Les Chroniques de Daler - Aliena, la pierre de puissance

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Niicfromlozane

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Envoyé par Niicfromlozane le Mercredi 24 Mars 2010 à 21:26


Merci!

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Le 21/05/2012 à 14:37, Weeds avait écrit:

L'expérience a montré que Niic était trop fort.

BenP

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Envoyé par BenP le Vendredi 26 Mars 2010 à 08:54


De rien !

Note : desole d'avoir ete si long a poster cette quatrieme partie (1 mois !), mais j'avais du mettre mon boulot de cutting en stand-by, vu que j'etais sur la fin de mon projet (et que j'ai fait enormement d'heures supplementaires pour boucler le tout... ca laisse moins de temps pour les loisirs, du coup...).

Donc, la, je vais etre plus disponible pour m'occuper de cela (jusqu'a ce que mon prochain projet me refasse bosser de nuit... c'est-a-dire dans 2-3 mois !).

Note 2 : la partie 5 va arriver la semaine prochaine, si tout se passe bien... On va bientot arriver a la fin de cette section introductive de l'aventure...

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Les Chroniques de Daler : Vadi, la guerrière glacée
Chapitre 2 : Alliances (partie 4 en cours)


ShadowKnight

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Envoyé par ShadowKnight le Mardi 30 Mars 2010 à 13:48


Toujours aussi excellent. De plus, tu termines toujours de manière à ce que l'on ait pas d'autres choix que de revenir lire la suite.

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BenP

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Envoyé par BenP le Mardi 30 Mars 2010 à 15:39


Oui, je suis un gros salaud qui aime entretenir le suspense...
Mais vous n'avez encore rien vu... L'aventure n'a meme pas encore veritablement commence.

En tout cas, merci pour vos encouragements.
Je vais poster la suite sous peu. L'histoire commence a se mettre en place, et les personnages principaux sont sur le point d'apparaitre...

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Les Chroniques de Daler : Vadi, la guerrière glacée
Chapitre 2 : Alliances (partie 4 en cours)


BenP

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Envoyé par BenP le Mercredi 31 Mars 2010 à 12:32


Déclin : partie 5

Ils s’étaient tous installés autour du feu, parfaitement localisé au milieu de leur campement. Les compagnons de Ribald, de fiers archers au tempérament très jovial, s’étaient mêlés aux soldats de Raymis comme s’ils étaient amis depuis toujours. Le contraste était pourtant saisissant entre ces guerriers portant des cottes lourdes et ces voleurs vêtus d’armures de cuir légères.
Vadi avait au moins une centaine de questions à poser au prince Raymis, et à ce chef des brigands qui s’était révélé être son frère, à en croire Pallayo. Mais elle ne se sentait pas vraiment autorisée à prendre la parole parmi autant de gens importants. En revanche, elle ne perdait pas une miette de ce qui se disait.

- « Je commence à parfaitement comprendre pourquoi tu m’as demandé tellement d’informations ces deux dernières semaines », disait Ribald après avoir écouté les nouvelles explications de son frère. « Et je dois reconnaître que, encore une fois, tu as su voir juste très tôt à l’avance !
- Tu sais qu’on se complète bien, tous les deux. Toi, tu as toujours été le meilleur pour tout ce qui concerne la stratégie militaire et le combat. Moi, j’ai des affinités avec la collecte d’information, et les déductions que l’on peut en faire... C’est à n’y plus rien comprendre : pourquoi père nous a-t-il rejeté tous les deux ? », déclara Raymis de sincère bonne humeur.
- « Hé ! C’est quand même toi qui as eu la part belle, surtout ces dernières années, où j’ai du rester coincé ici à jouer les bandits de grand chemin pendant que tu t’empiffrais de bonne viande grasse au château ! Quand je pense que je suis l’aîné de la famille…
- Ha ha ha, oui, c’est vrai, tu as entièrement raison. Mais tu sais bien que j’étais trop jeune pour te suivre lorsque tu es parti. Et puis, il fallait que l’un de nous deux reste à Ovellia. De toutes façons, je ne peux plus y retourner pour le moment. C’est Rellecia qui aura les faveurs de père… jusqu'à ce qu’elle devienne assez grande pour comprendre elle aussi la futilité de la politique ! En attendant, nous allons devoir nous débrouiller tous seuls…
- … comme on l’a toujours voulu ! », acheva Riblad.

Vadi ne cessait de regarder tour à tour les deux frères. Ils ne se ressemblaient pas tellement : Raymis, avec ses cheveux noirs et longs, était plutôt mince et avait la peau très blanche. Tandis que Ribald, aux cheveux courts et presque blonds, avait un gabarit musclé et une peau plus tannée par le soleil. Mais il était indéniable, en regardant de plus près, qu’ils avaient un air de famille, notamment le même nez et le menton légèrement avancé. Et surtout, ils semblaient avoir exactement le même caractère.

- « Mais nous devrions maintenant discuter plus en avant de la suite des opérations », reprit Raymis après un petit silence entendu. « Déjà, combien as-tu d’hommes, exactement, en ce moment ?
- Nous sommes quarante-neuf, moi y compris », répondit-il. « Ca ne fait pas bien lourd pour l’entreprise que tu me proposes, mais c’est mieux que rien. Le fait est que nous n’aurons probablement pas beaucoup plus d’archers qui viendront nous rejoindre… En revanche, j’ai de très bonnes nouvelles pour toi…
- Allez, dis-moi ça vite, Ribald ! J’espère que tu vas enfin pouvoir me confirmer ce que je pense…
- … Et bien, oui, ils viendront… En fait, ils sont déjà en route ! Ils devraient arriver à Salaz deux ou trois jours après nous, seulement.
- Magnifique ! », s’exclama Raymis. « Ce sont vraiment les meilleurs ! »

Vadi n’avait pas compris de qui parlaient les deux frères. Et un coup d’œil à Pallayo et Maximilian lui fit comprendre que eux non plus.

- « Mais la note va être bien salée, comme tu t’en doutes. Surtout si ça doit durer longtemps… », reprit Ribald. « En fait, je te conseille même de vérifier encore une fois si tu auras vraiment les moyens... et jusqu'à quand. Je n’ai pas envie de les voir changer de camp parce qu’on n’a plus de quoi les payer !
- Et moi non plus, rassure-toi ! Mais tout devrait bien se passer. Ils m’ont réclamé trois pièces d’or par semaine pour chaque guerrier et j’ai déjà accepté. En revanche, il est vrai que je ne pourrais clairement pas les garder bien longtemps à ce tarif. Je leur ai expliqué que nous ferions le point après la reprise de Salaz. Je leur paierai leur solde et puis nous verrons. En fait, je compte faire en sorte que cette bataille inspire suffisamment d’autres combattants pour que nous n’ayons plus besoin des nains par la suite…
- Des nains ? », ne put s’empêcher de lâcher Vadi, sous la surprise.

Raymis se tourna vers la jeune fille. Avec un grand sourire, il la fit se rapprocher de lui en posant son bras sur ses épaules.

- « Mon frère, je te présente Vadi, brave guerrière salaz, et initiatrice, avec ses trois fiers compagnons, de cette aventure ! »

La pauvre jeune fille ne savait plus où se mettre. Le prince avait pris un ton légèrement ironique, comme si elle n’était qu’une simple enfant, ce qui la mit un peu mal a l’aise. Vadi se mit à regarder le feu qui crépitait, en regrettant un peu de ne pas avoir su garder la bouche close une seconde auparavant.
Ribald était tout sourire et regardait son frère du coin de l’œil. Il semblait apprécier le spectacle. Alfuur, quant à lui, regardait fixement la jeune fille, qui semblait l’intéresser vivement, tout à coup. Il ne pouvait rien dire, mais, à l’évidence, il évaluait sa valeur du regard.
Comme si la gentille moquerie n’avait pas suffit, Raymis glissa à l’oreille de la jeune fille, comme s’il s’agissait d’un secret :

- « Nous avons demandé de l’aide aux nains des montagnes rouges orientales. Ils ont accepté de venir se battre avec nous. Et ils seront guidés par Sem Lorshul en personne ! »

Sem Lorshul ! L’invincible nain Sem Lorshul !
Ce guerrier était une légende vivante. Tout aussi puissant qu’arrogant, il était réputé pour n’avoir jamais perdu une bataille, ni même un duel, de toute sa longue carrière. C’était une véritable machine de guerre armée d’un marteau suffisamment énorme pour défoncer un mur de briques en quelques coups.
Il vivait dans les montagnes rouges orientales, avec tout son peuple. Généralement, les nains ne se mêlaient pas des affaires des hommes. Ils n’en voyaient l’intérêt que s’ils étaient suffisamment payés pour cela. Car les nains étaient connus pour trois choses : leur affinité pour la guerre (les légendes disaient que même leurs femmes se battaient tout aussi bien que les hommes), leur mémoire irréprochable (un nain n’oublie notamment jamais une offense, et ils prennent très à cœur les concepts de descendance et de vengeance), et leur formidable cupidité (même leur amour de la bière ne fait pas le poids face à un objet précieux).

Cela faisait des années qu’aucune information n’avait filtré depuis les montagnes rouges, au sujet des nains. Ils vivaient en complète autarcie dans les galeries creusées par eux-mêmes au sein des montagnes. Personne ne savait comment ils faisaient pour se nourrir (certains disaient qu’ils mangeaient de la pierre), mais leur population restait cependant constante. C’était aussi du au fait que la longévité des nains était bien plus importante que celle des hommes. Sem Lorshul passait pour avoir plus de 450 ans, ce qui ne pouvait être complètement faux, puisque les histoires concernant ses exploits remontaient à plusieurs siècles, déjà.

Ce formidable guerrier était déjà un allié de Salaz ? Vadi avait du mal à croire cela possible. Mais si c’était vrai, les draavos n’avaient qu’à bien se tenir…

Raymis et Ribald continuaient leur conversation, sans plus faire attention à la jeune fille.

- « Qu’en est-il des troupes de Grigorii ? », demandait Raymis à son grand frère.

Nouveau coup pour Vadi. Grigorii était un champion paladin connu de Daler tout entier. C’était un véritable héros dans toutes les contrées, qu’il arpentait avec une petite troupe de soldats, en quête d’actes bienfaisants à accomplir.
On ne connaissait pas ses origines, et les histoires les plus folles couraient à son sujet. On le disait être un « guerrier-lumière », envoyé des dieux sur Daler pour combattre et vaincre le mal qui s’y était répandu. D’autres le prétendaient « berserker », un guerrier doté de capacités de combat surhumaines qu’il pouvait accroître afin de venir rapidement à bout de ses ennemis, sans plus sentir aucune douleur, et au détriment de sa raison qu’il ne contrôlait plus. On disait qu’il s’agissait d’une malédiction lancée par la déesse de la Discorde, afin de se venger des autres dieux, qui avaient osé envoyer un tel champion du bien sur les terres des mortels.
Mais bien évidemment, personne n’avait jamais vu Grigorii sous forme berserk. Il était un grand guerrier de nature, et les légendes n’étaient assurément là que pour satisfaire la soif de fantastique des enfants.

Il était évidemment très apprécié de tous, même s’il était assez peu charismatique dans le fond. Il était jugé pour ses actes, qui étaient incontestablement bons et incroyables, plus que par ses paroles, étant un piètre orateur.

Vadi n’en revenait pas du nombre de héros qui s’étaient déjà joints à eux, sans même qu’elle ne s’en rende compte. Pourtant, que Grigorii ait accepté d’aider les salaz était finalement très normal, et la jeune fille aurait du s’y attendre. Mais que l’information lui soit confirmée de cette manière la dépassait quelque peu.

