Vendredi 01 Septembre 2006 à 21:01
#37
un truc commencé en cours de finition. Je vous donne le prologue, je ne suis pas sûr que les 400 pages soit ici diffusables
PROLOGUE
Le cliquetis de la serrure joua bruyamment. La lourde porte de bois s'ouvrit et un raie de lumière vint frapper son vieux visage buriné par le soleil. Puis, lorsque la porte fut complètement ouverte, deux soldats en armures pénétrèrent dans cette cellule humide d'où se dégager une forte odeur d'urine.
"- Vieillard ! Hurla le plus âgé des soldat à mesure qu'il descendait les quelques marches 'un escalier. Lève toi il est l'heure de quitter ce château pour une douve autrement plus chaude et lumineuse !"
L'homme ne broncha pas. Le jeune soldat écarta quelques rats d'un bâton et se pencha vers le vieillard.
"- Il est mort ? demanda l'aîné !
- Tu parles c'est solide cette vieillerie. Il nous enterrera tous."
Le jeune pris son bâton et frappa sévèrement le vieil homme au niveau des côtes. Ce dernier se plia en deux sous la douleur, sans crier.
"- Tu vois je te l'avais dis. Allez je le soulève et on sors d'ici.
Le jeune saisit prestement le bras du prisonnier, le souleva d'un bras et le traina hors de la cellule.
L'homme était sale, habillé de hardes, entravé de chaînes et il se dégageait de lui une odeur pestilentielle de cette loque humaine .
"- On le nourrit beaucoup trop, fit le jeune dans une rire. Il presque aussi lourd que ma femme maintenant.
- Tu trouves ? J'ai pourtant connu des squelettes plus lourds que lui.
En passant la porte, la lumière vive de cet après midi ensoleillé obligea le prisonnier à fermer les yeux. Il entendit la rue animée du port. Les déchargements des bateaux à quai, mais il ne vit pas les forçats, les esclaves, les coffres s'étaler par centaines avant leur embarquement vers l'Espagne. Il se dirigèrent vers le nord. Le sol changea, il ne marchait plus sur des sols en durs fait de pierre, mais en planches finement ajusté.
Javier commença à entrouvrir les yeux, toujours ébloui par ces mois d'obscurité forcés, il vit les fier bateaux à quai, les hommes d'équipage préparer les armatures et les voiles et les esclaves incas soulever les lourdes marchandises qui finiraient dans les cales du navires. Les deux soldats se dirigèrent vers un navire militaire. Là point de marchandises, mais des boulet en cours de transfert, des tonneaux de poudre manipulaient avec précaution et au pied du navire trois homme richement vêtu. Le premier portant un tricorne mais au visage carré et solide . le second habillé plus richement avec des bagues plein les mains. Le troisième était beaucoup plus jeunes et ne semblait guère s'intéresser à la scène.
" - Tenez ! fit le plus jeune des garde en poussant Javier vers l'homme au tricorne. Il est à vous maintenant.
Javier tomba lourdement sur le sol et les soldats ainsi que les hommes d'équipage du bateau militaire rirent de bon cœur. L'homme au tricorne se retourna et monta sur son bateau en donnant l'ordre à ses hommes de se saisir de Javier et de le faire monter à bord. L'homme aux bagues le suivit promptement accompagné du jeune. Deux homme costaud prirent Javier, l'accompagnèrent à bord et le menèrent à fonds de cale. Ils l'attachèrent au poignets et s'en furent en fermant la cale. Ainsi il quitter une cave sombre et humide pour une cale présentant les mêmes atouts hôteliers. Il s'endormit.
Une vague d'eau salée, le réveilla. Il se débattit pensa qu'une voie d'eau s'était ouverte, mais il n'en fut rien. Les deux grand gaillards qui l'avaient mené au navire étaient là, ils riaient de cette bonne blague.
"- Le capitaine nous a demandé de te faire te laver. Te voilà propre !
Ils rirent de nouveau puis s'éloignèrent en lui indiquant de les suivre. Il remarqua alors que les fers qui lui entravaient les mains lui avaient été retirés. Il se leva doucement à cause de ses côtes et suivit les deux hommes qui le menèrent jusqu'à la cabine du Capitaine.
