Mercredi 09 Février 2011 à 17:19
#1
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Background.
J’écris ces mémoires, pour raconter une histoire. Non pas mon histoire, comme cela devrait être le cas — en partie, elle me concerne tout de même — mais celle d’un groupe de pauvres gens, qui n’avaient rien demandé, et qui se sont retrouvés pris au piège d’un jeu morbide. C’est ainsi qu’ils avaient appelé cela : un jeu.
Je manque à toutes mes politesses, je ne me suis même pas présenté. Je m’appelle Oliver Bacon. Comme les tranches de porc salé, je sais. D’ailleurs, j’aime beaucoup. Quand j’étais gamin et que je petit-déjeunais, j’avais l’habitude de rigoler et de dire « Hmmm, que je suis bon ! », sans doute pour préparer le fait que des camarades allaient sans doute se moquer de moi, je m’y prenais déjà tout seul. Mais je m’égare un peu, là, non ? Je ne vous écris pas ça pour vous compter l’histoire de mon
patronyme.
D’aucuns disent qu’il y a quelque chose qui ne va pas, chez moi. Tout ça juste parce que j’aime manger de la viande humaine. Crue, de préférence, pour ne pas perdre le peu de protéines quelle contient. La société actuelle n’accepte décidément pas les mœurs qui lui sont étrangers. Au point de faire enfermer dans des hôpitaux psychiatriques ceux qui sont différents de la norme. Ha, la norme. Etre normal, rentrer dans des critères satisfaisant le plus grand nombre, et leur permettant de mieux vivre dans leur peau, avec leur morale souvent contestable. Je ne suis pas fou, j’ai toujours eu toute ma tête ! Je sais comment je m’appelle, je comprends les règles et les lois, même si je ne les cautionne pas toutes… Ils auraient pu me mettre en prison, ça oui, mais pas chez les fous ; je me sens encore aujourd’hui blessé dans ma fierté, rien que pour ça.
Enfin, c’est le passé tout ça. Les docteurs sont si manipulables. Il suffit de leur faire croire qu’on est « guéri » et qu’on ne fera plus jamais de choses « horribles » et ils finissent par vous laisser sortir, ces idiots.
D’ailleurs, c’est dans ce passé que je vais piocher l’histoire que je veux vous raconter. Elle vous intéressera peut-être, ou pas. Mais elle ne vous laissera sans doute pas indifférent.
J’étais en train de subir un de leurs traitements chocs, encore. Tous les jours, j’y avais droit. Attaché sur un lit, ne pouvant même plus bouger le petit doigt. Ce qui me rendait fou — sans mauvais jeu de mot, c’est lorsque mon pied me grattait, ou toute autre partie du corps, d’ailleurs. Là, j’aurais presque eu une raison d’être enfermé à l’alise, oui. Ca me rendait taré de ne pas pouvoir me soulager. Enfin, je m’égare encore.
J’étais attaché, on m’avait même fixé les paupières avec un système étrange qui m’empêchait de les fermer. Oui ! Comme dans Orange Mécanique, je vous dis. Des gouttes m’hydrataient les yeux, pendant qu’on me forçait à regarder un écran géant. Une émission de téléréalité spéciale, qu’on m’avait dit. Des vrais gens, qu’on m’avait dit. Et c’est leur histoire que je vais coucher ici.
L’émission se passait dans un hôpital. Psychiatrique, tiens donc. Mais cela ne faisait pas de différence. Un docteur m’expliqua d’abord que des gens avaient été choisis, certains au mauvais endroit au mauvais moment, d’autres préalablement introduits dans les lieux. Une quinzaine de personnes, un groupe complètement hétéroclite. Ils étaient enfermés. Barreaux aux fenêtres, portes verrouillées, ascenseur hors tension. Enfermés au 8ème étage d’un hôpital psychiatrique.
L’émission que je regardais était résumée. Une demoiselle en noir — très jolie, hein — expliquait que les participants avaient été choisis pour mener à bien un test, une émission faisant partie d’une thérapie expérimentale visant à soigner les gens souffrant de problème mentaux concernant le cannibalisme. Tiens, comme moi, je « souffrais de problèmes mentaux… », la bonne blague.
