A mort l'arbitre ( Jean-Pierre Mocky, 1983 )
" C'est con hein, une foule ? Ca suit le plus dingue, et y en a toujours un, de dingue. "
Chose promise chose due, je me fais une nouvelle fois le défenseur acharné de l'ami Mocky.
Maurice ( Eddy Mitchell ), arbitre de foot, siffle un penalty qui ote la victoire aux favoris, entrainant la colère de leurs supporters, emmenés par le beauf Rico ( Michel Serrault ) et ses amis Albert le costaud ( Claude Brosset, le boss de Dujardin dans le premier OSS 117 ) et Teddy le sourd ( Laurent Malet ). Maurice et sa fiancée Martine ( Carole Laure ) prennent la fuite, tandis que Rico, croyant avoir trouvé l'arbitre, tue accidentellement son chauffeur de bus, puis décide de faire endosser le meurtre à Maurice. De son coté, l'inspecteur Granowski ( Jean-Pierre Mocky ) tente d'arrêter le carnage.
Après notamment les campagnes éléctorales, les dérives post-68, l'Eglise et la télé, Mocky s'attaque cette fois-ci au football à travers une course-poursuite qui dégénère méchamment ( j'ai compté 8 morts ! ) entre un malheureux arbitre et une bande de dingues emmenés par un manipulateur haissable. Mocky ne se gène d'ailleurs par pour dire, à travers son personnage de flic, ce que lui-même pense du foot et la seule concession qui sera faite est à trouver du côté du sourd, Teddy ( il est d'ailleurs intéressant de mettre ce personnage en correspondance avec l'objectif affiché par Mocky de faciliter l'accès au cinéma pour les sourds et muets ), le seul à comprendre réellement ce qui se passe et qui logiquement se fera casser la gueule par ses amis.
Le casting est un peu inégal, si Serrault est impérial en gros con de plouc qu'on a envie de voir mourir dès la troisième minute du film, Mitchell manque un peu de charisme ; Carole Laure compose un beau portrait de femme forte ( elle n'hésite pas à transpercer la main de Serrault à coup de couteau ! ) tandis que, curieusement, Mocky, pourtant souvent excellent dans ses films, semble ici s'emmerder un peu et réciter ses dialogues, ce qui est heureusement compensé par une belle gallerie de " tronches " du coté des supporters enragés. Si la satire fonctionne totalement et si le rythme est constant, la mise en scène est tout juste correcte avec toutefois quelques moments très réussis, comme les affrontements entre Maurice et Albert ( sur une echelle puis une planche, toutes deux au-dessus du vide ) ou le passage ou Maurice évite de peu à la jeune soeur de Martine de se faire violer par les supporters hystériques.
Donc je redis ce que je dis souvent chez Mocky : un excellent film, qui vaut sans doute plus pour la méchanceté de sa satire que pour ses qualités cinématographiques stricto-sensu.
Ne reveillez pas un flic qui dort ( José Pinheiro, 1988 )
La torture par l'espérance, tu connais ?
Vous avez sans doute vu la parodie des Inconnus, " ne réveillez pas les couilles d'un flic qui dort ". Hé bien le vrai est tout aussi con et se révèle sans doute un des pires polars français des années 80.
Eugène Grindel ( Alain Delon ) est un super flic a qui on ne la fait pas. A la suite de plusieurs meurtres de truands commis par une bande de flics fachistes menés par Scatti ( encore Michel Serrault ), il décide avec ses adjoints Perret et Lutz ( qui est un des hommes de Scatti mais ça Alain Delon l'a deviné avant même de le voir ! ) d'enquêter et de punir le coupable car il ne fait rien qu'à tuer les copains gauchistes d'Alain Delon.