Pénétrer dans la cabine du capitaine était découvrir en miniature le luxe des cour d'Europe et il n'en pas différent à bord de ce navire. Meubles vernis, peintures, tentures, table de travail, cartes pieusement rangées dans un livre en cuir reliés. Tout y était. La pièce avait été un peu aménagée. Au fond à droite de la pièce, le jeune homme qui se trouvait sur l'embarcadère est assis derrière un pupitre, plume à la main. Au centre le capitaine. Assis sur une chaise à bras, à sa droite l'homme au bague, jeté sur une chaise d'une qualité inférieur. Une table les séparé d'une chaise leur faisant face. Le capitaine se leva et indiqua à Javier la chaise. Il s'exécuta et s'assit, attendant le couperet.
"- Javier, commença le jeune homme né à en espagne, date et lieu inconnu. Rebel à l'ordre et a organisé la grande rébellin d'il ya 10 ans..
Le vieil homme ne leva même pas un cil à l'énoncé de cette courte biographie.
"- Est-ce bien votre histoire ? fit l'homme au tricorne
- Il y a bien longtemps que ceci n'est plus mon histoire. Qui êtes-vous, vous qui semblez tout savoir de moi ?
- Je suis le capitaine Lorca, capitaine de ce navire qui vous ramène en Espagne pour votre procès. Voici l'Abbé de las Callas, fit-il en montrant l'homme aux bagues et son page. Ils sont là à titre de témoins dans cette affaire.
- Procès ? Quel procès ?
- Celui de vos actions sur le Nouveau Monde
- N'avez vous pas autre chose à faire que de tourmenter un mort
- C'est un ordre du Roy. Et vous n'êtes pas mort, vous êtes en face de moi.
- Je n'ai plus de Roy. Plus de patrie depuis bien longtemps.
- C'est pour l'histoire, fit l'abbé en se redressant. L'expérience que vous avez des habitants de ce nouveau continent est essentiel pour nous et pour l'église.
- Qu'est-ce qui est essentiel ? Savoir si ils ont une âme ? Je n'ai pas besoin de vous donner de réponse, vous n'avez qu'à parler avec eux.
- Mais je le sais cela, j'ai discuté avec eux.
- Alors que voulez vous ?
L'abbé se leva et s'approcha du vieil homme. Il se pencha et lui murmura à l'oreille.
- Savoir. Pourquoi avez vous disparu ? comment êtes vous arrivez là ? Pourquoi et comment avez vous combattu votre Roy dans sa conquête de ce continent.
Le vieillard ne répondit pas. Il prit un long moment à faire la moue et rien ne semblait perturber cette réflexion, puis un "J'ai faim", rompis le silence. Puisque mon histoire m'intéresse, il me faut manger.
- Bien sûr fit l'abbé en regardant fixement le capitaine qui ne semblait pas d'accord. Qu'on lui porte de quoi se sustenter et de l'eau.
- Du vin ! fit Javier. Il y a si longtemps
- Soit ! Et du vin.
Le vieil homme était triste. Il pensait aux pauvres qui ne demandaient qu’un peu de travail pour survivre, alors que l’on utilisé sans vergogne des esclaves. Le monde avait changé pour les gens comme lui, mais il n’avait pas changé pour les autres. Les riches tenaient les rennes du pouvoir et ils se créaient un monde pour les riches. Il se demanda si finalement son retour à la “civilisation” était nécessaire.
Au pied du navire, un homme se leva. Il était petit et sa jambe droite était tordu comme si avait été très malade durant sa jeunesse ou comme une fracture mal remise en place. C’était sûrement le second, car il ne portait pas les haillons habituellement attribués aux mousses ou aux autres marins d’un rangs bien inférieur aux officiers de pont. Son visage pâle presque trop lisse et joufflu donnait de lui l’image de ces poupons de porcelaine que l’on offrait aux belles petites filles de l’aristocratie. Indéniablement, il en était à son premier voyage sous les tropiques et il le supportait tout de même bien.
«- Chevalier De Valladolid ? s’enquit l’homme d’une voix forte et claire en saluant le viel homme. Je suis l’officier de bord Iñacio Lorca. Je suis chargé de l’inventaire de toutes les marchandises et hommes montant à ce bord.
