Merci pour la main Wizzards, mon petit hobby du moment de chercher à faire de bonnes communes pour le limité a payé !
Comme vous l'avez surement remarqué j'adore raconter des histoires aux travers de mes créations sur ce forum. Je vais donc continuer comme la fois où j'avais récupéré la main pour demander de renforcer le lore autour des créatures désertiques d'Asshaï qui avait rassemblé une quantité et une qualité de participation impressionnante.
Je vais donc réitérer :
Objectif du jour :
Quand cet ordre du jour arrive sur le champ de bataille choisissez l'un ou plusieurs —
• Créez une carte dont le nom ou le TA contienne Einifed
• Créez une carte dont le nom ou le TA contienne Jähgrson
• Créez une carte dont le nom ou le TA contienne Gaemdradh
• Créez une carte dont le nom ou le TA contienne Archelbrand
Petit lore et petite histoire nécessaire pour bien cerner les attentes, j'espère ne pas l'avoir rendu trop longuette ou lourde en 8743 caractères

, bonne lecture et bonne créativité !
Spoiler
"Approchez jeunes gens, approchez hommes et femmes libres du Lefënjard, venez près des flammes du foyer que vous avez offert à Jäghrson en cette rude nuit d'hiver pour qu'il vous conte la mémoire de ces bois sacrés dont nous tirons notre fierté et notre histoire ...",
Le doyen âgé et courbé peigna sa barbe blanche et bouclée, pleine de poussière et de saleté qui la faisait paraître plus grise qu'autre chose, sa peau burinée et ridée par les frimas du froid et des ans semblait se craqueler littéralement pour faire surgir deux yeux d'un bleu aussi pénétrant que le reflet du ciel sur les bassins d'eau de fonte au sommet des glaciers. Les jeunes enfants se rassemblèrent promptement autour du feu, déjà ensommeillés par le repas et le crépitement chaud du bois du foyer, affamés d'une bonne histoire tandis que le conteur, objet de leur attention s'asseyait avec une peine dont la dramaturgie était travaillée.
"Les enfants connaissez vous les premiers dieux ? Pas ceux que les jarls et les drazkhinas des Cornarror'ch et Tuhiressar'ch vénèrent et nous impose de croire en. Connaissez vous les histoires soufflées par les Vents du nord est et qui bruissent les feuilles des arbres en un choeur qui salue le passage du dieu-corbeau ? Percevez-vous le chant grave et doux de la Terre qui salue le passage de ses millions d'enfants ? Hmm ?"
Fit l'ancêtre en grommelant et fronçant les sourcils qui assombrirent ses yeux clairs qui en reflétant le feu de l'âtre devinrent presque violets. Il se remit néanmoins rapidement à sourire à l'attention de son auditoire déjà captivé; les lavandières occupées à repriser les tuniques avaient ralenti leur oeuvre au silence du vieillard, elles aussi écoutaient.
"Autrefois cette terre ne connaissait plus la vie. Il n'y avait que le bleu infini d'un monde, où les ailes froides de Gaemdradh l'envieux, ainé et dernier des dragons né de l'union du Soleil et de la Lune, avaient soufflé des tempêtes de givres, terrassant ses frères et soeurs pour qu'ils connaissent la douleur de sa solitude et de son exclusion à veiller sur le toit du monde. Aesterrar'ch l'insouciante vit son jardin verdoyant se patiner de givre avant qu'elle ne puisse même comprendre que son coeur se mua en un joyau de givre rubis. Les vents de tristesse de Gaemdradh déferlèrent ensuite sur les plaines dorées au sud du Lefën, que les Arn'dradhains appellent leurs aujourd'hui. Là l'attendait Samdradh le flamboyant, qui, en tant que fils préféré de sa mère Soleil, opposa une féroce résistance à son ainé. Les brasiers de l'amour et de l'orgueil du grand dragon rouge résistèrent longuement aux glaces, parvenant même à les repousser jusqu'aux jardins d'Aesterrar'ch. Mais ses victoires ne firent que l'exposer à la douleur de voir sa jeune soeur, changée en une statue larmoyante, trônant au milieu de la magnificence de pastel givré. Son coeur se glaça immédiatement à cette vue et Samdradh sentit sa flamme s'étioler en lui, sa colère se mua en chagrin, son chagrin en désespoir et le désespoir en givre mordant qui éteignirent sa flamme. Gaemdradh versa des larmes pour son frère comme il le fit pour Aesterrar'ch, mais il continua d'avancer, les herbes rousses des plaines fléchirent et blanchirent, moururent... , raconta de sa voix grave le vieux Jaghrson en jouant avec les ombres du foyer sur les murs de torchis de la ferme fortifiée où il se trouvait pour impressionner les enfants, les jeunes femmes et même les quelques gaillards qui une fois leur chope de bière avalée redevenaient de grands enfants toujours en quête d'une bonne histoire avant d'aller dormir. Le conteur était possédé par son récit et l'auditoire possédé par son conteur...