- « Ils ne viendront pas à Salaz, mais iront un peu plus au sud. Il semblerait que le grand Ktaa ait déjà quitté la capitale pour continuer son invasion dans ce secteur. Grigorii cherche à l’affronter directement et fait confiance à Sem Lorshul pour reprendre Salaz le plus rapidement possible. Disons que si tout se passe comme prévu, on va peut-être en finir avec cette guerre plus tôt que prévu.
- Mais Grigorii a-t-il obtenu l’information au sujet de la pierre de puissance que détiendrait le grand Ktaa ? Tu n’a pu toi-même l’apprendre qu’il y a deux jours, avec mes derniers messages envoyés lors de mon départ d’Ovellia, alors je doute qu’ils soient déjà au courant, dans le sud…
- Ni Grigorii ni les nains ne le savent pour le moment… Mais ils devraient l’apprendre sous peu. Dans tous les cas, même avec ce témoignage dont tu m’as parlé, je ne pense pas que cela change grand-chose pour eux. Les nains n’ont peur de rien, et peut-être même ne croient-ils pas à Aliena. Quant à Grigorii, je doute qu’il s’en émeuve. Cela va plutôt le motiver pour ce nouveau défi qu’il se plaira à relever. Si un homme est capable de vaincre un guerrier armé de la pierre de puissance, c’est bien lui !
- Oui, je pense que tu as raison… », conclut Raymis. « D’autres nouvelles ? Nous avons déjà une belle armée à notre disposition, et nous allons encore en recruter…
- Justement, je me suis déjà occupé de cela. L’information circule en ce moment même. Et j’ai donné un point de rendez-vous à tous les intéressés dans la bourgade de Decadon, dans la partie est des plaines blanches. Nous n’aurons donc besoin de faire une halte qu’à cet endroit pour le recrutement, avant de nous rendre ensuite sur Salaz.
- Tu es vraiment un maître, Ribald !
- Je sais, je sais… mais un maître qui vit dans les bois et qui doit se frotter avec des feuilles parfumées pour conserver un semblant d’hygiène ! », lança Ribald en éclatant de rire.

Tellement d’informations venaient de tomber durant cette discussion que Vadi ne savait plus ou donner de la tête. Alors que, quelques jours auparavant encore, la situation salaz semblait être complètement désespérée, tout semblait être pratiquement arrangé aujourd’hui. Et elle qui croyait, au début, que Ribald ne savait rien des projets de Raymis avant leur rencontre…
Deux grands héros, avec leurs armées respectives, avaient rejoint l’alliance contre les envahisseurs draavos. Les princes Raymis et Ribald étaient de la partie eux aussi, avec leurs hommes ainsi que leurs ressources. Un recrutement allait avoir lieu sous peu.
Salaz allait être reprise par Sem Lorshul en personne. Et Grigorii allait lui-même mettre un terme à l’initiateur de cette guerre : le grand Ktaa des montagnes occidentales.

Vadi réfléchit encore un peu, et se rendit compte que tout ce qui arrivait en ce moment avait pour origine l’amour de Raymis pour Jid-Jeid. Sans cela, cette guerre n’aurait peut-être jamais pris de telles proportions…
Qu’allait-il donc bien se passer, par la suite ? Elle devenait incapable de le prédire…

Lorsque les troupes de Raymis et Ribald atteignirent le village de Decadon, Vadi eut l’impression de rejoindre un véritable campement militaire. Des hommes, en armes ou non, se trouvaient partout dans les faubourgs du village, dans des tentes de fortune le plus souvent.
Raymis eut une petite mine réprobatrice en voyant le spectacle. Au fur et à mesure qu’ils se rapprochaient de l’intérieur de la bourgade, tous les regardèrent d’un air envieux. Il était évident pour eux que ces soldats en armure accompagnés d’archers étaient les hommes de Raymis. Tous ceux qui étaient venus à Decadon pour l’annonce reconnurent donc immédiatement leur futur recruteur, et la rumeur parcourut très vite le village.

Raymis se dirigea vers une taverne. Etant donné qu’il leur était impossible de tous tenir à l’intérieur, il décida d’installer des tables autour de l’établissement. Le début du recrutement ne se fit pas attendre. Et Raymis tenait à assister personnellement à chaque entretien qui devait durer moins de deux minutes par personne.

- « Quel est votre nom ?
- Avez-vous déjà une quelconque expérience de la guerre ?
- Possédez-vous déjà un équipement ?
- Etes-vous d’accord avec la solde que je vous propose ? »

Le recrutement fut long et parut très pénible au prince. Il ne semblait d’ailleurs pas très satisfait des candidats. Beaucoup d’entre eux n’étaient venus que pour obtenir des repas et une solde qui les sortirait de la misère, sans n’avoir aucune expérience ni même semblant de compétence pour la bataille. Il dut en refuser bon nombre d’entre eux, afin de ne pas les envoyer à la mort inutilement.

Situs perçut ce recrutement comme une raison parfaitement valable pour passer un peu de temps dans la taverne, à noyer son profond ennui dans quelques chopes de bière.
Le fait est qu’il n’appréciait pas du tout la tournure que prenaient les choses. En vérité, il n’aimait ni le prince Raymis, ni son frère aîné. Et cela l’ennuyait profondément de devoir se battre aux cotés de tels plaisantins. Seul le vieil Alfuur semblait valoir quelque chose…
Plus il buvait, et plus sa hargne contre Raymis et Ribald grandissait. Il ne les considérait absolument pas comme ses chefs. Il ne restait avec eux que pour la gamine, Vadi.
Mais quelle idiotie d’avoir fait une promesse pareille !

Situs en était là de ses réflexions lorsqu’une énorme main se posa brutalement sur son épaule.
Le géant tourna la tête lentement, proférant avec une voix très calme une menace claire :

- « Ch’ais pas qui t’es, mais tu dois être un sacré abruti pour venir faire chier un mec comme moi. Ta main, je vais t’la faire rentrer dans l’cul direct ! »

Ce disant, il agrippa la grosse main de l’inconnu en se levant dans le même mouvement. Mais alors qu’il s’apprêtait à l’arracher du bras à lequel elle appartenait, Situs se figea de surprise en voyant l’homme qui lui faisait face :

- « Bah alors ça, si je pensais te trouver ici, Situs !
- Gruneh ? Merde, c’est bien toi, Gruneh ?
- Ha ha ha, sur qu’c’est moi, pochtron ! Et j’vois qu’t’as toujours une sacrée poigne, même si j’t’ai battu au bras de fer la dernière fois qu’on s’est vus !
- Hé, t’étais carrément plus à jeun que moi, j’te rappelle ! », répondit Situs avec une bonne humeur retrouvée.
- « C’qui faut pas entendre comme excuses merdiques ! La mauvaise foi, ça a toujours été ton fort, tiens ! Enfin, ça, avec la bière, les p’tites putes, et la bagarre ! »

A eux deux, ils parvenaient à faire plus de bruit que tous les autres clients de la taverne réunis. Certains semblaient d’ailleurs s’intéresser à ces joyeuses retrouvailles.
Gruneh était un homme très laid, mais d’apparence suffisamment dissuasive pour quiconque oserait s’en moquer ouvertement. Avec ses soixante-quatre ans, il avait acquis suffisamment d’expérience de la repartie pour rabaisser le caquet de n’importe qui.
Il portait deux haches en bandoulière, dont on ne pouvait croire qu’elles ne l’empêchassent pas de marcher correctement. De nombreuses cicatrices tiraient les traits de son visage, tout comme sur ses mains : les seules parties de son corps visibles et non cachées par son équipement.

- « Mais qu’est-ce que tu fous ici, Gruneh ? Ca, j’paierais bien cher pour l’savoir !
- Si t’as des sous, j’suis preneur, t’en fais pas ! Mais j’crois que c’est à moi de t’poser la question en premier. Tu sais, les gars sont toujours super tristes que t’ais décidé de te barrer. Ils sont assis là-bas, tu les vois ? »

Situs tourna la tête vers la direction indiquée et reconnu ses anciens compagnons de guerre. Il leur fit un signe rapide avant de revenir sur Gruneh :

- « Tu sais bien que j’avais mes raisons, Gruneh. Mais crois-moi, ça m’a fait bien chier moi aussi de vous avoir laissés tomber comme ça. Mais on va rattraper l’temps perdu, tout à l’heure : j’parie que j’vais tous vous foutre votre raclée au bras de fer, les uns après les autres !
- Pas de souci, mon gros ! Mais ça m’dit toujours pas c’que tu branles dans c’village tout pourri… Allez, va : t’as honte de reconnaître que t’as perdu tout ton pognon au jeu et que t’as entendu parler de l’annonce de ce p’tit connard de prince ?
- Putain, arrête, c’est pire : je voyage avec lui !
- … j’crois qu’il va falloir que tu me racontes tout ça devant une bonne pinte de bière… », conclut Gruneh après une seconde de réflexion.

Lorsque Raymis en eut terminé avec le recrutement, seuls 128 volontaires furent engagés pour se joindre à eux. Gruneh et ses sept hommes faisaient partie du lot.
Raymis avait refusé beaucoup de candidats, notamment les simples fermiers, ou les hommes trop âgés pour se battre. Et il était déçu, il avait enrôlé bien moins de soldats qu’il ne l’avait espéré. Ce recrutement leur avait pris une journée entière, sans prendre de pause, pour finalement très peu de résultats positifs.
La présence du groupe de Gruneh l’inquiétait d’ailleurs. Ces hommes ne semblaient absolument pas dignes de confiance. C’étaient de vrais combattants, certes, mais on ne pouvait se fier à eux… et encore moins accepter leur vocabulaire épouvantable ! Il ne les avait engagés que sous pression conjointe de Ribald, Maximilian et même Alfuur qui avait semblé acquiescer. A eux de montrer qu’ils valaient leur exorbitante solde.

Dès le lendemain, toute la troupe repartit en direction du sud. Salaz était leur prochaine destination.
Vadi n’avait vraiment pas l’impression qu’une guerre était engagée en ce moment même. C’était comme si l’assaut de la capitale n’avait jamais eu lieu, pour elle. Les hommes étaient calmes et chevauchaient tout à fait sereinement, Raymis, Alfuur et Ribald à leur tête.
La succession de voyages à travers les plaines blanches avait fait perdre le sens des réalités de Vadi. Toute cette monotonie endormait sa perception des choses.
Mais elle fut brutalement ramenée à la réalité en atteignant la capitale…

La fière cité salaz avait visiblement été très durement touchée, lors des assauts précédents. Si les murs tenaient encore, la grande porte principale était complètement détruite, et personne n’avait apparemment songé à la réparer pour assurer une quelconque défense en ce point.
Mais Vadi fut surtout choquée de voir ce qui jonchait toute la plaine entourant la cité. Une véritable vision de cauchemar : des cadavres par centaines avaient été abandonnés là, en proie aux vautours, corbeaux et chiens errants qui continuaient de s’en régaler à mesure que les corps pourrissaient. C’étaient évidemment les soldats et montures tombés durant les premiers assauts de la capitale, il y avait trois semaines déjà.

Vadi en eut immédiatement les larmes aux yeux : était-il possible que son père gisait là ? Elle ne put supporter l’idée de voir son corps au milieu d’un tel charnier…

Les cadavres étaient déjà en piteux état, mais on reconnaissait clairement les armures des salaz. Et Vadi ne reconnut aucun corps draavo parmi tous ceux qu’elle voyait.

Personne ne parlait dans toute la troupe. Le prince Raymis était livide, il ne s’attendait évidemment pas à voir un tel spectacle. Maximilian rejoignit le groupe de tête :

- « Voyez, prince, ce qui s’est réellement passé ici, il y a quelques semaines. Mes compagnons et moi-même étions en ces lieux, et nous avons été témoins de ce qui s’est déroulé. Nous devons maintenant réagir et chasser les draavos de nos terres, qu’ils ont attaquées sans aucune raison ni même déclaration préalable. », déclara-il tel une sentence.
- « C’est immonde… », dit Pallayo tout doucement. « Ils ont brûlé les corps de leurs défunts et laissé tous ceux des salaz sur le champ de bataille en les laissant pourrir… »

Le moral de la troupe descendait comme une flèche à la vue de cette plaine. Des murmures commencèrent à fuser de partout. Beaucoup semblaient déjà regretter d’avoir suivi Raymis et Ribald.

Alfuur, se rapprochant de Raymis, montra une direction du doigt, vers une haute colline, à plusieurs centaines de mètres de la cité.
C’était, à n’en pas douter, un campement. Et il y en avait d’autres autour de la capitale. Raymis ne put s’empêcher de pousser une exclamation :

- « Est-ce possible ? Ce sont les nains ! Sem Lorshul serait donc déjà arrivé ? Mais comment ont-ils fait ? »

Il ne tarda pas à obtenir un début de réponse. Trois guerriers nains se rapprochaient d’eux en courant. Même en se déplaçant à pied, ils semblaient progresser à une vitesse incroyable. Ils furent bientôt sur le groupe de tête :

- « Vous êtes Raymis, hein ? », demanda le nain du milieu d’une voix très grave, immédiatement après s’être arrêté, et sans paraître essoufflé malgré la course.
- « Je le suis, ami nain. Je désirerais rencontrer Sem Lorshul.
- Alors suivez-nous. Vite. », répondit le même nain, en repartant dans la même direction, avec ses deux camarades.