- Repos, fit calmement le vieil homme en répondant à ce salut mais d’une façon à la fois plus lente et plus saccadé. Monsieur, je vous remercie de cette attention mais je ne suis pas Chevalier, je ne suis qu’un simple capitaine de l’armée de sa très gracieuse majesté la très Catholique Reine d’Espagne Isabelle d’Aragon.
- Vous... Vous n’êtes donc pas au courant ? bredouilla l’homme.
- Non.
- Isabelle d’Espagne et le roi Ferdinand ne sont plus. Dieu les a rappelé à lui et le Roi Charles Quint leur à succédé. Votre...
- Elle n’est plus...», souffla le vieil homme visiblement très marqué par la nouvelle. Le cuir durci par le soleil de sa peau se craquela légèrement et l’officier de bord put voir une petite larme couler le long de ses joues. L’homme semblait vouloir se contenir, seules deux larmes suivirent la première avant de disparaître dans les touffes de poils blancs de sa barbe.
«- Je suis désolé, reprit l’homme après avoir renifler pour se calmer. Je ne savais pas. Cela a été une grande perte et pour l’Espagne. Mais il resterons pour toujours dans nos mémoires comme étant les rois qui ont libéré l’Espagne et lui ont donné sa grandeur.
- Je comprend, moi même...»
Il n’écouta pas la suite et s’enfonça lentement dans ses souvenirs de jeunesse. A l’époque, il était fier de travailler pour sa reine. Mais maintenant il était seul, vieux, sans amour, ni fierté. Seulement pour le souvenir de son passé et de ceux qu’il a côtoyé et aimé.
«- Et ce Charles est-il un bon roi ? reprit le vieil homme pour changer de discussion sans même savoir si il coupait son interlocuteur.
- Sa majesté est un très grand roi, Dieu en est témoin. L’Espagne est devenue, grâce à lui, une grande nation de l’Europe Chrétienne.
- Je vois ».
Le vieil homme ne demanda pas plus d’explication, car l’officier ne faisait que répondre une phrase qu’on lui avait demandé de réciter aussi souvent que possible. Oubliant la suite de sa question, il se ferma comme un vieille femme car il était un peu perturbé par l’annonce de la mort de sa belle reine.
Le capitaine du Santa Ysabella était assis derrière son bureau d’acajou. Il ne portait pas le moindre regard à l’homme qui venait tout juste de rentrer dans sa cabine. On discernait à peines ses traits. Seul son profil était marqué par un nez aquilin qui descendait près de ses lèvres. A l’aide d’un compas et d’une règle, il vérifiait encore une fois, annotant sur une feuille jaunit à sa droite quelques chiffres illisibles, les directions et manœuvres que le galion allait devoir suivre pour sortir de la passe où se trouvait construit le port de la ville. Il maudissait les gens installaient les villes dans des lieux, certes idéaux pour leurs développements, mais difficilement accessible à la navigation. Il fit tournoyer avec une grande dextérité deux ou trois fois le compas pour vérifier la vitesse minimale pour sortir le plus rapidement possible avant que la marée ne remonte.
Pendant ce temps là, le Capitaine De Valladolid était admiratif du luxe et du confort qui lui était offert de voir et dans lequel le capitaine vivait. De larges tentures de tissus rouge étaient jetées le long des fenêtres et des portes. La plafond était recouvert d’une superbe peinture de couleurs vives et chatoyante représentant une scène de liesse sur le parvis d’une église. On y découvrait des dresseurs d’ours rivalisant d’audace avec des cracheurs de feux le tout sous les yeux ébahis d’enfants et de parents de toutes classes sociales. Mais cette peinture apparue au Capitaine de Valladolid comme la vision d’un idéale. Seulement une vision, malheureusement. Un lit à baldaquin de bonne taille mais moins décoré que l’ensemble de la cabine jouxtait le bureau d’acajou du capitaine, il venait d’être patiemment ciré, ce qui cachait partiellement les erreurs de fabrication et l’usure des bois maintenant rendus noire par l’air marin. Une mappemonde d’au moins cinquante kilos montrait les connaissances actuelles en cartographie. Les côtes de l’Europe n’avaient que peu changées durant tout ce temps. Au contraire celle du Nouveau-Monde étaient passées de simples points voir lignes à de vrais îles, voir des continents encore par endroits mal connus. D’ailleurs, la majorité de l’intérieur des terre était annotée comme : “Tierra Incognita”, ce qui tendait plus à penser terre dangereuse que terre inconnue. Des cuivres resplendissant faisaient ressortir la beauté de cette Terre maintenant ronde, mais toujours attachée à une couleur unie jaunâtre qui masquait la réalité de la diversité des variations de la nature partout sur la terre.