Tout était clair :
Quatre d’entre eux étaient des psychopathes sanguinaires, des tueurs modifiés génétiquement, à qui on avait injecté de l’ADN de loup, et qui allaient les chasser la nuit, tout en rusant le jour. Livrés à eux-mêmes, c’était à eux de faire en sorte de survivre. Si les participants voulaient sortir, il leur fallait trouver et tuer les loups, pour les éventrer et enfin trouver la clé de la porte de sortie, que l’un d’eux avait avalée avant le début de l’expérience. Sans ça, ils mourraient tous, l’un après l’autre, dévorés chaque nuit. Et en plus, ils allaient être filmés, pour couronner le tout.
Personne ne crut à cette histoire lorsqu’elle leur fut racontée.
Mais la terreur prit vite le dessus, et la certitude d’être enfermés là finit par les convaincre que de toute façon, ils verraient bien, la nuit suivante, si tout ceci était vrai ou pas.
J’étais en transe. J’adorais déjà cette histoire, et j’étais si impatient de voir la suite que je crois qu’il n’aurait même pas été nécessaire de m’attacher au lit pour que je reste collé au poste de télévision ! J’attendais la suite avec l’excitation d’un jeune berger puceau devant la croupe d’une chèvre vierge.
Les gens avaient décidé d’élire un leader, qui les guiderait vers un avenir certain. Quelqu’un qui trancherait en cas de doute. Et ils décidèrent aussi d’exécuter une personne par soir, avec les moyens du bord.
Je vais d’abord vous présenter personnellement les différents protagonistes de cette histoire, que vous vous fassiez une idée sur eux. Puis je vous raconterai leur première journée.
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J’écris ces mémoires, pour raconter une histoire. Non pas mon histoire, comme cela devrait être le cas — en partie, elle me concerne tout de même — mais celle d’un groupe de pauvres gens, qui n’avaient rien demandé, et qui se sont retrouvés pris au piège d’un jeu morbide. C’est ainsi qu’ils avaient appelé cela : un jeu.
Je manque à toutes mes politesses, je ne me suis même pas présenté. Je m’appelle Oliver Bacon. Comme les tranches de porc salé, je sais. D’ailleurs, j’aime beaucoup. Quand j’étais gamin et que je petit-déjeunais, j’avais l’habitude de rigoler et de dire « Hmmm, que je suis bon ! », sans doute pour préparer le fait que des camarades allaient sans doute se moquer de moi, je m’y prenais déjà tout seul. Mais je m’égare un peu, là, non ? Je ne vous écris pas ça pour vous compter l’histoire de mon
patronyme.
D’aucuns disent qu’il y a quelque chose qui ne va pas, chez moi. Tout ça juste parce que j’aime manger de la viande humaine. Crue, de préférence, pour ne pas perdre le peu de protéines quelle contient. La société actuelle n’accepte décidément pas les mœurs qui lui sont étrangers. Au point de faire enfermer dans des hôpitaux psychiatriques ceux qui sont différents de la norme. Ha, la norme. Etre normal, rentrer dans des critères satisfaisant le plus grand nombre, et leur permettant de mieux vivre dans leur peau, avec leur morale souvent contestable. Je ne suis pas fou, j’ai toujours eu toute ma tête ! Je sais comment je m’appelle, je comprends les règles et les lois, même si je ne les cautionne pas toutes… Ils auraient pu me mettre en prison, ça oui, mais pas chez les fous ; je me sens encore aujourd’hui blessé dans ma fierté, rien que pour ça.
Enfin, c’est le passé tout ça. Les docteurs sont si manipulables. Il suffit de leur faire croire qu’on est « guéri » et qu’on ne fera plus jamais de choses « horribles » et ils finissent par vous laisser sortir, ces idiots.
D’ailleurs, c’est dans ce passé que je vais piocher l’histoire que je veux vous raconter. Elle vous intéressera peut-être, ou pas. Mais elle ne vous laissera sans doute pas indifférent.
