors que les forces de la Coalition tenaient un siège, Eladamri, Sivvi et Grizzlegom cherchèrent un autre chemin à travers les nombreuses crevasses du volcan. Ils en trouvèrent finalement une, sans doute récemment occasionnée par les petits tremblements de terre. Les dizaines d’étranges créatures unies sous la bannière de Dominaria et connues sous le nom nains usèrent alors de leurs étranges pouvoirs sismiques afin d’agrandir la faille qui pouvait maintenant laisser passer quelques guerriers. Eladamri conclut immédiatement une alliance avec ces étranges petits hommes, promettant de les protéger au cours de l’asseau en échange de leur coopération pour élargir les crevasses menant à la Forteresse.

Tenant sa promesse, Eladamri servit de garde du corps aux nains et la Coalition submergea tel un ouragan les souterrains de la Forteresse, en dépit des efforts incessant des Phyrexians, des moggs et de Crovax en personne visant à les stopper.
La Herse était en vue. Un an auparavant, Eladamri avait tenté de prendre d'assaut cette porte avec son peuple ainsi que les tribus il-Vec et il-Dal, mais n’avaient remporté qu’un échec cuisant. Mais aujourd’hui, grâce à l’aide des armées Bénalianes ainsi que des minotaures, elfes et Métathrans, la victoire leur serait acquise. Décidé à mettre en œuvre l’un des plans les plus brillants de son épouse, Eladamri ordonna qu’on empile le corps des cadavres Phyrexians contre l’imposant portail. Sachant très volatile l'huile scintillante qui faisait office de sang chez l’organisme Phyrexian, le Seigneur des Frondaisons mit le feu aux carcasses qui explosèrent en faisant littéralement sauter la herse. Avec un rugissement de joie, la Coalition se rua à l’intérieur du bastion infernal...

…Et la Forteresse fut leur ; Eladamri venait de réaliser son rêve de toujours : anéantir le symbole d’une tyrannie qui avait opprimé leur peuple durant de nombreux siècles. Empli une ardeur nouvelle, le Seigneur des Frondaisons mena ses hommes jusqu’à la Chambre des Cartes : comme tout avait commencé dans cette salle, tout devait maintenant s’y conclure. Mais en affichant une vision holographique de Dominaria, Eladamri se figea devant l’horreur de la situation. Zhalfir et Shiv, deux territoires d’ampleur non négligeables, s’étaient évaporé de la carte comme s’ils n’avaient jamais existé...
Mais bien pire encore, le ciel du plan tout entier commençait à se couvrir d’un immense nuage noir comme la nuit et dégageant une aura méphitique et délétère. Oui, la Forteresse était leur, mais le maître de Phyrexia, le Dieu Sombre avait trouvé un moyen de pénétrer dans Dominaria.

« Yaugzebul…Nous sommes perdus. »
- Eladamri


Dans un accès de rage bien compréhensible, Grizzlegom détruisit violemment la machine. Mais il ne fallait pas abandonner maintenant ; tout pouvait encore se jouer.

La Coalition se dirigea vers la Salle du Trône de Crovax pour tenter d’anéantir le vampire, mais se trouvèrent confrontés à une vision des plus étranges : Gerrard Capashen, mystérieusement disparu depuis l’attaque des Cinq Primitifs, se tenait au centre de la salle, la tête d’Urza, tranchée, transparente mais pourtant bien vivante, lévitant à ses côtés. Eladamri manquait d’explications pour comprendre qu’elle terrible lutte avait valu ce sort à l’Arpenteur, mais cela était de peu d’importance comparé à l’allégresse qui s’empara de lui : Le cadavre aux vertèbres sectionnées de Crovax gisait sur le trône, et son sang ruisselait de l’épée de Gerrard. Le terrible vampire n’était plus, car Gerrard lui avait apporté la paix.

Gerrard prit le commandement et tenta de faire évacuer la Coalition, mais la forteresse n’en avait pas terminé avec eux et ils furent ralentis par quelques poches de résistances moggs…Des moggs mort-vivants, ce qui ne pouvait signifier qu’une chose : Yaugzebul arrivait. Peu à peu, le nuage noir pénétra dans la Forteresse, tuant tous ceux qu'il touchait et les réanimant sous forme de zombies : effrayés par cette vision de cauchemar, Eladamri, Gerrard et le reste de l’équipage se sentirent pousser des ailes et coururent se réfugier sur l’Aquilon.

Le navire s’envola haut dans les cieux, mais il n’était parcelle de ciel où Yaugzebul n’eusse pas posé sa marque immonde : Dominaria semblait engluée dans une encre sauvage et diabolique. Gerrard décida d’attaquer un navire Phyrexian, un énorme vaisseau assez grand pour écraser le volcan. L’Aquilon éperonna le navire qui alla heurter le volcan…Mais cela fut d’une utilité totale. Yaugzebul put s’échapper en passant à travers la terre, matière inerte qui constituait son élément. Grizzlegom, Eladamri et Line Sivvi demandèrent au capitaine de les laisser combattre contre les mort-vivants, ne serait-ce que pour faire quelque chose d’utile. Gerrard hésita à laisser ses précieux amis au milieu d’un tel carnage, mais ne put qu’accepter, les déposant au cœur de la Yavimaya.



L'Aquilon se prépare à une ultime confrontation...



Eladamri et son épouse combattirent alors aux côtés des sylvains, tentant de préserver la seule chose qui importait vraiment à son cœur d’elfe : la nature. Toutefois, il apparut vite que ce combat serait le dernier. Yaugzebul réanimait mort après mort, et son armée innombrable ne semblait pas connaître de limite –elle n’en avait pas ! Perché en haut des branches d’un sylvain, Eladamri et Sivvi se rendirent compte de la gravité de la situation : le nuage de mort englobait tout Dominaria. Prenant la main de son épouse Sivvi, Eladamri sauta et mourut bravement, refusant de périr par la main du Dieu Sombre. Avec ce choix, il prouva une dernière fois son courage, luttant pour liberté jusque dans cette ultime confrontation…

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