Le Capitaine De Valladolid s’approcha d’un tableau dont il ne voyait que le dos. La toile était peut-être négligemment posée au centre de la pièce sur un chevalet pour que le capitaine l’ai toujours en point de vu. Il tourna autour et y découvrit une famille assise sur un large fauteuil de couleur bleu-roi, dans un salon finement décoré. En son centre se trouvait le capitaine judicieusement placé derrière le fauteuil comme signe de la possession de la famille. Il avait un moue forte révélant la difficulté de la pose qui pouvait devenir extrêmement douloureuse au bout d’un certains temps. Il était vêtue d’un habit des plus resplendissant taillé dans un large morceau de tissus noir de geai qui lui donnait de beaux reflets bleutés sur ses épaules et ses hanches. Quelques décorations et son épées sur le côtés lui conférait cette stature qui se dégageait souvent d’un soldat du roi. A sa droite, une jeune fille, qui n’avait pas encore atteint ses vingt ans, tenait dans ses bras un bébé vêtu de langes de soies blanches mais dont on ne pouvait qu’imaginer le visage. Tous deux étaient vêtus de blanc. La jeune fille avait un visage fin, mais un peu trop pâle à son goût. Peut-être le peintre avait-il voulu faire d’elle une sainte ou une femme particulièrement distinguée et respectueuse des usages de la cour. Selon son avis, elle devait avoir à peine seize ans, et devait sûrement être l'aîné du capitaine. A leurs pieds, disposés de part et d’autre d’un énorme chien apparemment comateux, deux garçonnets beaucoup plus rosés et joufflus, jouaient aux échecs avec une évidente désinvolture ou brio.
«- Comment trouvez-vous ma petite famille ?» Demanda le capitaine en s’approchant de son invité.
Le chevalier De Valladolid hésita un instant, regardant de plus près la jeune fille, avant de répondre sur un ton enjoué, presque satisfait mais avec une voix rocailleuse et fébrile :
- « Superbe. Votre fille est une très belle jeune fille. Je suppose que tout le monde vous en parle et que tous les beaux jeunes hommes qu’elle connaît la veulent en mariage.
- Oh oui, fit-il en souriant fier de ce compliment. Son mariage a été une véritable fête. Mais je pense que la petite dernière - il montra alors le bébé dans les bras de la jeune fille - sera encore plus belle. Elle n’a que six ans mais chaque fois que je la vois, on me complimente et l’on m’assure qu’elle fera chavirer le cœur des plus endurcis des célibataires.
- Je vois. »
Il regarda a nouveau la jeune fille mais son visage avait changé d’expression. Il avait maintenant dans ses yeux l’expression d’un sentiment, d’une certaine envie ou d’une jalousie, le capitaine ne put jamais réellement savoir.
Le vieil homme s’imaginait être le père de cette beauté, mais rien ne lui vint. Il ne sentit pas les joies de jours de naissances, de découverte de la nature, de l’amour de sa mère. Il ne sentit pas non plus les jours de colère, de regrets ou de tristesse. Aucun sons, images ou même rires ne vint lui illuminer son vieil visage. Il n’avait pas eut d’enfant ou ils n’avaient pas vécu longtemps et cela avait été l’un de ses plus grands regrets.
- « Vous avez eu des enfants, demandant le capitaine d’une voix peu assuré.
- J’aurai dû...» répondit simplement le vieil homme comme un réflexe mais sans terminer sa phrase comme pour garder un secret trop pesant.
Le capitaine compris ce message et n’osa pas poser plus de questions. Il regarda un long moment le tableau en se disant qu’il avait tout même eut beaucoup de chance. Puis il détourna son regard vers ce hôte, qui tenait plus du mendiant des rues de Madrid que du Chevalier que la couronne se targuait d’avoir retrouvé. Il était pitoyable de misère dans cette robe de bure qui serait tomber facilement, au vu de la maigreur de ses bras, si une simple cordelette de chanvre usée et sale ne la retenait pas fermement serré contre ses flancs. Ses mains sales étaient pleines d'arthrite sur deux de ses doigts et se poursuivaient par des ongles longs et noirs par endroits ondulés ou cassés par l’âge. Malgré la grosseur des articulation de ses doigts, il usait des ses mains avec la plus grandes des dextérité et aucune douleur ne marquait son visage déjà peu enclin à exprimer un sentiment.
