Résumé de l’épisode précédent : Jean Eude de Montgras
Je suis Jean-Eude de Montgras, aussi nommé l’archer équilibriste manchot. Né il y a 42 printemps de cela, je n’ai plus qu’un bras depuis 9 ans, et je le vis très bien.
J’ai perdu mon membre suite à une altercation avec Vizzir Le Propre lors d’un concours de lancé de markhor, discipline national du royaume réunifié de Trabassac, où j’ai involontairement envoyé mon projectile dans la narine gauche de la sœur de l’arrière grande marâtre du petit fils de Vizzir. Celui-ci tout en m’insultant de pleutre bouffeur de laine se mit en devoir de me couper le bras afin de protéger l’humanité de mes lancés de markhors approximatifs. C’est ce qu’il fit la minute suivante malgré mes excuses répétées et mes protestations convaincantes.
La nuit suivante je noyais la perte de mon membre dans un sceau d’alcool lorsque un vieux barbu excentrique visiblement tout aussi éméché que moi me dit ceci « lève toi et nage ». En pleine réflexion, je m’adressais en ces termes à mon cœur « mais qui est ce vieux con ? ». Mais n’ayant franchement rien de mieux à faire cette nuit là, je me suis levé et je suis parti nager dans l’océan.
La première année de ma longue nage, je m’étonnais toujours de repasser aux mêmes endroits, puis invoquant toute ma puissance intellectuelle, je me suis souvenu que je n’avais plus qu’un bras, et que par conséquent je nageais en rond depuis un an. Un nouvel effort de volonté me permis de mettre au point la technique suivante, désormais j’avancerai d’un demi cercle en nageant normalement, puis je me mettrai sur le dos afin d’inverser la rotation pour avancer d’un nouvel arc de cercle ! Fier de ma grandiose découverte je repartis de plus belle, me jouant des courants et des carnivores aquatique. Quatre ans plus tard j’arrivais « sur une île, située à plusieurs dizaines de kilomètres du royaume de Gallowmore... ». Je pensais alors avoir assez nagé pour que le barbu excentrique soit content, et j’entrepris ’arrêter de nager.
Je pris donc la première route se présentant à moi tout en mangeant les feuilles qui se présentaient sur mon chemin (qui parurent d’ailleurs fort savoureuses après plusieurs années de régime aux planctons). J’arrivais ensuite au fameux village où de nouveau j’inventais une technique géniale me permettant de tirer à l’arc avec un seul bras. En effet il me suffit de saisir l’arc de ma seule main et de tirer puissamment la flèche encocher avec mes dents, et d’un simple relâchement de la mâchoire la flèche part. Trouvant ceci carrément cool, j’ai monté un spectacle dans lequel on peut me voir tirer sur des cibles de cette manière en équilibre sur une fine corde.
La suite : Jeansky Eudov.
Non content d’avoir survécu à l’hécatombe, Jean Eude retourna chez lui après avoir adressé un sourire débile aux deux autres rescapés (Hein quoi, c’est plus à la première personne ? _Non va te faire). Il continua de donner de fameux spectacles mais sans qu’il sache franchement pourquoi, il n’avait plus aucun publique. C’est chez lui qu’il résolut ce sombre mystère, c’est parce que tout son public était mort, bouffé par les loups-garous ou cramer par les habitants. C’était emmerdant, que pourrait faire un artiste aussi réputé sans public ?
Il s’enfuit donc fourbement sans demander son reste et repris la mer. A la nage. Réutilisant sa technique rotative innovante, il parcourut de longues distances lorsque soudain, alors qu’il chassait un banc de plancton, il aperçu une huître. Se souvenant qu’il lui fallait manger équilibré pour ne pas avoir d’excès de cholestérol, Jean Eude entreprit de bouffer l’huître. Il découvrit à ses dépends qu’uniquement l’intérieur de ce crustacé est comestible.
Mais on s’en fout, le plus important c’est que sous l’huître se cachait un livre (il s’agissait en effet d’une grosse huître) écrit par Marl Karx, qui allait changer la vie de ce bravache de Jean Eude. Il en fit rapidement la lecture, et c’est à présent éclairé par la toute puissance du matérialisme historique que Jeansky Eudov (Ouais, Jean Eude De Montgras ça fait vachement petit bourgeois, il lui fallait un nom plus cool)traversait les océans, prêchant la grande révolution prolétarienne à des poissons
fluorescents. Ceux-ci n’étant pas très réceptifs aux messages de dénonciation de l’exploitation de la classe travailleuse par la classe bourgeoise, Jeansky Eudov regagna la terre ferme et s’installa donc là où l’histoire se déroule, parce qu’il fallait bien que la grande révolution ouvrière et libératrice commence quelque part.
[ Dernière modification par Soutzeverc le 05 jun 2008 à 17h11 ]