Ribald fit une petite moue entendue à Raymis, en y ajoutant un rapide clin d’œil complice. Tous firent repartir leurs chevaux afin de suivre les nains. Ceux-ci ne souhaitaient apparemment pas perdre plus de temps en politesses.

La troupe approchait rapidement de ce qui semblait être le campement principal des nains. Il n’y avait aucune tente ni cabane, seulement du feu et des rocailles aménagées pour servir de sièges ou de tables.
Ils virent rapidement un nain très différent des autres, debout à coté d’un grand foyer, qui semblait les attendre en les suivant des yeux à mesure qu’ils avançaient.

Vadi ne douta pas un instant qu’il s’agissait de Sem Lorshul. Celui-ci mesurait un bon mètre soixante, taille exceptionnelle pour un être de cette race, et avait un gabarit véritablement impressionnant, même pour un humain. Ses cheveux tressés, et sa longue barbe qui l’était tout autant, étaient d’un roux très prononcé. Un marteau de guerre d’une taille démesurée était appuyé sur un rocher, à coté de lui.

C’était sans nul doute Sem Lorshul.

Une petite délégation composée de Raymis, Ribald, Alfuur, et Maximilian, put se rapprocher de lui. Vadi dut rester derrière et ne put pas saisir tout ce qui se disait entre eux.

- « Bonjour, maître nain ! Je suis Raymis d’Ovellia, et je vous remercie d’avoir répondu si promptement à notre appel. »

Sem Lorshul ne répondait rien. Il semblait se contenter d’écouter sans ouvrir la bouche. Raymis fut un peu étonné et s’attendait apparemment à ce qu’il prenne la parole. Il continua alors :

- « Je suis surpris de vous voir ici si tôt. Nous ne vous attendions pas avant deux jours…
- On est là depuis une demi-journée et on a eu le temps de se préparer », commença Sem Lorshul très sèchement, sans vouloir plus perdre de temps. « Personne n’a pu sortir de la cité depuis. A vue de nez, il doit y avoir à peu près 600 soldats et autant d’archers à l’intérieur. On pense aussi qu’il y aura quelques sorciers de combat, mais pas beaucoup. Le gros de l’armée draavo, je ne sais pas où il est exactement, mais sûrement pas dans les parages. Ils n’ont laissé qu’une petite troupe ici, juste suffisante pour surveiller et défendre la ville. Donc, sauf si vous changez d’avis, on fera exactement ce que vous avez demandé en reprenant la cité. Je prévois d’attaquer la grande porte, que ces imbéciles n’ont pas cherché à réparer. Ils nous attendent sûrement avec une surprise, et au moins avec leurs archers, mais ce n’est pas un problème pour nous. Défoncer les murailles est faisable, mais prendrait plus de temps, je dirais une journée et demie de plus. Par la porte, on n’aura besoin que de quelques heures pour reprendre la ville. Et on est prêts à lancer l’assaut de suite. Ca vous va ? »

Sem Lorshul avait une voix résolument fière et avait parlé en gardant à tout moment comme un regard de défi. Il était clair qu’il n’appréciait pas du tout être en contact d’êtres humains. Il n’était là que pour l’argent et pour respecter sa parole. Mais on sentait tout aussi clairement qu’il mènerait sa mission à bout, tout en cherchant à être le plus efficace possible.
La tirade du nain avait plutôt abasourdi le prince Raymis. Il ne s’était pas attendu à ce que Sem Lorshul ait déjà tout organisé ainsi, avant même leur arrivée. Son résumé de la situation avait été simplement parfait. Il parlait de cette bataille comme si elle était déjà finie, sans sembler le moins du monde affecté par la quantité de morts gisant dans la plaine. Leur sort lui paraissait complètement indifférent. Seule comptait la victoire, et l’argent, pour lui.

Raymis, après deux secondes de réflexion, répondit :

- « Nous venons juste d’arriver, peut-être devrions-nous prendre un peu de repos et discuter un peu plus de notre stratégie…
- Mes nains sont prêts et on peut se passer de vos soldats. Ils sont combien ? 200 ? Ca ne changera rien, alors autant les laisser au camp et ne pas les envoyer se faire tuer inutilement. Retarder l’assaut vous coûtera plus cher et laissera plus de temps aux défenseurs pour se préparer, mais c’est vous qui voyez…
- J’admets que vous avez raison. Nous devrions attaquer immédiatement et ne plus attendre. Mais j’insiste pour que mes hommes vous suivent pour la bataille. Plus nous serons, mieux ça vaudra.
- Ca me va. Mais on passe en premier, sinon, vos hommes ne serviront que de cibles faciles aux archers. On va gérer ça d’abord nous-mêmes, et vos hommes pourront se pointer ensuite pour un « soutien »…

La manière dont Sem Lorshul avait prononcé le dernier mot était sans équivoque : c’était pure bêtise pour lui.
Mais il était clairement la bonne personne pour faire face à la situation. Raymis ne doutait pas du succès de leur entreprise.

- « C’est réglé ? », demanda encore Sem Lorshul. « On passe à l’attaque ?
- Bien, faites au mieux… », répondit le prince.

Sem Lorshul se retourna et aller achever les derniers préparatifs pour l’assaut.
Raymis revint vers ses hommes pour leur expliquer ce qu’il attendait d’eux…

Vadi sentit une fois de plus son cœur bondir… L’assaut était imminent. Elle allait se battre… Se battre derrière ce charnier immonde, contre des ennemis mortels…

Elle respirait plus fort… Elle avait l’impression de perdre le contrôle de son corps… Elle avait le sentiment de devenir folle…
La reprise de la capitale…

Elle n’écoutait plus le prince Raymis. Elle n’entendait qu’un brouhaha lointain, même en faisant des efforts de concentration…

Mais que diable faisait-elle ici ? Elle qui n’avait jamais rien demandé à personne… Pourquoi donc avait-elle quitté son village natal ? Pourquoi devait-elle prendre le risque de mourir ici ? Les nains l’avaient dit eux-mêmes : ils n’avaient besoin de personne pour reprendre la cité. Pourquoi Raymis les envoyait-ils malgré tout ?

Sem Lorshul ne mit qu’une dizaine de minutes supplémentaires pour rassembler ses guerriers. Ils partirent à la charge immédiatement…

- « Mon Dieu ! », pensa Vadi, « Que va-t-il se passer ? Que va-t-il se passer ? …Que va-t-il se passer quand ça va être à notre tour ? »

Les nains, guidés par Sem Lorshul, avançaient en courant vers la capitale, gardant une formation serrée…
Ils hurlèrent un cri de guerre nain très impressionnant qui retentit dans toute la plaine…

[ Dernière modification par BenP le 31 mar 2010 à 12h33 ]

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Les Chroniques de Daler : Vadi, la guerrière glacée
Chapitre 2 : Alliances (partie 4 en cours)


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Déclin : partie 6

De là où elle était, Vadi ne pouvait vraiment voir ce qui se passait, autour des murailles de Salaz.
Mais pour être exact, elle ne s’intéressait pas vraiment à l’assaut porté par les nains. Ce qui comptait vraiment, c’était ce qui allait advenir d’elle.

Pour la première fois de sa vie, Vadi comprit réellement en profondeur d’où venait l’expression « avoir froid dans le dos » : un véritable frisson glacial lui parcourut l’échine et la fit trembler tout entière de terreur.
Qu’elle soit présente ou pas dans la bataille ne changeait absolument rien. Pourquoi devait-elle rester ?

Elle se mit en tête de fuir. Tout cela était stupide. Elle ne pouvait rester ici à se faire tuer pour rien alors qu’elle était si jeune, avait toute sa vie devant elle… et n’avait quasiment aucune expérience du combat !
Qu’on la traite de couarde la laissait indifférente. Pourtant, elle n’osait pas partir ainsi, alors qu’autant de soldats l’entouraient et pouvaient la voir…

Maximilian se rapprocha d’elle :

- « Vadi, écoute-moi. Nous allons suivre les nains dans quelques minutes. Nous les suivrons à pied nous aussi. Je pense que tu as compris pourquoi : les chevaux ne passeront pas la plaine remplie de cadavres sans nous envoyer tous à terre. D’ailleurs, fais bien attention à protéger ton nez lorsque tu y seras, et respire le moins possible pour ne pas tomber malade… »

La jeune fille était complètement effrayée. Son esprit devenait fou… Mais quel délire l’avait donc poussée à venir ici ?
Les paroles de Maximilian n’avaient fait que la terroriser encore plus. Il était absolument hors de question qu’elle y aille ! Elle devait trouver une solution pour fuir le camp…

- « Nous courrons jusqu'à ce que nous rencontrions nos premiers adversaires. Normalement, les nains vont faire le ménage, mais nous devons nous tenir prêts pour les soutenir en cas de besoin. Nos archers resteront au milieu de notre formation. Quant à nous, soldats, nous devrons les protéger du mieux possible lors du premier contact. Les archers devront avoir le temps de tirer deux salves de flèches au moins avant que les ennemis puissent nous approcher pour le corps à corps. Et quoi qu’il arrive, Vadi, reste toujours près de moi et ne t’éloigne jamais. Il ne t’arrivera rien si tu fais ainsi. Pallayo se battra avec nous, à nos cotés. Tu seras donc très protégée, ne t’en fais pas. Ton entraînement devrait te suffire à t’en sortir indemne… Quant à Situs, il a désiré rester avec Gruneh et ses hommes. Mais tu les trouveras en tête de notre troupe : ce sont nos hommes les plus expérimentés… »

Vadi s’en moquait éperdument et se dit en elle-même qu’il était hors de question qu’elle suive ces soldats. La guerre était une chose si ridicule, en y réfléchissant bien !
Elle voulait partir, mais n’osait pas en parler à Maximilian, qui semblait compter sur elle pour cette bataille.
Elle pouvait essayer de fuir lorsqu’ils seraient dans la plaine… mais la présence de Maximilian et Pallayo rendrait les choses difficiles, surtout s’ils faisaient tout pour la surveiller…

Elle remarqua avec stupeur que Raymis participait aussi à la bataille, armé de son épée à deux mains. Cela lui paraissait un risque inconsidéré. Comment pouvait-il mettre sa vie en jeu ainsi ? Que se passerait-il s’il mourait durant le combat ? Alfuur était certes à ses cotés, mais rien ne pouvait empêcher une flèche d’atteindre le prince…
Ribald participait lui aussi à l’assaut. Il était parmi ses hommes, au milieu de la troupe. Cela lui paraissait bien plus naturel tout d’abord. Mais elle se rappela qu’il était lui-même prince, aîné de la famille d’Ovellia. Même déchu, il était de sang royal. La jeune fille s’imagina que les deux princes insistaient pour participer à la bataille afin de remonter le moral des troupes. Cela marchait peut-être sur les autres, mais pas du tout sur elle.

Vadi s’était mise à respirer encore plus fort, sans même s’en rendre compte… Elle crut qu’elle allait s’évanouir… D’ailleurs, que se passerait-il si elle feintait une perte de conscience ? On la mettrait sûrement de coté en la laissant tranquille… et elle éviterait le sanglant combat…

Elle n’eut pas le temps de réfléchir plus…
La troupe avançait déjà, en courant, sur Salaz…

- « Courage, Vadi ! », glissa rapidement Maximilian, alors qu’ils commençaient leur course.

Voyait-il dans quel désarroi elle se trouvait ? Elle ne voulait pas. Elle ne voulait pas y aller.
Mais la petite marée humaine l’entraînait déjà inexorablement vers les portes de la cité.

Vadi ne pouvait croire à son malheur. Peut-être lui suffisait-il de dire « non » à Maximilian. Peut-être lui suffisait-il de s’extraire de là sans se faire remarquer. Mais elle n’était pas sûre que cela allait marcher. Et elle avait peur, atrocement peur. Le courage lui manquait.

La troupe avançait dans la plaine, le groupe de Gruneh et Situs en tête.
Vadi courait en traînant un peu, mais elle était bousculée par ceux qui étaient derrière elle, et qui ne semblaient pas vouloir attendre qu’elle courre plus vite.

Elle se rapprochait de plus en plus des premiers cadavres. C’était une horreur. Certains avaient déjà été complètement dévorés par les bêtes sauvages. L’odeur était immonde et Vadi se boucha le nez en ne respirant que de la bouche. Mais même ainsi, elle avait l’impression que sa gorge ne prenait pas assez d’air…

Elle voyait que les hommes autour d’elle ne faisaient presque pas attention à ce spectacle. Ils avaient dégainé alors que sa propre épée était encore au fourreau.