«- Avez-vous faim ? finit par demander le capitaine. Nous avons à bord...
- ... Sûrement tout ce dont j’ai besoin pour bien supporter ce voyage.
- Heu... oui. Assurément.
- Peut-être auriez-vous, avant cela, le matériel nécessaire à une bonne toilette et quelques vêtements un peu moins...
- Bien sur. Je suis vraiment impardonnable. Comment n’ai-je pas pensé à cela plus tôt.
- Peut-être vouliez-vous voir à quoi je pouvais ressembler.
Le capitaine sortit de sa cabine sans dire un mot ou répondre. Il laissa le vieil homme seul dans un luxe qu’il n’avait que rarement vu auparavant et auquel il attachait le plus méticuleux des regards.
Le capitaine revint dans sa cabine quelques minutes après que le bateau eut commencé sa course vers son pays d’origine. Une baignoire de cuivre avait été installé et rempli d’une eau fumante et agréable. Une douce chaleur emplissait la pièce, rendant l’atmosphère moins sec et plus conviviale. Le vieil homme venait à peine d’en sortir. Il avait choisit un habit que le capitaine lui avait prêté : une simple chemise de lin blanc mais un peu bouffante au manche et un pantalon d’un beige vif. Le capitaine vit qu’il portait sur son corps les marques de combats des plus âpres et difficiles. Une longue balafres courrait le long de son ventre. Elle partait de sous ses côtes droites et descendait directement vers sa jambe gauche. C’était vraisemblablement une épée qui avait fait de tel dégâts et il fut particulièrement impressionné par une telle blessure à laquelle la plupart de ses soldats n’auraient pas survécu. Il avait aussi des cicatrices de projectiles d’arquebuse. Trois exactement. Une sur chaque omoplate, et une dernière largement fichée dans le creux de son dos, proche des os d’une colonne vertébrale visible à travers sa peau fine et sèche. Là encore le capitaine fut étonné, mais il ne dit rien, ne voulant pas parler d’une probable guerre dont il savait qu’elle avait apporté ses morts et ses peines. Seul un bleu de belle taille redonnait de la couleur en tranchant nettement du rosée de sa peau et le blanc de ses cicatrices.
«- Vous semblez impressionné, capitaine. Vos hommes ne portent-ils donc pas de blessures ?
- Pas d’aussi impressionnantes, surtout celle qui se trouve le long de votre ventre. Comment vous êtes vous faits toutes ces blessures ?
- C’est une très longue histoire, dit-il dans un soupir. Mais j’ai d’autres cicatrices qui, elles, sont invisbles. Celles que vous voyez ne sont rien en comparaison.
- Avez-vous réussit à toutes les fermer ?»
Le vieil homme regarda dans le vide presque gêné par la réponse qu’il pourrait donner.
«- Disons que l’une d’elle a eut beaucoup de mal à se fermer alors que l’autre est en train de se gangrener.
- Hmm... Je comprend. C’est comme lorsque j’ai perdu ma femme. Je n’avais plus le goût de continuer à vivre. Il m’a fallut du temps pour l’accepter. J’avais à cette époque perdu le goût de tout : la vie, l’amour et même la mer. Je ne vivais que dans son souvenir et c’est ce qui m’a enfoncé dans mon mal être.»
Le vieil homme ne répondit pas. Lui aussi avait subit beaucoup de choses. Souvent il n’avait reçut de ces événements que cet étrange goût d’une vie inutile lorsque la mort s’emparait de ceux qui vous étaient chers, rappelant par la même aux vivants que leur tour viendrait rapidement.
«- Mais vous avez peut-être faim ? s’enquit le capitaine en sentant que le sujet semblait devenir difficile pour chacun d’eux et qu’il fallait passer à autre chose.
- Ce n’est pas de refus. Si le repas que vous me proposez est aussi plantureux que le luxe affiché dans votre cabine, alors il ne peut s’agir que d’un repas digne des plus grandes cours d’Europe.
