Article Magic : Barrin

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Barrin

Type : L'Univers Magic

Catégorie : Biographie des personnages

Posté le 22/01/2009 par Nemooo

Maître Sorcier, héros de Dominaria, fondeur de l'Académie Tolarianne...
On peut -ou du moins on pourrait- attribuer bon nombre de titres élogieux au mage Barrin. Ce natif du kjeldor contribua en effet grandement à sauver Dominaria de l'invasion Phyrexianne. Mais il fut aussi l'enseignant de bon nombre des mages les plus puissants du Multivers, comme l'Arpenteur Téfeiri, et fut également l'ami d'un être pourtant froid et distant : Urza.
Toute sa vie, Barrin accumula des connaissances et un pouvoir redoutables, mais resta modeste ; sa puissance servait non pas à gouverner mais à défendre ceux qui lui était chers. Mais en faisant confiance à Urza, il perdit tout ce qu'il avait essayé de bâtir, et bien plus encore lorsque arrivèrent les Phyrexians...

Avec Barrin, c'est un nouveau pan de la mystérieuse magie bleue qui est révélé ; un héritage incroyable issu d'une storyline, ancienne certes, mais qui est à la base de nombreuses histoires chacune digne de la plus grande épopée. Alors écartez les règles et les cartes qui vous servent à jouer, et parcourez Terisiare, Tolaria, Keld, Shiv ou encore Urborg aux côtés du plus incroyable sorcier qu'ait jamais porté Dominaria !

Barrin, ou le récit de Tolaria





Gerrard Capashen, l’Arpenteur Urza... Comme tous les autres plans d’existence, Dominaria a sa part de héros, qui donnèrent leur vie pour sauver ce qui leur était cher. Mais même les plus braves restent parfois dans l’ombre ; car si leur rôle fut déterminant, ils n’ont jamais souhaité apparaître directement au sein des grandes batailles et des duels épiques. Le Maître Sorcier Barrin fut l’un deux.

Barrin naquit dans le Kjeldor sous le nom de Barrinalo ; il ne possédait alors pas un grand talent magique, et se contentait de travailler comme humble scribe pour une guilde locale : la Maison des Lettres. Son destin bascula cependant lorsque la guilde fut choisie pour recopier les dernières recherche du plus puissant sorcier de Kjeld, le prodige Pharon, bientôt amené à trépasser. Barrinalo, ainsi que divers autres scribes de sa guilde, s’impatientaient à l’idée de retranscrire la sagesse illimitée et les prouesses magiques du grand mage. Car évidemment, il y avait beaucoup plus à la clef qu’une simple prise de note. La Chambre de Lettres n’était qu’un simple pion entre les mains des mages Kjeldoriens, qui souhaitaient à tout prix acquérir ces recherches.
Un sort en particulier, celui d’Oblitération, était selon les rumeurs en possession de Pharon. Ce sort dévastateur, qui avait permis à Urza de désintégrer la majeure partie d’Argoth lors de la Guerre des Frères, deviendrait une effroyable arme de répression s’il venait à tomber entre de mauvaises mains. Pharon, alors à l’agonie, savait ce qu’il en serait et utilisa ses dons de prédiction pour entrevoir l’avenir du seul scribe qui lui semblait alors dénué de malice : Barrinalo. Le vieux mage découvrit que ce dernier était appelé à devenir un puissant magicien, dont les capacités terrifiantes dépasseraient de loin les siennes.

Pharon décida dès lors de confier tous ses secrets à Barrinalo, y compris l’abominable sort d’Oblitération. Bien que surpris et dérouté par ces étonnantes prémonitions, le jeune scribe commença à suivre un apprentissage des arts de la magie. Mais les jours de Pharon étaient comptés : le mage prodige décéda quelques jours avant d’avoir eu le temps d’achever son enseignement. Plus rien ne retenait désormais Barrinalo en ces lieux.
Avant de quitter la capitale cependant, le scribe dut renoncer à son nom, un emprunt fait à la Chambre des Lettres. Et par un insignifiant mais déterminant hasard, son encrier se fracassa sur le sol avant que son nom ne fût complètement écrit sur le registre de la guilde. Ce jour-là, Barrinalo disparut et Barrin fit ses premiers pas vers une existence amenée à durer plusieurs siècles.

« La connaissance ne coûte pas plus cher que l'ignorance, et se révèle au moins aussi satisfaisante. »
- Barrin


Barrin termina sans trop de difficultés son apprentissage de la magie, isolé dans les marais de Terisiare. Grâce à son affinité pour le mana, il prolongea sa vie durant d’innombrables années, jusqu'à ce que l’Ère Glaciaire prenne fin. Alors que ses études touchaient à leur fin, il attira l'attention de l'un des plus puissants et ambitieux êtres du Multivers: l’Arpenteur Urza. Figure quasi-mythologique, Urza avait bien malgré lui été le responsable du redoutable âge de glace qui frappait le plan. L’Arpenteur lui fit part de ses voyages et de ses terribles découvertes : une force obscure menaçait Dominaria et ses habitants, une force qui avait provoqué la Guerre des Frères et corrompu le frère d’Urza. Ces Phyrexians, des monstres mi-vivants mi-machines, projetaient une invasion de Dominaria aux conséquences apocalyptiques. Urza parla de Phyrexia, ce plan macabre, source des cauchemars qui viendraient par la suite hanter des générations d’innocents.

Malgré ces propos catastrophiques, le sérieux d'Urza était indéniable et ses mots n’exprimaient que la pure vérité. Urza persuada Barrin qu’il était un mage aux pouvoirs sans précédent et qu’il pourrait devenir un atout important face à l’invasion prochaine du plan. L’Arpenteur révéla son plan : bâtir la plus grandiose des écoles de magie, où se formeraient l’élite des sorciers et où se rassembleraient les plus grands esprits de Dominaria ; tout cela afin de créer une force considérable prête à repousser les Phyrexians. Submergé par ces informations effroyables, Barrin accepta immédiatement de devenir le bras droit d’Urza. Il ne pouvait pas savoir le prix qu'il paierait pour cette fidélité.

