Le 14/07/2015 à 19:15, Weeds avait écrit ...
Mais sur tous les gens qui ont une licence en France, il me semble qu'une bonne partie ne sait pas quoi en faire et se tourne (ou pourrait naturellement se tourner) vers le CAPES.
De là à ne pas considérer ça comme une minorité... Déjà je pense que la majorité des gens n'ont pas une licence, ensuite il faut retirer les licences dans des domaines qui n'ont pas de CAPES comme le droit ou la psychologie (je dirais bien informatique aussi mais pour ceux qui ont un parcours de licence complet ils peuvent peut-être faire le CAPES maths), puis ceux qui continuent en master.
(Je réponds à toi et à Joker sans le citer vu que globalement ma réponse sera la même.)
Je disais juste "se tourner vers l'enseignement c'est un truc accessible, avec sécurité de l'emploi et ouvert à énormément de filières, ce qui fait tout plein de raisons de se tourner vers ça sans que ce soit une question de vocation".
Je cherche pas à dire qu'une majorité d'étudiants ont une licence. Ou qu'une majorité de gens avec une licence se tourne vers le CAPES ou que sais-je encore. Juste que pour plein de gens (en l'occurrence, les gens titulaires d'une licence et qui n'ont pas de "vocation" à un métier particulier), se tourner vers le CAPES est une alternative viable et que du coup, certains se retrouvent en CAPES pour cette raison.
Je ne sais pas quelle est la proportion de gens avec une "vocation pour l'enseignement" et combien s'y tournent "à défaut de trouver mieux", mais clairement, c'est pas 100%/0% et je ne comprends pas que de nos jours l'idée reçue "les profs font ça par vocation" soit encore aussi présente. C'est un métier comme un autre : tu fais ça soit par vocation, soit parce que ça correspond à tes compétences et que t'aimes bien avoir un toit sur la tête et le frigo rempli.
Bon, je vais répondre à Joker sur le reste même si bon, j'aurais probablement juste du clarifier ça avant et éviter d'avoir la conversation qui dévie complètement. Encore une fois, je ne cherche pas à dire "être prof c'est trop la fête, tout le monde devrait faire ça".
Le 14/07/2015 à 19:40, jokerface avait écrit ...
Le 14/07/2015 à 17:24, Senen avait écrit ...
Pour rappel, le CAPES c'est un an de préparation et ça nécessite juste une licence hein.
Euh...non.
Licence + master et le concours se prépare sur les deux ans de master (même si maintenant on peut le passer en M1) sans oublier qu'a coté il y a le mémoire + les stages + les partiels et si tu n'as pas le capes tu redoubles le M1 même si tu pouvais passer en M2 ,héééé oui).
Euh... non.
Il faut avoir une L3 et pouvoir, à la fin de l'année, justifier d'un M1 pour pouvoir passer le CAPES. Avec les changements sur le concours, c'est maintenant complètement devenu un concours de M1 et le prérequis pour la préparation au CAPES c'est une L3.
Ensuite, oui, tu passes un M2 pendant l'année de formation, j'y reviendrais.
Sinon, wtf, le coup de redoubler le M1 si tu n'as pas le CAPES ? Si tu ne l'as pas, tu ne peux effectivement pas faire l'année de formation (donc pas le M2 qui y est lié), mais t'as absolument pas à retaper ton M1. T'as même pas besoin d'avoir un M1 destiné à l'enseignement, d'ailleurs, pour passer le CAPES. (Ni même d'avoir un M1 dans la matière concernée, a priori.)
Par contre, l'inverse est vrai, si tu n'as pas ton M1, tu ne peux pas avoir le CAPES. M'enfin je doute que le cas de figure "j'ai mon M1 de la prépa CAPES mais pas le CAPES" se produise souvent. (J'ai bien un exemple en tête, mais il est extrêmement spécifique.)
Le 14/07/2015 à 19:40, jokerface avait écrit ...
(Y a effectivement l'année de formation après. Mais t'as déjà passé le concours, tu fais un mi-temps, t'as plusieurs classes et un salaire de plein temps...
+ un mémoire pédagogique + les cours obligatoires de l'ESPE + les cours à préparer + les copies à corriger + tu es pas garanti de travailler près de chez toi, genre moi c'était à 100 km.
En fait, j'avais mal saisi le propos de Dr_Z et du coup répondait un peu à côté.
Donc, ce que je disais c'était "ça ressemble plus à une année de travail (parce que salaire+deux classes à gérer (cours+copies+préparation) qu'à une année d'études", même si ça se discute. Je dis pas du tout que c'est une année tranquille, hein, je pense même que c'est une des pires années en tant que prof (première fois que tu dois préparer des cours d'autant que tu apprends potentiellement très tard les classes que tu as, stress d'obtenir la titularisation, énormément de trajets si les cours de l'ESPE ne sont pas dans ta ville, etc.)
Bon ceci dit, ça répond pas au propos de Dr_Z, donc osef un peu.
À la limite j'aurais pu répondre que c'est deux ans de formation, pas cinq ans. C'est juste que c'est une formation qui commence après un bac+3.
Le 14/07/2015 à 19:40, jokerface avait écrit ...
ils manquent tellement de profs de maths qu'ils abaissent la barre très très bas au point que ce n'est plus réellement un concours depuis bien longtemps déjà et que c'est grosso merdo accessible à un bon élève de terminale.
Dépend des académies. A Créteil oui, mais j'avais lu il y a quelques semaines un article qui disait que justement non, dans pas mal d'académies, le jury refusait ce nivellement par le bas et continuait à écrémer (la preuve : ils manquent encore des gens à pourvoir).
Whut? Le classement au CAPES c'est national, non ? Je ne comprends pas ton message, du coup.
Sinon, il manque des gens à pourvoir parce qu'il faut bien s'arrêter quelque part quand le niveau est vraiment, vraiment trop bas. Comme tu le dis, personne ne veut être prof de maths, donc on finit par atteindre ce pallier. (C'est vrai à l'agreg de maths aussi, d'ailleurs, même si leur notion de "niveau trop bas" n'est pas exactement le même.)
Le 14/07/2015 à 19:40, jokerface avait écrit ...
Mais sur tous les gens qui ont une licence en France, il me semble qu'une bonne partie ne sait pas quoi en faire et se tourne (ou pourrait naturellement se tourner) vers le CAPES.
Non , carrément pas, déjà parce que plus personne ne veut faire prof (ils ont encore un quart des postes non pourvus cette année faute de candidats) et aussi parce que le MASTER (et pas la licence) enseignement restreint les voies possibles, et donc la plupart vont se tourner vers un master qui offre plus de possibilités.
Encore une fois, je ne contredis pas le fait que "personne ne veut faire prof", cf le tout début de mon message.
Je reviens par contre sur l'autre partie de la citation. Le M1 Enseignement restreint effectivement beaucoup, vu qu'il s'agit plus d'une année de formation que d'une année d'étude et que, globalement, quand on fait une formation à quelque chose y a rarement beaucoup d'autres débouchés.
Ceci dit, c'est vrai pour toutes les formations et j'entends peu de gens parler d'une vocation pour la plomberie ou pour n'importe quel métier qui nécessite une formation spécifique, genre un BTS. (Je dis pas qu'il n'y a pas de plombiers qui font ça par vocation, au contraire. Je connais au moins un électricien de vocation, j'imagine aisément qu'il y a des plombiers dans ce cas là. Juste que, comme dans tous les métiers, y en a qui font ça par vocation, d'autres non.)