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Et c'est une réalité, Talen : bon nombre d'hommes ont une violence, tout à fait naturelle, qu'ils doivent bien déverser quelque-part; certains le font dans des disputes devenues naturelles dans leur couple (je trouve ça pourri m'enfin bon), certains le font dans le sport et ça leur va très bien, et certains n'ont rien; les sports ne leur suffisent pas (ou bien ils n'ont pas trouvé le sport qui leur conviendrait), la violence orale ne leur sert à rien...
Y a mille façons de se défouler qui n'impliquent aucun interlocuteur, et il y en a même qui n'impliquent aucun dommage matériel, donc bon je ne suis pas trop d'accord.
Notre société ne limite la violence que dès lors qu'elle entraîne des conséquences. Et je ne crois pas que pour se défouler, de telles conséquences soient nécessaires - elles entraînent peut-être un surcroît d'excitation sur le moment, mais ça vire vite au mal-être quand on se rend compte de ce qu'on a fait, et on peut se vider de sa colère tout aussi efficacement dans le vide. Je fais ça souvent. Par écrit, ça marche aussi pour peu qu'on se sente à l'aise.
Attention, je ne prétends pas que ce soit l'attitude que n'importe qui adopterait spontanément, ni que ce soit évident, parce qu'il faut faire un minimum d'efforts pour contenir son émotion jusqu'au moment propice. Je dis juste que c'est tout à fait possible à condition d'exercer un contrôle minimal sur soi-même.
Quand on pense à supprimer toute violence, on (moi en tout cas) a toujours cette image dérangeante d'un monde trop "lisse" ou toute émotion aurait disparu. Vouloir supprimer la violence, en pratique, ça reviendrait à fixer à nos sentiments une limite, idée que je trouve contre-nature. Maintenant, il y a plein de formes de violence qui n'impliquent aucun contact physique, voire aucun contact tout court, et je suis plutôt pour la tentative de réduire l'expression de notre violence à ces formes-là.
(La violence verbale est un cas un peu à part dans le sens où la supprimer réduit la liberté d'expression. Je pense que ça doit s'examiner au cas par cas selon l'impact qu'elle aura sur l'interlocuteur - le faire fondre en larmes, le blesser, voire le traumatiser, il peut s'agir d'un enfant par exemple - et l'intérêt que peut avoir le défoulement ponctuel pour l'assainissement d'une relation.)
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Sinon, je voudrais lancer un autre débat. Je ne sais d'ailleurs pas s'il s'est déjà tenu ici, mais... vous pensez quoi du mariage homosexuel ?
Le principal argument que j'ai entendu contre pour l'instant - à part l'ancrage exclusif dans une symbolique chrétienne, position de l'Eglise que je trouve assez dépassée à l'heure de la libération des moeurs sexuelles et du mariage civil - ce sont les conséquences qu'aurait la légalisation du mariage homosexuel sur la manière dont on envisage d'autres questions. Notamment l'adoption par un couple homosexuel.
J'avoue que j'ai du mal à me faire à l'idée qu'un couple homosexuel puisse élever un enfant.
Une autre question que je me pose, c'est : y a-t-il aujourd'hui quelque chose dans la législation française qui interdise, par exemple, qu'une femme seule adopte ou ait un enfant pour plus tard l'élever conjointement avec une personne de même sexe qu'elle ? Idem pour l'un des membres d'un couple hétéro divorcé qui aurait obtenu la garde exclusive d'un enfant et se serait remis en couple avec une personne de même sexe...
Si vous savez quelque chose là-dessus, et plus généralement si vous avez des arguments pour ou contre le mariage homo, ça m'intéresserait beaucoup.