Les prochaines décennies furent consacrées à la construction de la célèbre Académie Tolariane, située sur la lointaine île de Tolaria. Les efforts répétés des deux fondateurs finirent par porter leurs fruits, et bientôt, les esprits les plus brillants de Dominaria affluèrent des quatre coins du plan. Deux étudiants en particulier, Téfeiri et Djoïra des Guitüks, étaient assurés de devenir des prodiges grâce à leurs études acharnées. Toutefois, Barrin ne perdit jamais de vue le véritable objectif d'Urza. L’Arpenteur se contentait de soutenir l'Académie sous le nom de Malzra, de peur que les descendants d’Argoth et des terres gelées par sa faute ne se rebellent en découvrant sa véritable identité. Le plan destiné à contrer la future invasion impliquait la construction d'une machine à remonter le temps, capable de transporter un homme près de 8000 ans dans le passé lors de l’ère de l'Empire Thran. Là, le voyageur pourrait avertir les Thrans de ne pas se fier intégralement aux artefacts ni à l’homme qui avait engendré les Phyrexians : le Dieu Sombre Yaugzebul.
Mais Urza consacrait également son temps à la construction de l’Héritage, une série d’artefacts qui, dans un futur lointain, seraient un appui considérable face à l’invasion.



L'Académie Tolariane, siège d'une magie puissante.



La première étape du plan d'Urza consista en la création d'un artefact conscient et capable de résister aux pressions intenses du voyage dans le temps. Ce golem d’argent, baptisé «Probe 1», se révéla capable d’évoluer quelle que soit les épreuves auxquelles le soumettait Urza. Cette progression était possible grâce à l’implantation de la Pierrecoeur, un artefact appartenant autrefois à un agent Phyrexian rebelle dont Urza s’était fait un allié. La création du golem et son comportement humaniste s’avéra être un succès phénoménal, mais s’il conserva en dépit des efforts d’Urza une mentalité plutôt pacifique et infantile. Barrin et Urza convinrent que la meilleure façon de faire évoluer le golem était de le placer au sein de l’Académie, afin de le faire interagir avec les étudiants. Barrin fut cependant alarmé par la négligence de l’Arpenteur par rapport à son rôle de père éducatif. Il semblait au Maître Sorcier qu’Urza estimât cette création aussi futile qu’une autre de ses machines, et non pas aussi importante qu’un être ayant désespérément besoin d’amour.

Les jours passèrent et enfin Probe 1 fut enfin mis au courant de la raison de sa création. Il entra dans la machine à remonter le temps et put revenir quelques semaines en arrière…et fut traumatisé en assistant à sa propre création. Une fois de retour, le golem entra dans un cycle dépressif, sachant qu'il était une machine et non pas un être unique. Cela irrita Urza au plus point ; révolté par sa réaction méprisante, Barrin décida de confier Probe 1 aux soins de Djoïra, de loin plus sensible que son supérieur.

« Tu n’as pas de mère. Tu n'as pas de père non plus d’ailleurs. Tu as deux créateurs, ce qui n’est pas du tout la même chose. Aucun de nous deux ne sait comment te réconforter ou te rassurer. Si tu as trop d’exigences, nous pourrions même te considérer comme défectueux. C’est injuste, mais c’est ainsi : tu as été conçu pour être un outil, pas une personne. Nous ne t’avons pas engendré pour être aimé, mais pour nous sauver. »
- Urza, à Probe 1.


Quelques jours plus tard, Barrin discuta d’un tout autre sujet avec l’Arpenteur. Le Maître Sorcier estimait qu’Urza était beaucoup trop confiant avec certains des étudiants les plus gênants, en particulier le jeune Téfeiri ; cet élément chahuteur était tout à fait capable de pousser le golem à bout ; vu son comportement étrange, il s’agissait peut-être même d’un traître au service de Phyrexia. Mais Urza estima que si jamais un novice tel que Téfeiri réussissait à blesser ou à désactiver le golem, ce dernier n’aurait de toute façon pas été à la hauteur de sa tâche. Barrin s’alarmait donc de plus en plus face au mépris d'Urza, qui risquait d’ailleurs d’affecter davantage le golem. Ses craintes furent toutefois mises de côté après une visite de Djoïra. La brave Guitûke et le golem s’étaient véritablement liés d’amitié. Djoïra jugea même bon de donner au golem un vrai nom, et le baptisa Karn, après l'ancien mot Thran signifiant « puissant ».

Barrin et Urza poursuivirent leurs expériences, remportant cependant un succès très limité. Karn ne fut pas en mesure de voyager plus de quelques semaines, et les manipulations de la trame spatio-temporelle avaient déjà eu des effets désastreux sur les étudiants. Des maladies étranges se développaient, ainsi que d'étranges anomalies spatiales. Pourtant, l’insistance d’Urza ne souffrait d’aucune limite ; il fallait selon lui réussir cette manœuvre, quel que soit le prix à payer. Quelques épidémies s’avéreraient bien futiles face à l’invasion Phyrexianne.
Barrin remarqua aussi un étrange pendentif donné à Karn par sa nouvelle amie Djoïra, et Urza, au comble de l’inquiétude, ordonna fiévreusement qu’on analyse l’objet. Il fut alarmé par le fait que le métal était indéniablement d’origine Thran, ce qui aurait dû être impossible vu la patrie de Djoïra.

Les semaines s’écoulèrent et Tolaria fut confrontée à un évènement inattendu. Le rebelle Téfeiri avait tenté de se glisser à l'extérieur de l'Académie au cours de la nuit. Urza confirma à Barrin qu'il pouvait sentir une présence Phyrexianne quelque part sur l'île, et Téfeiri semblait le coupable idéal. Djoïra vola au secours de Téfeiri, arguant que l’étudiant avait seulement essayé d’attrapé un oiseau rare dans l’espoir d’attirer l’attention. Barrin et Urza restèrent sceptique, mais il fut convenu que Téfeiri ne représentait pas une menace immédiate.

« Téfeiri est un étudiant à problème. Toujours en retard. Aucune mémoire pour son emploi du temps. Et entre autes bêtises, je ne comprends pas pourquoi il travaille d'arrache-pied sur un dispositif destiné à dupliquer un son aussi facilement produit avec la main et l'aisselle. »
- Barrin, rapport de progrès.


Quelques jours après cet incident, apparemment innocent, Tolaria fut littéralement déchirée ; soumise à d’insoutenables radiations temporelles, la petite île connut un véritable bouleversement. Apparemment, le golem d'argent Karn avait de nouveau voyagé dans le temps pour empêcher une incursion Phyrexianne au sein de l'Académie. Bien que ni Urza ni Barrin ne puissent s’en souvenir –les fluctuations du temps perturbant leur mémoire-, l’un d’eux avait sûrement envoyé Karn dans le temps pour contrer une invasion de l’Académie qui eût été fatale. Toutefois, les dommages causés à l’île furent tout aussi catastrophique. La trame du temps se déchira, et Tolaria ne put contenir l'afflux massif d'énergie. Urza, Barrin, et Karn réussirent à se localiser les uns les autres, mais ne purent sauver qu’une poignée d'étudiants et d'universitaires. Mais le sort de l’île était plus critique encore. Tolaria n'était plus désormais en phase avec le passage du temps, et ce dernier s’écoulait maintenant différemment selon les poches temporelles qui la divisaient. Sur une partie de l'île, les jours s’écoulaient en quelques secondes, alors que qu’ailleurs, l'horrible catastrophe se répétait en boucle. Urza promit d’y remédier, mais savait que Tolaria était maintenant au-delà de son influence.