Vadi trébuchait sur les corps qui gisaient sur la plaine. Elle n’en pouvait plus. Elle attendait le bon moment pour pouvoir fuir. Les visages en décomposition la rendaient malade.
Les murailles se rapprochaient très vite. Aucun archer n’apparaissait. Etait-il possible qu’aucun nain n’ait été blessé ? Avaient-ils déjà éliminé les archers défenseurs ?

Les hommes de Raymis et Ribald passaient la porte, et se mirent alors à courir plus vite et à crier pour se donner du courage.
Vadi n’avait toujours pas trouvé l’opportunité de fuir. Elle était toujours entraînée par les soldats. Ils lui donnaient des coups de coude qui la meurtrissaient déjà.

Les portes étaient détruites, mais personne ne les défendait plus. Les nains étaient apparemment déjà bien plus en avant. Les soldats continuaient de courir à l’intérieur de la cité. Vadi vit de larges rues qui partaient de la porte principale pour se diviser ensuite, en passant entre les premières habitations. Salaz n’était décidément pas une cité faite pour tenir un siège, c’était une capitale politique presque dénuée de défenses.

Vadi se rendit compte que Maximilian et Pallayo n’étaient plus à ses cotés. Les hommes continuaient de se bousculer et de ne pas faire attention à elle. La jeune fille sentit l’espoir renaître. Elle allait pouvoir se défiler.
Au détour d’une ruelle, Vadi eut enfin l’occasion de s’extraire de la mêlée. Elle se rua sous un porche sans que personne ne la voie.

Soulagée, elle décida d’attendre un peu, le temps que les soldats s’éloignent. Elle partirait dans la direction opposée et reviendrait au camp. Personne ne pouvait se douter qu’elle avait fui et qu’elle ne s’était même pas battue…

Un instant, elle se dit que ce qu’elle faisait était décidément très lâche : abandonner ses amis en plein cœur de la bataille. Mais elle se justifia immédiatement en se convaincant qu’après tout, elle n’avait jamais rien demandé à personne, et que personne n’avait attendu son accord pour aller se battre. Lui avait-on seulement demandé son avis pour savoir si elle était prête ?
Qu’est-ce qu’une guerrière sans expérience pouvait changer à l’issue de la bataille ?

Vadi avait vu que d’autres femmes s’étaient alliées à Raymis et Ribald. Si elle étaient peu nombreuses, elles semblaient pour le moins très expérimentées. Et surtout consentantes. Cela faisait une énorme différence.

Vadi jeta un œil autour d’elle : il n’y avait plus personne. Elle quitta immédiatement son porche et remonta la ruelle afin de retrouver la grande porte. Elle ne songeait plus qu’à sauver sa vie et à rentrer le plus vite possible. Même si la traversée de la plaine en solitaire ne l’enchantait pas, cela lui paraissait nettement mieux que d’aller courir à la mort en allant provoquer les draavos.
La jeune guerrière sortit de la ruelle et tourna à gauche, où elle s’attendait à retrouver la porte principale. Mais elle fut surprise de ne trouver qu’une autre rue bordée de maisons.

Elle regarda de l’autre coté : une nouvelle ruelle vide s’enfonçait dans les profondeurs de la cité.
Vadi essaya de se repérer par rapport à la muraille : celle-ci était bien sur sa gauche, et la porte devait se trouver dans les environs, forcément.
Elle avança encore un peu, de plus en plus paniquée… Elle ne parvenait pas à retrouver la grande porte. Pourtant, la muraille se trouvait juste derrière les habitations. Vadi était obligatoirement juste à coté. Elle n’avait fait qu’une centaine de mètres avec les soldats, avant de les quitter. C’était impossible qu’elle se perde aussi rapidement !

Pourtant, elle dut se rendre à l’évidence : elle était complètement désorientée. Elle fit marche arrière, pensant qu’elle avait raté la porte en prenant une rue parallèle. Mais les artères enchevêtrées de la vieille capitale donnaient peu de points de repères. Elle s’enfonça encore, gardant toujours la muraille en vue, sans parvenir à retrouver son objectif.

Mais comment avait-elle été suffisamment stupide pour se perdre ainsi ? Elle n’en croyait pas ses yeux. C’était comme si les rues avaient changé de place. Elle ne reconnaissait rien. Elle n’arrivait même pas à retrouver le porche sous lequel elle s’était réfugiée. Elle était perdue dans ce dédale de ruelles salaz.

Au fur et à mesure qu’elle cherchait, Vadi entendit de plus en plus distinctement des bruits de combat. Elle s’arrêta alors. Elle devait prendre une direction opposée afin d’éviter de se retrouver piégée dans la bataille.
Elle s’éloigna donc. Les cris disparaissaient au loin. Mais cela ne la remettait pas forcément dans la bonne direction. Elle ne savait plus. Elle était définitivement perdue.
Elle ne pouvait continuer de suivre la muraille sans tomber fatalement sur la porte. Mais elle ne savait plus de quel coté aller. Et elle ne pouvait se permettre de se tromper de sens en faisant tout le tour de la cité avant de trouver cette fichue porte !

Vadi entendit à nouveau les hurlements se rapprocher. Elle fuit encore dans la direction opposée avant de s’arrêter, tremblante.
Elle essaya de se souvenir s’il existait une autre ouverture dans la muraille. Il lui semblait qu’il n’y avait que la grande porte, mais elle n’en n’était pas sûre.
Les jambes de la jeune fille lui faisaient défaut. Elle ressentit une forte angoisse monter en elle, sans qu’elle puisse parvenir à la contrôler…

Mais où était-elle, bon sang ?

Quelle sensation horrible de se sentir perdue, au beau milieu d’un danger qui rodait de toutes parts ! Elle s’attendait presque à voir un guerrier draavo surgir du coin d’une ruelle pour se jeter sur elle.
Vadi se mit à pleurer. Elle ne savait que faire. Elle se mordit la lèvre. Peut-être que si elle restait ici sans bouger, la bataille allait prendre fin, et elle pourrait enfin sortir sans crainte. Un soldat, ou même un guerrier nain, allait bien finir par la retrouver…
Elle ne savait plus comment elle en était arrivée là. Mais tout ce qu’elle demandait à présent, c’était de sortir d’ici.

Elle s’assit sur le perron d’une maison, mit sa tête entre ses genoux, et lâcha toutes les larmes de son corps d’un coup. Le stress avait monté bien trop vite en elle, et elle avait besoin de décompresser.
Il lui semblait égal qu’on vienne la tuer, à présent. Au moins, elle aurait la satisfaction de voir son angoisse disparaître.
Elle n’osait même plus regarder autour d’elle. Elle avait trop peur pour bouger encore. Elle se remit à penser à son père, qui n’était plus là pour la protéger…

Soudain, la jeune fille entendit un bruit net de pas précipités, comme si l’on courait dans sa direction.
Immédiatement, Vadi se remit sur ses jambes. Son instinct de survie avait repris le dessus, et elle ne voulait pas mourir ici et maintenant sans rien faire.
Complètement affolée, elle regarda dans toutes les directions, sans parvenir à identifier l’origine des bruits. Ils avaient l’air de venir de derrière elle, sur sa gauche…

Un homme sortit brusquement d’entre deux maisons, à quelques mètres de Vadi.
La jeune fille ne put s’empêcher de pousser un bref, mais puissant, hurlement de frayeur.

Cela eut pour effet de faire stopper l’homme qui venait d’apparaître.
C’était un soldat de la garde de Raymis. Il était seul.
Du sang coulait de son front, sous son casque, et son épée était maculée elle aussi. Il s’était visiblement battu un peu plus loin.

Vadi comprit tout de suite sa méprise, ce qui la soulagea grandement. Portant la main à sa poitrine, elle émit un grand soupir : elle respirait déjà mieux.

Le soldat regardait la jeune fille. En un instant, il devina ce qui se passait avec Vadi. Elle était en train de déserter, terrifiée par la peur. Il eut alors une petite moue de dédain :

- « Peuh ! », fit-il simplement, avant de reprendre sa course sans plus prêter attention à la jeune salaz.

Il se dirigeait vers les cris, qui s’étaient encore rapprochés entre-temps. Vadi se sentit toute honteuse, l’espace d’un instant.

L’exclamation du garde d’Ovellia avait brusquement réveillé Vadi. C’était comme si elle avait reçu un électrochoc. Tout d’un coup, elle comprit tout le sens, ainsi que les conséquences, de sa lâcheté.
Elle avait décidé de fuir en plein cœur de la bataille, pendant que d’autres sacrifiaient leur vie en combattant courageusement. Salaz avait été attaquée, et elle avait choisi de… ne rien faire, tout en laissant les autres mourir à sa place.
Elle se sentit d’autant plus honteuse que, pour l’immense majorité des soldats se battant actuellement, il n’y avait que peu de salaz de souche. Des étrangers se battaient et versaient leur sang pour la libération de son pays, tandis que elle, salaz de naissance, fuyait le champ de bataille.

Un soldat de plus ou de moins pouvait-il faire la différence ? Vadi comprit que oui. Si le cours de la bataille ne peut en être que peu changé avec un guerrier de son expérience, elle pouvait cependant influer grandement sur le destin d’un homme. Elle pouvait le sauver, le protéger, ou même le ramener au camp alors que tous les autres l’avaient abandonné.
Elle pouvait tuer quelques ennemis de plus, et même un seul, ce serait un pas de plus fait vers le salut de la capitale. Toute contribution était bonne à prendre, surtout en ces temps de douleur. Toute fuite impliquait prendre une part de responsabilité dans la mort de ses compagnons de guerre, ainsi que dans la fin de son pays.

Toutes ses pensées fusèrent en un éclair dans son esprit. Si Vadi avait toujours aussi peur d’aller se battre, elle n’en n’avait pas moins pris la résolution de faire de son mieux pour le bien de son pays !

Elle suivi du regard le soldat de la garde de Raymis. Il était déjà à une cinquantaine de mètres d’elle. Vadi n’hésita plus : elle décida de le suivre et de se plonger au cœur de la bataille…

Elle dégaina son épée et commença sa course, à son tour. Elle se sentait tellement remplie de courage qu’elle voulut à tout prix rattraper le garde.
Mais il venait déjà de disparaître au détour d’une ruelle, au loin. Vadi se mit en devoir de suivre cette direction. Elle ne voulait plus se perdre.

Au coin de la ruelle, Vadi ne retrouva pas le soldat. Mais les bruits de bataille se faisaient déjà bien plus entendre. Elle pouvait se fier à son oreille pour se diriger dans la bonne direction, comme avait du le faire le guerrier quelques secondes plus tôt.
Elle tourna un peu dans le dédale de petites rues, guidée par les cris.
Les sons se faisaient de plus en plus nets. Les rues commençaient à s’élargir.

Elle finit par déboucher sur une grande place très découverte, où se battaient des centaines de soldats. C’était un vrai mélange de couleurs : Vadi y reconnut immédiatement les draavos, de nombreux nains, quelques hommes de Raymis, et même ceux de Ribald qui se battaient maintenant au corps à corps.

Mais, par-dessus tout, le regard de Vadi se fixa sur un colossal et formidable guerrier, en plein centre de la place, bravant et tuant tous ceux qui osaient l’approcher.
Il se distinguait nettement des autres combattants par sa taille, qui dépassait même celle de Situs. Il ne portait aucune armure, laissant entrevoir ses muscles imberbes, proéminents et complètement démesurés. Ses veines ressortaient d’une manière qui ne semblait absolument pas naturelle et il ne semblait avoir aucun pli sur sa peau, comme si elle avait été tendue à l’extrême d’une grossière manière.

Il maniait avec une force surnaturelle deux puissantes haches qui pourfendaient tous ses adversaires. Les draavos étaient largement dépassés en nombre, mais ce colosse ne semblait pas y prendre garde : il parvenait à tuer tous ses assaillants d’une aisance déconcertante.

Vadi n’en croyait pas ses yeux. Etait-il possible qu’il s’agisse du grand Ktaa, qui aurait pourtant du être plus au sud ? Il en avait tout l’air, de par sa force, son assurance, et son aspect totalement anormal.
Mais Oliu-Kil n’avait pas parlé du Ktaa comme d’un être monstrueux à ce point. Elle ne savait plus que penser. Etait-il possible que la pierre de puissance puisse changer un être humain d’une telle manière, et aussi rapidement ?

Tout à coup, Vadi aperçut le soldat qu’elle avait suivi jusque là. Apparemment, il se dirigeait vers le colosse en courant, l’épée brandie. La jeune fille resta plantée là à regarder la scène.