J’étais en train de subir un de leurs traitements chocs, encore. Tous les jours, j’y avais droit. Attaché sur un lit, ne pouvant même plus bouger le petit doigt. Ce qui me rendait fou — sans mauvais jeu de mot, c’est lorsque mon pied me grattait, ou toute autre partie du corps, d’ailleurs. Là, j’aurais presque eu une raison d’être enfermé à l’alise, oui. Ca me rendait taré de ne pas pouvoir me soulager. Enfin, je m’égare encore.
J’étais attaché, on m’avait même fixé les paupières avec un système étrange qui m’empêchait de les fermer. Oui ! Comme dans Orange Mécanique, je vous dis. Des gouttes m’hydrataient les yeux, pendant qu’on me forçait à regarder un écran géant. Une émission de téléréalité spéciale, qu’on m’avait dit. Des vrais gens, qu’on m’avait dit. Et c’est leur histoire que je vais coucher ici.
L’émission se passait dans un hôpital. Psychiatrique, tiens donc. Mais cela ne faisait pas de différence. Un docteur m’expliqua d’abord que des gens avaient été choisis, certains au mauvais endroit au mauvais moment, d’autres préalablement introduits dans les lieux. Une quinzaine de personnes, un groupe complètement hétéroclite. Ils étaient enfermés. Barreaux aux fenêtres, portes verrouillées, ascenseur hors tension. Enfermés au 8ème étage d’un hôpital psychiatrique.
L’émission que je regardais était résumée. Une demoiselle en noir — très jolie, hein — expliquait que les participants avaient été choisis pour mener à bien un test, une émission faisant partie d’une thérapie expérimentale visant à soigner les gens souffrant de problème mentaux concernant le cannibalisme. Tiens, comme moi, je « souffrais de problèmes mentaux… », la bonne blague.
Tout était clair :
Quatre d’entre eux étaient des psychopathes sanguinaires, des tueurs modifiés génétiquement, à qui on avait injecté de l’ADN de loup, et qui allaient les chasser la nuit, tout en rusant le jour. Livrés à eux-mêmes, c’était à eux de faire en sorte de survivre. Si les participants voulaient sortir, il leur fallait trouver et tuer les loups, pour les éventrer et enfin trouver la clé de la porte de sortie, que l’un d’eux avait avalée avant le début de l’expérience. Sans ça, ils mourraient tous, l’un après l’autre, dévorés chaque nuit. Et en plus, ils allaient être filmés, pour couronner le tout.
Personne ne crut à cette histoire lorsqu’elle leur fut racontée.
Mais la terreur prit vite le dessus, et la certitude d’être enfermés là finit par les convaincre que de toute façon, ils verraient bien, la nuit suivante, si tout ceci était vrai ou pas.
J’étais en transe. J’adorais déjà cette histoire, et j’étais si impatient de voir la suite que je crois qu’il n’aurait même pas été nécessaire de m’attacher au lit pour que je reste collé au poste de télévision ! J’attendais la suite avec l’excitation d’un jeune berger puceau devant la croupe d’une chèvre vierge.
Les gens avaient décidé d’élire un leader, qui les guiderait vers un avenir certain. Quelqu’un qui trancherait en cas de doute. Et ils décidèrent aussi d’exécuter une personne par soir, avec les moyens du bord.
Je vais d’abord vous présenter personnellement les différents protagonistes de cette histoire, que vous vous fassiez une idée sur eux. Puis je vous raconterai leur première journée.
[ Dernière modification par Scyth le 18 fév 2011 à 12h21 ]
[ Dernière modification par Scyth le 26 fév 2011 à 19h03 ]
[ Dernière modification par Scyth le 05 mar 2011 à 08h24 ]
[ Dernière modification par Scyth le 11 mar 2011 à 08h53 ]
[ Dernière modification par Scyth le 18 mar 2011 à 15h30 ]
Le 23/09/2011 à 11:23, Niicfromlozane avait écrit ...
Xeelan, c'est un peu le Mendeed du pauvre