Les fluctuations anéantisse le cours spatio-temporel de Tolaria, provoquant un cataclysme irrémédiable...



« Le temps coule comme une rivière. Par analogie, à Tolaria, nous pratiquons l'art de la construction de barrages. »
-Barrin


Barrin, Urza, Karn et les survivants parcoururent la mer à bord du Nouveau Tolarian, un navire démesuré qui fit office d’Académie temporaire. Les études se déroulèrent comme si rien ne s’était passé sur le navire durant quelques années, jusqu'à ce qu’Urza ne s’engage à revenir sur Tolaria et à rétablir ce qui avait été brisé par sa faute.

Barrin et les étudiants commencèrent à explorer l'île, mais la remettre en état serait une tâche longue et ardue. La myriade de flux temporels s’avéra bien plus dangereuse que prévue ; certaines énergies instables pouvaient même tuer Barrin et les étudiants en une fraction de seconde. Malgré les avertissements d'Urza, plus d’un étudiant mourut durant les premiers jours de l'exploration. Heureusement, une bonne surprise vint dissiper le malheur des arrivants : Djoïra était vivante.

Djoïra avait vécu sur Tolaria ces dernières années, tâchant de devenir plus forte et puissante en l'absence de se maîtres ; la jeune mage accomplie proposa de les aider dans leur excursion. Barrin découvrit que Tolaria accueillait maintenant des dizaines de civilisations, conséquence des générations alternatives qui s'étaient développées au cours de ces quelques années. D'autres zones s’étaient figées et montraient encore toute l’étendue du désastre ; ainsi, des dizaines d’étudiants parmi lesquels Téfeiri s’étaient retrouvés totalement paralysés. Malgré toutes ces horreurs, Tolaria était maintenant l'hôte d'un véritable jardin d’éden ; ce lieu, que Djoïra avait nommé le Bois des Anges, semblait totalement dénué de défauts.

Mais s’il rassemblait en son sein tout le mana blanc de Tolaria, ce paradis tranchait immanquablement avec le Crâne du Géant. Les envahisseurs Phyrexians avaient été pris au piège dans cet espace-temps accéléré. Par conséquent, le temps s’écoulait dix fois plus vite pour les captifs, leur permettant de se préparer pour la guerre qui viendrait bien des siècles plus tard. Barrin ne manqua pas de remarquer une telle ironie : en essayant d'empêcher une invasion Phyrexianne, Urza avait créé une autre espèce de Phyrexians ayant à disposition de nombreuses années à préparation. Dissimulé dans l'obscurité, un agent en sommeil nommé Kerrick préparait ses forces pour une autre invasion de l’Académie. Kerrick était un Phyrexian ambitieux, et attendait depuis longtemps l’occasion de se confronter à Urza.

Barrin et les étudiants décidèrent alors de construire une nouvelle Académie, plus un monument en l'honneur de ceux qui perdirent leur vie lors de la catastrophe qu’un véritable lieu d’enseignement. Urza lui-même supervisa la construction d'un monument à la mémoire de Téfeiri, un jeune garçon dont le génie n’aurait plus jamais l’occasion de s'épanouir. Les années passèrent et la nouvelle Académie commença à prendre de l’ampleur. Urza se mit à construire des machines de guerre qu’il pensait ne plus avoir à recréer après la Guerre des Frères. L’Arpenteur estimait le problème du Crâne du Géant devait être au plus vite résolu, car les conséquences seraient catastrophiques si les Phyrexians trouvaient un moyen de rompre avec leur propre cocon temporel. Mais le raid d’Urza sur les habitants du Crâne se révéla être un échec total : à cause du temps accéléré, il suffisait de quelques jours aux forces Phyrexiannes pour se reconstituer. Comble du malheur, Djoïra fut gravement blessée durant l’attaque.

Années passèrent sans qu’aucun camp ne puisse l’emporter. En raison de la consommation d’eau bombardée par les radiations temporelles, ses habitants furent dotés d’une espérance de vie incroyablement longue. Urza se pencha sur la construction des ornithoptères, ces artefacts meurtriers hérité de l’Empire Thran et de la Guerre des Frères. Mais Djoïra ne semblait pas pouvoir sortir de son état comateux. Karn passa des mois entiers à son chevée ; et ses prières muettes finirent porter leurs fruits. Djoïra se réveilla en pleine forme, convaincue qu'elle avait résolu l'énigme du temps grâce à une révélation. Ses calculs providentiels se révélèrent sans faille, et avec l’aide d’Urza, le jeune Téfeiri -ainsi que bien d’autres- fut renvoyé dans le cours du temps normal, plus jeune et impétueux que jamais.



Les formidables talents de Djoïra finissent par avoir raison de la bulle temporelle.



Durant cette heureuse période, Barrin prit sur lui d'essayer et tenta de réitérer les expériences temporelles dans le dos de l’Arpenteur. Il usa de son immense talent magique afin de convoquer un être supérieur, un dieu omniscient qui lui révélerait comment franchir les limites de temps. À cause de cette tentative, Barrin permit involontairement à une sorte de spectre monstrueux de circuler librement dans l’espace-temps et de faire irruption dans l’Académie. Barrin et un autre étudiant furent attaqués par la pitoyable créature, qui désirait seulement retrouver sa juste paix dans les Éternités Aveugles. L'élève fut sauvagement abattu, et ce n’est que grâce à l'intervention d'Urza que Barrin put triompher...

Près d'une décennie plus tard, Urza termina la construction des ornithoptères et lança une seconde salve destructrice sur les rangs Phyrexians. Sa deuxième tentative fut encore plus dévastatrice, mais là encore, les forces de Kerrick réagirent beaucoup trop rapidement. Non seulement l’agent en sommeil réussit à détruire le navire de guerre d’Urza, mais il fut à même de retourner les ornithoptères contre leur créature par quelques procédés occultes. Barrin et le reste de ses étudiants ne purent secourir l’Arpenteur maintenant à terre, mais Karn profita de son corps d’argent pour se glisser dans le cocon temporel sans être affectés par les ravages du temps. Des milliers d’ornithoptères fondirent sur Urza, l’obligeant à puiser dans ses dernières ressources. Finalement, tous ses sorts furent épuisés et Karn dut l’évacuer de la zone de guerre. Kerrick, dont le nom était devenu K'rrik, se trouvait désormais en possession d'un véritable arsenal dépassant de loin les forces d'Urza.



