Mercredi 19 Avril 2017 à 20:42
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THE LONG AWAITED ou pas 2016 MUSICAL REVIEW
Bon, j'avais dit que je ferais un retour sur mes écoutes de 2016. C'était il y a maintenant plus de quatre mois plutôt qu'une semaine comme initialement envisagé. J'ai en effet eu un peu de mal pour certains choix, eu besoin de plus de temps pour écouter ou réécouter certains albums et finalement trouver une forme de présentation qui me convenait.
Comme indiqué, pas de top cette fois-ci, pour plusieurs raisons. La première est que contrairement aux deux années précédentes, je n'ai pas au moins un trio ou un quatuor de tête assez net. Même si des albums sortent du lot, pas de grand gagnant. Et la deuxième est que j'ai écouté moins de sorties 2016 que les années précédentes, par manque de temps pour les nouveautés et par un pré-filtrage un peu plus important.
Globalement, 2016 était donc pour moi plutôt une année de vétérans
Force est de constater que j'ai été globalement assez peu convaincu par la plupart des nouveaux artistes, les premiers ou seconds albums que j'ai pu écouter, et qu'inversement se sont davantage illustrés dans le haut du panier ceux qu'on ne présente plus, ou beaucoup moins. Et pour deux d'entre eux malheureusement leurs derniers albums puisqu'on retient particulièrement le Blackstar de David Bowie, que l'on a bien sûr déjà évoqué dans ce topic, et l'excellent You Want it Darker de Leonard Cohen.
Avec ceux-ci, mais j'ai particulièrement apprécié Hope Six Demolition Project de PJ Harvey qui continue sur sa lancée avec une constance dans la qualité qui pousse à l'admiration.
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Nick Cave était également de la partie avec le très beau Skeleton Tree.
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Et pour finir sur cette catégorie des vétérans (enfin il y a quelques autres albums mais c'est pas un catalogue non plus), je voudrais partager encore une fois mon admiration pour le label Talitres. Déjà mentionné sur le topic, Yann Tambour et son groupe Stranded Horses nous ont offert un Luxe dont je n'ai pu réellement me passer le reste de l'année. Enfin, toujours sur ce label, même s'il est peut-être un peu tôt pour la classer chez les vétérans, si j'avais eu un top 2016 à faire, il n'aurait été sans la présence du magnifique They Moved in Shadow All Together d'Emily Jane White. Un album qui ne semble pas être tant que ça au-dessus des autres et pourtant m'a complètement saisi.
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Dans la catégorie des plus jeunes groupes et artistes
Je vais d'abord parler déceptions (ou quasi-déceptions). 2016 m'a semblé effectivement plutôt fade, ou bien encore à l'image de l'album My Woman d'Angel Olsen qui en dépit de ses qualités ne m'a pas particulièrement touché et souffre pour moi de la comparaison avec son précédent Burn Your Fire for no Witness.
De même, en pire, le retour de The Avalanches ne m'a pas autant convaincu que Since I Left You. Surtout que le côté volontairement “intemporel” des deux albums les rend malheureusement d'autant plus comparables, et sur ce plan Wildflower perd assez largement pour moi. Je peux comprendre la hype critique jusqu'à un certain point, mais en dehors de deux ou trois morceaux, j'y vois le pétard mouillé de l'année.
Pour le côté plus positif, car il y a quelques perles tout de même, je mentionne à nouveau les canadiens Kacy and Clayton et leur très sympathique Strange Country, mais surtout... Exploded View.
Le premier album éponyme du groupe Exploded View est mon “premier album” de l'année, non seulement parce qu'il est réussi, non seulement parce que c'est très bien, mais aussi pour un style très personnel sous influence krautrock et Third de Portishead (Annika Henderson à l'origine du groupe a travaillé précédemment avec Geoff Barrow) et un parti pris assez rare : l'album n'est composé que de premières prises. Si vous vous en foutez de tout le reste qui vous semble trop folk ou trop convenu, écoutez Exploded View. Et sinon je recommande quand même.
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Je finirai de parler de 2016 avec quelques petits détours rapides de genre.
D'abord le jazz
On ne les présente plus forcément, Vijay Iyer et Wadada Leo Smith se sont déjà fait leur réputation sur la scène jazz actuelle. Néanmoins je m'en voudrais, particulièrement ici, si je ne mentionnais pas leur très sympathique collaboration A Cosmic Rhythm with Each Stroke (et Wadada Leo Smith a également sorti un autre album America's National Parks qui vaut également le détour en particulier pour les amateurs du genre).
