Supter
Bah justement. C'est ça qui est contesté par les casseurs. L'idée que l'ordre légal est l'ordre juste. L'ordre légal, il est garantie dans les faits par la police (qui tient plus de la mafia nationale que d'autre chose dans de nombreux cas) et dans son symbolisme par l'idée que le législateur représente le peuple.
Bon en dehors de ce terme "mafia nationale" complètement exagéré et ridicule pour n'importe qui s'intéresse à l'idée de mafia, les casseurs ils contestent pas ça du tout hein. C'est pas en cassant des choses que tu contestes l'ordre légal. Bien au contraire, le casseur se nourrit de l'illégalité pour tenter de faire pression, c'est parce que c'est illégal et parce que ça porte un préjudice que ses revendications devraient prendre plus de poids.
Ensuite, et sans même mentionner les flics, bah ça me semble juste et je pense que l'idée est assez globalement partagée que c'est plutôt juste de ne pas avoir un cadre légal qui autorise des détériorations de biens publics ou d'autrui. C'est pas comme si tu me parlais d'une loi liberticide, qui ne respecte pas les droits de l'homme ou la vie privée là hein, j'espère que t'es au courant.
Le problème, c'est que c'est faux. Les réseaux d'extrêmes gauches ont retrouvé une grande vigueur, ont pris plus de poids dans l'organisation (cf. L'UNEF qui venait parader à côté de la CNT à Nanterre pendant l'occupation du bâtiment L et l'organisation de colloques) et les méthodes de la police sont plus surveillées aujourd'hui qu'au début des manifestations.
Le problème, c'est que ce que tu me décris-là n'est pas le fruit des casseurs du tout. Tu as eu entre fin avril et début juin une stagnation et une baisse dans d'autres endroits de la mobilisation. Nuit Debout a perdu en affluence, et on a eu carrément un passage où la CGT et les casseurs s'empoignaient. J'avais une chronique quasiment quotidienne d'un gars sur place c'était assez intéressant.
Par contre y a eu une reprise en main tardive de la contestation vers juin, et là les syndicats sont revenus dans le truc. Mais avant t'avais presque plus de responsable et c'était pas loin de devenir n'importe quoi.
La violence, c'est la seule chose qui permet de changer les choses en profondeur. Tant par ce que c'est l'expression la plus physique qui soit d'un ras-le-bol, signifiant que c'est aussi l'une des plus extrêmes, témoignant du climat politique, des situations de misères dans lesquelles certains sont placées.
D'abord, non, ce n'est pas la seule chose qui permet de changer les choses en profondeur. Ce n'est qu'une méthode. Ce qui permet de changer les choses c'est avant tout le nombre, la masse, le soutien populaire. Ensuite, même si la méthode utilisée est la violence, il y a toujours cette idée non négligeable de la cible. Violence contre le gouvernement, violence contre des banques ou des symboles du capital, j'approuve pas forcément mais ça reste compréhensible.
La violence contre un banc, un lampadaire, un magasin random, ou encore un hôpital, ce n'est ni cohérent avec les revendications, ni compréhensible dans une idée de "ras-le-bol", c'est juste indéfendable.
Enfin, le fait de descendre chez Le Fol était de la plus grande violence. Pas forcément physique, mais symbolique.
Tu vois que quand tu veux tu sais faire la différence, maintenant il s'agirait de comprendre pourquoi l'une est plus défendable et comprise par les gens que l'autre.
Le message n'est pas transmis sans violence ; et tant pis si cela fait que certains décident de ne pas aimer un courant qu'ils auraient de toute façon ignoré, si certains s'y rallient.
"Tant pis si on s'fout les gens dont on aurait besoin pour faire un vrai changement ou une révolution à dos". Ouais, très malin.
Weeds.