Une bataille acharnée, mais qui semble perdue d'avance...



Urza en eut finalement assez. Il révéla sa véritable identité aux étudiants, et promit une nouvelle fois de les débarrasser des Phyrexians. Mais pour créer une arme assez puissante, l’Arpenteur se devait de voyager dans Dominaria à la recherche d'artefacts capables de défendre l'ensemble du plan. Il commencé sa recherche dans les terres volcaniques de Shiv, la lointaine patrie de Djoïra. Barrin fut chargé de veiller sur l’île, prenant sur ses épaules le fardeau de plusieurs milliers d'étudiants et d'universitaires.

À daté de ce jour, Barrin ne connut que les affres de la guerre. Afin de protéger l’île qui lui était désormais si chère, il endossa le rôle de général dans les armées mécaniques d’Urza, affrontant sans répit les forces Phyrexiannes. Urza revenait de temps à autres à Tolaria, mais seulement pour se munir de matériel. L’Arpenteur avait découvert une nouvelle race de lézards humanoïdes, les Viashinos, qui jusque là passaient leur temps à lutter contre les gobelins à proximité d’une réserve Thran de Lithoforces. Ces pierres ancestrales constituaient une source non négligeable d’énergie qu’Urza comptait bien exploiter. L’Arpenteur avait d’ailleurs déjà commencé à unir les Viashinos et les gobelins, usant de cette force commune pour extraire rapidement les Lithoforces. Il emmena avec lui Karn, Djoïra et Téfeiri, laissant Barrin seul face à l’interminable siège de Tolaria.

Urza laissa à Barrin un message expliquant qu’il explorerait prochainement la forêt de la Yavimaya, et tenterait de recruter des alliés pour soutenir Tolaria. Barrin continua de protéger l’île pendant des années, jusqu'à ce que tout espoir ne fût perdu. Le Maître Sorcier commença à croire que la Yavimaya avait englouti Urza, car l’Arpenteur n'était jamais revenu de son voyage. Tolaria était en train de succomber aux invasions, et ne tiendrait pas plus de quelques mois. Barrin activa un flambeau d’appel qu’Urza lui avait donné il bien des siècles auparavant, mais l’Arpenteur n’apparut pas. Les dernières défenses de l’île s'effondrèrent...

…Mais le destin de Tolaria n’était pas encore scellé. Les prières de Barrin furent exaucées, et Urza revint à Tolaria, une imposante armée de Viashinos et de gobelins à ses côtés. En outre, l’Arpenteur amenait avec lui deux puissants dragons Shivâns, Darigaaz l’embraseur et sa mère Gherridarigaaz. Rassurées par l’appui de tels alliés, les forces de Barrin combattirent avec une ardeur renouvelée. En fin de compte, Urza remporta la bataille grâce à l’aide du Maro-sorcier Multani. Les Phyrexians semblaient définitivement chassés de Tolaria, et Urza avait obtenu les alliés nécessaires pour défendre Dominaria. Toutefois, cette victoire eut un arrière-goût amer. Juste avant de tuer le monstre K'rrik, l’Arpenteur apprit que les Phyrexians avaient assiégé le Royaume de Serra, un plan de paix et de sérénité qui avait autrefois accueilli l’Arpenteur. Urza estimait qu'il était de son devoir d’y retourner, mais pour l’instant, la construction de l’Héritage lui prenait tout son temps.

L’artefact-clé de cet Héritage commença à prendre forme, sous l’aspect d'un navire de guerre battant. Nommé l’Aquilon, ce vaisseau serait le point de ralliement des forces résistantes. Créé à partir du bois de la Yavimaya, du métal de Shiv, et façonné par le génie d'Urza, l’Aquilon ne pouvait que forcer le respect.

Durant la construction progressive du navire, Barrin bénéficia d'un répit temporaire : Urza demeurait à ses côtés. Le Maître Sorcier reprit l'enseignement, quelque chose qu'il n’avait pas fait depuis bien longtemps. Téfeiri voyagea de plus en plus loin de Tolaria, le plus souvent afin de régler des différends dans son pays d'origine. Djoïra et Karn continuèrent à œuvrer aux côtés des Shivâns, travaillant avec ferveur sur les aspects plus insignifiants de l’Héritage. Urza, toutefois, ne put trouver le repos. Il fit plusieurs voyages au Royaume de Serra, tentant de trouver une solution pacifique à l’invasion Phyrexianne. Toutefois, l'histoire montre hélas bien que là où Urza va, la paix n'a pas sa place. Le Royaume de Serra se trouvait maintenant entre les mains d'une archange despotique nommée Radieuse. L’invasion suivait son cours, le Royaume s’effondrait et la proposition d’Urza de secourir le plan tomba dans l’oreille d’une sourde. Radieuse blâma même l’Arpenteur d’avoir attiré la destruction sur les anges lors de son dernier voyage, et lui jura une haine indéfectible.

Urza avoua à Barrin que le Royaume de Serra allait finalement s'effondrer, et que son mana pur serait gaspillé en vain. Il estima que certains anges pourraient être en quelque sorte sauvés, à condition de lier leurs âmes au cristal Thran qui alimenterait l’Aquilon. Malgré certains aspects tordus de cette idée, Barrin fut bien obligé de reconnaître qu’il s’agissait de l’unique solution, et commença à dresser le plan de l'opération de sauvetage. Mais quand Urza revint en catimini sur le plan, il découvrit finalement la véritable source de ce carnage : Radieuse avait été abusée. Son propre ministre de guerre, Gorig, était un agent Phyrexian en sommeil, et instillait chez l’archange une profonde paranoïa. Radieuse, déjà rendue folle par le départ de Serra, se laissa bientôt convaincre que les millions d’anges étaient des Phyrexians déguisés et commença à les abattre sans pitié.



Le Royaume de serra, plan voué à disparaître...



Les forces d’Urza, composées des armées de Shiv, de Tolaria ainsi que de créatures-artefact, décidèrent d’intervenir avant qu’il ne soit trop tard. Alors que l’Aquilon servirait à évacuer quelques anges loin du plan, Barrin lancerait la majorité des forces mécaniques contre l’armée de Radieuse. Le Maître Sorcier affronta Gorig en chevauchant Rhammidarigaaz, et, avec l'aide du dragon, le Phyrexian fut vaincu.