Le guerrier aux haches se battait avec trois nains en même temps. Il portait des coups puissants qui empêchaient ses adversaires de s’approcher de lui. Avant que le garde ne fonde sur lui, le monstre avait éliminé les deux premiers en quelques coups parfaitement ajustés. Il anticipa le mouvement de contact du garde qui arrivait sur lui en lui donnant un grand coup de son avant-bras au visage. Le garde se fracassa le nez sur lui, et tomba par terre.

Le colosse se rua sur le dernier nain resté debout, et lui porta des coups en frappant de ses deux haches en même temps. Le malheureux guerrier ne put résister que l’espace de quelques secondes, avant de succomber, la poitrine ouverte par son adversaire.

Le soldat qu’avait suivi Vadi venait à peine de se relever lorsqu’il vit fondre sur lui le guerrier qu’il avait essayé d’attaquer. Il se battit du mieux qu’il put, mais le monstre armé de haches semblait complètement invincible. Il plaça un coup puissant dans le ventre du malheureux soldat, qui se courba immédiatement en deux, lâchant son arme. Alors qu’il essayait de se redresser, le colosse porta un nouveau coup à l’estomac, directement avec l’extrémité d’une de ses haches. La pointe s’enfonça profondément dans la chair, et le soldat était perdu.

Vadi vit alors une chose absolument incroyable : le colosse, d’un mouvement précis, et sans paraître affecté par l’effort, fit dresser sa hache en l’air, avec le soldat planté à son extrémité. Il maintint son bras tendu en l’air, avec l’homme en armure en équilibre au-dessus de sa tête.
L’infortuné soldat essayait encore de s’extraire en poussant l’axe de la hache, mais son poids le faisait s’empaler de plus en plus sur la pointe. Son sang coulait à travers son armure, et dégoulinait sur la hache, puis sur le bras qui la tenait.
En dessous, le colosse semblait prendre un réel plaisir à faire subir cette horrible torture. Il regardait le soldat s’enfoncer sur l’extrémité de son arme, tout en effectuant de petits mouvements secs afin de lui apporter encore plus de douleur…

Vadi n’en croyait pas ses yeux qu’autant de haine et de carnage puisse ainsi exister. L’abomination dont elle était témoin l’effrayait mais la révoltait à la fois. Le pauvre soldat était déjà à moitié inconscient à cause du sang perdu. Il ne cherchait plus à se débattre.

Vadi n’en pouvait plus : prenant son courage et son arme à deux mains, elle se rua en direction du monstre comme une furie.
Le colosse ne semblait toujours pas l’avoir vue approcher. Il se concentrait sur sa victime, presque morte déjà.
Mais alors que Vadi n’était plus qu’à dix mètres de lui, celui-ci tourna la tête vers elle comme s’il avait senti quelque chose. Vadi pu voir son visage, complètement révulsé et n’ayant presque plus rien d’humain. Il avait des yeux énormes, quasiment sortis de leurs orbites, et semblait en proie à une tension extrême.

Elle essaya de ne pas se déstabiliser. Elle poussa un cri avant de porter son premier coup.
Mais le colosse se mettait à réagir. D’un mouvement brusque, il plaça sa hache derrière lui, éjectant ainsi le soldat, dans le même mouvement, comme un vulgaire sac de détritus. Une giclée de sang alla éclabousser le sol.
Lorsque Vadi fut suffisamment proche de lui, et avant qu’elle ne puisse réagir d’une quelconque manière, il porta un coup formidable du plat de sa hache, dans un arc de cercle tellement vif que Vadi ne le vit même pas venir.

Vadi reçut le coup en plein visage, ce qui eut l’effet d’un véritable cataclysme sur elle. Elle eut l’impression qu'un énorme pan de mur se plaqua violemment sur elle, la projetant en l'air sans qu'elle ne puisse rien contrôler.
Elle sentit l’action se dérouler comme au ralenti. Son sang avait comme disparu de tout son corps, et elle voyait tout en blanc, sans pour autant ressentir aucune douleur sur le moment.

Vadi fut projetée à deux mètres au dessus du sol. Elle vit le guerrier quitter son champ de vision en une fraction de seconde, pour ensuite passer sur le ciel, et enfin revenir sur le sol, qui se rapprochait si lentement qu’elle crut même avoir le temps de compter les grains de sable.
Elle toucha la terre de son épaule gauche, et tout passa du blanc au noir…

La jeune salaz perdit connaissance un instant. Lorsqu’elle revint à elle, la première chose qu’elle vit fut le fantastique guerrier qui se tenait à quelques mètres d’elle, toujours au même endroit semblait-il.

Elle sentit immédiatement une douleur fulgurante lui traverser l’épaule gauche. Elle avait atterri dessus, et son bras avait du supporter tout le poids de son corps lors de la chute.
Elle voyait tout en blanc à nouveau, et n’entendait plus rien. Elle eut l’impression d’avoir un tournis incroyable. Toutes ses forces l’avaient quittée.
Sa première réaction fut de tenter de se lever, mais elle ne parvenait plus à remuer les membres.

Le colosse n’avait presque pas avancé depuis la dernière fois qu’elle l’avait regardé. Elle vit sa propre épée par terre, à mi-chemin entre elle et le monstre.
Vadi ressentit une nouvelle fois une vague d’angoisse monter en elle. Elle ne pouvait plus bouger, était complètement sourde, et ne pouvait que voir, impuissante, le guerrier s’avancer vers elle, dans un halo de lumière blanche.

Petit à petit, elle sentit ses forces lui revenir. Les couleurs revenaient, et elle entendait comme les bruits de fond de la bataille qui faisait rage autour d’eux.
Mais le colosse semblait se déplacer de plus en plus vite. Et Vadi ne pouvait toujours pas se relever.

Elle essaya de ramper sur le sol, dans la direction opposée. Elle sentait le sang revenir dans ses membres, à mesure qu’elle essayait de bouger. Sa tête lui faisait cependant un mal incroyable.
Tel un misérable ver de terre, Vadi se trainait sur le sol, en évitant de peser sur son épaule endolorie. Elle ne voyait plus se qui se passait derrière elle. Elle cherchait à fuir le champ de bataille sans plus penser au reste.

Elle était complètement abrutie de douleur. Elle avait tellement mal qu’elle sentait que toutes les larmes de son corps allaient sortir en même temps. Pourtant, elle ne parvenait pas à pleurer.
Elle réussit à se tenir à quatre pattes, mais elle sentit un vertige puissant la prendre immédiatement. Une nausée monta violemment, et elle vomit d’un trait, la tête en bas.

Vadi parvint à se tourner et à retomber sur son dos. Elle était terriblement épuisée. Elle ne voulait plus faire un geste, et était enfin prête à accueillir la mort.
Elle releva légèrement la tête et vit plus distinctement le guerrier qui se rapprochait d’elle. Il pouvait bien l’achever maintenant, elle ne ferait aucune tentative. Elle n’en n’avait plus la force, ni même la volonté. Et son épée se trouvait loin.

Comme hypnotisée, la jeune fille, à terre, gardait les yeux rivés sur les jambes de cet homme monstrueux, qui se rapprochait inexorablement d’elle pour lui porter le coup de grâce…

[ Dernière modification par BenP le 06 avr 2010 à 03h12 ]

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Chapitre 2 : Alliances (partie 4 en cours)


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Envoyé par Niicfromlozane le Lundi 05 Avril 2010 à 12:06




Abusé comme c'est bien


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Le 21/05/2012 à 14:37, Weeds avait écrit:

L'expérience a montré que Niic était trop fort.

shivanknight

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Envoyé par shivanknight le Lundi 05 Avril 2010 à 20:58


Respect. Je viens de tout lire, et c'est vraiment tu tout bon, bien écrit, intéressant...
Grand coup de chapeau! Y'a juste un truc qui me chagrine dans le dernier chapitre, cette phrase :
l’énorme baffe d’un raz de marée incontrôlable

Je la trouve moyenne, le mot baffe fait un peu incongru à mon goût... Mais je sais pas trop par quoi remplacer...

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Envoyé par ShadowKnight le Lundi 05 Avril 2010 à 23:19




Au passage, j'ai repéré une petite erreur:

Elle ne pouvait continuer de suivre la muraille sans tomber fatalement sur la porte. Mais elle ne savait plus de quel coté aller. Et elle ne pouvait se permettre de se tromper de sens en faisant tour le tour de la cité avant de trouver cette fichue porte !


Que va t'il arriver à Vadi?

Déjà fini!

J'ai hâte de connaître la suite.



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Envoyé par BenP le Mardi 06 Avril 2010 à 03:04


Tout d'abord, merci pour vos encouragements... Ca me donne vraiment envie de continuer et d'aller jusqu'au bout...

J'ai corrige les erreurs notees par Shivanknight et ShadowKnight. N'hesitez pas a me faire de nouveaux commentaires.

La suite ?
He he he...

La prochaine partie que je vais poster (d'ici une semaine environ) marquera la fin du prologue. Et on commencera donc la veritable aventure.
Ce prologue n'etait la que pour attirer le lecteur en lui mettant l'eau a la bouche (et surtout aussi pour mettre en place l'univers, les personnages, et le scenario). L'action va enfin arriver donc. Le premier grand chapitre s'appellera "Guerres" et commencera tres tres fort...

D'ailleurs, cette derniere partie du prologue (Declin : partie 7) risque de faire tirer la larme a l'oeil de certains... Moi-meme, quand je me relis, des fois...

EDIT : bon, vu comme c'est parti, il va falloir que je poste encore deux fois avant de conclure le prologue...
Il y a trop de choses que je ne peux pas couper, et ca rend cette derniere partie tres longue... Donc, je vais la separer en deux (partie 7 et partie 8).
On arrive donc a la fin du prologue DECLIN.

Je poste ci-dessous l'avant-derniere partie, et je posterai la suivante sous peu...


[ Dernière modification par BenP le 09 avr 2010 à 06h18 ]

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Envoyé par BenP le Vendredi 09 Avril 2010 à 06:19


Déclin : partie 7

Jamais Vadi ne s’était sentie aussi proche de la mort. Mais, curieusement, jamais elle ne s’était sentie aussi sereine en même temps.
Elle eut l’impression que son calvaire allait enfin se terminer. Plus besoin d’avoir peur, puisqu’elle allait mourir… La manière dont une vie s’arrêtait importait peu, finalement. Seule comptait la délivrance qu’elle apportait.
Au moins, elle avait l’impression qu’elle pouvait quitter ce monde la tête haute. Vadi croyait profondément en un paradis, et les anges verraient sûrement les efforts qu’elle avait fournis à la fin de sa vie. Même si elle avait été pitoyable, elle avait fait de son mieux, et même vaincu sa peur du combat. Cela comptait déjà énormément, pour elle.

Son existence défilait devant ses yeux… Elle se revit enfant, lorsque sa mère s’occupait d’elle en lui racontant les exploits de son père. Elle ressentit à nouveau les sensations qu’elle éprouvait, dans la cuisine, lorsqu’elle était en train d’apprendre à faire de bons plats. Elle se remémora la dure épreuve de la mort de sa mère, emportée en quelques jours seulement par une maladie aux poumons. Elle revit son père, toujours triste, essayer de lui apprendre à se battre, tout comme elle se rappela avoir détesté cela. Elle se souvint avoir supplié son père de rester plus longtemps auprès d’elle, de lui donner un peu plus d’affection. Elle se rappela ses longues escapades dans les bois, seule, lorsque son père était absent pour l’armée. Elle se revit pleurer, lorsque Maximilian revint au village avec Pallayo et Situs, pour lui annoncer la mort de son père et leur projet de se rendre à Ovellia…

- « Je n’ai finalement pas fait grand-chose, dans ma vie », se surprit à penser Vadi, calme et honnête envers elle-même.

Tout repassa dans son esprit en une simple fraction de seconde. Mais le temps ne s’était pourtant pas arrêté : le guerrier aux haches n’avait pas stoppé son avancée…
Mais alors qu’il était presque sur elle, le colosse se retourna pour partir dans une autre direction. Vadi entendit de lointains hurlements, mais ne voyait pas encore se qui se passait. Elle essaya de lever sa tête un peu plus haut, et vit que le monstre était en train de se battre avec un autre soldat, qu’elle ne voyait pas encore distinctement.

Complètement réveillée, avec un léger espoir retrouvé, Vadi tenta d’en profiter pour s’éloigner un peu plus. Mais elle se traînait misérablement et sentit qu’elle n’aurait jamais la force de se mettre à l’abri, et encore moins de quitter la cité.
Elle regarda encore le nouvel adversaire du colosse. Ce qu’elle vit alors lui apparut comme la plus merveilleuse chose du monde : c’était Maximilian qui bravait courageusement le guerrier aux haches !

