Aujourd’hui en exclusivité, le Prolétariat nous écrit.
« Salut, salut, je suis rentré de mes vacances en pédalo hier et j’ai appris qu’en mon absence les militants
d’extrême- gauche s’étaient mit en tête de lutter en mon nom.
Vu que je ne connais pas ces gens là et qu’ils me sont parfaitement indifférents, et que vous vous les côtoyez, pouvez
vous leur dire d’arrêter ?
D’une leurs idées puent la merde, elles sont mortes de vieillesse y a déjà cinquante ans au moins, le communisme j’en
ai rien à branler et j’ai pas non plus envie d’établir une dictature mais simplement de vivre tranquille, de ne pas avoir
d’étrangers chez moi et de regarder « Plus belle la vie » à la télé.
De deux, tous ces fils de profs et ces petits babtous flégons sont, en réalité, mes futurs patrons, d’où ils se la jouent
prolétaires ?
Et en plus c’est eux qui vont éduquer mes enfants plus tard et qui leur mettront des mots dans leur carnet et qui me
convoqueront après ma journée de boulot pour me reprocher de pas être un bon parent.
D’ailleurs ça se voit déjà à leur habitude de monopoliser la parole qu’ils se prennent pas pour de la merde ces fils de
pute.
Soit dit en passant aussi : ils ont un look à chier avec leurs keffieh et leurs casquette gavroches, être prolétaire c’est
pas aller dans une friperie ou un surplus- pakistanais pour récupérer des sarouels rose fluo pour aller jouer au diabolo,
le vrai prolétaire s’habille chez Diesel et Delaveine, je me fais pas chier à essayer d’avoir du swagg pour qu’on me
confonde avec une bande de hippies dégueulasses et de punks à chiens qui font du djembé en pantacourt dans leurs
rave- party de drogués, bordel de merde.
Ensuite de ça moi je vais pas passer mes soirées dans des pseudo « bistrots populaires » pour écouter des blancs à
dread-lock et t-shirt des catalogues Goëland essayer de faire du mauvais ska-reggae-dub, j’essaie de rentrer au
RedLight ou au Metropolis pour aller clubber, avec ma casquette Von Dutch qui brille et ma boucle de ceinture
personnalisée trop swagg.
Donc si tu pouvais dire à tous ces sales crasseux de me laisser tranquille, de ne plus parler qu’en leurs noms à eux-
même ça serait sympa.
P.S : tant qu’à faire dis leur aussi d’aller se laver, parce que y en a pas mal qui puent la bière et le tabac à rouler, c’est
quand même pas un truc de ouf d’aller péta un déo à Franprix, putain !!!
Re P.S : je dis « fils de pute », « putain » et « enculé » SI JE VEUX !!!!!
Je te laisse, j’ai un coupon promo Pizza Hut à utiliser avant le 17 mai 2012, y a rien de mieux que des Bread-Sticks et
du Pepsi devant une partie de X-box.
Bisous gro’
Le Prolétariat »
Bon a part le terme "flégon" je trouve le texte assez vrai.
Après je me pose la question de savoir si ce phénomène est pas assez récent et du principalement à la disparition ou à la raréfaction de l'éducation populaire. Genre par éxemple dans l'animation on est passé d'un engagement associatif avec un but d'éducation populaire à un système marchand avec comme fin la prestation. fait chier quoi