Au cours de la bataille, Urza fut capturé par Radieuse elle-même ; mais cette dernière ne fit pas le poids. Après l’avoir anéantie, l’Arpenteur catalysa l’énergie du plan et des anges dans le cristal Thran. Avec près d'un millier de réfugiés à son bord, l’Aquilon quitta le plan qui s’effondra quelques instants après, pour ne plus jamais réapparaître.

Les années suivantes laissèrent place à la sérénité. Téfeiri se révéla bien plus puissant que Barrin ne l’avait imaginé, quittant son enveloppe charnelle afin de devenir un Arpenteur. Il pouvait désormais à lui seul protéger sa patrie de l'invasion ainsi que des conflits internes. Djoïra quitta l'Académie afin de poursuivre ses travaux sur le territoire Shivân. L’évolution de Karn s’avéra encore plus fructueuse ; l’aide du golem se révéla inestimable dans les recherches d'Urza. De son côté, Barrin ne se contenta pas d’enseigner, réalisant régulièrement des missions destinées à fonder paix et alliances avec les pays voisins en prévision de la future invasion. Urza voyageait constamment à travers Dominaria, toujours à la recherche de nouvelles inspirations pour bâtir l’Héritage. Avec le temps, la deuxième Académie de Tolaria est devint encore plus puissante que la précédente. Barrin savait bien sûr que cette paix ne pouvait pas durer éternellement. Une menace approchait, qui ébranlerait jusqu’aux fondations de Dominaria. Mais si le Maître Sorcier s’inquiétait du silence des Phyrexians, il ne pouvait pas deviner qu’Urza serait en partie à l’origine des futurs ennuis.

Parfois, au cours de cette période de calme, Barrin assista Urza dans une de ses plus fabuleuses expériences. Avec son aide, l’Arpenteur créa un dragon, une tâche somme toute assez facile pour un artificier de son envergure. Toutefois, ce dragon était différent d’une créature-artefact commune. Comme Karn, il était vivant, sensible, et même au conscient de sa propre existence. Le progrès se situait dans le fait qu’Urza n’avait cette fois pas eu recours à une Pierrecoeur ; il avait créé la bête pour essayer de comprendre comment les Phyrexians insufflaient autant d’autonomie à leurs créatures pourtant mécaniques. Malheureusement, le dragon est accumula de plus en plus à l’égard de l’Arpenteur, et essaya d’échapper à son contrôle. Il manipula Urza en essayant de le convaincre qu’il pourrait être plus utile si davantage de puissance lui était donnée. Bien entendu, Urza ne se fit pas vraiment abuser, mais confia à Barrin que cette ambition et ce désir de puissance de la part du dragon le rapprochait un peu plus des merveilles artificielles de Phyrexia.

Une nuit, Barrin, qui revenait d'une longue et éprouvante mission diplomatique, fit une terrible découverte. Il avait jusqu’à présent cru que l’Héritage serait complet avec la création de l’Aquilon. L’Arpenteur avoua que ce n'était pas tout à fait le cas. Si quelque chose devait lui arriver, Dominaria se retrouverait sans chef pour mener la contre-invasion. Un risque qu’Urza n'était pas disposé à prendre, mais il savait que qu’aucun Dominarian ne possédait le charisme nécessaire pour diriger tout un plan. Barrin se vit confier le secret des Liens de Sang, un projet qu’avait initié Urza bien avant de fonder Tolaria. En manipulant des milliards de liens génétiques et caractères héréditaires, Urza espérait créer après plusieurs dizaines de générations un être humain avec la ruse et les connaissances nécessaires pour contrecarrer les plans de Phyrexia. Barrin fut consterné par un tel manque d’éthique ; Urza n’avait pas hésité à utiliser tant d’innocents afin de déjouer son plus grand ennemi. Bien que ses motivations premières fussent justes, aucun homme, ou Arpenteur n’aurait dû faire une telle chose. Mais malgré les hurlements de se conscience, Barrin accepta finalement de poursuivre son enseignement à Tolaria...Pour ce qui semblait être une juste cause.

« Urza dit qu'il est sain d'esprit. Peut-être, mais j’ai bien peur que l’esprit des Arpenteurs soit dès le départ bien plus tordu que la normal. »
- Barrin


Barrin et d’autres éminents sorciers de Tolaria consacrèrent désormais la majeure partie de leur temps à surveiller l’évolution des Liens de Sang. Un assistant en particulier, l’Argivianne Gatha, révéla des aptitudes insoupçonnées dans le domaine de la génétique. En dépit de sa méthodologie complètement dépourvue de scrupules, Urza et Barrin furent stupéfaits des résultats et lui confièrent bientôt la supervision du projet.

Durant cette période, Barrin tomba profondément amoureux de Rayne, qui serait plus tard amenée à devenir la Chancelière de l’Académie. En dépit de l’énorme différence d’âge, cet amour se trouva être réciproque et les deux amants célébrèrent bientôt leur mariage.



Rayne, épouse de Barrin et chancelière de l'Académie



Les années passèrent et Gatha, maintenant une magicienne accomplie, commença à détourner le projet des Liens vers ses propres ambitions, bien plus néfastes. À la demande de Barrin, Urza intervint et rappela à Gatha que ses sujets d’expérimentations étaient ceux de l’Académie, et, ironie du sort, lui demanda de les considérer avec plus d’humanité. Barrin continua à se méfier de l’Argivianne, mais Urza estimait que ces craintes n’étaient pas véritablement fondées. De son côté, Karn quitta l'île afin d’assister Djoïra sur Shiv, déprimé par ce nouveau projet ainsi que les souvenirs sinistres qui s’accumulaient en lui.

Quelque temps plus tard, Barrin fut mis au courant d’une découverte gênante. Timein, un savant accompli, fit part au Maître Sorcier d'une faille. Urza avait compté sur les zones de temps altérées de Tolaria pour développer ses expériences, estimant que plusieurs générations pourraient s’écouler en seulement quelques jours. Toutefois, Timein avait découvert qu’on ne pouvait pas aussi aisément se jouer des lois temporelles. Les êtres humains devaient à tout prix se développer en temps réel, à moins de vouloir subir d’horribles malformations identiques à celles engendrées par une consanguinité. Barrin craignit que le projet de l’Arpenteur ne fût voué à l'échec.

Mais Urza se consacra à une autre tâche. Il ôta la Pierrecoeur de Karn, ne laissant que quarante de capacités mémorielles au golem. Urza espérait ainsi éviter à Karn une nouvelle dépression due à trop de mauvais souvenirs, mais ne réussi qu’à le rendre encore plus désemparé par cette amnésie soudaine. Quelques jours après cet échec désespérant, Barrin apprit sans trop de surprise que Gatha les avait trahi et avait déserté l'Académie.