Le lieutenant salaz faisait de son mieux pour parer les coups de son mortel adversaire. Il restait en mouvement et à bonne distance, afin de ne pas être une proie facile. Il ne prenait pas de risques et surtout ne tentait jamais de percer les défenses de son adversaire. Vadi voyait clairement qu’il essayait de lui parler en même temps, en tournant la tête vers elle.
Elle ne distinguait pas clairement ce qu’il disait, mais elle vit les grands mouvements qu’il faisait pour l’inciter à partir.
C’était suffisamment clair : Maximilian risquait sa vie pour permettre à Vadi de fuir…

Cela remit un baume au cœur de la jeune fille, qui parvint à se mettre sur les coudes afin de s’éloigner plus rapidement. Sa tête lui faisait toujours atrocement mal, mais elle se sentait plus forte, à présent.
Dans un effort suprême, Vadi réussit à se ranger sur le coté de la grande place, à l’abri des combats.
Elle jeta un œil, à nouveau, en direction du colosse et de Maximilian. Mais elle ne parvint pas à voir son compatriote. La masse de guerriers s’était compactée, et le monstre se battait avec de nouveaux adversaires. Maximilian était introuvable. Etait-il déjà mort, piétiné par les autres combattants ?

Vadi se sentit affolée une fois de plus. Maximilian, courageux soldat doué et expérimenté, venait de risquer sa vie pour elle, malheureuse jeune fille lâche. Elle devait maintenant faire tous les efforts possibles pour rester elle-même en vie afin que ce sacrifice ne fût pas vain.

D’un coup d’œil rapide, Vadi vit que les défenseurs avaient déjà perdu la bataille. Les draavos n’étaient plus qu’en petit nombre, rassemblés autour du colosse, qui faisait encore cependant payer très chèrement aux assiégeants le fait de s’approcher de lui.
Il continuait de se battre comme un démon, nullement fatigué par les mouvements extraordinaires qu’il faisait. C’était effrayant de voir de ses propres yeux qu’un être vivant puisse être aussi rapide et puissant à la fois.

La bataille était gagnée en cet endroit, mais Vadi ne savait pas ce qu’il en était ailleurs dans la cité. Elle devait vite rentrer, à présent. Elle n’avait plus d’arme, n’était plus en état de se battre, et était la proie du premier adversaire venu.
Cette pause prise à observer la scène l’avait quelque peu reposée, et lui avait donné suffisamment de forces pour se tenir enfin debout. Sa vision était presque redevenue normale, et elle entendait à peu près correctement. Seules son épaule et sa tête lui faisaient horriblement souffrir. Mais c’était un bien moindre mal en comparaison de ce à quoi elle venait d’échapper.

Elle remercia mentalement Maximilian… Puis elle prit la route du retour.

Depuis la grande place, il semblait bien plus facile de quitter la cité. Vadi suivit les plus grandes rues afin de ne pas se perdre une nouvelle fois. Mais elle dut marcher longtemps, et lentement, toujours en proie à la peur de se retrouver face à face avec un ennemi surgi de nulle part.
Elle rencontra d’autres soldats et archers blessés qui se soutenaient les uns des autres. Elle décida de rester avec eux afin de trouver la sortie tous ensemble.
Petit à petit, leur groupe grossit jusqu'à atteindre une quinzaine de personnes. Ils se dirigeaient tous vers la grande porte pour rentrer au camp des nains. Ils ne se battraient plus pour la journée.

Vadi retrouva la muraille de la cité et franchit enfin les portes dans le sens inverse, avec ses compagnons blessés, une vingtaine de minutes plus tard. Ce fut un véritable soulagement pour elle de revoir cette plaine, même jonchée de cadavres. Elle avait véritablement échappé à un danger mortel, et tout était fini à présent. Les corps étaient toujours là, mais Vadi avait presque l’impression que l’odeur pestilentielle avait disparu.
Elle ne savait pas ce qu’elle allait faire par la suite. Mais son objectif à court terme était avant tout de rentrer et de se reposer.

Le groupe de soldats hétéroclite avançait lentement dans la plaine. Certains parlaient de victoire assurée :

- « Les nains ont vraiment fait du bon boulot. Ils sont passés comme une vague sur les draavos, les balayant tous ! Les draavos sont peut-être de bons guerriers, mais les nains sont vraiment les meilleurs ! », disait l’un.
- « J’ai vu un groupe de mages de combat se faire décimer en quelques secondes par nos archers. Ha ha ha : ils auraient du apprendre à arrêter les flèches plutôt que de se spécialiser dans les sorts de destruction ! », ajoutait un autre.
- « les nains, une fois lancés, rien ne peut les arrêter : j’en ai vu un avec au moins trois flèches dans la poitrine, mais il continuait de se battre comme si de rien n’était ! Ils sont vachement résistants, quand même, ces gars-là », prétendait un jeune guerrier.

Vadi n’écoutait que d’une oreille peu attentive. C’étaient bien des discours d’hommes, juste avides de créer des légendes, en exagérant sûrement les faits dans les trois quarts des cas.
Ils ne pensaient pas à ceux qui étaient tombés, aux familles qui se faisaient du souci, aux femmes et enfants qui ne reverraient jamais leur mari ou leur père…
Ces soldats avaient peut-être souffert, mais ils perdaient le sens des réalités. Vadi se dit que tous ses comportements étaient vraiment stupides et surtout irresponsables…

Tout à coup, elle entendit comme un sifflement venir de derrière elle. Elle eut à peine le temps de tourner la tête qu’une flèche vint se planter sur le sol, juste à coté d’un petit groupe de soldats qui se tenaient mutuellement par les épaules et sous les bras. Cette flèche fut suivie de quelques autres, en provenance des murailles de la cité.

Vadi poussa un cri. Elle commença à trottiner du mieux que son état le lui permettait vers le campement, les autres soldats blessés à ses talons.
L’un des hommes reçut une flèche dans le dos. Il s’écroula, raide mort. Un autre vit son mollet droit transpercé et hurla de douleur.
D’autres flèches arrivaient encore, mais elles étaient disparates et peu nombreuses.

En regardant sur les murailles, on pouvait voir quelques archers draavos postés là, à tirer sur les rares blessés dans la plaine. Mais ils étaient trop peu nombreux pour représenter une menace. Il s’agissait d’une simple attaque désespérée.
Les soldats essayèrent de se mettre hors de portée le plus vite possible, tout en abreuvant de jurons les tireurs :

- « Bandes de salauds ! Comment osez-vous tirer sur des blessés ayant cessé de se battre ? »

La salve s’arrêta très rapidement. Et les archers disparurent eux aussi.
Mais Vadi voulait se dépêcher de rentrer. Qui sait ce qui allait encore lui arriver ?

En chemin, elle remarqua que d’autres blessés étaient déjà partis avant eux : elle pouvait les voir un peu plus loin. D’autres les rejoignaient par l’arrière. La bataille semblait déjà être sur le point de se terminer. Sem Lorshul ne s’était pas trompé : tout allait se régler en quelques heures.

Vadi entendit de nouveaux hurlements venant de derrière. Elle crut reconnaître la voix affolée de Gruneh parmi celle de ses hommes. Elle se retourna, et vit effectivement le groupe au complet courir de manière apparemment désespérée à travers la plaine.
Ce qu’elle vit la fit frémir : Gruneh, aidé de ses sept compagnons, transportait Situs, assis sur leurs bras et visiblement blessé.

Vadi, bien qu’épuisée, revint sur ses pas pour aller rejoindre le groupe. Gruneh et ses hommes avançaient très vite, malgré le poids considérable que devait peser Situs. Ils parlaient tous en même temps, de manière incompréhensible.

Lorsqu’elle parvint à leur hauteur, Vadi demanda :

- « Situs, Situs ! Mais que s’est-il passé ?
- Ah, t’es là ? », fit Situs nonchalamment, mais néanmoins clairement plié de douleur. « Ouh, t’as du te prendre une sacrée torgnole sur le coin de la gueule, toi ! Mais tu t’en es sortie quand même… Hé hé, t’es p’têtre pas si nulle que ça, finalement ! »

Vadi ne put s’empêcher d’esquisser un petit sourire de gratitude pour ce gros géant vulgaire, qu’elle était sincèrement très heureuse de revoir. Mais, en baissant les yeux, elle vit qu’il saignait énormément à l’estomac.
Gruneh ne faisait pas attention à elle. Il semblait vouloir ramener Situs au camp le plus vite possible, et continuait de courir alors qu’ils étaient en train de discuter. Vadi redemanda :

- « Situs, que t’est-il arrivé ? Tu saignes tellement !
- Oh, ça ? C’est pas grand-chose, va, t’en fais pas, gamine… J’ai pas eu de bol, c’est tout. Y a quequ’chose qui m’a sauté à la tronche, j’ai pas vu quoi. Et tout de suite après, je me suis retrouvé avec ce putain de bout de ferraille dans le bide. J’vais juste avoir besoin d’un bon toubib pour me faire gicler ça et me recoudre après. Mais bon, dans deux trois jours, je serai sur pied. Et j’pourrai recommencer à niquer de la pute comme si de rien n’était ! »

Situs avait dit cela très rapidement et d’une voix la plus assurée possible, mais il était visible que sa blessure le faisait énormément souffrir, et que parler lui coûtait beaucoup.
Gruneh, d’un geste brusque, écarta la jeune fille :

- « Tu nous ralentis, connasse ! Casse-toi et laisse-moi ramener notre pote au camp ! »

Et ils accélérèrent encore le mouvement, distançant la jeune salaz qui ne pouvait plus suivre, encore trop faible.
Vadi avait été complètement indifférente à la méchante remarque de Gruneh. Elle s’inquiétait seulement pour Situs, et elle avait vraiment mal au cœur de voir cet homme si fier et orgueilleux diminué à ce point.

Si lui-même avait paru bravache et confiant dans ses explications, ses compagnons avaient semblés, eux, très affolés par son état. Vadi ne savait d’ailleurs même pas s’il y avait vraiment un médecin dans le camp. Elle n’en n’avait pas vu jusque là.
En effet, la blessure avait semblé très sérieuse. Situs avait perdu beaucoup de sang, malgré les efforts de ses camarades pour l’empêcher de couler.
Ce géant barbu était un homme solide, et c’était pitié de le voir ainsi. Mais Vadi se rassura en se disant qu’il avait sûrement du connaître pire et qu’il se rétablirait sous peu.

Néanmoins, elle fit de son mieux pour se dépêcher de rejoindre le campement. Elle voulait voir ce qui allait se passer pour lui, et comment il allait être soigné.
Cette nouvelle pensée lui avait peu à peu fait oublier ses propres douleurs physiques. Elle marchait normalement à présent, même si sa tête lui tournait encore un peu. Elle espérait simplement qu’elle n’aurait pas de séquelles sérieuses, suite à un tel choc. Vadi savait que les coups à la tête pouvaient être très dangereux, même des années après avoir reçu la blessure.
Elle toucha légèrement sa joue droite, mais cela lui fit comme l’effet d’une brûlure et elle retira prestement sa main. Elle ne pouvait se voir, mais elle comprit que la peau de son visage avait été sérieusement amochée…

Mais pour le moment, seul importait Situs.
Lorsque la jeune fille atteignit enfin le campement, elle remarqua une légère différence. De grandes tentes avaient été disposées là, à coté des aménagements en pierre des nains. Elles paraissaient autrement plus confortables que ces sièges improvisés.

Vadi chercha Situs des yeux mais ne le vit pas immédiatement. Quelques soldats et archers étaient déjà rentrés, et s’entre aidaient pour désinfecter leurs plaies ou se confectionner des bandages de fortune.
Tout était assez silencieux. Les hommes ne parlaient pas comme ceux qui l’avaient accompagnée durant le retour dans la plaine. Ils se regardaient tristement en s’occupant de leurs blessures. Il était difficile de croire qu’ils venaient de remporter une victoire.
Vadi remarqua qu’aucun nain n’était déjà rentré. Seuls ceux laissés ici en tant que gardes témoignaient d’une présence naine dans le camp.

Tout à coup, elle entendit des beuglements provenant de l’intérieur de la plus grande tente :

- « Mais qu’est-ce que tu branles, connard ? Dépêche-toi de lui virer cette merde de son bide ! »

Gruneh, à n’en pas douter.

Vadi se rapprocha de la petite habitation temporaire. Elle entendit une autre voix parler lentement et calmement, sans pour autant parvenir à saisir le sens de cette réponse. Etait-ce donc un médecin ?
Elle se précipita à l’intérieur et tomba sur les hommes de Gruneh qui semblaient en vive discussion avec un grand homme très mince, complètement imberbe, et qui faisait des gestes aussi lents que lorsqu’il prenait la parole.

