Léo Ferré
J'aime beaucoup cet artiste, ce visionnaire, ce poète, l'individu, tout !
Je viens de redécouvrir une chanson de lui ; "Pépée" qui n'est pas une chanson sur un grand-parent, mais sur une chimpanzé. Connaissant pourtant l'oeuvre du maître, je n'osais écouter cette chanson ; je me disais d'un air dubitatif : "quoi ? une chanson sur un singe ? non vraiment je trouve ça un peu too much, du style le mec misanthrope qui en fait des tonnes avec une chanson glorifiant un singe..."
J'ai pensé comme un con. Je n'avais rien compris.
C'est quand j'ai eu connaissance du contexte de cette chanson, que je l'ai enfin écoutée
en entier. Et j'en ai pleuré.
A l'époque Ferré est marié ; c'est sa deuxième femme ; le couple va mal , elle surtout. Au cours d'une visite à un cirque, Léo fait la connaissance d'une chimpanzé ; c'est le coup de foudre ; il décide de l'accueillir chez lui ; c'est alors un peu l'enfant du couple Ferré ; il l'appellera Pépée .
Un matin, l'épouse de Léo, dépressive, décide de faire appel à un chasseur. Celui-ci abattra alors Pépée, qui était endormie dans son lit, d'un coup de fusil. C'est un traumatisme pour Léo. Il divorcera ensuite.
La chanson "Pépée" est un requiem, et c'est à ma connaissance le plus bouleversante chanson sur le sujet de la perte d'un être cher. La fin de la chanson surtout, me glace littéralement l'esprit. UN CHOC TOTAL !! et je suis très sérieux.
Voici un live de Pépée à Bobino :
http://www.youtube.com/watch?v=3hbAkwV5ZQs
Et les paroles :
T'avais les mains comm' des raquettes
Pépée
Et quand j'te f'sais les ongles
J'voyais des fleurs dans ta barbiche
T'avais les oreill's de Gainsbourg
Mais toi t'avais pas besoin d'scotch
Pour les r'plier la nuit
Tandis que lui... ben oui !
Pépée
T'avais les yeux comm' des lucarnes
Pépée
Comme on en voit dans l'port d'Anvers
Quand les matins ont l'âme verte
Et qu'il leur faut des yeux d'rechange
Pour regarder la nuit des autres
Comme on r'gardait un chimpanzé
Chez les Ferré
Pépée
T'avais le cœur comme un tambour
Pépée
De ceux qu'on voil' le vendredi saint
Vers les trois heures après midi
Pour regarder Jésus-machin
Souffler sur ses trent'-trois bougies
Tandis que toi t'en avais qu'huit
Le sept avril
De soixante-huit
Pépée
J'voudrais avoir les mains d'la mort
Pépée
Et puis les yeux et puis le cœur
Et m'en venir coucher chez toi
Ça chang'rait rien à mon décor
On couch' toujours avec des morts x3
Pépée
[ Dernière modification par black-monday le 08 fév 2008 à 20h44 ]
"Ouais même que Valérie Damidot est tellement grasse que si elle se trempe un pinceau dans le fion, elle réinvente la peinture à l'huile."