Le bruit commença bientôt à courir que la renégate poursuivait ses abominables expériences génétiques sur les barbare Kelds. Barrin insista pour qu’Urza prenne des mesures draconiennes, mais ce dernier permit au contraire à Gatha de poursuivre ses études. L’Arpenteur estimait en effet que cette rupture de l’éthique allait peut-être conduire à des trouvailles intéressantes. Barrin fut bien évidemment choqué ; en laissant Gatha manipuler les seigneurs de la guerre Keldes, c’est une nouvelle menace qui risquait de se développer. Urza ignora toutefois ces préoccupations. Des centaines d'autres chercheurs partageaient l’indignation de Barrin, allant jusqu'à créer une petite colonie sur Tolaria, complètement distincte de l’Académie. Timein, après avoir pris connaissance du mépris d’Urza, démissionna immédiatement de son poste et devint le directeur de cette communauté.

Après plusieurs siècles, Barrin apprit que les Phyrexians avaient lancé un raid dévastateur sur Keld. Estimant que Keld entretenait une liaison avec Urza par l’intermédiaire de Gatha, les Négateurs, créatures Phyrexiannes, assassinèrent la renégate et décimèrent une grande partie des barbares. Keld se retrouvait maintenant réduite à une troupe de mercenaires proposant ses services au plus offrant. Urza, toujours aussi insensible, se montra complètement indifférent à cette nouvelle. De cette même désinvolture, il expliqua à Barrin qu’élèves et enseignants de Tolaria ne seraient pas rémunérés de leur participation au projet des Liens de sang. Les habitants de l'Académie n’étaient que des pions, des faire-valoir pour lui. Plus horrible encore, Barrin se découvrit être un participant involontaire dans le cadre du projet. Son mariage avec Rayne avait été soigneusement calculé par Urza afin de renforcer l’appui de l’autorité au sein de l’Académie ; le Maître Sorcier n’était qu’un des multiples rouages s’engrenant dans cette immense machination. Barrin ne fit pas mention de cette abomination à son épouse, mais commença à se demander si sa docile collaboration pourrait continuer ainsi.

Au fil du temps, Urza eut de moins en moins de travail pour Barrin, Rayne, et le reste des universitaires. Barrin remarqua au passage qu’Urza coupait Tolaria de certaines protections magiques afin de les étendre sur des territoires maintenant bien plus menacés. La réalité qu’il n’avait jusqu’à présent qu’entrevue le heurta violemment : l’invasion Phyrexiannes était imminente, et bientôt Tolaria ne servirait plus à rien dans les plans d'Urza. Mais le Maître Sorcier se trouva étrangement enchanté par cette révélation ; bientôt le cauchemar prendrait fin et il pourrait se contenter d'enseigner tranquillement les arcanes de la magie, sans avoir à subir les ingérences des plans tordus d’Urza.

Petit à petit, Tolaria fut désertée. Bien sûr, l'Académie était encore pleine d'étudiants souhaitant améliorer leur compréhension de la magie, mais n’aurait plus à subir les allées-venues aux conséquences catastrophiques d’Urza. Barrin et Rayne vécurent des journées paisibles, où la seule tâche consistait à transmettre leur savoir…Et au bout de quelques temps, Rayne se retrouva enceinte pour le plus grand bonheur de Barrin.
Urza leur rendait encore visite une fois par an environ, plus pour la routine que pour autre chose. Malgré tout, Barrin n’avait pas encore rempli son rôle aux yeux d’Urza, et allait bientôt apprendre les terribles conséquences d’une alliance avec un être aussi instable qu’un Arpenteur.

Au bout d’un certain temps, toute trace des plans d’Urza disparut de Tolaria. Barrin et Rayne élevaient maintenant avec amour leur fille Hanna avec amour, mais la jeune fille révéla des goûts inattendus et préoccupants. Hanna s’entendait merveilleusement bien avec ses parents, mais ses passions se trouvaient axées sur des sujets que Barrin estimait inappropriés et dangereux. Elle étudiait en effet les artefacts avec une ferveur croissante, et désirait être autorisée à voyager dans la Nouvelle Argive afin d’étudier des antiquités telles que les ruines Thrans. Barrin essaya plus d’une fois d’intéresser sa fille à la magie, persuadé que l’amour d’Hanna pour les artefacts était l’une des conséquences des Liens de Sang répandus par la folie d’Urza. Pourtant, Hanna fut catégorique, à tel point qu’elle quitta un jour l’Académie sans prévenir pour rejoindre la Nouvelle Argive.

Barrin et Rayne furent à la fois furieux du départ de leur fille, et pour cause : il leur fallut voir s’écouler une décennie avant son retour. Mais quelle ne fut pas leur surprise car, quand Hanna revint enfin à Tolaria, ce fut ni plus ni moins à bord de l’Aquilon. L'actuel commandant du vaisseau, Sissay, avait été enlevé par Wöhlrajh, le dirigeant d’un plan vassal de Phyrexia, Rajh. Hanna était accompagnée de Gerrard Capashen, l’ultime résultat du projet des Liens de Sang, destiné à posséder l’Héritage. Même si Gerrard ignorait encore être le produit d’expériences génétiques, le Maître Sorcier fut plus que disposé à les aider. Hanna demanda à son père la permission de se joindre à l'équipage et de les aider dans leur mission. Malheureusement, Barrin avait encore beaucoup de responsabilités sur Tolaria et n'était pas lui-même en mesure de venir. Toutefois, il envoya un de ses étudiants les plus prometteurs, le jeune magicien Ertaï, à sa place.

Au cours d’une de ses rares visites à Tolaria, Urza demanda à Barrin de voyager au sud-est de Dominaria, sur Djamûraa afin de faire un rapport sur l’invasion Kelde qui s’y déroulait, menée par la brigadière Latulla. Barrin accepta avec enthousiasme, prêt à tout pour échapper à la morosité grandissante qui s’installait sur Tolaria. Il croisa Téfeiri, son élève de longue date, devenu une part essentielle dans la vie de tous les Djamûraans du Nord. Téfeiri montra au maître Sorcier Barrin la merveilleuse et rapide magie rhystique de la Ligue Kipamu, massivement employée contre l’invasion Kelde mais cependant insuffisante. Après une brève échauffourée, Barrin comprit que son aide pourrait être bien utile à la Ligue en ces temps difficiles, et consacra son temps à la formation d’une armée aérienne.

Lors de ces préparatifs, Barrin se lia d'amitié avec la sortisane Alexie, dont le bateau avait été abattu par les navires Keldes. Décidée à venger la mort de son équipage, Alexie accepta vivement d'aider la Ligue en la soutenant de sa puissante magie. Ensemble, les deux mages de Tolaria et du Zéphyr réussirent à reprendre un dépôt d'approvisionnement en un rien de temps.