Sinon, dans un style plus bordeline, plus hybride, légèrement plus expérimental peut-être, j'invite les curieux à s'aventurer du côté de The Organ Grinder des écossais Free Nelson MandoomJazz, preuve qu'Édimbourg a vraiment du style.
Puis le rap
J'avais dit que j'avais loupé le coche en 2015, et sans l'avoir complètement rattrappé le genre a pris une plus grande place dans mes écoutes de 2016. Notamment avec l'écoute d'albums “classiques” que je n'avais pas encore écoutés comme certains Public Enemy qui me manquaient, mais aussi avec ces deux albums sortis dans l'année. Une compilation d'abord, celle de Kendrick Lamar untitled unmastered. Sans être toujours fan car je préfère plutôt la scène des années 80-90, force est de constater que Lamar a un réel talent et je le trouve vraiment intéressant sur ce disque mélangeant davantages d'influences.
Ensuite, mon album rap de l'année sera plus proche, directement de l'autre côté de la Manche : Let Them Eat Chaos de Kate Tempest. C'est très anglais bien sûr, avec l'accent qui va bien mais ne plaira pas forcément à tout le monde. Il y a évidemment un discours très socio-politique et l’évocation de problèmes et préoccupations du quotidien qu’on pourrait certes facilement résumer en « tout le monde est dans la même merde », mais d’abord c’est bien raconté au travers de sept personnages, c’est également sans complaisance vis-à-vis d’un groupe (pas de féminisme ou de gauchisme facile chez Kate Tempest), ça cogne quand il faut et assez fort. C’est assez rare que j’adhère à ce point à un album de rap.
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Enfin l’éléctro
Alors je sais pas vous mais de ce côté j’ai vraiment passé une année de merde. Non vraiment une année de merde et c’est pas faute d’avoir essayé. Tout n’était pas pourri bien sûr, mais je n’ai rien vu de réellement intéressant.
À part un truc. Le Fabric 91 de Nina Kraviz et là je sais qu’on va me dire : « c’est quoi de dauber sur l’année électro pour encenser une compil de mix par une dentiste russe ? » Ben ouais mais d’une part je crois que ça met justement assez bien en évidence le vide intersidéral dans le domaine sur l’année, et pis surtout là Nina Kraviz elle déchire tout. Pour ceux qui ne connaissent pas le concept des albums Fabric ou Fabriclive, c’est une production liée à la célèbre boîte de nuit Londonienne (une des rares au monde à avoir une vraie ambiance et une personnalité musicale), chaque fois des compilations de mix par un DJ différent, la qualité est donc assez variable et on a parfois des très bonnes sorties comme ici. L’intérêt est que c’est également une sorte de photographie d’une partie de la scène électro avec une découverte éventuelle de certaines influences et d’autres artistes quand on veut explorer l’univers plus en détail.
Après je peux me planter, ça se trouve l’année était excellente ou pas pire qu’une autre et si des gens ont des idées je suis preneur, y a plein de trucs que j’ai pas écoutés non plus notamment du côté d’albums à mes oreilles un peu trop dans un délire noise ou limite volontaire inécoutable, quand je lis une description genre « bruitiste hardcore IDM » j’ai tendance à passer mon chemin et pourtant j’ai écouté tout SsSsSsSsSsSsSsSsSsSsSsSsSsSsSs de SHXCXCHCXSH (ça ne s’invente pas, d’ailleurs c’est juste genre le milieu de l’album qui m’ennuie vraiment sinon j'aime bien).
En bonus, le clin d'oeil à Mendeed
Bon. Le metal je suis un peu beaucoup une bille, je ne suis pas vraiment ce qui se passe du tout dans cet univers là à part quand Mendeed vient poster un truc ou que la presse musicale plus généraliste s’en empare pour faire genre « nous aussi on parle de metal » et cet exemple n’y manque pas (c’est The Quietus qui en a parlé), je prends donc le risque de passer pour un con auprès des métalleux mais voilà j’ai donc écouté et découvert en même temps le groupe de metal tendance celtique écossais Saor. D’après ce que j’ai compris ils sont notables comme l’un des seuls groupes écossais dans le style (pourtant bien bouffé par les nordiques et les irlandais). J’ai plutôt bien aimé leur album Guardians sorti en 2016 donc, et même leur précédent Aura que j’ai écouté dans la foulée.
J'aime pas trop mettre des vidéos non-officielles en général donc voici un lien bandcamp
Weeds, de retour très bientôt (pour de vrai), avec deux trois écoutes 2017.
Si vis pacem para bellum






















