J'ai trouvé ça mauvais. Le livre 6 est le seul que j'ai pas acheté en DVD. C'est vraiment de la merde, et pas seulement parce que ça ne me fais plus rire du tout.Le 23/04/2012 à 00:17, Borislehachoir avait écrit ...
D'ailleurs, débat moins branlette : vous pensez quoi du virage " sérieux " de Kaamelott ?
Boris, qui a beaucoup accroché.
Enfin, faut reconnaître que ça constitue déjà un problème assez grave : le fait qu'un série comique tourne au mélodrame. Inévitablement y'aura une fuite du public qui était là pour se marrer et qui se retrouve avec une tragédie en décalage total (j'insiste, total) avec le point de départ. Peut-être que je suis indifférent à cette nouvelle recette parce que ma sensibilité est inadaptée, ou que je suis trop con pour comprendre la beauté de ce sombre glissement métaphysique. Toujours est-il que ça n'a plus rien à voir et que le fait est là : je passe d'une moyenne de 1 rire toutes les 10 secondes jusqu'au livre 5 à 10 rires sur tout le livre 6. Tout ceci est devenu bien trop prétentieux et froid à mon goût.
A mon sens, Astier ne maîtrise pas du tout les codes qui permettent de créer de "l'intensité dramatique" (puisque c'est visiblement son intention). Sorti du champ / contre-champ, il est totalement perdu, et il est incapable de gérer un rythme (je pense à la scène où il vont tenter d'assassiner je-sais-plus-qui, interminable et pénible). Les dialogues perdent en saveur, et les tentatives d'intégrer l'humour au dramatique (parce que c'est quasiment de ça qu'il s'agit, alors que j'aurai préféré qu'il cherche à donner un aspect dramatique à sa série humoristique) sont invariablement gâchées par la réalisation "arrogante", ou peut-être parce que le contexte ne permet même plus de créer de réel décalage comique, ou peut-être parce que c'est pas drôle, tout simplement. Je crois même que c'est dans ce livre qu'il est obligé de recourir à des procédés ridicules pour "avertir" le spectateur qu'on change de registre, j'ai en tête un ou deux passages où Astier rajoute une musique légère lors de dialogues rigolos, chose qu'il n'a jamais eu à faire auparavant, et qui te donne plus l'impression d'être pris pour un con...
Le format partiellement chronologique des épisodes qu'il a développé dans le livre 4 fonctionnait bien, au moins jusqu'à la moitié du livre 5. Mais sa volonté de créer une histoire dramatique par la suite est donc un échec à mon sens, et cela pour une autre raison : le revirement est abrupte, et n'a aucune crédibilité "narrative" ; il y a une discontinuité totale entre les personnages et les situations du présent (les premiers livres) et le fondement qu'il leur a donné. On a plus l'impression que, parti d'un gros bordel hilarant avec des décalages qui fonctionnent vachement bien (la gravité des enjeux, la légitimité des personnages, etc.), on en arrive à raconter un genèse qui rend ridicule et incohérent tout ce qui c'est passé dans les autres livres.
Arthur n'est pas un soldat noble, aguerri et habile, juste une petite merde qui se retrouve catapulté chef de guerre à cause d'enjeux politiques qu'il ne comprend même pas. Tout ce qui arrive aux personnages est la manifestation de coïncidences ridicules qu'ils ne maîtrisent pas. On se rend compte que tous les personnages sont construits sur une attitude passive et sur des événements qui les dépassent. Bref, le problème, c'est que par exemple le Roi n'a plus aucune légitimité (revoyez les épisodes des livres antérieurs à la lumière de ces révélations et vous captez la fossé qui existe entre le personnage et ce qu'il prétend être), et tous les "trucs cools" qui étaient là à la base se révèle fondés sur des aventures complètement pourries.
Alors tout ça pour "redonner de la dignité aux faibles", comme il dit. Je crois que j'ai même pas envie d'en parler tant la formule me dérange, premièrement, et aussi parce que si c'est bien le projet, ce scénario n'offre aucune dignité à qui que ce soit, mais se contente de montrer que le hasard peut amener n'importe qui n'importe où. Ces "faibles" auraient une quelconque dignité si ils étaient arrivés où ils sont en prenant leur destin en main ; y'a qu'à voir la tronche d'Arthur tout au long du livre 6 pour comprendre que tout ça lui tombe dessus et qu'il n'y a aucune dignité là-dedans.
Bon je vais arrêter mais je tiens aussi à dire qu'il y a une erreur à croire qu'on peut pas faire passer des messages profonds avec l'humour. Et je crois que pendant les 5 premiers livres Astier y est bien parvenu, parce que c'est un mec très très intelligent. L'humour c'est quand même une forme de spiritualisation, est c'est débile de penser que c'est "que" du divertissement. Tous les états mentaux peuvent être transmis et transcendés dans des cadres comiques, et je trouve que c'est très très souvent bien plus touchant et juste de cette façon qu'en exploitant des discours "classiques", évidents et superficiels (malgré la profondeur affichée).
Astier reste néanmoins un génie de l'humour, et je troquerais pas un seul de mes dvds de Kaamelott contre l'intégrale de Bigard et de Christophe Alévêque réunis. Contre un bouquin des vannes de Carlos, à la limite !
T'as raison. Je vais pas flipper pour ça. La vie continue.
— Le Duc.