Les semaines suivantes furent consacrées à l’attaque des navires Keldes amarrés. Barrin et la sortisane combinèrent leurs sorts dans le but de ralentir l’invasion. Toutefois, il devint de plus en plus évident que sans le soutien de Téfeiri, la Ligue serait bientôt vaincue par les machines de guerre Keldes, étonnamment évoluées et efficaces. Barrin savait que même un Arpenteur ne pouvait être en dix endroits à la fois, et décida donc de faire appel à l’aide de sa femme. Dans la semaine, Rayne arriva sur le continent escortée de dizaines d'étudiants et d'un grand assortiment de créatures-artefact. Barrin fut heureux de cet appui, mais également consterné de voir qu’Urza se souciait si peu de cette bataille décisive. Mais Rayne expliqua qu’Arpenteur ne serait pas de trop pour étayer les autres territoires en prévision de l’invasion Phyrexianne.

Bien que tout aussi indigné de la négligence d’Urza, Téfeiri avait en effet du mal à soutenir Djamûraa. Il a trouva un renfort inespéré à travers les forces bestiales de Jolrael, une puissante magicienne. Rayne et Jolrael préparèrent les plans de la contre-attaque avec plusieurs étudiants, comptant sur les talents de tacticien de Barrin afin de trouver une faille chez l’ennemi avant le commencement de la grande bataille.

Barrin déplaça l’ensemble de ses forces vers la Cité de l’Arsenal, prochaine cible de l'agression Kelde. Barrin s'entretint avec Mageta le Lion, le général des forces de la Ligue, et fut catastrophé par le bilan : la ville n'avait absolument aucune force armée. Si les machines de guerre Keldes arrivaient à percer le premier barrage, le siège s’effondrerait sans autre forme de procès.

Barrin commença à établir une stratégie de défense, tandis que Rayne et Jolrael poursuivaient leurs petites manœuvres de riposte. Rayne finit par découvrir une étrange pestilence qui ravageait faune et flore, et ferait sans doute de nombreuses victimes des deux côtés de la guerre.

« Une armée Kelde en marche est vraiment une chose terrible à voir. »
-Barrin




La situation de Djamûraa, envahie par les Keldes



La guerre prit alors une ampleur démesurée. La Ligue Kipamu, soutenue par les forces mécaniques venues de Tolaria, réussit à empêcher les troupes Keldes d’approcher les murs d’enceinte de la Cité. Mageta fut le premier à attaquer les Keldes, stimulant le moral des défenseurs fatigués. Avec l'aide de Barrin, le général vainquit la première vague ennemie, obligeant les Keldes à battre en retraite. Après cette première victoire, Barrin ordonna à la Ligue de quitter la ville afin de poursuivre leurs ennemis, histoire de ne pas perdre un avantage durement acquis.

Alors que la Ligue fonçait à travers bois pour tenter de rattraper les fuyards, les craintes de Rayne furent confirmées. La peste ravageait bien la région. Bon nombres de forêts n’étaient maintenant plus que de la moisissure en décomposition. Qui plus est, l'un des assistants de Rayne découvrit que la peste était en partie composée de bactéries artificielles…La peste Phyrexianne avait donc fini par atteindre Djamûraa.
Finalement, les forces de Barrin réussirent à localiser les fugitifs. Alexie détruisit un grand nombre d’embarcations par le biais d'une attaque aérienne, empêchant les Keldes de s’échapper par voie maritime. Sur le champ de bataille chaotique, chacun luttait maintenant pour sa survie. La vapeur s’inversa définitivement entre envahisseur et envahis, et une grande partie des forces de Keld fut impitoyablement massacrée. Mais juste au moment où la victoire emplissait son cœur de joie, Barrin découvrit un spectacle abominable : Rayne gisait à ses pieds, assassinée par Latulla.

La fureur de Barrin ne connut pas de limite ; il détruisit le second de Latulla, Ghrill, d’un seul sortilège. Il tourna ensuite sa haine vers les guerriers Keldes, les réduisant en cendres par dizaines. Même lorsque ses formidables réserves de mana se furent épuisées, le Maître Sorcier tua plusieurs assaillants à l’aide de son épée. Pourtant, les Keldes résistaient bien et, mus par l’énergie du désespoir, reprirent le dessus. Mais alors que la situation penchait en leur faveur, Téfeiri apparut miraculeusement et a mit fin à la guerre en usant d’une puissance totalement inhumaine, annihilant définitivement les envahisseurs. Epuisé, Barrin voulut se reposer près d'un chariot renversé. Il y découvrit Latulla, cachée dans l’épave du chariot. Cette dernière le prit pour un esclave à cause de ses habits différents de la Ligue, et lui ordonna de la tirer d’affaire. Mais Barrin savait qu’elle était à l’origine du meurtre de son épouse, et avec une rage inouïe pour un sage de son envergure, la décapita de l’un de ses plus redoutables sorts. Mais malgré cette juste vengeance, il ne pouvait qu’être bouleversé par la perte de celle qui avait été sa femme durant plusieurs centaines d’années. Son corps devenu momentanément plus dur que la pierre, Barrin ordonna que les survivants Keldes soient exécuté sans pitié.

« Pas de quartier ! »
- Barrin


Barrin revint à Tolaria, le cœur et l’âme à jamais brisés. Jamais auparavant il n’avait réalisé jusqu’à quelles folies le mènerait son alliance avec Urza. Mais l’Arpenteur n’avait pas encore finit d’abuser de son plus cher ami : L'invasion Phyrexianne était enfin en marche, et tous auraient besoin des incroyables pouvoirs de Barrin pour survivre. Lassé au-delà de tout mot, le vieil homme accepta pourtant de venir une dernière fois au secours de cette terre ingrate

« L'histoire se souviendra-t-elle de ce jour comme étant celui du désespoir, ou comme annonçant l’arrivée d’un sauveur ? »
- Barrin


Les jours de Dominaria semblaient comptés. Barrin accompagna Urza sur le territoire Benalian, où l’Aquilon, revenu de ses aventures dans Rajh, parvint à fermer deux immenses portails Phyrexians. L’Arpenteur et le Maître Sorcier réussirent à fermer le dernier des trois portails en unissant leur pouvoir colossal. Après le combat, Urza laissa Barrin soutenir le territoire ouest du pays, lui confiant la charge de milliers d’anges rescapés du Royaume de Serra, et de Métathrans, ces guerriers artificiellement conçus. Pourtant, la bataille était perdue avant même d’avoir commencé. Malgré les efforts de Barrin et ceux de l’Aquilon, Benalia fut rapidement conquise, première victime de l'horrible guerre Phyrexianne.