- « … et il faut donc accepter ce fait. », achevait-il.
- « Mais c’est pas possible que t’abandonnes déjà ! T’as rien essayé ! », grondait un gros costaud posté à gauche de Gruneh. « C’est pourtant pas compliqué : tu lui enlèves le truc proprement, tu l’emmaillotes pour plus qu’il pisse de sang, et c’est tout ! Il va se guérir tout seul, après ça !
- Mais m’avez-vous donc écouté ? », reprenait l’homme chauve. « Je vous dis que ce n’est pas possible. Et je dois m’occuper de nombreux autres blessés… »

Vadi reçut comme un choc en écoutant cela. Etait-il possible que…
Elle se rapprocha de l’homme, et lui demanda très gravement :

- « Docteur, dites-moi : que va devenir Situs ? »

Le médecin observa la jeune fille pendant de longues secondes. Tout le monde s’était tu dans la pièce. Avait-elle pris une voix suffisamment maîtresse d’elle-même, ou avait-elle été ardemment convaincante sur son désir de voir Situs guérir rapidement ? Toujours est-il que le médecin daigna lui répondre avec respect :

- « Je m’appelle Laemon, et je suis le médecin personnel du prince Raymis d’Ovellia, arrivé il y a peu. Ce groupe de soldats vient de m’amener un homme durement touché au ventre. Une lame brisée d’épée s’est fichée profondément dans son estomac, et il m’est maintenant impossible de la retirer. Si on me l’avait ramené plus tôt, j’aurais peut-être pu tenter quelque chose. Mais là, trop d’organes ont été affectés. Et, pour être honnête, je suis même véritablement étonné qu’il soit toujours en vie en ce moment : il aurait du mourir depuis longtemps déjà, avec tout le sang qu’il a perdu. Il a l’air d’avoir la vie dure, mais ce qu’il y a de sûr, c’est que je ne peux absolument rien faire de plus pour lui… et qu’il ne passera pas l’heure qui suit…
- Non ! », avait crié Vadi, avec un accent complètement désespéré.

Un nouveau silence régnait dans la pièce. Tout le monde regardait la jeune fille qui avait su remuer tous les cœurs d’un seul mot.
Des larmes brûlantes montèrent aux yeux de Vadi. Elle ne pouvait croire ce qu’elle entendait. Situs était agonisant. Il allait mourir sous peu…
Elle ne pouvait empêcher les larmes de couler. Elle se moquait bien de ce qu’on en dirait. Elle venait de se rendre compte à quel point elle s’était attachée à ce gros géant barbu, ces dernières semaines, même s’il avait eu un comportement apparemment exécrable envers elle.
Pourquoi tous les êtres qu’elle aimait devaient mourir ainsi ?

Un autre compagnon de Gruneh brisa le silence :

- « Il faut qu’on le voie ! », cracha-t-il en se dirigeant vers le fond de la salle, où se dressait une autre tapisserie qui donnait apparemment sur une pièce contiguë.

Mais le médecin l’arrêta d’un geste impérieux, avant de se retourner vers Vadi tout en lui parlant doucement :

- « Situs a expressément demandé à ne voir personne… excepté une jeune fille nommée « Vadi ». J’imagine qu’il s’agit de toi ? »

Vadi fut très étonnée de voir cet homme prononcer son nom ainsi, et encore plus de la requête que Situs semblait avoir émise.

- « Ou… oui », répondit-elle.
- Ton ami est couché dans la pièce d’à coté. Il veut que tu restes avec lui. Je te permets donc d’aller le voir, seule. Je suis vraiment désolé pour lui, mais il est bien trop tard pour faire des miracles. Et je dois malheureusement m’occuper des nombreux autres blessés qui reviennent au camp et que je peux sauver. Je te laisse avec lui. Fais attention à ne pas le fatiguer plus, car il est déjà très faible. Personne ne viendra vous déranger, je t’en fais la promesse. »

Vadi avait écouté cela d’une oreille lointaine, comme si elle était déjà ailleurs.
Elle n’entendit pas si Gruneh et ses hommes avaient eu des récriminations ou fait de nouveaux commentaires. Elle eut simplement l’impression d’être horriblement fatiguée tout d’un coup. Ses yeux, encore noyés de larmes, étaient fixes et sa bouche tremblait.
S’en qu’elle ne s’en rende compte, elle se retrouva dans une autre pièce, où trônaient deux tables mises bout à bout, avec le corps de Situs allongé dessus.

Celui-ci ne bougeait pas. Il gardait les yeux ouverts en fixant le plafond. Ce fut son teint qui horrifia Vadi : toute la peau de Situs avait blanchi à un point cadavérique.
La jeune fille porta les mains à son visage, et prit une profonde inspiration. Elle émit un gémissement qui alla en s’amplifiant, comme si elle comprenait de mieux en mieux, à mesure que les secondes passaient, que Situs s’approchait de la mort et qu’il n’y aurait pas de retour…

Toute la pièce était remplie d’une odeur âcre… celle du sang…

Situs, toujours sans faire de mouvement autre que celui de remuer les lèvres, prit la parole d’une voix complètement transformée :

- « T’es là, Vadi ? J’ai entendu ce qui s’disait à coté… »

La pauvre jeune salaz ne savait absolument pas quoi répondre. Elle était désespérée et ne savait quoi faire. Comment aurait-elle pu aider ce brave Situs ? Même sa voix n’était plus la même, il ne parlait plus que dans un murmure.

- « Viens par là, Vadi, m’oblige pas à gueuler… », ajouta le géant d’un ton toujours aussi pathétique.

Elle se rapprocha des tables, déplacées à la va-vite afin de pouvoir supporter la taille et le poids de ce patient hors norme. Mais elle ne put regarder directement le visage de Situs. Elle se sentait bien trop gênée pour cela.

Un long silence s’installa. Seule la respiration lente et difficile du guerrier se fit entendre durant une bonne minute. Puis, il annonça tout d’un bloc :

- « Je sais que j’vais crever, Vadi. J’en n’ai plus pour longtemps, et j’le sens bien... Ca fait chier… »

Cela parut absolument horrible pour Vadi d’entendre un homme parler de sa mort imminente. Elle s’imaginait à sa place, comme c’était le cas un peu plus tôt sur la place de Salaz. Ce sentiment de résignation, mais en même temps de rage de n’avoir pas pu modifier son destin, de n’avoir pas pu vivre plus longtemps… éviter ce fatal et effrayant résultat qu’était la mort…

- « C’est nul. Quand j’ai vu cette explosion, j’ai tout de suite senti que quelque chose de froid m’avait touché au bide. J’ai su que ça allait me faire couiner, mais j’ai continué à me battre quand même…
- …
- Et j’ai flanqué pas mal de raclées, pour sûr ! Ils se battent rudement bien, les draavos, rapides et tout. Mais j’en ai calmé cinq ou six facile, avant de commencer à vraiment me sentir mal…
- … mais Situs, je ne comprends pas… », dit Vadi d’une petite voix timide et apeurée. « Si tu as su tout de suite que tu étais gravement blessé, pourquoi n’es-tu pas rentré immédiatement ? Le docteur a dit qu’il aurait peut-être pu…
- Parce que je suis qu’un pauvre con, Vadi ! », s’exclama Situs d’un coup en montant la voix.

La réponse du géant avait fait sursauter la jeune fille, tout en stoppant net sa phrase.

- « Je pouvais quand même pas lâcher les gars dès le début de la bataille, alors que ça faisait des années qu’on s’était pas vus ! Mais t’es jeune, tu vas p’têtre pas comprendre ça… »

Non, Vadi ne comprenait pas. Même en acceptant l’idée que certains pouvaient prendre du plaisir à se battre et tuer des gens, elle ne pouvait se convaincre qu’il valait mieux, pour un homme gravement blessé, continuer le combat et mourir plutôt que de rentrer se faire soigner et survivre plus longtemps.
Il était possible aussi que Situs avait surestimé ses forces, mais elle se garda bien de partager cette pensée avec lui, pensée qui ne pouvait que l’affecter.

- « De toutes façons, j’entends déjà le spectre de la mort se foutre de ma gueule. J’lai bien nargué, depuis toutes ces années, mais c’est fini pour moi, cette fois. »

Vadi ne savait que dire… Une nouvelle vague de tristesse montait en elle… C’était vraiment terrible d’avoir en face de soi un homme encore bien vivant dont on savait qu’il allait trépasser sous peu. Elle aurait voulu que tout s’arrête, que le temps n’existe plus. Que Situs guérisse, et que tout le monde rentre chez soi, en sécurité. La mort ne devrait pas avoir son mot à dire de manière trop prématurée…

- « Je voulais pas voir les autres », continua Situs. « Putain, c’que j’ai honte ! J’les ai a peine retrouvés que me v’la déjà crevé… J’suis sûr que j’les ai déçus, c’est vraiment trop con… Moi qu’étais le meilleur à la baston, en plus… »

Vadi pouvait comprendre ce sentiment, connaissant le caractère du guerrier.

- « Mais j’t’ai fait venir parce que j’voulais te demander un truc… », reprit Situs d’un ton encore plus lent, presque timide.

Vadi ne savait pas ce qu’elle pouvait faire pour lui, alors qu’il était dans un tel état. Elle pensait qu’il avait seulement besoin d’une présence calme à ses cotés.

- « Je sais, c’est con, c’que j’vais te dire là… J’pouvais pas leur demander à eux, ils auraient pas compris, et ils auraient pensé que j’suis devenu cinglé… »

Vadi attendit encore un instant, de plus en plus étonnée et curieuse.

- « En fait, j’voulais que… Enfin, j’sais pas… », piétina Situs. « Dis, tu connais la chanson « La petite fille aux yeux d’or », non ? », lança-t-il finalement.

La jeune salaz n’en crut pas ses oreilles. Comment se faisait-il qu’une grosse brute comme Situs connaisse une comptine aussi douce que celle de « La petite fille aux yeux d’or » ? Cette chanson pour enfant était bien évidemment très populaire auprès des mères et de leur progéniture, et celle de Vadi lui avait tout naturellement déjà chanté de nombreuses fois. Mais entendre cela de la bouche de Situs paraissait tout à fait incroyable, presque illogique.

- « J’t’avais dit, c’est vraiment très con… Alors, tu la connais ?
- Oui, oui, bien sûr, je la connais… Ma maman me la chantait assez souvent, quand j’étais petite… »

Situs, pour la première fois depuis que Vadi était entrée, tourna la tête vers elle en la regardant fixement.
Ses yeux calmes exprimaient de la franche compréhension. C’était comme s’il y avait eu une complicité mutuelle à l’évocation de cette chanson, que tous deux connaissaient et en comprenaient le sens.

Vadi sentait, dans ce regard, une bonhomie et une sympathie qu’elle n’avait jamais perçues avec Situs jusqu'à présent. Son agonie l’avait transformé, il s’était adouci. Cette dernière requête le prouvait très nettement.

- « Tu pourrais la chanter pour moi, maintenant ? S’il te plait… »

Vadi commençait à s’y attendre. Sans savoir pourquoi, elle se sentait maintenant très proche de Situs. Elle avait presque le sentiment qu’ils avaient du avoir une enfance similaire, seuls, avec, pour seul souvenir de leur mère disparue trop tôt, cette chanson qui leur était restée dans l’esprit…
En fait, il était difficile de croire que Situs avait pu avoir un jour une mère, qui l’aurait bercé en lui disant des mots doux… Mais avec l’évocation de cette chanson, Vadi croyait tout possible…
Elle finit par lui répondre :

- « Oui, Situs. Je vais la chanter tout de suite… Je me souviens encore très bien des paroles… »

Situs la remercia du regard, un regard qui fit vraiment très chaud au cœur de Vadi. Elle en était sûre : jamais elle n’avait ressenti autant de gratitude de la part de quelqu’un jusqu'à aujourd’hui…
Il se remit ensuite à fixer le plafond, avant de fermer doucement les yeux.
Un instant, la jeune guerrière eut peur pour Situs… mais elle se rassura en constatant qu’il continuait de respirer paisiblement. Il était simplement à l’écoute.