C'est vraiment consternant de connerie, de complaisance et plus étonamment de gauchisme abruti ; en effet, Delon, aux sympathies personnelles très droite extrême pour ne pas dire extrême droite, a ici collaboré avec Fréderic Fajardie, auteur de polars français gauchos, et si l'auteur jouit d'une très bonne réputation chez les amateurs de séries noires, son scénario est ici d'une imbécilité complètement risible : les flics ripoux sont évidemment des nostalgiques du Maréchal Pétain, des racistes absolus ( plusieurs tirades contre les " bougnoules " et autres " bamboulas " ), des gros beaufs incultes ( " il est sur la tombe de Paul Eluard " " Encore un de leurs poètes dégenerés ! " ), des sadiques qui torturent bien méchamment tout le monde et qui complotent à l'aide d'une sorte de societé secrète pour bien vous faire comprendre que le fascisme rampant nous guette. Mais heureusement Alain Delon est là, Alain le super pro démocrate qui a grillé tout le complot en dix minutes de films et joue en mode constipé. En face, Serrault cabotine dans tous les sens, et il est à noter la présence parmi ses adjoints la présence d'un tout jeune Xavier Deluc et de Bernard Farcy, mais si ! Le commissaire Gilbert de Taxi ! ( d'ailleurs il va ici finir de façon complètement grotesque en se suicidant à coup d'epée sur un drapeau français ). C'est hideux esthétiquement, filmé et monté avec les pieds, les rares scènes d'action sont léthargiques, heureusement, l'idiotie absolue du film le sauve de l'ennui et le rend très agréable au second degré.
Lolita malgré moi ( Mark Waters, 2004 )
" Merci ! Heu, la moitié des gens ici sont fachés contre moi et l'autre moitié m'aime parce qu'elle croit que j'ai poussé quelqu'un devant un bus. "
Déja vu deux fois mais comme personne n'a remarqué ma discrète tentative de réhabilitation de ce film, j'explicite un peu.
Cadie ( Lindsay Lohan ) débarque d'Afrique dans un lycée américain normal. Elle sympathise avec deux marginaux, Damian et Janis, qui lui expliquent qu'elle doit avant tout se méfier des Plastiques, un groupe de pétasses menées par Régina George ( Rachel McAdams ), gamines pourri-gatées profitant de leur beauté pour être les vraies reines du lycée. Quand Cadie est remarquée par les Plastiques, Janis et Damian la poussent à les rejoindre pour saboter le groupe de l'intérieur, le problème étant que Cadie se prend un peu trop au jeu d'être une lolita.
Alors un gros, gros coup de chapeau à l'énorme scénario de Tina Frey qui rend un film casse-gueule sur le papier absolument irrésistible et ou chaque situation attendue part furieusement en cacahuète, que ce soit l'espèce de confession générale de fin ( entammée par une fille qui fera un speech légèrement glauque sur ses flux vaginaux ), les cours d'éducation sexuelle ( " ABSTINENCE ! " ), le concours de maths mené par un lycéen au doux surnom de " MC Badass " ou surtout un passage hilarant ou Cadie, tentant de mettre le copain de Régina nez-à-nez avec Régina le trompant dans les vestiaires, se retrouve nez à nez avec le prof de sport baisant une lycéenne thailandaise

Les dialogues sont tout aussi drôles ( " Je devrai vous punir tous en supprimant la fête de fin d'année. Mais je ne le ferai pas.... parce qu'on a déja payé le DJ. " ) et si Lindsay Lohan n'est pas une très bonne actrice, si comme souvent pour ce genre de films la fin est ratée et tombe dans certains travers moralisateurs, si la voix-off de l'héroine est parfois un peu casse-pieds et si la mise en scène ne réinvente pas la poudre, le rythme de l'ensemble, sa drolerie constante, sa méchanceté jouissive vis-à-vis du milieu scolaire et ses personnages secondaires très réussis ( Damian et Janis sont assez irrésistibles, l'un vrai gay et l'autre fausse lesbienne ) en font une des meilleures comédies US de ses dernières années.
The Mist ( Frank Darabont, 2007 )
" Il y a quelque chose dehors. Dans le brouillard. "
Darabont donc. Après une vraie satisfaction du coté de l'habituellement navarant Robert Rodriguez avec son
Machete, c'est ici une autre de mes bêtes noires, le réalisateur du très moyen
les Evadés et de l'horrible
La ligne verte qui me met sur le cul et m'impressionne avec une vraie réussite du cinéma d'horreur dont il fait certainement partie des plus beaux représentants au sein de la décennie 2000.
David Drayton ( Thomas Jane ) part avec son fils Billy et son voisin Norton acheter au supermarché de la ville de quoi réparer les dégats causés à sa maison par une tempête. Cependant, certains voisins se mettent à paniquer, hurlant qu'il y a quelque chose d'horrible dans le brouillard entourant le supermarché. Trois camps vont bientôt se former : celui de David, qui recommande de s'armer pour lutter contre une future attaque des " choses ", celui de Norton, qui refuse de croire dans le surnaturel et la présence de créatures et celui de Miss Carmody, véritable fanatique religieuse qui voit dans le brouillard un signe de Dieu destiné à punir les pêcheurs.