Lorsque Barrin et Urza se réunirent, ce fut sur les plaines verdoyantes de Zhalfir. Devenu depuis longtemps responsable de cette nation, Téfeiri fut plus que satisfait de l'aide apportée par son ancien maître, beaucoup moins en revanche de celle d’Urza. En effet, une prophétie de guerre avait plus que quiconque persuadé Téfeiri que le salut de Dominaria ne pouvait en aucun cas venir des mains d’Urza, et refusa fermement son soutien. Au lieu de cela, Téfeiri convainquit Urza de l’aider à verrouiller un passage Phyrexian, conservant l’énergie du portail pour ses propres besoins. Avec cette puissance fabuleuse, le jeune Arpenteur jeta un sort aux proportions bibliques, téléportant on ne sait où la nation de Zhalfir.

Mais ce sort en dissimulait un autre encore plus incroyable : Téfeiri avait transplané le nord-est de Djamûraa en une seule pensée, déphasant Zhalfir jusqu’à son propre plan. Urza le maudit, estimant qu’il préférait fuir et se cacher qu’utiliser son immense talent afin de protéger Dominaria. Peu soucieux des protestations de son mentor, Téfeiri disparut comme un voleur, privant son plan natal d’un soutien irremplaçable.

Urza et Barrin revinrent à Tolaria, dépouillée de presque toutes ses ressources. Seul Agnate et Thaddée, deux soldats Métathrans conçus pour diriger leurs troupes, se réveillèrent de l’Incubateur d’Urza avec l'aide de Barrin. Bien que ce dernier exprimât une fois de plus sa colère quant au peu d’éthique concernant des êtres vivants, Urza ignora encore et toujours son ami de longue date. Agnate et Thaddée furent envoyées pour lutter contre la plus importante vague de l'invasion, pour ce qui allait devenir la bataille de Koïlos.

La prochaine escale porta sur le continent de Shiv, lui aussi soumis à l'agression. Avec l'aide des deux mages, ainsi que du dragon Darigaaz, la grande nation fut en mesure de repousser l’invasion. Barrin tint à féliciter Djoïra, qui avait longuement contribué à améliorer les défenses de Shiv. Quelques heures plus tard, Barrin fut choqué de découvrir que Téfeiri avait réitéré son formidable sort, transplanant Shiv loin de Dominaria, à l’instar de Zhalfir. Urza entra dans une rage démente, mais même lui ne pouvait cependant contrer un sort d’une telle ampleur.

Le Maître Sorcier rejoignit ensuite Keld, maintenant forcé de défendre le peuple avait si sauvagement tué sa femme. Il réussit à gagner leur confiance, mais savait pertinemment que la nation barbare serait inévitablement vouée à perdre la bataille. Mais Urza ordonna bientôt à Barrin de téléporter ses forces au sein des marais d’Urborg : car si les Phyrexians parvenaient à conquérir Urborg, ils auraient alors à leur disposition une quantité illimitée de mana noir. Barrin reprocha à l’Arpenteur d’abandonner si facilement Keld, mais accepta avec réticence de téléporter les Keldes. Ces forces rencontrèrent au passage plusieurs réfugiés Bénalians, ainsi que des guerrières panthères sous le commandement d’un autre Arpenteur, le Seigneur Vents des vertus. Mais malgré ces nombreuses armées sous son commandement, Barrin ne pouvait que redouter la perte d’un autre territoire.

« Benalia est perdue. Zhalfir et Shiv ont disparu. Et maintenant Keld a été désertée. Je pensais pouvoir oublier Rayne dans la guerre, mais pas lorsque la défaite semble si évidente! Tant de pertes! Et quelles pertes! »
- Barrin


Les craintes de Barrin s’avérèrent hélas véridiques. En quelques jours, Urborg se retrouva muselé par la toute-puissance de Phyrexia, le vampire Crovax à la tête des envahisseurs. Barrin abandonna son poste et arriva à Koïlos, priant Urza de lui envoyer des renforts. Urza répondit fermement que l’invasion avait déjà mobilisé toutes ses troupes, et que rien ne pouvait être fait pour rétablir la liberté d’Urborg. Barrin se résigna au pire, puis demanda des nouvelles de sa fille Hanna, absente depuis déjà si longtemps. C'est alors que le fragile cœur du Maître Sorcier se brisa définitivement. Avec son habituel et outrancier détachement, Urza informa Barrin qu’Hanna était morte depuis quelques semaines, victime de la peste Phyrexianne qui avait déjà anéanti des milliers de Dominarians. Et Barrin s’en voulut…S’en voulut d’avoir lutté pour la cause d’Urza, d’avoir su protéger tant de monde mais de n’avoir pas pu sauver les seuls êtres qu’il chérissait.



Barrin attendit que la nausée passe, ou même qu’Urza dise autre chose. Il attendit en vain.




« Votre combat a toujours été la chose la plus importante. Et moi, je n'étais pas là quand ma fille est morte. Je n'étais pas là pour la voir grandir, la voir vivre. Vous me l’avez volé, et bien pire encore : je me suis laissé faire ! J'ai passé ma vie à combattre une menace qui ne venait jamais, mais je persévérais, car je croyais en vous. Je me suis battu pour tant de choses, et je n’ai même pas su profiter de l’amour ; j’ai perdu ma fille et ma femme : je n’ai plus rien. Je suis las. Désormais, je ramène Hanna à Tolaria. Et si je suis attaqué, je lutterais pour défendre le tombeau de mes deux amours. Je me battrais enfin pour une cause qui m’est vraiment chère ! »
- Barrin, à Urza


Barrin quitta Urza pour la dernière fois, en utilisa sa magie fin d’exhumer sa fille et de lui offrir une sépulture décente à Tolaria. Une fois arrivé, Barrin trouva son île assiégée par les Phyrexians. Des centaines d'étudiants avaient été massacrés. Barrin embrassa encore une fois sa fille, puis invoqua un sortilège qu’il s’était promis de ne jamais utiliser ; le premier sort que lui avait enseigné son vieux maître Pharon, qui avait à lui seul permis de désintégrer Argoth. L’Oblitération.

« Toute ma vie je me suis battu contre ces monstres. Aujourd'hui, ce combat est enfin terminé. »
- Barrin


Tous les Phyrexians sur l'île furent annihilés, et Barrin mourut auprès de son épouse et de sa fille, le coeur enfin appaisé.



Pour sa famille, Barrin fit de Tolaria un bûcher funéraire...



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