Elle se décida alors à commencer la comptine :

« Il était une petite fille,
Une petite fille aux yeux magiques,
Une petite fille aux yeux d’or,
Et elle admirait des choses…
Que personne d’autre ne pouvait voir…»


Alors qu’elle récitait les paroles de la chanson, Vadi se surprit à fermer les yeux et à se remémorer ses souvenirs d’enfance. Elle eut l’impression, à mesure qu’elle avançait dans le texte, qu’elle était légère, qu’il n’y avait plus de guerre… Elle se sentait extraordinairement bien, loin de tout souci…

Elle rouvrit les yeux et contempla Situs, toujours immobile. Il gardait ses mains sur son ventre, mais ne semblait pas souffrir. Vadi crut deviner un léger sourire de plaisir, alors qu’elle en arrivait à la fin de sa chanson…

Lorsqu’elle termina la comptine, Situs rouvrit ses yeux. Il semblait très pensif, et serein à la fois. Vadi ne disait plus rien. Ils se contentaient tous les deux d’apprécier en silence la présence de l’autre…

Au bout d’un moment, Situs déclara avec douceur :

- « Merci, gamine. Tu sais, c’te chanson est sûrement la dernière chose de bien qui va m’arriver avant d’finir de m’vider comme un porc. J’regrette vraiment pas de t’avoir demandé de venir ici. T’as une belle voix, en plus, tu sais ça ? »

Vadi ne répondait rien. Elle avait encore les larmes qui lui montaient aux yeux. Il lui semblait qu’elle n’arrêtait pas de pleurer, ces derniers temps.
Situs avait sa propre mort en tête, telle une idée fixe, mais il l’avait déjà acceptée. Il voulait simplement profiter de ses derniers instants sur la terre de Daler, à présent…

- « Ma femme aussi chantait bien… », fit Situs. « Elle racontait cette histoire à ma fille, le soir… Et moi, j’écoutais en faisant semblant de dormir… J’voulais pas qu’on pense que j’pouvais m’intéresser à ce genre de conneries… Mais dans l’fond, j’aimais bien cette histoire. Surtout quand la petite fille part rejoindre les anges… C’est super beau et ça fait rêver… »

Le nez de Vadi la piquait de plus en plus… Et les larmes commencèrent à couler, en silence. Elle continua de regarder le géant, qui se confiait a elle…

- « Quand ma fille a été tuée, et que ma femme est morte peu après, j’me suis retrouvé tout seul… Mais j’repensais souvent à cette chanson. Ca faisait longtemps que je l’avais pas entendue… Tu m’as fait beaucoup de bien. Merci encore… Ca m’a donné l’impression que ma famille était là, avec moi… »

Vadi, en continuant de pleurer silencieusement, ouvrit légèrement la bouche en poussant un petit soupir.

- « Tu pourrais… tu pourrais me la rechanter encore une fois ? », demanda Situs.

La jeune fille ne se fit pas prier pour cela. Elle se rapprocha un peu plus du géant et sécha ses larmes. Elle renifla un peu et essaya de recommencer la chanson avec une voix la plus naturelle et douce possible.

« Il était une petite fille… »

Il lui devenait difficile de se concentrer sur la chanson, désormais. Elle avait bien trop de choses en tête, et trop de choses sur le cœur…

« Un jour, un ange s’approcha d’elle,
Et la prit par la main,
Et lui proposa de l’emmener…
Dans un pays lointain…
Où elle verrait de bien plus belles choses… »


Vadi s’interrompit brusquement. Situs venait de tousser bruyamment en contractant son corps. Il cracha du sang sur sa poitrine.

- « Ouch… Putain… C’qui fait… c’qui fait froid… tout d’un coup… », murmura-t-il.

Il cessa de s’agiter, et poussa un long soupir tout en fermant les yeux.
Sa tête retomba légèrement sur le coté, et il ne respira plus.
Situs venait de rendre l’âme…

Vadi, complètement dépassée par les événements, mit une seconde avant de réaliser ce qui venait de se produire sous ses yeux.
Elle eut de grands yeux affolés, et prit une large inspiration avant de se jeter au cou de Situs, entourant sa tête de ses bras :

- « Situs, oh non, non, Situs ! Ne pars pas, ne me laisse pas toute seule ! », hurla-t-elle avec des sanglots dans la voix.

Et Vadi laissa éclater toutes ses larmes, en gémissant bruyamment…
Elle pleura longtemps ainsi, suspendue au cou du brave géant blond salaz…

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Les Chroniques de Daler : Vadi, la guerrière glacée
Chapitre 2 : Alliances (partie 4 en cours)


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Envoyé par Black_Celebration le Samedi 10 Avril 2010 à 00:59


BenP,

tout d'abord bravo pour le travail accompli J'ai commencé à lire aujourd'hui les 2ères parties. Avant de continuer la lecture, voici déjà qques remarques à chaud:

- montagnes rouges, plaines blanches, îles bleues,... Ca me paraît un peu trop scolaire.
- d'une manière générale le langage de Situs ne correspond pas à son physique.
- certains mots ou termes me semblent trop actuels ou en tout cas anachroniques :

- « Alors là, je dis stop ! C’est la meilleure, celle-là ! T’es en train de nous dire que ton chef est parti comme une fleur pour aller chercher un artefact qu’existe que dans les légendes pour gosses attardés ? »

Autant le "un artefact qu'existe" ne me dérange pas, autant le "gosses attardés" si.

Autre chose : tu écris "enveloppé d’un tissu sombre (...). Et il ouvrit délicatement l'enveloppe." Rien ne te choque?

Je continuerai demain la lecture et, avec ton accord, mes remarques.

Pour le reste, tu plantes bien le décor, l'ambiance est bien présente, tu attises la curiosité du lecteur et il y a du rythme.

Encore bravo


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Tu vois le monde se divise en deux catégories... Il y a ceux qui ont un pistolet chargé et ceux qui creusent... Toi, tu creuses !

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Envoyé par Niicfromlozane le Samedi 10 Avril 2010 à 05:27


Et c'est de mieux en mieux…

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Le 21/05/2012 à 14:37, Weeds avait écrit:

L'expérience a montré que Niic était trop fort.

ShadowKnight

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Envoyé par ShadowKnight le Samedi 10 Avril 2010 à 08:28


Trop triste la fin de cette partie.

Mais j'attends la suite pour savoir ce qui est arrivé à Maximilian et aux autres!

Le lieutenant salaz faisait de son mieux pour parer les coups de son mortel adversaire.


"Son mortel adversaire" je trouve ça un peu étrange comme expression. J'aurais plutôt mis quelque chose comme "son impitoyable et dangereux adversaire" . Cela donne l'impression qu'avant même de combattre Maximilian est sûr de se faire tuer par cet adversaire. Mais bon ça ne choque peut être que moi.

Qu'est il arrivé à la femme et à la fille de Situs? Comment était il avant ces événements? Déjà un valeureux guerrier? Est ce que c'est prévu de répondre à ces questions par exemple lorsque les autres compagnons de route de Vadi reviendront de la bataille (s'ils reviennent) et qu'elle leur apprendra la nouvelle?

+1 à Niicfromlozane

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BenP

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Envoyé par BenP le Samedi 10 Avril 2010 à 08:59


Le 10/04/2010, Black_Celebration avait écrit ...

BenP,
tout d'abord bravo pour le travail accompli


Merci, merci…
Ca me fait tres plaisir de voir que ce que j’ecris plait autant…

Le 10/04/2010, Black_Celebration avait écrit ...


- montagnes rouges, plaines blanches, îles bleues,... Ca me paraît un peu trop scolaire.


Entierement d’accord sur ce point.
Le fait est que l’histoire initiale (commencee il y a 12 ans deja…) n’incluait absolument pas l’univers Magic (l’aventure s’en passe tres bien).
J’ai essaye d’en parler un peu, histoire de ne pas etre trop hors-sujet… Mais je reconnais ne pas m’etre vraiment foule…

Bref, vu le peu de references Magic que je fais dans mon aventure…

Le 10/04/2010, Black_Celebration avait écrit ...


- d'une manière générale le langage de Situs ne correspond pas à son physique


Ah ? Tu as lu une partie ou le physique de Situs etait detaille ?
C’est un puissant guerrier, un « geant », blond et commencant a prendre de l’age… Rien de plus…
Et je ne vois pas en quoi son langage ne correspond pas avec son physique… Au contraire, je trouve…

Le 10/04/2010, Black_Celebration avait écrit ...


- certains mots ou termes me semblent trop actuels ou en tout cas anachroniques


Oui, j’essaie de faire tres attention a cela… Mais si jamais je poste une erreur, je compte sur vous pour m’en faire part…

Le 10/04/2010, Black_Celebration avait écrit ...


Autant le "un artefact qu'existe" ne me dérange pas, autant le "gosses attardés" si.


Moi, je ne vois pas en quoi ce terme est un probleme… Ca fait trop « vocabulaire recent », tu trouves ?

Le 10/04/2010, Black_Celebration avait écrit ...


Autre chose : tu écris "enveloppé d’un tissu sombre (...). Et il ouvrit délicatement l'enveloppe." Rien ne te choque?


Hum… Non…
La pierre est enveloppee d’un tissu sombre… Tu enleves l’enveloppe (= le tissu sombre)… Tu prefererais un autre terme ?
Dis-moi lequel, ca peut s’arranger… Un edit prend quelques secondes a faire…

Le 10/04/2010, Black_Celebration avait écrit ...


Je continuerai demain la lecture et, avec ton accord, mes remarques.


Je t’y encourage vivement !
Et d’ailleurs, merci a toi pour tes commentaires constructifs…

Le 10/04/2010, Black_Celebration avait écrit ...


Pour le reste, tu plantes bien le décor, l'ambiance est bien présente, tu attises la curiosité du lecteur et il y a du rythme.


J’essaie de faire au mieux…
Parfois, j’ai peur de trop trainer en longueur…
Faut pas hesiter a me le dire, si c’est trop chiant a lire, hein ?

Le 10/04/2010, Niicfromlozane avait écrit ...

Et c'est de mieux en mieux…


Attends un peu de voir le chapitre 1 : Guerres…
… c’est la que ca va serieusement commencer… (j’ai volontairement limite les scenes d’actions dans ce prologue… avec seulement l’assaut rapide d’une cite et la rencontre de quelques champions… mais le meilleur reste a venir…).

Des batailles sanglantes, des duels epiques, et beaucoup de moments difficiles…

Le 10/04/2010, ShadowKnight avait écrit ...

Trop triste la fin de cette partie.


Ca met la larme a l’œil, hein ?
Et le prologue n’est pas encore fini…

Le 10/04/2010, ShadowKnight avait écrit ...

Mais j'attends la suite pour savoir ce qui est arrivé à Maximilian et aux autres!



Je ne dis rien, pour l’instant… (fin du prologue dans la prochaine et derniere partie…)

C’est terrible, la guerre…

Le 10/04/2010, ShadowKnight avait écrit ...

"Son mortel adversaire" je trouve ça un peu étrange comme expression. J'aurais plutôt mis quelque chose comme "son impitoyable et dangereux adversaire" . Cela donne l'impression qu'avant même de combattre Maximilian est sûr de se faire tuer par cet adversaire. Mais bon ça ne choque peut être que moi.


Ah, peut-etre n’ai-je pas ete suffisamment clair dans la description des capacites de combat de C… du « colosse »…
Il est absolument formidable, et j’ai essaye de donner une image de lui suffisamment claire pour que le lecteur comprenne qu’on ne peut pas s’en sortir indemne, contre lui…

D’ailleurs, il tue trois nains et un garde de Raymis (… en le torturant qui plus est…) avec une facilite deconcertante…

Pas encore assez mortel ?
Bien, vous verrez, plus tard, alors… Vous n’avez pas fini d’entendre parler de lui…

Le 10/04/2010, ShadowKnight avait écrit ...


Qu'est il arrivé à la femme et à la fille de Situs? Comment était il avant ces événements? Déjà un valeureux guerrier? Est ce que c'est prévu de répondre à ces questions par exemple lorsque les autres compagnons de route de Vadi reviendront de la bataille (s'ils reviennent) et qu'elle leur apprendra la nouvelle?


Je ne dis rien pour le moment (bien trop tot : on n’en n’est qu’au debut de l’histoire…).
Je reste volontairement succint au sujet de la famille de Situs, pour entretenir un petit suspense a ce sujet…
D’autres fragments de son ancienne vie apparaitront plus tard… mais certainement pas de la maniere dont tu sembles les attendre…

He he he…

Le 10/04/2010, ShadowKnight avait écrit ...


+1 à Niicfromlozane


Ca fait tres plaisir…

Fin du prologue (partie 8) tres prochainement…

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Les Chroniques de Daler : Vadi, la guerrière glacée
Chapitre 2 : Alliances (partie 4 en cours)


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