The Mist n'est pas exempt de défauts, que je vais détailler tout de suite pour ne plus y revenir. L'acteur principal est médiocre ; les effets spéciaux de la grosse bestiole sont ratés, il y a un dialogue notamment qui explicite beaucoup trop ce que le spectateur a compris ( " l'homme est un loup pour l'homme " ) et enfin la toute fin est complètement naze, et avec du Dead Can Dance bien pompier qui plus est. Cependant The Mist est une belle réussite, déja parce qu'il est terrifiant, ce qui fait du bien pour un film d'horreur ; Darabont a troqué son habituel académisme pour une mise en scène d'un type que l'on voit assez fréquemment dans le cinéma US contemporain ( caméra à l'épaule, aspect quasi-documentaire, zooms-dézooms fréquent ) mais étonnament bien geré. L'actrice jouant Miss Carmody rend son personnage extrêmement flippant, le design des différentes bestioles issues du brouillard est très réussi et les scènes d'attaque sont tétanisantes. Le film est doté d'une sorte de poésie lovecraftienne et se révèle parfois bien plus original que ce à quoi l'on s'attend : ainsi ce n'est pas le héros mais un caissier joufflu qui mène les actions les plus héroiques ; Miss Carmody ne meurt pas au moment ou l'on est convaincu de la voir disparaitre, l'homme qui a fauté au début du film ne se repentira pas tout en survivant au film, et le couple formé par une caissière et un jeune militaire va subir une évolution bien difficile à anticiper. Darabont 1 - Boris 0.
La Momie ( Karl Freund, 1963 )
" Il est parti faire un tour !Vous auriez du voir sa tête ! "
Des archéologes déterrent le tombeau du prêtre égyptien Imhotep ( Boris Karloff ), momifié vivant pour être tombé amoureux de la princesse. Réveillé, Imhotep rend fou un jeune archéologue et s'enfuit. Une dizaine d'années plus tard, Imhotep, convaincu que la jeune Helen, elle-même amoureuse de Frank Whemple, est la réincarnation de la princesse, Imhotep la fait enlever pour la sacrifier.
Troisième film de monstres Unniversal,
la Momie est-il une réussite éclatante comme
Frankenstein ou une énorme arnaque comme
Dracula ? Ni l'un ni l'autre, le film de Karl Freund navigue dans l'entre-deux et si le film est loin d'être aussi soporifique que celui de Tod Browning, il peine toutefois à laisser une trace marquante après visionnage.
Les principales qualités à aller chercher sont du coté de l'esthétique : la reconstitution egyptienne est très belle, et pour cause, Freund ayant été un opérateur réputé ( pour Murnau ou justement Browning ), le bonhomme sait créer une atmosphère à partir de pas grand chose. Boris Karloff fait un Imhotep de très très bonne facture mais d'une part, il est moins impressionant dans ce rôle que dans celui de la créature de Frankenstein et d'autre part, le reste du casting est plutôt fadasse, avec un couple d'amoureux dont on peine à partager la souffrance tant ils ne sont pas très intéressants. Et si Freund compose de belles images, cela ne suffit pas forcément à faire un bon film tant la beauté picturale se fait parfois à l'encontre du rythme nécessaire à ce genre de productions. En dehors de deux scènes de vaudou pratiquées par Imhotep, qui doivent là encore beaucoup à Karloff, le film est trop planplan et n'a pas le génie qu'avait James Whale sur
Frankenstein pour provoquer le malaise du spectateur face à sa créature monstrueuse. Et la fin est loin d'être convaincante. Toutefois, on peut admirer, 80 ans plus tard, la qualité du maquillage de Karloff, rendant sa créature imposante faute d'être réellement flippante.
Une déception relative qui ne doit pas cacher le fait que j'ai passé un relatif bon moment devant ce petit classique du cinéma fantastique.
Voilà, j'en arrive au bout de cette série marathonienne ou j'ai pris acte des suggestions qu'on m'avait proposé : comme le voulait Abitbol j'ai ajouté les dates des films, et j'ajoute à chaque film une petite citation tirée du film ( qui risque d'être parfois approximative ) pour donner le ton. Mes captures sont un peu moisies, j'essayerais d'arranger ça au fur et à mesure mais là je sature ^^. Par contre je ne ferais pas des captures des films pas assez intéressants à mes yeux pour une raison de temps.
Boris, voilà ; ah j'oubliais, la prochaine série est une spéciale grosses daubes franchouillardes, avec des films récents qui font bien peine à voir.