- C’est bien possible.»
Le capitaine rit de bon cœur accompagné par son invité. Tous les deux savaient pertinemment que les vivres étaient contingentés sur un bateau et que même si la quantité n’était pas impressionnante, la qualité devrait être au rendez-vous, pour ne pas rappeler aux hommes qu’ils étaient à bord pour de long mois.
- Mon cher chevalier, je vous offre le repas, mais faites moi donc le plaisir de me conter vos aventures sur ce continent vierge dans sa plus grande partie de l’empreinte de la civilisation.
- Je veux bien. Mais s’il vous plait, ne m’appelez plus Chevalier. je ne suis qu’un capitaine de la garde royale de sa feu Très Gracieuse et Très Catholique Reine Isabelle.
- Mais Chevalier est votre nouveau grade. Le Roy, en recevant comme nouvelle votre découverte et l’étude de votre ordre de mission donnée par la feue reine d’Espagne, il vous a élevé au rang de Chevalier.»
Le vieil homme sourit mais son sourire retomba presque immédiatement. Il se revécut en un instant tout ce que le terme civilisation pouvait entraîner comme destructions et larmes. Le capitaine ne le remarqua pas et il sortit pour ordonner que l’on apporta un repas pour lui, son invité et tous les officiers de bord.
Le repas venait de se terminer. Il avait été opulent, presque indécent au vu de ce qu’il avait mangé durant toutes ces années de solitude et de service dans l’armée. Il était tout de même étonné de voir que les officiers, sans exceptions, étaient tous d’une sveltesse surprenante. Ils étaient tous venus dans la cabine du capitaine. Pour l’occasion deux mousse assez jeunes avaient poussé la plupart des objets gênant à l'installation d’une table et la pose de quelques chaise autour pour lui conférer un aspect plus convivial.
Autour de la table, mis à part le capitaine qui tenait la place du père et le vieil homme qui avait lui la place de l’invité, se trouvaient aussi l’officier en second, un homme un peu bourru et peu loquace dont la tête était comme enfoncé dans le col de son habit. A droite du capitaine, le petit officier chargé de l’inventaire des marchandises avait passé la soirée à mâchonner les restes de viandes qui lui étaient restés entres les dents. Enfin l’officier responsable des canons s’était révélé comme un homme étonnant dans son sens de l’humour, accentué par une propension à imposer, à chacune des phrases qui pouvaient être dîtes, un “hein ?” suraiguë dont le vieil homme compris la nature lorsqu’il vit un mousse apporter un corne acoustique . Tous étaient enchantés d’avoir un invité aussi important et ayant un tel rang. et tous posèrent les mêmes questions idiotes que l’on pourrait poser à une homme ayant vécut si longtemps seul. La plus surprenant à laquelle il eut à répondre fut : “Avez-vous découvert un trésor ?”
«- Alors ! s’exclama brutalement le capitaine maintenant repus avant de sortir un de ses bâton de feuille de tabac roulé qu’ils appelaient cigare. Racontez-nous tout ! Quelles sont les aventures, les exploits ou bien ce que vous raconterez au roy lors de votre arrivée sur la Sainte terre d’Espagne ?»
Il ne sut que répondre sur le coup et il hésita un instant un peu gêné, mais à la vue du tour que prenait le repas, c’était une chose à laquelle il s’attendait. Tous les officiers le poussèrent à raconter comme des enfants qui poussaient un des leurs à sauter dans les eaux trouble d’une marre pour qu’il leur prouve sa bravoure. Ils étaient emballés et même une réponse aussi simple et classique que : « Cela risque de prendre un certains temps ! » n’aurait que pour simple retour qu’un unique et franc: « Mais nous avons tout le temps que le voyage nous laisse ! ». Alors, tout doucement, comme dans un conte pour enfants mais avec une certaine appréhension, il se lança dans l’histoire de la plus grande partie de sa vie en commençant par donner son nom. Son vrai nom, celui dont la plupart des gens qu’il avait rencontré n’avais jamais entendu : Javier de Valladolid.
[ Dernière modification par arcarum le 01 sep 2006 à 21h08 ]
pas mana, pas chocolat, testé et vérifié, arbitre lvl 2