"Fohgaïr la puînée l'attendait à l'Orée de ces bois où nous nous trouvons, ces arbres qui vous entourent ont perçu les mots muets de Gaemdradh qui s'adressaient, menaçants aux enfants de la Terre qui le fuyaient. Les arbres défendirent Fohgaïr la dernière des protectrices de ce monde, dressant leurs feuilles comme autant de boucliers contre le mal insidieux contenu dans le chant du grand dragon blanc. Il observa les lignes végétales, armée de fortune qui luttait vaillamment contre son chant sifflant, déjà les égides perdirent leur verdoyant, les pavois qui permettaient aux grands arbres de pavoiser de leurs belles couleurs se tordirent peu à peu, devinrent grises, brunes et noires, tombèrent. Lentement les colonnes végétales succombaient au supplice contenu dans les propos de Gaemdradh, qui ne trouvait toujours pas ce qu'il voulait.
Fohgaïr, attristée fuyait toujours en chantant à son frère d'arrêter sa folie, implorant les esprits de la Nature de l'aider."
Le barde se mit à fredonner un chant guttural qui se mariait avec le vent d'hiver qui battait les volets en bois noueux de la masure, les enfants tremblaient, malgré la présence du feu devant eux et les adultes assemblées derrière eux.
"Epuisée par sa fuite, Fohgaïr s'écroula au milieu d'un bosquet d'ifs noirs qui pointèrent leurs aiguilles comme autant de lances en direction du Premier Né qui se voulait le dernier. Le chant glaçant leur susurraient des mots de pouvoir et d'éternité s'ils lui livraient la fugitive. Et contre toute attente, les arbres traitres le firent. Ils livrèrent la dragonne d'airain à son frère, et depuis leurs aiguilles restent toujours fièrement dressées et leur sève devient toxique comme le sang des traitres lors de l'hiver. "
Plusieurs chuchotements s'élevèrent dans la foule pour marquer leur désapprobation, mais le conteur se mit à étouffer promptement les flammes du pied, ne laissant plus que la lueur des braises moribondes dans le puit. Les yeux de l'Assemblée furent aveuglés par ce retour à l'obscurité si soudain mais nul ne prit l'initiative de rallumer le feu, ils attendaient la suite de l'histoire du vieillard noueux qui s'étaient présenté au coucher du soleil pour quémander un toit et un bol de gruau.
"C'est alors que la Mère Soleil, Ghrian-ghriana'ch cessa d'observer ce Monde devenu froid et mort, fuyant du regard son Premier fils qui pleurait dans le jardin de glace qu'il avait crée en cherchant à faire sien ses frères et soeurs qui le narguaient autrefois, entourés par la vie et une existence pleine de sens.
Un esprit se présenta néanmoins au grand dragon qui s'était perché sur une montagne à attendre que son larmoiement ne finisse d'ensevelir son monde et lui-même dans la glace. Un corbeau noir s'extirpa des bois d'ifs et se posa près de lui, observant calmement ses larmes de givres éroder la terre en contrebas et creuser la Baie de la Tuhir.
Einifed visita le Coeur de l'hiver et lui demanda pourquoi il pleurait tant de larmes amères. Le chant glacé et profondément triste qu'il émit en réponse, lui parlait de solitude, d'inutilité et d'envie de sens. Il lui parla de sa tâche de Gardien qu'Urgaela'ch , le Père Lune, son propre père, lui a confié contre les monstres du Vide si jamais il venait à échouer à les contenir, et le pouvoir de mort froide qu'il lui avait donné en héritage. Don qui n'avait jamais cessé de le rendre triste en le condamnant à une existence solitaire, isolé loin des vivants et des couleurs ...
L'Esprit Corbeau se mit alors à lui raconter la vie d'avant ainsi que les histoires de ceux qui survivaient dans la glace issue de ses larmes et de son vol. Le Grand dragon ne sut dissimuler son intérêt et il écouta, écouta encore et encore, demanda de nouvelles histoires, voulut tout savoir et ses larmes se tarirent, le monde revivait peu à peu. L'omniscience de l'Esprit Corbeau atteint ses limites et il devait partir chercher de nouvelles histoires pour le grand Dragon, de par le vaste Monde et les larmes revinrent aux yeux de Gaemdradh tandis que son unique compagnon était au loin pour observer le monde et rassembler des histoires. Il ne pouvait rassembler assez d'histoires pour tenir éveillé la curiosité du Premier Dragon alors il enseigna l'écriture aux peuples qui vivaient dans la crainte du terrible hiver et leur ordonna de ne jamais oublier d'où ils venaient ni l'importance de vivre leurs vies car elles sont autant d'histoire qu'Einifed racontera à Gaemdradh pour protéger les leurs de l'Eternel hiver qui s'abattrait sur nous tous depuis l'Archelbrand, le glacier né des larmes s'accumulant autour de lui dans l'attente de son seul compagnon d'infortune, s'il n'avait plus de Vies à raconter. Voilà aussi pourquoi l'hiver est la saison de la transmission des savoirs et des histoires et celle qui marque le renouveau de toute chose car un nouveau récit s'amorce encore et toujours..."
Le conteur souffla sur les braises pour les raviver et introduisit du petit bois pour faire renaitre le feu . Certains enfants se serraient tout contre leurs mères et les adultes affichaient une mine grave mais heureuse d'avoir partagé ce moment. Mais dans la foule un enfant tremblait autrement que les autres enfants car il avait vu un grand corbeau l'observer de façon chafouine et se dresser devant lui en lieu et place du narrateur lorsqu'il avait remis la chaleur et la lumière dans le petit monde de sa masure.