Mulholland Drive c'est très simple du point de vue du scénario: ce que tu en as interprété est la bonne interprétation. Quoi que ce soit. Après, tu peux aller sur
Mulholland-drive.net lire des mecs qui ont passé 15 ans à décortiquer le film, et qui proposent les leurs, mais c'est pas important. Lynch dans MD, c'est un appel au spectateur: on te donne des éléments,(et pas n'importe quoi, attention: les scènes du film sont très bien construites) , et tu dois décider de ce que tu veux y voir.
Certains pensent que la 1ere moitié du film ( jusqu'à la boîte bleue) est un rêve et la 2eme la réalité, d'autres que tout est un rêve (le rêve de qui etant aussi source d'interprétations) , d'autres que c'est la deuxième partie le rêve, d'autre que tout est réel mais que la réalité est un cauchemar, que y a des univers parallèles, que certaines parties sont des films dans le film, que ce sont des représentations freudiennes, et j'en passe. Mais au final c'est toi qui voit.
La frustration de ne pas avoir compris est normale: en général on veut pouvoir s'expliquer ce qui se passe dans un film. Or, expliquer Mulholland Drive, c'est un peu comme expliquer un rêve après ton réveil : quelle que soit ton explication, elle ne sera pas tout à fait fidèle car elle tentera de rationaliser des images qui n’avaient pas de sens global fourni. Mais attention, ça ne veut pas dire que Mulholland Drive n'a pas de sens: le film raconte une (des) histoire, explore les sentiments de ses personnages, porte un regard sur le monde, est drôle, triste, effrayant, touchant, intrigant, ect, et développe pour cela des moyens visuels et sonores empreints d'une grande maîtrise. Mais Lynch donne ça au spectateur et le laisse avec.
D’habitude j’aime pas quand on dit ça, mais pour Mulholland Drive je pense vraiment qu’il se bonifie avec les visionnages. J’en avais fait une critique un peu parodique à l’époque, mais je la trouve quand même pas mal.
Mulholland Drive (David Lynch) 2001
(!!!Mode Cahiers du Cinéma ON !!!)
Osef du résumé.
C'est un de ces films ou l'analyse fait défaut, ou on a juste envie de citer les scènes marquantes. C'est un patchwork qui fait jaillir les genres cinématographiques (en vrac: film policier, noir, d'apprentissage, d'horreur, d'amour, du complot, fantastique, comédie, mélodrame...) dans sa première partie, pour ensuite les tordre, les dissoudre, les déconstruire dans une deuxième partie en les heurtant, les rejouant, en abandonnant la résolution pour détruire les raccords, les genres, les idées, les images ; le cinéma? Non: il est là le cinéma, dans la démesure d'un objet tellement boursouflé de théorique, d'un flou d'images et de fictions vaines, mais qui jouent, qui rient, qui pleurent, qui baisent, qui meurent, qui pleurent, qui vivent.
C'est une histoire de fascination. Fascination cinématographique formalisée par une fascination devant l'image. C'est sans doute le film où l'union entre le fond et la forme est la plus parfaite.
(!!!Mode Cahiers du Cinéma OFF !!!)
Non, en fait, le deuxième après
Commando.